‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 168 sur 306 · I. — Zatin : quo, quo minus, quin — ut · texte numérisé non relu

I. — Zatin : quo, quo minus, quin — ut

491. — La particule quo. — La particule quo' garde nettement la valeur d’un relatif dans des constructions où elle est synonyme de quod, c'est-à-dire dans les locutions non 60, quo... (cf. ci-dessus.

1. C'est pour cela que dans l'Odyssée ἕως prend quelquefois la valeur d'une conjonction finale.

Ex.: Hou., Od., 1V, 799 sqq. : πέμπε δέ μιν πρὸς δώματ᾽ ᾿Οδυσσῆος θείοιο. | 06 Πηνελόπειαν ὀδυρομενὴην γοόωσαν | παύσειε χλαυθμοῖο... (εἴ. (d., Υ͂, 385; 1X, 375; VI, 19; XIX, 367).

2, C'est proprement l'ablatif ueutre du relatif signifiant « à cause de quoi »..

8 442, πεν., p. 462, et ἢ. 1), d'où non quo, non que (lit. non pas à cause de ceci que) et non quo non, non 406... ne... pas.

Ces locutions sont naturellement suivies du subjonctif, puisqu'elles impliquent cette idée que telle hypothèse, à laquelle on pourrait penser pour expliquer tel fait, est contraire à la réalité.

Ex. : Cic., p. Quinct., 2, 5 : nOn 60 dico, G. Aquilli, quo mihi veniat in dubium tua fides et constantia, aut quo non in his viris spem summam habere P. Quinctius debeat. De Orat., 1, 48, 74 : NON quo mea quidem intersit..., sed tamen ista tua tantum cognoscendi studio adductus requiro. Tusc., 11, 26, 6+: laudabiliora videntur omnia, quæ sine venditatione et sine populo teste fiunt, non quo fugiendus sit, sed tamen nullum theatrum virtuti conscientia majus est (Cf. III, 22, 54).

Cic., P. Sest., 28, 61 : dux, auctor, actor rerum illarum fuit, non quo periculum suum non videret, sed … putabat. REMARQUE. — Dans Cicéron et dans César, la locution non quo se trouve quelquefois

remplacée par une construction particulière dont les exemples qui suivent feront connaître la nature (cf. aussi ci-dessus, p. 462, n. 1).

Ex. : Cic., ad Fam., VI, 3, 1 : superioribus litteris, benevolentia magis adductus quam quo res ita postularet (— non quo res ita postularet, sed benevolentia adductus) fui longior. Ad Fam., X, 3, ἃ : amore magis impulsus quam quo arbitrarer (— non quo arbitrarer..., sed amore impulsus). Cf. CÉs., de Bell. Gall., IV, 2, 1 : mercatoribus est aditus magis 60, ut … quibus vendant habeant, quam quo ullam rem ad se importari desiderent.

492. — Propositions complétives avec quo minus. — Jointe à minus employé dans le sens d'une négation, la particule quo sert à introduire des propositions complétives! après certains verbes ou certaines expressions?

Quo minus (qu'on écrit aussi quominus) est naturellement suivi du

subjonctif.

1. On peut sc rendre compte de l'origine de cct emploi de quo minus, en étudiant des phrases comme celle-ci :

Ex. : Cic., in Verr., Il, 1, 9, 25 : id igitur tu moleste tulisti, a me aliquid factum esse quo minus iste condemnari posset ? (/iff. « quelque chose, par suile de quoi il pât ne pas ètre condamné », d'où « quelque chose, pour empêcher que... » Cf. Cic., ad Att., 11, 4: præter quercum Dodonæam nihil desideramus quo minus Epirum ipsam possidere videamur.

Dans ces sortes de phrases, QUO a encore le sens relatif ct le subjonclif a la valeur d’un potentel ; mais on conçoit que du tour dans lequel se trouvait QUO on ait peu à peu dégagé l'idée d'une conjonction propre à signifier l'empèchement et qu'ou ait réservé cetle conjonction à cet emploi particulier. Mais il Υ ἃ aussi telle construction dans laquelle QuO parait être, non plus l’ablatif du pronom relatif, mais l'ablatif ncutre du pronom interrogatif, Cf. ci-après, p. 513, n. 3.

