‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 48 sur 51 · ACTIF. MOYEN · texte numérisé non relu

ACTIF. MOYEN

ludicatif, Impératif. Indicatif, Impératif.

Singulier .. dvéémi dvés-dm' dvisé dvé'idi

Duel. .... driirds dvé3-d-va duifvähé dré'3-4-vahéi

Pluriel.... dvimds dvésd-ma dviémahé dvéé-4-mahdi.

Comme exemples de la première personne de l'impératif en zend, nous pouvons citer wjsp pan-d-n1 (= sanscrit hän-â-n1) «je tuerai, je détruirai » ? et ET UT kérënav-ä-nê (= sanscrit

krn-dv-&i, pour karnav-d-né) «je dois faire ».

$ 723, 1. La première personne de l'impératif dans les verbes sanscrils de la deuxième conjugaison principale.

Le verbe dui$, dont nous venons de donner les premières personnes de l'impératif, appartient à la seconde conjugaison principale; mais si l'on en rapproche un verbe de la première, par exemple tvi$ «briller» (classe 1), on verra qu'il présente exactement les mêmes formes. Comparez dvés-d-n1, dués-d-va, dvés-â-ma avec tvés-d-ni, ivés-â-va, toés-d-ma, et, au moyen, dvés-di, dvés-d-vahti, dués-â-mahdi avec tvés-&i, ivés -d-vahéi,

: Sur le n, au lieu de n, voyez $ 17°.

* En sanscrit également, on trouve quelquefois la première personne de l'impératif employée dans le sens du futur ou du présent de l’indicatif, ponr marquer une ferme volonté ou une action annoncée comme certaine. Voyez, par exemple, dans l'épisode de Sunda et Upasunda, 1, vers 26.

toés-d-mah&. Cet entier accord nous amène à supposer qu'en sanscrit la seconde conjugaison principale n’a pas de première personne de l'impératif, absolument comme en grec les verbes en w sont privés de subjonctif!. Je regarde l'à de dvéi-à-m comme identique avec l'4 de ##5-d-m, bôd-â-m, c'est-à-dire comme la voyelle caractéristique de la classe?. Le verbe dus a donc passé dans la première classe.

D’après le même principe, W& as «être» (classe à ) fait ds-ént, ds-â-va, ds-â-ma; ces formes supposent un thème verbal asa, absolument comme la racine vas «demeurer» (classe 1) tire du thème verbal vasa les formes vds-â-nt, vds-d-va, vis-â-ma. C'est ainsi qu'en grec la racine és (la seule racine finissant par une consonne qui appartienne à la deuxième classe) tire d’un thème élargi éco, éce le futur £o-0o-pes ® et le subjonctif homérique et dorien &w (pour £ow, qui est lui-même pour #5-œ-pu = sanserit ds-d-n1, pour ds-d-mi). Au pluriel, on peut comparer le dorien w-pes (pour &o-w-pes)", par contraction dues, avec le sansenit ds-d-ma « que nous soyons ». En regard de la troisième personne du pluriel &Ew-vr:S (pour &o-w-vr:), par contraction dr, on devrait attendre en sanscrit une forme de lêt ou de subjonctif as-â-nh.

De la racine %: «aller» (classe 2), qui fait au présent €m, i-vds, 1-mds (= grec el-pu, Î-ues), viennent les premières personnes de l'impératif dy-d-ni, dy-d-va, dy-â-ma, qui sont for-

1 C'est-à-dire que les verbes grecs en ps empruntent leur subjonctif à la conjugaison en ©. — Tr.

1 L’a est allongé à la première personne des trois nombres de l'impératif.

+ Par sa forme, éo-o-uœ est un présent.

* On trouve aussi louer, avec un s tenant la place d’un ancien # a, comme à la deuxième personne du singulier {o-8 = zend ag-di ($ 455). Comparez Ahrens, De dialectis, 1, p. 321.

5 Forme dorienne.

* En zend ayéni (S ha).

