‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 169 sur 306 · Quin étant pour qui ne · texte numérisé non relu

Quin étant pour qui ne

5. On pourrait ajouter la particule quatenus formée de l'ablalif féminin qua et de la préposition tenus « jusqu'à » (cf. hactenus, de hac et de tenus). Comme adverbe interrogatif, quatenus sigoille « jusqu'à quel lieu » où « jusqu'à quel moment », et au figuré « jusqu'à quel point » (Cic., T.-Livx). Comme adverbe relatif quatenus signific « jusqu'au point où ». « aussi loin que » (Cic., T.-Liva) et par extension figurée « dans la mesure où, autant que » (Cic., Quiwr.). Du sens temporel qu'on trouve chez Cicéron (Phil, 14, 5, 14 : quibus auspiciis istos fasces augur acciperem? quatenus haberem ἢ est sorti le sens causal qui se rencontre pour la première fois chez Lrcaèce ct qu'on retrouve chez les poètes du siècle d'Auguste ct chez les prosateurs de l'empire à partir de Vazèar- Maxime (cf. Puis 1e Juomm. Suut., Tac.); à l'époque de la décadence quatenus remplace même à peu près complètement quoniam (Mixuc. Feurx, Suuric. Sev., Teatuir., οἷς.) « étant donné que, puisque ». Enfin chez les juristes, quatenus remplace parfois U « afin que, pour que », La construction de quatenus est naturellement réglée par le sens.

6. L'étymologie ne permet pas de dire à quel cas de la déclinaison pronominale se rattache la particule ut. Tout ce qu'on sait, c'est qu'à l'époque archaïque οἱ inême encore après Cicéron on disait uti (et non ut) et que sur les plus ancicns monuments de Ja langue latine on trouve la forme utei

497. — Ut dans une proposition complétive. — Cette particule est employée comme conjonction dans un grand nombre de propositions complétives qui jouent dans la phrase le rôle de complément ou de sujet logique du verbe principal.

4° ὕπο proposition complétive commençant par ut est complément logique de la phrase, quand le verbe principal marque une manifestation de la volonté ou de l'activité, pour qu'une chose arrive ou n'arrive pas.

a) Les verbes qui, exprimant une manifestation de la volonté, se construisent avec ut sont les suivants : velle, vouloir, malle, aimer mieux, nolle, ne pas vouloir!, optare, désirer?, exspectare, attendre (que), imperare, dicere, edicere, prædicere, scribere, præscribere, præcipere, commander, ordonner (verbalement, par écrit, etc.) ὃ: statuere, constituere, decernere, etc., décider”; rogare, orare, precari, petere, postulare, etc., demander, prier; Ssuadere, persuadere, conseiller; hortari, etc., exhorter; monere, admonere, etc., avertir quelqu'un (de faire quelque chose); concedere, permittere, etc., permettre”.

Ex. : Tén., Ad., 874 : illum”, ut vivat, optant (cf. Cic., p. Cæcin.. 9, 23). Cic., P. Rosc. Am., 29, 82 : nisi forte ezxspec-

(voy. (. I.L.,t. 1, n. 196 [Sénatuse. des Bacchan.] cité par Limmsar, the Latin language, p. 601). Mais utei est-il une forme d'ablaiif ? On scrait plutôt tenté d'y voir un locatif. Toutefois la parenté qu'il y acntre Ὠ οἱ les particules analogues quo et qui ne permet pas de les séparer. En tout cas, utei (d'uù üti, üti, puis Ut, par chute de 11 finatf so rattache à le racine pronominale qui ἃ donué le thème xoen grec (cf. ποῦ, ποῖ, πότερος, ele.), quÔ-, d'où cu- en latin (cf. si-cubi, cle.). La chute de la gutturalce initiale s'explique de la même façon que dans ubi. Voy. ci-après.

Le sens propre de ul, c'est « comme » ou « comment », selan que la particule est considérée comme adverbe relatif ou comme adverbe interrogatif. Au sens de « comment », ainsi qu'on le verra à l'occasion, se raltache l'emploi de ut comme particule cumplétive, consécutive et finale ; au sens de « comme » se raltache l'emploi de ut dans les comparaisons, dans les propositions temporelles, causales ct concessives.