Enfin, ilest certain que la construction dont il s'agit ici a élé créée sous diverses influences (voy. encore ci-après, p.511, n. 3).

2. Voy. G. Hicoxonaxn, fiber einige Abrreichungen im Sprachgebrauche des Cicero, Cæsar und Livius und über den Gebrauch des Infinitiv, der Supina und der Konjunktionen quo minus und quiu Lei diesen Schrifistellern (Prog. du gymn. de Dortmund, 1354).

4° On emploie quo minus et le subjonctif après les verbes qui signifient empêcher, surtout quand ces verbes sont accompagnés d'une négation! ou d’une interrogation.

Ex. : Cic., de Sen., 11, 60 : ætas non impedit?, quominus (litterarum) studia teneamus usque ad ultimum tempus senectutis. Tusc., 1, 38, 91: non deterret sapientem mors, quo minus in omne tempus rei publicæ consulat. De Orat., I, 60, 256: non repugnabo, quo minus omnia legant, omnia audiant, in omni recto studio atque humanitate versentur. Div. in Cæcil., 18, 58 : ego tecum in e0 non pugnabo, quo minus, utrum velis, eligas. Etc. — T.-ve, IX, 8, 6 : si qua obligavimus, ne quid divini humanive obstet, quo minus justum ineatur bellum. — Puns LE JEUNE, Ep. Vl, 29, 6 : 260 vero Isocrati, quo minus haberetur summus orator, offecit, quod infirmitate vocis, mollitia frontis, ne in publico diceret, impediebatur. Etc.

Cic., de Ναί. deor., 1, 34, 95 : quid obstat, quo minus sis beatus? Etc.

REMARQUES. — I. Une proposition complétive avec quo minus peut dépendre d’une proposition impliquant l'idée d'un empéchement, sans qu'un verbe signifiant empêcher soit nécessairement exprimé”.

1. Mais QUO minus 56 rencontre aussi quelquefois avec des verbes qui ne sont pas accompagnés d'une négation.

Ex.: Cis., de Bell, Gall., 1V, 22, 4 : quæ (naves) ….vento tenebantur quo minus in eundem portum venire possent. — Cic., p. ftosc. Am.. 38, 110 : impedimento est, quo minus de his rebus Sulla doceatur. Ad Fam., VII, 1, 1 : si te infirmitas valetudinis tuæ tenuit, quo minus ad ludos venires. Zn Cat., 111, 6,16: quæ religio α. Mario fuerat (« scrupule qui avait empêché Marius »),

uo minus C. Glauciam prætorem occideret, ea nos religione in privato

entulo puniendo liberamur. Ag At, VIII, 8, 2 : intercludor dolore, quo minus ad te plura scribam. De Nat. deor., I1, 13, 35 : (rebus terrenis) multa externa, quo minus perficiantur possunt obsistere. Etc.

Toutc{vis impedio quo minus…. est ordinairement remplacé par impedio ne.

Mais remarquez, à ce propos, que, quand Cicéron emploie impedire quo minus, il donne ordinairement comme complément direct à impedire le mot qui logiquement serait le sujet de la proposition complétive avec quo minus (cf. ci-dessus, ξξὲ 406, 408, 432).

Ex. : Cic.. p. Jose. Am., 2, 5 : forsitan quæratis, quæ sit tanta formido quæ tot ac

tales viros impediat, quo minus… (cf. ad Fam. 111, 7, 3; XIH, 5, 4, cte.).

2. Nous citons cet exemple, parce qu'il renferme le verbe impedire, qui, par excellence, signifie « cmpécher »; mais il faut remarquer que l'emploi de quo minus méme après non impedire est relativement rarc : Cicéron n'en présente que quelques exemples, César n'en ἃ aucun.