IMPÉRATIF. $ 793, 1. 383 mées comme gdy-d-n1, gdy-â-va, gdy-d-ma (racine fh «vaincre», classe 1). Sans le gouna et sans le changement de la voyelle : en semi-voyelle, nous aurions eu {-d-m1, {-d-va, {-d-ma, ce qui répondrait parfaitement au subjonctif grec f-w-uer !,

La septième classe sanscrite ($ 109°, 3) joint la voyelle caractéristique au thème élargi, c'est-à-dire renfermant la syllabe na : nous avons déjà dit que le lêt ou subjonctif préfère les formes les plus larges. On a donc, pour la racine yug, l'impératif yundé-d-n «que je joigne», pluriel yundg-d-ma «que nous joignions», de même que pour la racine {yaÿ «abandonner» (classe 1) on a tydg-d-n1, tydÿf-à-ma; les thèmes verbaux de ces formes sont yunaga, lyaga.

Les verbes de la cinquième et de la huitième classe frappent du gouna l’u de la caractéristique ($ 109", 4), à laquelle vient se joindre la voyelle a de la première classe; exemples : strndv- &-n1 «que je répande », pluriel strndo-d-ma. Comparez, en grec, clopriw, cflopvéwuer. En zend., nous trouvons pour cette classe de verbes l'impératif actif kérënav-d-n1 (moyen kérënav-d-né) je dois faire». On y peut joindre la deuxième personne du subjonctif kérénav-d-hi « facias », ainsi que la troisième personne de limparfait du même mode kérënav-d-d «il doit faire». Comparez encore la deuxième personne de l'impératif kérënar-a «fais » © avec l'indicatif à double caractéristique kérë-nav-6® «tu faisais » (S 519). |

Les verbes sanscrits de la troisième classe ajoutent au thème fort et redoublé l'a caractéristique de la première classe, et ils

1 Ons vu ($ 109". 1) que lo et l’e des verbes comme yAfy-0-pus, Aelx-e-ve répondent à la caractéristique a des verbes sanscrits de la première et de la sixième classe ; au subjonctif, o et e s’allongent en w et n.

? On peut rapprocher, en grec, les formes comme defxvue.

3 L'6 represente le sanscrit as. — Rapprochez, en grec, les formes comme édeixpv-e-s.

allongent cet a. Ainsi le verbe Bar, br fait bibdr-4-m 1, bibdr des, bbdrd-ma; bhbär-&, bbdr-d-vahés, bibér-4-mah&. En faisant abstraction de la syllabe réduplicative, nous arrivons à des formes qui appartiendraient à la première classe: ainsi Gar, 6, conjugué d'après la première classe, fait Gdr-4-# (présent de l'indicatif bér-4-mu), pluriel Gdr-d-ma = grec Pép-w-uer, gothique bar-a-n.

Dans les verbes de la neuvième classe, lesquels, aux formes fortes, s’adjoignent la syllabe nd ?, il est impossible de constater l'allongement; en effet, yu-nd-4 se contracte en yu-né. Conséquemment on a yu-nd-n: «je dois lier», duel yu-né-va, pluriel gqu-nâ-ma; moyen yu-ndi, yu-nd-vahdi, yu-nd-mah& (pour yu-néâ-m, etc.). De même, en send, nous avons ie moyen pérè-nd-nt «je dois détruire »5.

Les racines sanscrites en 4 appartenant à la deuxième et à la troisième classe contractent également é + 4 en é; exemple : dädänt «je dois donner», pour dadääm. Au pluriel, dédäma, pour dädääma, répond à la forme homérique ddue», pour didamer ou Hidowper ?.

$ 723, a. La première personne de l’impératif dans les verbes sanscrits de la première conjugaison principale. — Impératifs rends en déni, dné.

Les verbes sanscrits de la première conjugaison principale allongent en é l'a final de leur thème, de même que les verbes grecs correspondants allongent leur o en w; ona, par exemple, à la première personne plurielle de l'actif, bdr-4-ma, hrs-yà-ma,

1 A la différence des autres verbes de la troisième classe, Bar, Gr, dans les temps spécianx, prend l'accent sur la syllabe radicale, et non sur la syllabe réduplicative.