4. Toutelvis l'emplei de ut est assez rare et plutôt archaïque après velle, malle et nolle, qui se construisent ordinairement avec l'iufinitif. Cf. R. KCuxea, ausf. Gramm. der lai, Spr., t. 11, p. 527, 11, οἱ voy. ci-dessus, p. 356, ἢ. 1.

2. Cupere « désirer » ne se construit que rarement avec ut et le subjonctif. R. Κῦπκεδ. owr. cité, t. 11, p. 806, ἱ, ne cite qu’un cxemple de Pline Île Jeune, mais la même construction so lit dans Plaute (Capt., 1, 2,17). Voy. Kanps-Scumaiz, Antibarbarus, 5. τ. cupsns.

3. On trouve aussi, mais rarement, jubere ut... Si l'on met à part la formule toute faite : velitis jubeatis ut... Cicéron n'offre quuu exemple de cette construction (in Verr., 11, 4, 12, 28). C'élait probablement un tour familier et archaïque. Voy. R. KÜnxza, ouv. cité, t. 11, p. 530, ὁ (queiquesuns des exemples cités ne conviennent pas, parce que jubeo y est associé à un autre verbe comme ecerno qui se construil très cnrrectement avec ut).

Quant au tour jubere alicui ut... (ef. Tac., Ann., XII, 40), c'est une incorrection.

4. Par analagio avec ces verbes, on trouve quelquefois conjurare, animum inducere, cogitare, consilium capere ut... « former le projet de... ». Mais, en pareil cas, la construction ordiuaire est l'infinitif. Pour consilium capere, voy. Kazes-Scumaiz, Antibarbarus, 5. τ. consiuiva.

5. Sinere ct pati ne s'omploient pas correctement avec ut et le subjonctif, mais hien avec l'ivfinitif. Toutefois on peut employer ut après pati, quand la proposilion principale est négative.

Ex. : Cks.. de Bell. Gall., 1, 45, 1 : neque suam neque populi Romani consuetudinem pati, ut optime merentes socios desereret (ef. ib., VI, 8, 1 ; Cic., de Am., 95, 87 : p. Font., 12, 27; de Off., I, 5, 22).

0. Anticipalion du sujet analogue à la construction doat il ἃ élé question ci-dessus, ξὲ 406, 40€. On attendrait optant ut ille vivat.

tatis, utilla diluam, quæ de rebus commenticiis objecit (cf. Cés., de Bell. civ., 1, 6,53; T.-Live, XXII, 31, 7)!. — PLAUTE, Mén., 841 : mi imperat, ut ego illic oculos exuram. — Cés., de Bell. Gall., V, 31, 1 : suis, ut idem faciant, imperat (cf. ib., 1, 28, 1 et 3:11, 28, 3; V, 1,1, etc., etc.). — Τέβ., Heaut., 340 : dicam, ut revortatur domum. — Cuic., αὐ Fam., XII, 17, 2 : dicam tuis, ut librum meum describant ad teque mittant. — Cés., de Bell. civ., ΠῚ, 92, 2 : Pompejus suis prædixerat, ut Cæsaris impetum exciperent (cf. Corn. Nér., Thém., Ἵ, 3, etc.) — Cic., ad Att., XI, 45, 4 : in epistula extrema scriptum erat, ut ad ludos omnia pararet. — Cons. Nér., Mill, 1, 3 : his consulentibus Pythia præcepit, ut Miltiadem imperatorem sibi sumerent. — PLauTe, Pœn., V, 2,158 : nuntiate, ut prodeat. — Cic., de Orat., 11, 86, 353 : nuntiatum Simonidi, ut prodiret. - Cés., de Bell. Gall., VII, 21, 2: statuunt, ut decem milia hominum in oppidum mittantur. — Sais, Cat. 43, 1: constituerant, uti L. Bestia … quereretur de actionibus Ciceronis. — Cic., in Cat., 1,2, 4 : decrevit senatus, ut L. Opimius videret, ne quid res publica detrimenti caperet*. In Verr., I, 1, 17, 60 : ab diis immortalibus.. hoc idem... peto, ut in hoc judicio nemo improbus reperiatur. Ad Fam., IX, 13, 3 : peto ἃ te vel, si pateris, oro, ut homines miseros et ... calamitosos conserves incolumes. Ad Att., XVI, 8, 2 : equidem suasi, ut Romam pergeret (cf. Div. in Cæcil., 16, 52). — Cés., de Bell. Gall., I, 18,2 : huic magnis præmiis persuadet, uti ad hostes transeat (cf. Conan. Νέρ., Them., 2, 2). — PLAUTE, Slich., 128 : mihi ita auctores sunt amici, ut vos hinc abducam domum. — Cic., ad At.