De méme après (non) prohibere, l'emploi de quo minus est rarc, bien que ce ne soit pas une incorreclion (cf. Cic., ad F'am., XI, 5, 1). :

3. Quelquefvis la proposition principale contient un verbe de signification telle que quo (minus) parait à La fois pris dans le sens final dont il scra question tout à l'heure ($ 493) ct amené par l'idée d'empéchement qui est impliquée dans la phrase.

Ex.:Ces., de Jlell. civ., 1, 82, 3 : eisdem causis.…. quo minus dimicare vellet movebatur.

On ne peut nier d'ailleurs que les propositions complétives introduites par quO minus n aient subi

Ex. : CÉs., de Bell. οἷν. HIT, 70,1 : his tantis malis hæc subsidia succurrebant, quo minus omnis deleretur exercitus, quod... — Cic., in Verr., I, 2,

76, 187 : lege excipiuntur tabulæ publicanorum quo minus Romam deportentur (les registres des publicains sont soumis par la loi à une exception qui

empêche qu'on ne les transporte à Rome). De Orat., 1, 16, 70 : in hoc quidem

certe prope idem, nullis ut terminis circumscribat aut definiat jus

suum, quo minus ei liceat eadem illa facultate et copia vagari, qua

velit (la poésie ressemble surtout à l'éloquence, en ce qu'elle ne reconnait ni obstacles

ni limites qui l'empéchent d'exercer son droit de courir οἱ de moissonner partout). —

SALL., Cal., 51, 41 : hanc ego causam, patres conscripti, quo minus

novom consilium capiamus in primis magnam puto (c'est là, selon moi,

unc raison des plus graves qui nous empêche d'adopter des mesures nourelles). Etc.

IL. C’est ainsi qu'on peut expliquer l'emploi de quo minus après l'expression per

me, etc. (non) stat, η1. à mm. la chose csl arrèlée, entravée (ou n'est pas arrètée, cniravée) per

ma faute, οἱ c'est moi (ou ce n'esi pas moi) qui empêche que.

Ex. : TÉR., Andr., 699 : si poterit fieri, ut ne pater per me stetisse credat, | quo minus hæc fierent nuptiæ, ne vincerent. — Cés.. de Bell. cir., Ï,

. #1, 3 : Gæsar ubi cognovit per Afranium stare, quo minus prœlio

dimicaretur (cf. 11, 13, 4). - T.-LiVE, XXIV, 17, 7 : rediens adeo

graviter est ab consule increpitus ut per eum stetisse diceret

(sc. consul) quo minus accepta ad Cannas redderetur hosti clades

(cf. VI, 33, 2; VII, 2,2; IX, 14, 1; XXXIX, 47, 5; XLIV, 14, 12}. Etc.

2° On emploie quo minus et le subjonctif après les expressions qui signifient ne pas refuser 46...

Ex. : Cic., de Fin., 1, 3, 1: non recusabo, quo minus omnes mea legant (cf. de Off., II, 21, 100). — Con. Nér., Épam., 8, 2 : non recusavit quo minus legis pœnam subiret. Etc.

REMARQUES. — 1. En dehors de l'époque classique, on trouve quo minus employé après des verbes qui ne l'’admettaient pas primitivement : c'est une extension de l'usage régulier.

Tel est le cas pour les verbes signifiant défendre et en particulier pour vetare que les deux Sénèque construisent avec quo minus.

11. Tacite va plus loin encore : non seulement il emploie quo minus après des verbes qui ne l’admettaient pas à l’époque classique, mais il le confond avec quin.

Ex.:Tac., Iist., 11, 45 : nec apud duces Vitellianos dubitatum quo minus pacem concederent. Etc.