2 Ni dans les formes pures ou faibles.

3 Voyez Burnouf, Commentaire sur le Fagna, p. 530 et suiv. Au sujet de la désinence né, comparez $ 722.

* Comparez, dans Homère, l'aoriste non contracté déouer (pour due») et la troisième personne du singulier dénos».

dam-iyä-ma en regard des formes grecques Qép-w-per, yaip-wper, dau-du-uer ou dau-dêéw-uer!. Mais comme le sanscrit opère le même allongement à la première personne de l'indicatif présent ?, il n’y a pas, dans cette langue, une opposition aussi marquée entre l'indicatif et l'impératif qu’en grec; ainsi Qép-wper, comparé à @ép-0-uev, fait mieux ressortir l'expression modale que le sanscrit et le zend bdr-â-ma, bar-d-ma, comparés à bär-d-mas, bar-â-malu.

Il est probable que l'allongement de l’a opéré par le sanscrit à la première personne du présent de l'indicatif appartient à une période relativement récente, quoique pourtant antérieure à la séparation du sanserit et du zend. En effet, nous trouvons en grec Qép-0-uer, en ancien slave ber-e-mü *, en latin fer-1-mus. Je suppose que dans Gdr-d-mi, Gdr-d-vas, bdr-à-mas l'allongement de l'a est purement euphonique, et je l’attribue à linfluence rétroactive des semi-voyelles v et m ?. Au contraire, dans les formes d'impératif bér-d-m, Gdr-d-va, bär-&-ma, je regarde l'allongement comme ayant une valeur grammaticale, c'est-àdire comme servant à marquer le mode. Si nous avions conservé la conjugaison complète du subjonctif ou lêt, je ne doute pas que nous n'eussions trouvé le même allongement à toutes les personnes des trois nombres de l'actif ct du moyen; nous avons vu plus haut pdt-d-t «qu'il tombe» en regard de pat-a-i «il tombe», et en zend van-d-hi «que tu détruises» en regard de van-a-hi «tu détruis ». Le sanscrit ne nous a point présenté jusqu’à ce jour de formes duelles comme bar-d-ias, bar-à-tas en

1 Voyez $ 109", et 6.

2 Voyez $ 434.

* L'ancien slave représente ordinairement l’é sanscrit par un a, au lieu que l'« bref devient e ou o ($ 92°).

* Comparez l'allongement de l'i et de l’u devant le X y de la caractéristique passive ya. Voyez Abrégé de la grammaire sanscrite, $ 448.

regard du grec @ép-#-rov, Pép-n-vor, ni de formes plurielles comme Gdr-d-ix en regard du grec ép-n-rs.

Je fais encore suivre quelques exemples d'impératifs zends à la première personne, lesquels, comme l'impératif fan-d-« «je tuerai» ($ 722), sont employés dans le sens da futur : gps viséné «J'obéirai » l, ét Dub varédaytn: ($ ha) «je fera grandir»; phowsimsà né «je ferai marcher»; 46 daiäni «je donnerai»; sjusjg)è)u 4-frindns «je bénirai».

$ 724. De plusieurs formes zendes en és.

Outre la désinence moyenne éné, qui est mieux conservée que la forme sanscrite correspondante, le end a aussi une forme mutilée &i, dont toutefois il fait rarement usage. Comme exemple on peat citer ssh visé; cette forme revient sept fois dans la phrase agem visdi, au 1v° chapitre du Vispered. Il est vrai qu'Anquetil traduit par «j'obéis» et que l'impératif éftéya espporte» * qui précède semble appeler un présent de l'indicatif. en labsence de passages plus concluants, on serait done en droit de croire que vté& ost simplement une forme plus énergique pour le présent de l'indicatif vtéé.

Eugène Burnouf voit une première personne de l'impératif dans la forme 17 22. en yasdi, qui revient plusieurs fois au xx‘ chapitre du Vendidad®. Mais Anquetil traduit gasé par

! Vendided-Sädé, page 134 : wjwnb wp 6£5» asëm té viédné vje t'obéirai».

2 Vendidad-Sâdé, page 8a : mix lweys)o ç}0” cewvveb CE} DV hé urvénim vahistèm ahäm frahdrayéné «je ferai aller son âme au séjour excellent».

* Vendidad-Sädé, fargard xx. — Au sujet du & À tenant la place d’un ad, voyez $ 637, remarque. Au sujet du d'zend remplaçant un ancien d, voyez $ 39. Par suite de ces permutations, datdni « je dois donner, je donnerai » est devenu identique. dans sa forme, avec le dai4ni (— Ti dadäni « je dois poser, je dois faire») renfermé dans le composé yawg-daiéni ($ 637).

