SUPPOSITION
EX. : Cic., de Fin., Il, 35, 111 : maximas virtutes jacere omnes necesse est, voluptate dominante. P. Planc., 33, 80 : quæ potest esse jucunditas vitæ, sublatis amicitiis Ὁ Cés.. de Bell. Gall. 1, 40, 3 : sibi quidem persuaderi, cognitis suis postulatis atque æquitate condicionum perspecta, eum neque suam neque populi Romani gratiam repudiaturum. Etc.
REMARQUE. — On ajoute parfois nisi au participe absolu après une proposilion négalive (οἵ, ci-dessus, p. 683, ἢ).
Ex. : Cic., ad Fam., 1, 1, 1 : quoniam tu, nisi perfecta re, de me non conquiesti. — QUINT., groæm., ὃ 26 : nihil præcepta atque artes valent nisi adjuvante natura.
Dans les propositions comparatives on peut ajouter quasi à l'ablatif absolu, et aprés Cicéron on le trouve avec tanquam, velut, etc. {voy. ci-dessus, p. 683, ἃ, REM.).
ἅς" CONCESSION :
Ex. : Cic., ad Fam., VI, 1, : 60 pertinet oratio, ut, perditis omnibus rebus, tamen ipsa virtus se sustentare posse videatur. REMARQUE. — On trouve, après Cicéron, la proposition concessive absolue construite avec quanquam et quamvis (cf. ci-dessus, p. 683, 6).
Ex.:Tac., Hist., 1, 60 : quies provinciæ, quanquam remoto consulari, mansit. — SUÉT., Jul., 34 : Cæsar, quanquam obsidione Massiliæ retardante, brevi tamen omnia subegit. Etc.
624. — Régulièrement le sujet de la proposition absolue ne devrait être ni sujet ni complément dans la proposition principale.
Cependant, il arrive quelquefois que, pour marquer avec plus de force le rapport signifié par le participe, on construit le participe absolument, quoique le sujet soit complément dans la proposition principale.
1. Sac cet emploi irrégulier de l'adjectif verbal on -urus, νον. ci-après, ἃ 626.
Ex. : Cés., de Bell. Gall., NII, 4, 1 : Vercingetorix, convocatis suis clientibus, facile incendit (s.-ent. 608). — Cic., Phil., 1. 10, 23: nemo erit..., qui credat, te invito, provinciam tibi esse decretam'. — Sas., Jug., 14, 11 : Jugurtha, fratre meo atque eodem propinquo suo interfecto, primum regnum ejus sui sceleris prædam fecit.
REMARQUES. — I. Le sujet de l'ablatif absolu peut être sous-en{endu, quand il n'en résulte aucune obscurité pour le sens ὃ (cf. ci-dessus, ὃ 620, RE. 11).
Ex.: CÉs., de Bell. Gall., IV, 12, 1-2 : impetu facto celeriter nostros perturbaverunt ; rursus resistentibus :c.-à-d. nostris), consuetudine sua ad pedes desiluerunt. De Bell. cir., 1, 30, 3 : Caralitani, simul ad se Valerium mitti audierunt, nondum egresso (sc. eo) ex Italia sua sponte Cottam ex oppido ejiciunt. — T.-Live, XXI, 57, 3 : ita territis (sc. eis), Sempronius consul advenit (cf. XXII, 61, 6; XXV, 9, 13; XXVII, 20, 4; XXVIIT, 42, 9, etc.).
Quelquefois le sujet n’est pas exprimé, quand il est indéterminé :
Ex. : T.-LivE, XXIX, 5, 8 : dimissis, des gens ayant été envoyés. XXIX, 14. 13 : precantibus, pendant qu'on priait. Etc. Cf. Tac., Hist., 1, 91 : causam digressus requirentibus, comme on lui demandait pourquoi il partait.
II. On rencontre quelquefois à l’ablatif absolu un participe passé neufre ayant pour sujet foule une proposition subordonnée (ΝΟΥ. ci-dessus, ὃ 620, REu. II).