III. Dans la langue familière on trouve quelquefois quo setius!, au lieu de quo minus, mais les exemples en sont rares; les seuls connus sont ceux-ci :

Ex. : AFRAN. (cité par Charisius, p. 195) : perdit imbecillitas tua me quo setius me colligam. —Corxir., Rhet. ad Her., IV, 34 : cur, quo setius omnia scribant, impediuntur modestia? (cf. ὁ... 1, 12; 111, 17). — Cic., de Inv., 11, 45, 132 : cur rei publicæ munere impediantur quo setius suis rebus servire possint (cf. 1b., ΤΠ, 57, 170).

l'iulluence des propositions finales. Il y a telle construclion où ς᾽ οϑὶ le sens fiual qui se dégage le plos

nettement de l'ensemble.

Ex.: Tén., Andr., 196 : si sensero hodie quicquam in his te nuptiis fallaciæ conari, quo fiant minus.

1. Setius sert aussi de synonyme à minus dans l'expression nihilo setius, qui est pour nihilo

minus.

493. — Propositions finales avec quo. — La particule quo sert enfin à introduire des propositions finales au subjonctif".

4° Quelquefois quo peut se traduire simplement par l'expression pour que par là.

Ex. : Cic., de Leg., I, 26, 65 : in funeribus Atheniensium sublata erat celebritas virorum et mulierum, quo lamentatio minueretur (cf. p. Planc., 21, 52; p. Cluent., 51, 140). — T.-Live, XXIV, 48, 4 : pronuntiarunt verba orationemque eos adversus rem publicam habuisse, quo conjuratio deserendæ Italiæ causa fieret. Cf. ib., 21,8 : ut vero Appius naves ad ostium portus, quo suæ partis hominibus animus accederet, in statione habere cœpit... Etc.

2° Mais le plus souvent quo s'emploie quand il y ἃ un comparatif dans la proposition finale : il signifie, en ce cas, pour que... d'autant plus.

Ex. : Tér., Eun.. 150 : id, amabo, adjuta me, quo id fiat facilius. — Cés., de Bell., civ., 1Π, 30, 5 : ignesque fieri prohibuit, quo occultior esset ejus adventus (cf. ib., 1, 81, 2). — Cic., de Orat., 11, 30, 131 : subacto mihi ingenio opus est, ut agro non semel arato, sed novato et iterato, quo meliores fetus possit et grandiores edere. Ad Att., VII, 9, 1 : 60 scripsi, quo in suadendo plus auctoritatis haberem.

REMARQUES. — I. Dans une proposition finale, la locution quo minus peut signifier non seulement pour que … d'autant moins, mais encore el simplement pour que... ne … pas.

Ex. : TÉR., Andr., 196 : si sensero hodie quicquam in his te nuptiis fallaciæ conari, quo fiant minus.

Mais ce tour est assez rare et quo minus ἃ fini par être employé presque exclusivement dans les constructions dont il ἃ été question ci-dessus”.

1. L'ablatif neutre du relatif pouvant sigoifier « moyen par lequel... », on comprend aisément qu'on ait eu l’idée de s’en servir pour exprimer le but que se propose le sujct principal. Dans ces propositions, le subjonctif, qui primitivement était un potentiel (car ce qu’on se propose est toujours hypothétique), a fini par marquer purement et simplement la subordination.

2. Mais il faut se garder de croire que QuO soit obligatoire en parcil cas. On trouve, en cffet, dans Cicænox, p. Arch., 11, 28 : ut id libentius faciatis, Ἰὰ où il pourrait y avoir quo id libentius faciatis. De plus, il y a évidemment des cas où QUO ferait un contresens. Rirwarxx, Synt. lat., S 196, Rux.], prenant pour exemple la phrase de Tacirs (Dial., 3 : an ideo librum istum apprehendisti, ut diligentius retractares), fait justement remarquer ceci : Maternus a pris entre les mains uno de ses tragédies « pour la remanier avec plus de soin qu'il n'avait fait jusque-là », ct non « pour la remanier avec d'autant plus de soin », ce qui n'aurait aucun sens.