‘ Littéralement efais venir»; c'est le causatif de £té «être debout», avec la pré-

position d.

5 Commentaire sur le Yagna, n. h95.

«rendez hommage», et le contexte exige en effet la deuxième personne, car Ormuzd adresse à Zoroastre l’ordre de l'honorer!. Je ne crois donc pas qu’il y ait lieu de mettre les mots yasdi, etc. dans la bouche de Zoroastre, comme le fait Burnouf. Je vois aujourd'hui? dans yasdi un subjonctif ou lêt; la forme complète serait yasdki®. Comme exemples de formes mutilées de la même façon on peut citer encore vand «frapperas-tu, veux-tu frapper ?», apa-yas& « veux-tu détruire ? » *, indäi « obliens», ava-gaids «va».

Dans ces formes en &, la consonne de la désinence personnelle a été supprimée, tant à la première qu’à la deuxième personne. Je rappellerai à ce sujet le grec @épes, pour @éper: = sanscrit bdrati; didos, pour didoës ($ 456); @épy = sanscrit bdrasé, gothique bairasa ($ 466). Mentionnons aussi les formes prâcrites comme A4 banaï, pour ban-a-hi «parle» ($ 456), ainsi que les formes espagnoles comme cantas, pour cantatis. Au reste, le rend a conservé à la seconde personne du subjonctif des exemples de la désinence complète en aht : ils sont même plus nombreux que les formes en &i. On peut citer ai... vasdlu «conduis | l'eau }», spa... vasdhi (même sens), upa… fra-sayayähi « déverse», /ra-frévaydhs « fais couler » °.

1 C'est ce qui ressort aussi du verset suivant, où les mots qui sont gonvernés par daliäni «je dois donner» indiquent la récompense promise à Zoroastre.

3? Dans la première édition de cet ouvrage ($ 724), j'avais expliqué yasdi comme une contrection pour yapaya (impératif de la forme causative). On a une contraction de ce genre dans sw} ndi «conduis!» — sanscrit A4 ndya (de la racine ré).

3 Lassen également reconnaît dans cette forme, et dans les formes analogues, la deuxième personne du subjonctif; mais il suppose que la désinence di est une fausse leçon pour dk: (Vendidadi capita quinque priora, p. 58) et il introduit, sans y être autorisé per aucun manuscrit, vfdhi dans le texte, au lieu de vtédi (p. 7).

* Spiegel, Le x1x° fargard du Vendidad-Sâdé, p. 70.

# Voyez Spiegel, Le x1x° fargard du Vendidad-Sädé, p. 70 et suiv.

® Sur la racine fru (pour le sanscrit plu), voyez $ 109”, 1.

388 FORMATION DES MODES. $ 725. Emplois divers de la première personne de l'impératif, en zend.

Non-seulement la première personne de l'impératif, en send, peut être employée dans le sens de l'indicatif futur, mais elle peut aussi remplacer le subjonctif, quand elle est précédée de la conjonction =$»4C yala «que». Exemples : c$» PT Ass 04 2) yala usëm bandayén: «que je lier!, çepms; sp sposssquh uta baslëm vâdayéni «et que je frappe [lui] lié», pe Absssjue Gépw» ua baitëm upanaytni «et que j'emmène [lui] frappé». Burnouf établit entre l'emploi des formes en éx:? et celui des formes en dné ® une différence que je ne crois pas fondée : selon lui, les formes en dm seraient usitées tantôt dans le sens de l'impératif, tantôt dans le sens du potentiel; quant aux formes en dné, il nie qu'elles atent jamais la signification de l'impératif, et ce sont les formes en & qu'il regarde comme les seules vraies formes de la première personne de l'impératif moyen*. Mais nous avons je» yaséné qui signifie eje dois sacrifier » et qui a le sens impératif, autant du moins que peut l'avoir la première personne. D’un autre côté, vtédi (S 24) est plutôt, quant au sens, un présent de l'indicatif, et yasäi vient d'être expliqué comme une seconde personne du subjonctif.

$ 796. Première personne de l'impératif, en gothique. — Tableau de l'impératif.