Ex. : Cic., de Inv., IT, 10, 34 : hoc loco præterito et cur prætereatur demon- Strato. De Fin., 11, 27, 85 : perfecto enim et concluso neque virtutibus neque amicitiis usquam locum esse, si ad voluptatem omnia referantur. De Off., I, 12, 42 : adjuncto vero ut iidem etiam prudentes haberentur. — SALL., Hisl. fragm., V, 12 (Kritz) : audito Q. Marcium Regem proconsulem per Lycaoniam cum tribus legionibus tendere. J6., Κ᾽, 14 : comperto lege Gabinia Bithyniam et Pontum consuli datum. — Hor., Ép., 1, 10, 50 : excepto quod non simul esses, cetera lætus. Etc.
1. Il y a aussi des cas où le tour donné à la phrase ne permettait pas une constraction autre que celle du participe absolu.
Ex. : Cic., p. Sest., 24, 54 : statim, me perculso, ad meum sanguinem hauriendum et, spirante etiam re publica. ad ejus spolia detrahenda advolaverunt (la construction ad meum perculsi sanguinem hauriendum et ad spirantis etiam reipublicæ spolia detrahenda cût été intolérable).
2. Cet emploi du participe absolu est particulièrement fréquent chez César, et les exemples qu'on en trouve ne peuvent pas toujours être justifiés par la raison donnée ci-dessus (n. 1), Ex.: Cés., de Bell. Gall., Y, 44, 6 : quo percusso et exanimato, hunc scutis rotegunt. VII, 76, 3 : coactis equitum octo millibus... hæc in Hæduorum nibus recensebantur. Εἰς.
Mais cet emploi peut-il étre considéré comme une incorrection véritable? C'est une question délicate, parce qu'en fait cette construction est bien plus fréquente qu'on ne le croit généralement. Voy. T.-Lrve, XXII, 6, 1; 24, 10: XXIV, 9, 9 ;: XXV, 17, 7 ; 246, 9, οἷς.
se C'est ce qui arrive particulièrement quand le sujet serait un pronom qualifié par une proposition relative,
ἔχ. T.-Livs, 1.37, 1 : additur dolus, missis, qui magnam vim lignorum ardentem in flumen conjicerent (ef. XXI, 23, 1).
Cette construction est rare à l’époque classique ; elle ne paraît se trouver ni chez César ni chez Cornélius Népos, elle devient fréquente chez T.-Live et chez les historiens de l’époque impériale.
IIL. On trouve aussi dans l’ancienne langue, mais particulièrement chez T.-Live, des participes passés passifs employés au neutre et à l’ablatif absolu pour remplacer une proposition subordonnée dont le verbe serait au passif impersonnel.
Ex.: TÉR., Hec., 137 : nam ea ætate jam sum ut non siet, peccato (= si a me peccatum sit), mihi ignosci æquum. — T.-Live, XXII, 55, 3 : nondum palam facto (— cum nondum palam factum esset). XXVI, 21, 4 : eum quasi debellato (— quasi debellatum sit) triumphare. XXVIIT, 27, 45 : summoto (— cum summotum esset, c.-à-d. cum summota esset turba). Etc. !.
IV. Il est rare, en latin, que le participe passé d'un verbe déponent, employé à l'ablatif absolu, soit accompagné d'un complément direct. Cette forme de phrase peu ordinaire se rencontre surtout chez T.-Live ? :
Ex.:T.-Live, XXIII, 26, 2 : P. et Cn. Scipionibus inter se partitis copias. 39, 5 : transgresso Vulturnum Fabio (cf. 1, 29, 6; IV, 44, 10; 52, 4: 53, 1; XXX, 95,5; XXXVI, 2, 5; XXXVII, 12, 8).
B. — L'adicctif verbal en -urus.
625. — Empioi classique. — Les prosateurs classiques n'emploient presque jamais l'adjectif verbal en -urus que joint au verbe sum : ce n'est donc point, à proprement parler, un participe futur ; c'est un adjectif qui, avec le verbe sum, sert à exprimer l'idée que le grec rend au moyen de μέλλω accompagné de l'infinitif (facturus sum, μέλλω ποιήσειν, Cf. ci-dessus, 8 267).