4. La locution expectare ut... répond au français « attendre 406... » ; expectare dum.…. signifie « attendre, jusqu'à ce que... ». L'une et l’autre construction sont du reste également correctes, D'après l'analogie de expectare ut.…, Cicéron a dit :

Ad Fam., ΧΙ, 27, 1 : nihil sibi longius fuisse quam ut me videret. Mais, en parcil cas, la construction la plus usitée parait être, soit l'infiaitif, soit dum avec le subjonctif.

Ex. :Cic., in Verr., Il, 4, 18, 39 : nihil ei longius videbatur quam dum illud videret argentum. P. Rab. Post., 12, 35 : nec mihi longius quicquam 681... quam videre hominum vultus.

2. Cet exemple et les deux qui précèdent sont l'application de la règle suivante : « Les verbes qui sigoifient « décider » 56 ronstruisent avec ut et le subjonctif, quand Île sujet de la proposition subordonnée n'est pas le même que le sujet de la proposition principale. »

Mais il ne faudrait pas donner à cette règle une portée excessive : en effet, on lrouve aussi ut ct le sabjonctif quand le sujet des deux propositions est le même, et cette construction se rencontre chez les écrivains les plus corrects.

Ex. : Cic.. de Off., NI, 11, 48 : statuerentque (Athenienses), ut urbe relicta naves conscenderent. Ad Att., XVI, 10, 1 : constitueram, ut pridie Idus Aquini manerem. Etc.

Toutefuis il convient d'ajouter qu'en parcil cas c'est plutôt l'infiuitif que l'on emploie.

XV, 5,2: mihique, ut absim, vehementer auctor est. 44 Fam., IX, 2,2 : tibi idem consilii do, quod mihimet ipsi, ut vitemus oculos hominum. De Orat., 1, 5, 19 : hortemurque potius liberos nostros …, ut animo rei magnitudinem complectantur (cf. Cés, de Bell. Gall., I, 21,2). — T.-Live, ΠῚ, 52, 41 : Orant ac monent, ut ipsis ab invidia caveatur. Cf. Quinr., I, 9, 1. Etc.

b) Les verbes qui, exprimant une manifestation de l'activité, se construisent avec ut sont les suivants : facere, efficere, perficere, etc., faire en sorte que; impetrare, obtinere, pervincere, etc., obtenir que. réussir à ce que Consequi, assequi, arriver à ce résultat que..; adducere, inducere, compellere, cogere', etc., déterminer, pousser, forcer quelqu'un à; curare, consulere, videre, prospicere, etc., veiller à ce que; laborare, elaborare, dare operam, etc., s'efforcer*; tentare, experiri, essayer.

Ex. : Cic., de Nat. deor., 11, 15, 41 : 801 efficit, ut omnia floreant. Ad Alt, IX, 2 a, 1 : impetrabis ἃ Cæsare, ut tibi abesse liceat et esse otioso. — T.-Live, 11, 43, 11 : Obfinuere patres, ut in Fabia gente consulatus maneret. Ni, 40, 2 : pervicere, ut et Veturia et Volumnia in castra hostium irent. — Cic., de Nat. deor., II, 60, 150 : intellegitur omnia nos consecutos (esse), ut salvi esse possemus. P. Rosc. Am., 34, 95 : qua tu re nihil aliud assequeris, nisi ut... audacia tua cognoscatur. Ad Ait. ΧΙ, 1,3 : assequere, quod vis, si me adduxeris ut existimem me bonorum judicium non funditus perdidisse. De Fin., U, 17, 45 : ea difficultas induxit imperitos, ut... nihil possent de diis immortalibus cogitare. — Caro, de Re rust., 5, 4 : Opus rusticum omne curet uti sciat facere (cf. Ριλυτ., Amph., 481 sqq.). — Cic., ad Fam., IX, 24, 4 : sic tibi persuade me dies et noctes nihil aliud agere, nihil curare nisi ut mei cives salvi liberique sint (cf. Sex, Ep., 41). Ad Fam., XVI, 1, 2 : navem idoneam ut habeas, diligenter videbis*. In Verr., II, 1, 58, 153: consulere vivi ac prospicere debemus, ut illorum (liberorum) solitudo et pueritia quam firmissimo præsidio

1. Remarquez toutefois que Cogere se construit plus souvent avec une proposition infiuitive. On ne cite pas un seul exemple de cogere avec ut chez César ; Cicéron et Salluste emploient quelquefois cette construction, T.-Live aussi. Voy. R. KCunen, ouv, cité, t. II, p. 596, Anm. 3 (à la Gn).