Parmi les langues de l’Europe, il n'y a que le gothique qui

possède une première personne de l'impératif, mais seulement

1 Voyez Burnouf, Commentaire sur le Yagna, p. ha7 et suiv.

* Ou éxi, sous la double influence euphonique du y précédent et de li final (S ha).

3 Ou éné.

* Commentaire sur le Yagna, p. 530 et suiv. note.

* Vendidad-Sädé, p. 481.

au pluriel. Ainsi visam! «simus» répond au sanscrit véséma « habitemus »?. Comme les désinences sanscrites mas et ma sont l’une et l'autre représentées en gothique par un simple m, l'impératif visam se confond avec le présent de l'indicatif visam « nous sommes ».

On a déjà fait observer (S$ 677 et 679) que l'impératif, en slave et en lithuanien, doit être rapporté, quant à son origine, à un autre mode.

Je fais suivre le tableau des formes dont il vient d’être traité.

Sanserit. Zend. Grec. Latin. Gothique.

1" pers. sing.act. Mndni gandni ........ ..... ss... bdrdm bardnit ........ ..... ..... .

1°° pers. sing. m. Æardo-di karav-d-né eo . so... bdr-di bardné ........ DD CETTE 1""pers. plur.act. Gdr-d-ma bar-d-ma Pépa-per ..... bair-a-m 2° pers. sing. act. dé-hi* das-di* (80-80) ..... cs... édit ........ lo-6: se oo...

bdr-a bar-a Pép-e ..... bair

vdh-a vag-a dy-e vebe oig

1 Luc, xv, 93.

3 Comparez $ 716, remarque.

3 Excepté au subjonctif, où le gothique a la désinence ma, qui se rencontre avec le X ma des formes secondaires en sanscril.

n’y a pes d'exemple de bardni ; mais nous pouvons l'inférer du moyen bardné ($ 733) et du pluriel bardma (Vendidad-Sädé, p. 208).

5 Dé-ki pour dad-d'i, venant de dadd-hi, qui est lui-même pour dadd-d'i ($ 450).

*s@$=s dapdi pour dad-di ($ 450). Nous lisons deux fois dans le Vendidad-Sädé (p: 50) w6:9$29 dagdi-mé «donne-moi», avec l'enclitique mé eà moi». De même, en sanscrit, les formes À mé «mei, mihi» et À t# etui, tibin sont toujours employées comme enclitiques. De même aussi en ancien perse maiy el taiy. Il est probable que la locution we 4ubss datäni té «je te donnerai», qui revient plusieurs fois dans le Vendidad-Sädé (pages 505, 507, 508), est pour daténité, car dans l'écriture zende on sépare souvent les différents membres d'un composé. Je regarde le é comme tenant la place d'un d': on a vu ($ 637, remarque) qu'en composition la racine dd, quand elle a son redoublement, change ordinairement le d' radical en é.

7 Pour ad-d'i venant de as-di.

Sanscrit. Zend. Grec. Latis. Gothique.

vdhatd" ........ ........ chi ......

4° pers. sing. m. daterd” ........ 8680-00 ..... ..... . bdr-a-sva bar-anu-ha” Pépou (de ..... ...... Pep-e-00) 2° pers. duel act. Gara-tam ........ Pép-eror ..... 2° pers. plur. act. Gdr-ata barata épars ..... basri-h bebrtd ........ ........ forte ....….

vah-a-la vas-a-a éy-eve veh-ite vig-id 2° pers. plur. m. Gara-dvam bar-a-duèm ép-e-côe ..... cu... 3° pers. sing. act. vds-a-tu vanhk-a-tu : ........ ..... ...... vdka-tdt ........ éx-éro vehktto ......

3° pers. duel act. Gdr-atdm ........ Pep-é-ror ..... ...... 3° pers. plur. act. Garants barantu? ........ ..... ......

$ 727. Aoristes premiers de l'impératif. dans le dialecte védique, en grec et en arménien.

Dans le dialecte védique et en zend, on trouve des formes d'impératif qui répondent aux impératifs aoristes grecs. En renonçant à l'augment, qui est la véritable expression du passé, elles ont du même coup perdu la signification de prétérit. Nous avons, par exemple, 44 bdsa* «sois» ou «deviens » qui répond à l'aoriste premier @ü-co».