3. On remarquera, à ce propos, que minug étant une véritable négation, il ÿ a quelque analogio entre cet emploi de minus et l'emploi de la négation pr, en grec, devant l'intiuilif, après certains verbes ou certaines expressions signifiant défendre, empêcher, défense, empéchement, etc., et en général après les verbes à sens négatif. Cette négation qui nous semble explélire, puisque nous ne la traduisons pas en français, avait sa raison d'être en latin. Quand on dit nihil obstat quo minus venias, on laisse entendre ceci : « par suite de quoi ne viendrais-lu pas ? il n'y a pas d'obstacle », d'où « rien ne ’sppote à ce que tu viennes ». 11 est πιόπιο permis de supposer, vu cet emploi de quo minus, qu'à l'origine c’étaient les expressions négatives seules qui se construisaient avec (ΠῚ0 minus (εἰ, en fait, c'est surtout avec ces expressions-là qu'on le trouve à l'époque classique): plus tard, ne se rendant plus compte de la véritable construction, on a fiui par croire que c'était le verbe « empècher », etc., qui déterminait l'emploi de quo minus et on l’a construit même après des expressions afrmatives.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 33

11. Quo ne, au lieu de ut ne, dans une proposition finale, est rare et peu correcl!.

Ex. : Hor., Sat., 11, 1,37 : Missus ad hoc pulsis, vetus est ut fama, Sabellis

| quo ne per vacuum Romano incurreret hostis?.

494. — La particule quin dans unc proposition causale. — La particule quin* s'emploie ‘avec la valeur d'une particule causale négative dans la locution non quin synonyme de non quo non (cf. ci-dessus, $ 491)*.

Ex. : Cic., ad Fam., IV, 1, 1: etsi eo te adhuc consilio usum intellego, ut id reprehendere non audeam, non quin ab eo ipse dissentiam, sed quod ea te sapientia esse judicem, ut meum consilium non anteponam tuo.

495. — Propositions complétives avec quin. — Mais la particule quin s'emploie surtout dans les propositions subordonnées complétives tantôt avec le même sens que quo minus, tantôt avec le même sens que ut non’.

4° À l'époque classique quin (— quo minus) s'emploie (avec le subjonctif, naturellement) après des expressions de forme ou de sens négalif*.

Ainsi l'on trouve quin et le subjonctif :

a) Après les expressions qui signifient ne pas s'abstenir ἀ6..., n'être pas éloigné de, — ne pas hésiter à faire telle ou telle chose OU ne pas douter que telle ou telle chose ne soit vraie, — je ne puis m'empêcher de... — il est impossible 4116... 6... pas.

1. Scumaiz, Lat. Synt., ἃ 309, explique la rareté de ce tour en disant que 600 étant considéré comme un relatif, on πὸ pouvait guère le faire suivre d'une négation inusitée dans les proposilions relatives. Mais voyez la note 2.

2. On peut citer Cicsnon, ad Fam., VII, 2, 1 : sed 60 vidisti multum, quod præfinisti, quo ne pluris emerem; dans celte phrase, quo dépend de pluris ct ne forme pas une locutiou composée avec ὯΘ : « tu m'as fixé un maximum, que je ne dois pas dépasser en achetant. » De mème dans cette phrase de T.-Live, XXXIV, 6, 14 : cautum erat, quo ne plus auri et argenti facti, quo ne plus signati argenti et æris domi haberemus, l'ablatif quo est le comptément de plus et a pour antécédent l'idée de quantité implicitement contenue dans l'ensemble. Cf. Sctr., Jul., 10 : cautum est de numero gladiatorum, quo ne majorem habere liceret- Si. dans ces exemples, quo a la valeur d'un relatif, il faut remarquer qu'on ÿ troure n6, au lieu de non.

3. Voy. Κικκιτσ, de quin particulæ apud priscos scriptores usu (Carlsruhe, 1878); Scnmarsz, Lat. Synt., ὃ 308: Raisio-Haase, Vorlesungen, etc. (rev. par Landgraf et Schmalz), p. 476, n. 492.

ἃ. C'est une extension toute naturelle de son sens propre « à cause de ceci que ne... pas... », « ἃ cause de quoi ne... pas ». Cf. ci-après, n. 5.