2. Tous les verbes signifiant « s'efforcer » ne se construisent pas ainsi : en effet, conari ut ne se rencontre pas, niti ut est rare (cf. Conx. Νερ,, Milt., 4, 5; ὅλα, Jug., 13, 8; 85,6), cnfin studere ut u'est pas classique (cf. Carox, de Re r'ust., 5, 7: Aucr. Baie. Acex., 1, 4),

3. Ce sont des phrases de ce genre qui permettent de voir d'où est veuu l'emploi de ut servant à former des propositions complétives. En effet, on peut supposer que le sens primitif de locutions comme vide ut hoc fiat, fac ut venias, ete., devait être « vois comment ccla pourrait être fait (— veille à ce que cela se fasse) », « agis d'une façon d'aprés laquelle il te soit possible de venir (— fais en sorte que tu puisses venir) ».

munita Sit. P. Quinct., 21,69 : qui nuncC, tu ut vincas, tanto opere laborant'. - Cés., de Bell., Gall., VII, 41, 1 : Vercingetorix animo Jaborabat, ut reliquas civitates adjungeret. — Ῥιλυτε, Cas., 16 : Verum ut cognoscant, dabimus operam sedulo. - Cuc., de Orat., 11, 24, 102 : equidem soleo dare operam, ut de sua quisque re me ipse doceat. De Re publ., 11, 12, 23: Cum ... senatus … tentaret® post Romuli excessum, ut ipse gereret sine rege rem publicam (cf. T.-Live, ΙΝ, 49, 6; Suer., Cæs., 11). Ad Att., IX, 10, 3: experiar certe ut hinc avolem. — Conx. Nér., Dat., ἃ, 3 : Datames.. experiri voluit ut sine armis propinquum ad officium reduceret. Etc.

REMARQUES. — I. Le verbe merere {mereri), mériter, se construit aussi avec ut et le subjonctif (cf. PLAUTE, Épid., V, 2, 41; Aul., 1], 2, 45; TÉR., Andr., 1, 5, 46; Cic., de Orat., 1, 54, 232); mais, par contre, la construction dignus ut... (cf. PLAUTE, Mil., 4140; T.-Live, XXII, 42, 143; XXIV, 16, 19) ne paraît pas étre classique; peutétre appartenait-elle à la langue populaire.

IT. On rattache ordinairement aux propositions complétives dont il est question ici la construction de ut, au lieu de ne non, après les verbes vereri, timere et metuere”, quand ces verbes ne sont pas accompagnés d'une négation.

1. Les verbes qui signifient ἃ s'efforcer » sont suivis de ut surtout quand, comme ici, le sujet de la proposition subordonnée n'es{ pas le même que celui de la proposition principale. Quand le sujet des deux propositions est le méme, on emploie ordinairement l'infinitif, et c'est notamment le cas pour contendere (cf. R. KEmmmn, ouv. cil., t. II, p. 491 [$ 124, a}). Mais cetic règle n'est pas absolue (voy. ci-dessus, p. 530, n. 2).

2. C'est par analogie avec les verbes signifiant « s’efforcer » que tentare et experiri sont suivis d’une proposition complélive commençant par ut. Dans tous les cas où cette analogie n'est pas possible, ces mêmes verbes sont suivis de l'interrogation iadirecte ou d'une proposition commençant par 8i « pour le cas où... ».

3. On remarquera du reste que les deux exemples de T.-Live sont tels qu'il n’y avait pas moyen d'employer la tournure classique dignus qui... :

Ex.: T.-Livs, XXII, 42, 13 : si modo, quos ut socios haberes dignos duxisti, haud indignos judicas quos in fidem receptos tuearis. XXIV, 16, 19 : digna res visa uf simulacrum celebrati ejus diei Gracchus... pingi juberet in æde Libertatis.

Mais il n'en est pas de même de T.-Live, XXII, 59, 17 : cum indigni ut redimeremur vobis visi 8imus.