Si le » de la désinence oov est organique, on peut le regarder comme tenant la place d’un ancien s°, qui lui-même provient d’un 8: exemple : dés, pour 468. La forme primitive serait donc -oabs, qui aurait fait -cas, puis -cov, avec changement de la en o à cause de la nasale ($ 109°, 1). Dans cette hypothèse, le

! Voyez $$ 470 et 719.

3 Pour dadd-sva ($ 481).

3 Voyez S 721.

* Par cuphonie pour bé-sa ($ 31°). Voyez cette forme dans Westergaard, Radiers sanscrilæ , à la racine àT bd, avec préfixe HT d.

* Nous avons transporté au $ 439, remarque, la note qui se trouvait ici sur le changement de s en ». — Tr.

> de rÿr-c0:v représenterait la désinence personnelle, qui s’est, au contraire, perdue dans le védique 6d-$a (pour bd-5a-di)!.

Au moyen, oaë devrait nous donner une forme cac, comme zubdrw donne ruŸdoüw, et comme ruüŸare donne rüÿacôe?. Par la suppression de 0, on arrive à la forme réÿæ, qui présente une ressemblance fortuite avec l'infinitif aoriste actif, de même qu’en latin ama-re «sois aimé» est devenu extérieurement semblable à l'infinitif actif. La mutilation de l'impératif rè#-caoûs en rÜs-oœu ne serait pas beaucoup plus forte que celle de l'indicatif érûr-oa-co en érus-0ow.

Si l’on fait abstraction de la désinence, les formes comme rvx-od-r0 s'accordent avec le védique ag né-$a-tu « qu’il conduise», cité par Pänini*. A la deuxième personne du duel, Qucaro est très-bien représenté par 444& büsatam 5. À la troisième personne du pluriel, les formes comme Av-od-vrus ont un pendant, en ce qui concerne la syllabe exprimant l’aoriste, dans Wu érd-ia-ntu © « qu'ils entendent ».

L’arménien a perdu l'ancien présent de l'impératif, tel qu’il est usité en sanscrit et en zend; il l'a partout remplacé par l'impératif aoriste ?, excepté quand 1 emploie l'impératif prohibitif dont il a déjà été question ($ 449). Suivant que l'indicatif prend l’aoriste premier ou l'aoriste second, l'impératif prend l'une

1 Ji faut remarquer à ce sujet qu’en prâcrit la désinence ki (pour di) se présente à nous dans des formes où le sanscrit l'a perdue. Voyez Lassen, Institutiones lingu précriticæ, p. 338 ; Hôfer, De précrité dialecto, p. 185 et suiv.

* Sur le changement du 5 en 6, voyez $ 474.

3 On a vu (5 476) que la syllabe re de l'impératif ama-re appartient au même pronom réfléchi dont il ne resie que lc r à la première personne amo-r.

4 Pänini, Ill, 1, 81. — Sur le £ tenant la place d’un s, voyez $ 21 ?.

s Voyez Westergaard, à la racine bd, avec préfixe upa.

‘ Rig-véda, 1, Laure, 5.

7 Voyez Pelermann, Grammaire arménienne, p. 191. Schrôder donne les formes en question comme des présents de l'impératif.

ou l’autre de ces formes! Mais l'impératif arménien n'a gardé que la seconde personne des deux nombres. Celle du pluriel est la mieux conservée; exemple : npowgkp ors-aié-j «chassez», dont le & € s'explique très-probablement par le même principe que celui de ber-4-4 «vous portez» ($ 449). Au contraire, l’aoriste indicatif garde l'1 de la première personne du singulier et de la troisième personne du pluriel : on a, par exemple, ors-aë-ÿ «vous chassâtes», comme on a ors-ah «je chassai», ors-aèi-n «ils chassèrent ». Le sanscrit, dans ces deux formes, nous présente un a; il fait dkém-aya-ta « vous aimâtes», kâm-dya-ta «aimez» ($ 183°, a). Le singulier, à l'impératif aoriste premier, a perdu en arménien son £, ainsi que la voyelle qui l’accompagnait ? : les verbes de la deuxième conjugaison finissent en a (orsa « chasse! »), de sorte qu'à prendre ces formes isolément, on pourrait y voir des impératifs présents et les rapprocher des formes latines telles que ama. Comme exemple d'un aoriste second de l'impératif, nous pouvons citer er af areçois», pluriel aféÿ; le présent de l'indicatif est añ-nu-m ($ 496), l'aoriste de l'indicatif añ#t «je reçus». Citons encore l'impératif du verbe substantif pr er «sois», dont le r représente l’ancien s radical*. Au plariel 44, le r a disparu tout à fait, comme dans la personne correspondante du présent de l’indicatif. A côté de é-ÿ «soyez», 11 y a une forme plus complète £prne.p er-u-ÿ, dont la voyelle de liaison w est probablement l'affaiblissement d’un ancien a, comme au futur ta-u-ÿ « dabimus » = sanscrit dé-ydsma, grec do-in-per ($ 183°, a).