1. On cite déjà dans l'ancienne langue et chez Cicéron quelques participes employés de cette manière ; mais ce sont en général des ablatifs absulus qui ont tout à fait pris une valeur adverbiale; ainsi chez Cicéron :
mihi optato veneris ; quod et raro datur et nunc peroptato nobis datum est (ad Att., XIII, 28,3; de Orat., 11, 5, 20). Cf. ad Αἰ... XVI, 6, 3 : quod satisdato (« après que caution 8 été donnée ») debeo. De Orat., 1, 39, 177 : intestatoque esset mortuus. /n Verr., Il, 4, 51, 126 : lex est... quæ in annos singulos Jovis sacerdotem sortito (« après qu'on a tiré au sort ») Capi jubeat. De Div., 1, 2, 3 : auspicato (« après les auspices pris ») urbem condidisse, etc.
L'expression est donc ici beaucoup moins hardie que dans la plupart des passages de T.-Live, (Mais dans de Leg. agr., 11, 2, 5, on lit aujourd'hui, d'après les meilleurs mss, : cujus errato nulla venia, recte facto exiqua laus.. proponitur, au lieu de cui, errato, nulla venia, recte facto, exigua laus, etc.).
Voy. Ο. Riaman, Études sur... T.-Live, 2° éd., p. 305-307, $ 131. 2. Avant T.-Live on cite un exemple de Salluste :
Jug., 103, 7: Sulla omnia pollicito,
et cet emploi se retrouve chez les écrivains de l'époque impériale. Voy. A. Dasssn, Hist. Synt., 113, p. 706-707 ; Scumarz, dans l'Archiv de Waælfllin, t. I, p. 344-347. 3. Les exceptions sont rares ; toutefois on peut citer : Gic., in Verr., II, 1, 21, 56 : adest de te sententiam Jaturus (cf. ad Qu. fr, 11, 5, 2 [6, 1]; ad Ate., ΥΗΙ, 9, 2), Voy, Ὁ. Rixwanun, £iudes sur... T.-Live, 2° éd., p. 303, n. 3.
626. — L’adjectif verbal assimilé à un participe futur. — Ce n'est guère qu'à partir de T.-Live que l'adjectif verbal en -urus s'emploie librement en prose comme un véritable participe futur.
De mème que les autres participes,
a) tantôt il joue le rôle d'adjectif :
Ex. : Saz., Jug., 35, 10 : urbem venalem et mature perituram. — Asix. Pouciox (cité par Sénèque LE RRÉTEUR, Suas., 6, 24) : Operibus mansuris. — T.-Live, 11, 10, 11 : rem ausus plus famæ habituram ad posteros quam fidei. Etc.
(les exemples sont en nombre considérable à partir de l'époque impériale);
b) tantôt il est pris substantivement (chez les prosateurs de l'époque impériale), non seulement au pluriel, mais au singulier :
ἔχ. : Tac., Germ., 3 : ituri in prœlia canunt.….. — Puixe LE JEUNE, Pan. 1,5 : imperaturus omnibus eligi debet ex omnibus. Etc.
c) tantôt il joue le rôle d'une proposition complétive (cf. ci-dessus, 8 607, p. 684 et suiv.) :
Ex. : T.-Live, 1, 25, 3 : publicum imperium servitiumque obversatur animo futuraque ea deinde patriæ fortuna quam ipsi fecissent (cc fait que le sort de leur patrie serait à l'avenir celui qu'eux-mêmes lui auraient assuré);
ἃ) tantôt enfin il remplace une proposition subordonnée non complétire (cf. ci-dessus, ὃ 597, p. 671 et suiv.) :
EX. : T.-Live, ΧΧΥ͂ΤΙ, 15, 43 : Carthaginienses, prima luce oppugnaturis hostibus castra, saxis undique congestis augent vallum (cf. XXXI, 36, 8). — Q.-Cunce, ΠΙ, 3 (6), 1: (Thymodi) præceptum est a rege (Dario), ut omnes peregrinos milites a Pharnabazo acciperet, opera eorum usurus in bello. VII, 11 (43), 23 : Cophes suadere cœpit Arimazi petram tradere, gratiam regis inituro, si tantas res molientem in unius rupis obsidione hærere non coegisset. Etc.