5. Ce double emploi s'explique par l'étymologic de quin, qui est proprement pour quine, comme on le voit encore dans les exemples suivants :

Tin., Andr., 334 : efficite qui detur tibi, | ego id agam mihi qui ne detur. — Cow. inc., frag. 47 Ribbeck : haud facile est defensu qui ne comburantur proxumæ.

Quine. qui se compasait de qui, ablatif neutre du relatif ou de l'interrogatif et de la négation në, s'est réduit à quin, la finule 8 ayant été syncopée. Le sens primitif de la particule était sans doute « à cause de quoi... ne... pas (cf. Cic., ad Fam., 1, 17, 1: quin… decedam nulla causa est) ou bien « comment ne... pas (cf. Praure., Aul., 85-86 : mirum quin tua me Causa faciat Juppiter | Philippum regem aut Darium «il y a lieu de s'étonuer comment il se fait que pour te faire plaisir, Jupiter ne fasse pas de mai un Crésus »).

6. C'est seulement à l'époque impériale qu'on rencontre quin employé d’une façon incorrecte après des verbes non accompagnés d'une négation ou d'une interrogation.

Ex.: Tac., Ann., XIV, 29 : quin ultra bellum proferret morte prohibitus est. cf. Arciés, fet., IX, 20 : obsistere σα ἢ...

EX. : Cic., Acad., IL, 4, 12: nec se tenuit, quin contra suum doctorem librum etiam ederet. Ad Att., XV, 14, 2 : teneri non potui, quin tibi apertius illud ... declararem. Etc.

Cic., ad Att., XI, 15, 3 : prorsus nihil abest, quin sim miserrimus. --- Cés., de Bell. civ., Π, 35, 2 : paulumque afuit, quin Varum interficeret. 11, 35, 4: neque multum afuit, quin etiam castris expellerentur (cf. de Bell. Gall., M, 18, 4; V, 2, 2). Etc.

Cic., ad Att., VII, 41 b, 3 : sin Omnia in unum locum contrahenda sunt, non dubito, quin ad te statim veniam. De imper. Cn. Pomp., 16. 49 : dubitabitis, Quirites, quin hoc tantum boni in rem publicam amplificandam conferatis?! 36., 23, 68: nolite dubitare, quin huic uni credatis omnia?. Etc.

Cic., Brut., 18, 1: non dubitari debet, quin fuerint ante Homerum poetæ. 4d Att., V, 11,6: non dubitabat Xeno, quin ab ÂAriopagitis invito Memmio impetrari non posset. Parad., 6,2, 48 : quis dubitet, quin in virtute divitiæ sint°? Cf. Tusc., 1, 14, 32; div. in Cæcil., 20, 66: etc.*,

Cic., ad Att., XI, 27,2 : facere non possum, quin* cotidie ad te mittam litteras. 44 Fam., VI, 13, 1 : facere non potui, quin tibi et sententiam et voluntatem declararem meam. In Verr., 11, 5, 40, 104 : fieri nullo modo poterat, quin Cleomeni parceretur*. Etc.

REMARQUE. — Par analogie avec l’expression non dubito quin.…., je ne doute pas que... on rencontre des propositions avec quin, qui, dans une prose tout à fait soignée, devraient

1. Ici l'interrogation est une forme oratoire employée pour exprimer avec toute la vivacité possible l'idée qui est celle-ci : « vous ne pouvez pas hésiter à... »

2. Bien que le tour non dubitare quin.…. soit très correctement employé pour signifier « ne pas hésiter à (faire telle ou telle chose) », c’est l’infinitif que l'on construit couramment avec dubito dans In forinc de phrase non dubito dicere, facere, etc., « je n'hésite pas à dire, à faire (telle ou telle chose) ».

3. Dans ce passage l'interrogation équivaut à une négation. Dans d'autres, l'idée négative se dégage non plus du tour interrogatif, mais de la forme de phrase employée ou bien encore de l'idée contenue dans l'ensemble.