\ Sur l’aorisie premier, dont nous avons ramené le g £ au ZX y sanscrit des verbes de la dixième classe, voyez $ 153”, a. Sur l'aoriste second, voyez $$ 53 et 576.

* 11 faut excepter la quatrième conjugaison ou conjugaison passive, où nous avons, par cxemple, Késeaë «parler (présent Kés-i-m «je parle»), Késeiai (prononce: Kôseiä) «je parlair.

3 Comparez l’imparfait ér «il était» ($ 183°, 2).

$ 728. Aoristes seconds de l'impéralif, en zend et dans le dialecte védique.

En zend, il ne s'est pas trouvé jusqu’à présent d’impératifs correspondant, comme le védique ga béa, aux aoristes premiers de l'impératif grec.

Mais on a goss déi-di « donne» qui s'accorde avec l’aoriste second dé-s (pour do-0:), spwg dâta « donnez»! qui s'accorde avec dôre, et dä-ta «faites » (dans le composé yausdäla « purifiez ») qui répond à Oé-rs. Je crois reconnaître un impératif moyen de la cinquième formation de l'aoriste dans sweyzgws déonhä « donne», que je serais tenté de rapprocher du sanserit dé-sva, du grec d-c0?. Sur la désinence nha (plus souvent nuha) = sanscrit sva, voyez $ 721.

Dans le dialecte védique, les formes correspondant à l'aoriste second de l'impératif grec sont très-nombreuses à l'actif. On a, par exemple : #rudi «écoute! » = xAü6:°, venant de é#rnômi * (racine $ru, classe 5); fag-di «peux! », venant de faknémi (racine #ak, classe 5); pâr-di «remplis! », venant de péparm (racine par, pf, classe 3). L'impératif Bd-tu « qu'il soit » est formé comme dbdt «il fut »5. Les impératifs comme mumugdi « délivre! » (racine

1 Vendidad-SAdé, p. 224. J'écris ddta au lieu de détd, parce que cette forme est empruntée à la partie du Façna où l'a final est toujours allongé.

3 Vendidad-Sâdé, p. 223. Le sens de ddonhé n'est pes encore clairement établi : il faut attendre la traduction de Nériosengh. [Nériosengh traduit par karéms : c'est une première personne du futur. — Tr.]

3 Tant qu'on n'aura pes trouvé un présent érémi (deuxième classe), je serai trèsporté à considérer les formes déravam ej'entendis», dérôt eil entendit», comme des aoristes de la cinquième formation, avec gouna de l'u radical. Dans le grec xAüüi, nous avons l'allongement de la voyelle radicale, ainsi que dans delxyüps, où l'0 correspond à un as sanscrit. De même encore à l’acriste védique ékar «il fil”, ékaram eje fis», on trouve la forme pleine de la racine, tandis qu'à l'impératif krdi e fais» on a la forme abrégée.

* Ce verbe est irrégulier dans sa conjugaison.

* Aoriste de la cinquième formation, $ 573.

muc, troisième personne mumüktu) ressemblent beaucoup aux impératifs grecs comme xéxpay6s. Mais il n'est pas douteux que les impératifs sanscrits mumugdi, muméktu n'appartiennent à l'aoriste : nous avons de même, à l’aoriste indicatif, dmumuktam. Musmugdi est avec érudi dans le même rapport que les aoristes de la septième formation ($ 579) avec ceux de la sixième (S 575)!.