Pour dignus qui. avec 16 subjoncif, voy. ci-dessus, p. 437, ἃ.

4. Daos cet emploi particulier, ut gardait-il du moins primitivement, le sens propre de « comment » ? C'est ce que l’on est tenté de soutenir en considérant des phrases comme celle-ci :

Ex.: Cés., de Bell. Gall., 1, 39, 6 : rem frumentariam, ut satis commode supportari posset, timere (se) dicebant « ils se demandaient avec crainte comment les approvisioonements pourraient arriver jusqu'à eux », d'où «ils craignaient que les approvisionnements ne pussent pas arriver jusqu'à eux ».

On sail d'ailleurs que les verbes signifiant « craindre » peuvent se construire avec une proposilion ioterrogative indirecte.

Ex.: Saur., Orat. Lepidi, 20 : quantum audeatis vereor « je me demande avec inquiétude jusqu'où ira votre audace ».

Quant à l'emploi de ut « comment », dans l'interrogation indirecle, il est fréquent et classique,

Ex.: Cic., in Pis., 2, 3 : omitto ut sit factus (consul) uterque nostrum.

Toutcfvis voyez une autre hypothèse émise ci-dessus, $ 352, 2°, 6 (p. 357).

5. Il ne faut pas confondre avec cet emploi de nt (— ne non) l'emploi de ut (— ne) qu'on trouve quelquefois dans la langue familière après non timeo, non vereor... (cf. Hon., Sat., I, 3, 120- 121; T.-Live, XXVIII, 22, 42). « Je ne crains pas (que telle chose arrive) » 56 dit en latin classique : non timeo (vereor, metuo), ΠΘ...

Ex. : PLAUTE, Curc.. 46% : ornamenta, quæ locavi, metuo, ut possim recipere (cf. Bacch., 7162; Pers., 319; TÉR., Andr., 914; HoR., Saf., Il, 1, 60). — Cic., ad Fam., XIV, 2,3 : omnes labores te excipere video: timeo, ut sustineas. — CÉs., de Bell. Gall., 1, 39, 6 : rem frumentariam', ut satis commode supportari posset, timere (se) dicebant. Etc.

111. Dans la langue familière, on trouve quelquefois les verbes signifiant empécher construits avec ut, au lieu de ne.

Ex. : Cic., p. Rosc. Am., 52, 151 : Di prohibeant, ut hoc ... præsidium sectorum vocetur.

Dans cette construction, ut sert simplement à exprimer la liaison des deux propositions et a perdu tout à fait le sens précis qu'il devait à son étymologie*.

IV. Au contraire le sens primitif de la particule nous paraît se retrouver encore dans certaines constructions propres à la langue familière, comme celles-ci :

Ex.: TÉR., Heaut., 617 : at satis ut contemplata modo sis (anulum). Andr., 271 : sed ut vim queas ferre. Etc.

Dans ces sortes de phrases, ut répond au français pourvu que, mais, pour comprendre d'où est sorti ce sens, il faut supposer l'ellipse de vide ou d'une expression analogue (vide modo ut..., veille seulement à ce que..)®.

2° Une proposition complétive commençant par ut est sujet logique de la phrase.

a) Lorsque, dans les constructions énumérées ci-dessus (ὃ 497, 4°, a etb), le verbe principal est mis au passif.

Ex. : T.-Live, XXXV, 20, 4: consuli permissum est, ut duas legiones scriberet novas. — Cic., in Cat., 2, 12, 26 : mihi, ut urbi satis esset præsidii, consultum ac provisum est. Etc.

b) Lorsqu'on emploie certaines expressions impersonnelles marquant que telle ou telle chose a été décidée, par ex. : placet, convenit, in mentem venit, consilium est, etc.

4. Il y ἃ ici une anticipation du sujet de la proposition complélive analogue ἃ celle dont il ἃ déjà été question (cf. ci-dessus, ὃ 408).

2. Ce sens précis, comme on l'a vu tout à l'heure, c'est celui de but à atteindre : on le trouve au fond de tous les emplois principaux de la particule employée non pas comme adverbe, mais comme conjonction de subordination dans les propositions finales, consécutives et complétives. Cf. ci-dessus, p. 517, n. 6, où l'on a essayé de montrer comment les sens particuliers de ut ainsi employé sont sortis du sens fondamental de « comment ».