Ex. : Cic., in Verr., II, 2, 44, 109 : dubitate etiam, si potestis, quin.…. (c'est comme s'il y avait : dubitare non potestis, quin.…). Jbid., 11, 5, 30, 78 : et nunc cuiquam credo esse dubium quin... (phrase ironique qui équivaut à : credo nemini esse dubium quin...). Etc.

4. Par analogie avec nOn dubito et dubium non est, on trouve controversia non est, non ambigitur, non discrepat, non aliter existimo (sentio, dico), non est aliter suspectum, non eximitur mihi, non quæritur, non anquiritur suivis de quin et du subjonctif. Cf. R. Κῦηνκα, ausf, Gramm. der lat. Sprache, p. 831, c. Voy. aussi ci-dessous p. 516, Rex.

5. À l’époque archaïque, au licu de facere non possum, ou disait non possumM, quin.….., nequeo quin….

Ex.: Pracrs, ΜΙ, 262: 1110 non potuit, quin sermoni suo aliquem familiarium | ΒΑΓΒΟΙΡΕΥΟΣΙΕ (cf. i6., 603 ; 693; 1342: nequeo. quin fleam; Bacch., 559;

in., 705, etc.). — Tin., Héc., 385 : nequeo, quin lacrumem. Etc.

6. Toutefois Cicéran, dans ses discours, dit plus souvent fieri non potest ut... non... que fieri non potest quin….

Quant à non potest quin... {au licu de non fieri potest, quin « il est impossible que. πο... pas »), c'est un tour archaïque.

être remplacées par une proposition infinitive (cf. non ignorare quin..., non negare quin.…., non contradicere quin.…, quis ignorat quin...? et voy. ci-dessus, p. 515, n.4). Ex. : Cic., p. Flacco, 21, θά : quis ignorat ... quin tria Græcorum genera sint vere? Oral. parl., 14, 51 : neque est obscurum, quin .… contraria (exempla) sint sumenda. — CÉs., de Bell. Gall., 1, ἃ, ἃ : neque abest suspicio … quin ipse sibi mortem consciverit. De Bell. cir., III, 94, 3 : neque vero Cæsarem fefellit quin ab iis cohortibus ... initium victoriæ oriretur. — T.-Live, XL, 36,2: negare non posse quin rectius sit, etc. !.

b) Après les expressions qui signifient ne pas refuser”. Ex. : Cés., de Bell. Gall., IV, 1, 3 : neque tamen (Germanos) recusare, si lacessantur, quin armis contendant. De Bell. civ., 111, 45, 6: non recusare se quin nullius usus imperator existimaretur, si... — Cic., Acad., 11, 3, 1 : NON possumus, quin alii a nobis dissentiant, recusare. — Conx. Nér., Dion., 2, 2 : Dionysius (Dioni) adulescenti negare non potuit, quin eum arcesseret. — Cf. Varn., de Re rust., H, 4,2: nec tamen defugio, quin dicam, quæ scio.

c) Après les expressions qui signifient ne pas empêcher, qu'est-ce qui empêche 406... ?

Ex. : PLaute, Mil., 1368 : vix reprimor, quin te manere jubeam. 1b., 369 : nunquam hercle deterrebor, | quin viderim id, quod viderim. — C£s., de Bell. Gall., 1, 3, 5 : ut ne Suessiones quidem ... deterrere potuerint, quin cum his consentirent. De Bell. civ., Il, 12, 4 : non posse milites contineri, quin... in urbem irrumperent. — Mans (chez Cicéron, ad Fam., XI, 98, 1) : Gæsar nunquam interpellavit, quin, quibus vellem..., uterer. Etc. Cic., de Leg. agr., 2, 21, 14 : quid est causæ, quin coloniam in Janiculum possint deducere? Etc.

REMARQUE. — Par extension, on rencontre des phrases dans lesquelles se trouve une proposition subcrdonnée rattachée par quin à une proposition principale qui tout en ne contenant pas de verbe ou d'expression signifiant empéchement en implique néanmoins l'idée.