Dans AT vévrdasva « grandis!»? nous avons peut-être un impératif moyen de la septième formation de l'aoriste; il serait alors pour vavrdasva. C’est ainsi que ærg fait à l’aoriste indicatif actif dmamrgam. L'allongement de la syllabe réduplicative serait bien mieux justifié ici ($ 580) qu'au parfait de l'indicatif vdvrd45. On pourrait objecter qu’en regard de vavrdasve, considéré comme aoriste, 1l ne se trouve pas d'indicatif de la même formation; mails, en regard des impératifs aoristes précités (S 727) bdia, bidsatam, nééatu, éréiantu, on ne trouve pas non plus d'indicatifs comme dhdsam, dnésam, dérésam.

À l'aoriste doédam ($ 582) se rattache l'impératif védique sa-vécévahä: (première personne duelle du moyen) *.

$ 729. Futur de l'impératif, en sanscrit et en arménien.

Le futur à auxiliaire de l'impératif a laissé des traces dans le sanscrit classique. Toutefois, le petit nombre d'exemples constatés jusqu'à présent appartient sans exception à la deuxième

personne plurielle du moyen; ce sont : rafauxe präsansya-

Dans le dialecte védique, les formes redoublées de l'aoriste peuvent joindre immédiatement les désinences à la racine. C’est là, comme on l’a vu ($ 573), le carsc tère propre de la cinquième formation de l’acriste, laquelle, dans les Védas, s'étend aussi à des racines finissant par une consonne.

? Rig-véda, I, zxxr, 1.

3 Rig-véda, I, ur, 2. La forme de la langue ordinaire est vaord'é. ! Rig-véda, 1, xav, 17.

doam ! «procréez! », afeerag baviéyddoam ? «soyez» et Area

vétsyddvam ® «trouvez! obtenez! ». J'ai supposé autrefois que la forme sañvaksyata® était un impératif futur actif (deuxième personne du pluriel). Mais, par le sens du contexte, je me suis assuré depuis qu’au lieu de 44m sañvakiyata, que Stenrler traduit par «alloquimini», il faut lire sañraksata «arcete »°,

En arménien, le futur de l'impératif est presque partout identique avec celui de l'indicatif ($ 183?, 2). Remarquons seulement qu'à la deuxième personne du singulier, outre la forme 2e-s (= sanscrit yd-s du précatif), on a aussi une forme Pr &v-r : le r remplace le s de la deuxième personne, et le ÿ ÿ, sous l'influence de li suivant, a pris la place du g ét; on a, par conséquent, sires-gi-r «aime» à côté de sires-2e-s «amabis» et «ama ?.

| Bbagavad-Gft4, IIT, 10.

3 Mahäbhärata, III, vers 14394. Râmâyana, éd. Schlegel, I, xux, 95.

3 Mabäbhäârata, I, 1111.

* Stenzler, Brahma-véivarta-puréni specimen, 1, 35.

5 11 faut observer que dans les manuscrits d'écriture bengalie, et notamment dans celui dont s'est servi Sienzier (voyez sa remarque, p. 10), il est souvent impossible de distinguer le r du v. Le 4 y, après le %{ ké, est une correction de Stensier, Le sens calloquimini» ne convient pas dans le contexte, au lieu que «arcete principem» s'accorde avec le sens du vers précédent. Le vers 33 du même ouvrage nous présente une forme remarquable au point de vue de la syntaxe; c’est l'impératif bräté employé comme représentant du subjonctif et régi par yddi «sir : yadi satyam brété aa vous dites la vérité». Au cinquième livre du Mahâbhärata, on a la deuxième personne plurielle de l'impératif moyen prayacéadvam régic par cét «sin : nacét prayecéadvam amitragdtiné yud'istirasyd ’ñéam abipsitañ svakam « nisi detis hostium inter. fectori Yud'iéfiræ partem pelitam suam». Dans le Rig-véda (1, xxvui, 12), nous trouvons après yédi la première persvane plurielle de l'impératif ou du lèt : yad: saknaväma «si nous pouvons”.

* H en est de méme à la deuxième personne du pluriel de l'indicalif futur. Voyez plus haut, t. 1, p. 06 et suiv.

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