LIXE INTRODUCTION
sont au fond qu'une variété. Bédhayat se divisera donc en bédha-ya-t.
Ÿ avait-il déjà un suffixe indépendant aya, servant à former des verbes causatifs, au temps où le sanscrit, le grec, le latin, le gothique, le slave vivaient encore confondus en un seul idiome? M. Bopp n'en doute point, et i voit, par exemple, des causatifs dans les verbes latins nocare, sedare, terrere, torrere, sopire, qu'il rattache sans intermédiaire aux racines naç « mourir», sad «s'asseoir», tras «trembler», tærsh «se dessécher», svap « dormir». De même, il voit dans les verbes allemands setzen « coucher», legen « placer», senken « abaisser », tränken « abreuver» les causatifs, à la facon sanscrite, de sttzen «être assisn, hegen «être couché», sinken «tomber», trinken «boire ».
Quelque séduisants que ces rapprochements puissent paraître, on fera peut-être bien de les accueillir avec précaution. Îl se pourrait aussi bien que ces verbes fussent dérivés de substantifs ou d'adjectifs qui ont disparu. Si nous n'avions en grec les mots Pépos et 6yos, on aurait le même droit de regarder Popéw (— bhérdyam:s) et éyéc (= vdhaydmi) comme les causatifs de Pépw (— bhardm:) et de &yæ (— vahdmi). Parmi les verbes latins cités par M. Bopp, il en est un qui est certainement un dénominatif: necdre vient de nez comme judicére de judex. Les verbes allemands tränken, legen, setzen sont sans contredit aussi près des substantifs tank « boisson », lage « situation », sat: « l'action de poser » que des verbes tinken, hegen, sitzen. Si l'on songe à la grande quantité de verbes dénominatifs sans primitif connu qui existent en latin et en go-