Ex. : PLAUTE, Aulul., IV, 2,5: ne affinem morer, quin extemplo filiam ducat (moror signifie « susciter des retards qui empêchent... »). — CÉS., de Bell. Gall., HI, 23, 7 : non cunctandum* existimavit, quin pugnä decertaret. — T.-Live, 1, 42, 2 : nec rupit tamen fati necessitatem humanis consiliis quin invidia regni etiam inter domesticos infida omnia atque infesta faceret (c.-à-d. nec rupit fati necessitatem aut impedivit quin …). Etc.

1. Voy. Krevs-Scauarz, Antibarbarus, s. v. quix. Ὁ, Riruaxx, Synt. lat., S 190, Ram. 1Y.

2. Daus ces formes de phrase, pe peut être remplacé par quo minus. Voy. ci-dessus, ὃ 492, 2°,

3. Toutefois après non impedio, quis impedit...? la coujouction quin est plus rare que quo minus (voy. ci-dessus. ὃ 492, 1°, p. 511).

4. Cunctari est construit ici d'une manière un peu insolite, car lorsqu'il signifie simplement « tarder ἃ », « hésiter à » on le construit avec l'infiuitif (cf. Cic., Tim., 3 extr. ; Sauz., Cat , 44, 6; Jug., 13, ὃ: T.-Live, XXV, 39,18; XXXI, 7, 5).

2e Quin remplace souvent ut non dans une proposition consécutive dépendant d'une proposition principale négative".

Ex. : Tér., Ad., 251: nunquam ïita magnifice quicquam dicam, id virtus quin superet tua. 44., 856 : nunquam ita quisquam bene subducta ratione ad vitam fuit, | quin res, ætas, usus semper aliquid apportet novi. — Cüc., in Verr., II, 4, 43, 95 : nunquam fam male est Siculis, quin aliquid facete et commode dicant. Etc.

REMARQUES. — 1. Après une proposition principale négative de sens ou de forme, ut non correspondant au français sans que peut être remplacé par quin.

Ex.:TÉR., Eun., 1092 : nunquam etiam (jamais encore) fui usquam, quin me amarent omnes plurimum. — Cic., ad A{f., VII, 15, 1 : nullum adhuc intermisi diem, quin aliquid ad te litterarum darem. Εἰς.

II. Aprés les expressions négatives de forme, comme nemo est, nihil est, etc., ou de sens, comme quis 681...1 quid est...? on peut employer quin au lieu du rela/if suivi d'une négation".

Ex. : TÉR., Phorm., 697 : nil est.., | quin male narrando possit depravarier. — Cic., de Orat., 1,30, 10 : nemo fere studuisse ei scientiæ vehementius videtur, quin, quod voluerit, consecutus sit. /n Verr., 11, 1, 59, 154 : quis unquam templum illud aspexit, quin avaritiæ tuæ testis esset? Etc.*.

496. — La particule ut. — Mais les particules quo et qui* dont il vient d'être question* sont loin d’avoir dans la langue latine un usage aussi étendu que la particule ut°.

4. On a va ci-dessus (p. 514, n. 5) que quin est étymologiqueinent l'équivalent de ut non.

2, En parcil cas, ut non est inusité. « 11] n’est personne qui ne voie cela » ne peut se rendre que de trois manières, soit par nemo est qui hoc non videat, soit par nemo est, quin hoc videat m. à m. « personne n'existe dans des conditions telles qu'il ne voie pas cela », soit enfin, comme on le verra tout à l'heure (n. 3), par nemo est quin is hoc videat.

3. Le pronom 18 est quelquefois exprimé après quin dans la proposition consécutive.

Ec.: Cac., de Leg. agr., 3, 18, 48 : nihil est in hac provincia, quod majores vestri vobis reliquerint, quin id venire jubeat, Cf. de Nat. deor., IN, 13, 34; in Verr., 1,1, 59,154: quis in circum maximum venit, quin is uno quoque gradu de avaritia tua commoneretur? Etc.

Page 1