3. Cette consteuction n'a qu'un rapport éloigné avec celle dont il a été question ci-dessus, $ 335, Ren. I, 1°, et dans laquelle ut (uti) est employé comme mot esclamatif au lieu d'utinam.

4. C'est ainsi qu'en grec une ellipse semblable permet d'employer ὅπως μή dans le sens de « pourru que... ne... pas... ! »

Ex. : Anisr., Ois., 1494: ὁ Ζεὺς ὅπως ph μ᾽ ὄψεται (entendez : ὁρᾶν δεῖ ὅπως À ὁ Ζεὺς ὄψεταί με, « il faut que je veille à ce que Zeus ne me voie pas »), « pourvu que Zeus ne me voie pas! »

D'ailleurs on trouve aussi dans le latin familier ne employé comme on vient de voir ὅπως pr, en grec.

Ex.: Cic., de Fin., V, 3, 8: sed ne, dum huic obsequor, vobis molestus sim (on attendrait videndum est ne vobis molestus sim).

Ex. : Cic., Phil., 14, 14, 38 : senatui placere, ut consules ... 118, qui sanguinem pro vita, libertate fortunisque populi Romani profudissent, monumentum locandum faciendumque curent. De Orat., 1, 34,155 : postea mihi placuit, ut summorum oratorum Græcas orationes explicarem. Ad Alt. VI,4,14: mihi cum Dejotaro convenit (il a été décidé d'un commun accord entre Déjotare et moi), ut 1116 in castris meis esset. — T.-Live, XXIV, 6, 7 : pacto convenit, ut Himera amnis finis regni Syracusani ac Punici imperii essel. — Sauc., Jug., 85, 8: sa uti accepta mercede deseram, est consilium. — T.-Live, XXIV, 30, 12 : Hippocrates et Epicydes, non tam tutum prima specie quam unum ... Consilium esse rati ut se militibus permitterent.…. Etc.

c) Quand on se sert d'expressions signifiant il arrive que, comme fit ut..., factum est ut..., etc., et d’autres qui peuvent se ramener à cette idée, à savoir : accedit u£..., à cela s'ajoute cette circonstance 406...; multum abest, ut..., il s'en faut de beaucoup que...; tantum abest ut..., il s'en faut de tant que... prope est ut... ou in eo res est ut..., il va bientôt arriver que...!; mos est ut..., moris est ut..., consuetudo est ut..., c'est un fait d'habitude, c'est une tradition que..; est hoc, ut.…., il se produit cette particularité que, etc.

Ex. : Con. Née. Alcib., 3, 2 : accidit, ut una nocte omnes hermæ dejicerentur. — Cuc., de Orat., 11, 36, 152 : est αἱ plerique philosophi nulla tradant præcepta dicendi. Tusc., 1, 19, 43 : accedit, ut* eo facilius animus evadat ex hoc aere, quod nihil est animo velocius. 46., 11, 36, 117 : ille, longe aberit, ut argumentis credat philosophorum. Phil., 10, 8, 11 : tantum abfuit, ut periculorum rei publicæ M. Bruti putaret exercitum, ut in eo firmissimum rei publicæ

1. Le tour in 60 est αἴ... « il va bientôt arriver que... » esl peu correct et assez rare, au licu de prope est ut... ou in eo res est, ut.

2. Est ut... pris dans le sens de « il arrive que », « la vérité est que », sert à former des périphrases comme celles-ci :

Ex. : Cic., de Div., 1, 56, 128 : non est igitur ut mirandum sit (c.-ài-d. non igitur mirandum est). P. Cæl.. 22, 48 : quando... fuit ut quod licet non liceret ? (ce.-à-d. quando id quod licet non licuit?

Enfin, on connait les tours fore ut... futurum esse ut..., futurum fuisse ut... La locution @8t ut équivaut aussi à notre locution « il y a lieu de... ».

Ex.: Cic., p. Mil., 13, 35 : quid enim odisset Clodium Milo... 1 Ille erat ut odisset defensorem salutis meæ («il y avait lieu pour Clodius de παῖς Milon, défenseur de ma vie civile et politique»). P. Cæl., 6, 14 : magis est, ut ipse moleste ferat errasse 86...,quam ut istius amicitiæ crimen reformidet («il ya plus de raisons pour qu'il supporte avec pcinc... » --- Pin, Hist. nat., XVIII, 3 : neque est ut putemus..…. Etc.

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