1. Voy. dans O. Riemaxx, Études sur... T.-Live, 2° éd., p. 303, n. 3, les exemples qui lui font supposer que l'habitude d'employer lc participe en -urus, sans le joindre au verbe Sum, a peut-être pris naissance dans le langage familier. Mais voyez les restrictious apportées à cetle opision par J. Bazxous, Étude sur les Hellénismes dans la syntaxe latine, p. 349.
Chez Virgile, l'emploi de l'adjectif verbal en -Urus, sans le verbe SUM, parait tout à fait ordinaire : voy., par exemp'e, Géorg., Il, 263; ἔπι, I, 511 ; IV, 415 2 IX, 553: 641; X, 811, εἰς. ; de mème chez Horace, Carm,, 11, 3, #4: 27; 28; 6, 1; LI, 4. 60; IV, 3, 20, εἰς.
627. — Employé comme participe futur, l'adjectif verbal en -urus peut d'ailleurs avoir les divers sens suivants : 4° Il peut marquer ce qui doit arriver :
Ex. : T.-Live, XL, 8, 1 : sedeo. miserrimus pater judex inter duos filios., aut conficti aut commissi criminis labem apud meos inventurus. XXVI, 5,2: vicit tamen respectus Capuæ, in quam omnium sociorum hostiumque conversos videbat animos, documento futuræ, qualemcumque eventum defectio ab Romanis habuisset! (cf. XXI, 21, 6: 32, 2; 44, 3; 52, 6; XXII, 43, 11; XXIV, 4,1; XXV, 6,9; XXVI, 5,2; etc.).
2° ἢ] peut marquer ce qu'on est sur le point de faire :
Ex. : T.-Live, XXI, 1, 4 : cum, perfecto Africo bello, exercitum eo trajecturus sacrificaret. XXVI, 38, 8 : mox de Blattio cogniturus. Etc.
3° Il peut marquer l'intention de faire telle ou telle chose :
Ex. : T.-Live, VIII, 26, 1 : sineret se classe circumvehi ad Romanum agrum, non oram modo maris, sed ipsi urbi adjecta loca depopulaturum. X, 26, 1 : Senones Galli multitudine ingenti ad Clusium venerunt, legionem Romanam castraque oppugnaturi (cf. XXI, 13, 6; 32, 1; 5; 10; 58, 2; XXII, 12, 2, etc; XXII, 1, 5; 44,6; XXV, 27, 40, etc.; XXVII, 47, 10). Etc.
REMARQUE. — Le participe futur peut être, en pareil cas, précédé de ut (cf. en grec ὡς, ci-dessus, 8 606, 4°, b, REx. I, p. 619) 5. | Ex. : T.-LiVE, XXI, 32, 10 : subiit tumulos, ut (avec l'intention de) ex aperto... vim per angustias facturus ; ou de tanquam pris dans le sens de ut (cf. ci-dessus, ἃ 606, 2°, ἃ, REX. I, p. 683) : Ex. : T.-LivE, XXI, 61, 1 : transgressus Hiberum Hasdrubal cum octo millibus peditum, mille equitum, tanquam (— ut, dans la pensée que..., c.-d-d. avec l'intention de.) ad primum adventum Romanorum occursurus. 4 Enfin le participe en -urus peut servir, dans la langue postérieure à Cicéron, à exprimer un fait dont l'accomplissement est subordonné à une condition ou à marquer une hypothèse contraire à la réalité.
1. Sur ce subjonctif habuisset qui représente la pensée d'Anuibal, voy. ci-après $ 643 : au style direct il y aurait documento erit, qualemcumque ... habuerit (futur antérieur).