Voy. Revue de Philologie, 1881, p
De plus, l’on emploie généralement les génitifs possessifs nostrum, vestrum, et non les adjectifs noster, vester, quand le génitif du pronom personnel est accompagné du génitif omnium!, cf. Cic., ir Verr., II, 4, 12, 27; de Orat., II, 10, 37; III, 55, 288. De même Cicéron a écrit, ad Fam., 11, 6 : aniustui studio. César-de B. Gall. ;-EV, 38) présente un exemple de ce génitif possessif : magno sui cum periculo. Tite-Live semble l'avoir évité, mais Sénèque y prend goût et Tacite s'en sert très librement :
Hist., ΠῚ, 34 : a primordio sui. IV, 24 : primo sui incessu. Ann., IT, 54 : nostri origine. XII, 37 : longam sui absentiam, etc.
Après lui, Apulée en fait un fréquent usage et on le trouve naturellement aussi dans les traductions latines de la Bible.
Cependant cette extension du génitif possessif des pronoms personnels n'est point due à l'influence de la syntaxe grecque*. « Dans certains cas le génitif possessif avait sa raison d'être : soit pour le sens, quand il fallait appuyer sur l'idée de la personne qui subit quelque chose, comme dans César : magno sui cum periculo, avec un grand danger personnel, soit pour une raison accidentelle, comme dans unius tui studio, où tui est amené par l'attraction de unius, soit encore pour une raison de symétrie, comme dans Q.-Curce, IX, 2, 95 : nec mei nec hostium exercitus numero, où mei est opposé à hostium. 1] suffit que le génitif possessif ait pu dans quelques exemples, se confondre avec le génitif de l’objet (voir ci-après), pour que dans la suite cette confusion se soit généralisée sans distinction*. »
V. En grec, le génitif possessif est employé tout seul, pour marquer le rapport de fils à père, de femme à mari, de subordonné à chef. On dira, par exemple, Δημοσθένης Δημοσθένους Παιανιεύς (formule officielle), ou, s’il est nécessaire de distinguer Démosthène d'un homonyme, Δημοσθένης ὃ Δημοσθένους. Voici d'autres exemples :
ARISTOPH., Assembl., 46 : τὴν Σμικυθίωνος οὐχ ὁρᾷς Μελιστίχην. — XÉN., Anab.,1, 2, 15 : εἶχε τὸ εὐώνυμον Κλέαρχος xat ol Κλέαρχου (les soldats de Cléarque). Cf. 1bid., 1, 5, 18 : ἤλαυνεν ἐπὶ τοὺς Μένωνος.
En latin, de même, le génitif fout seul (sans l'addition des mots uxor et servus} peut marquer le rapport de dépendance qui existe entre une femme et son mari ou un esclave et son maître.
Ex. : Cic., de Div., I, 46, 104 : Cæciliam Metelli (femme de Métellus). — ORELLI, Inscript. Καί. select., 1, n° 2874 : Jucundus Domitiæ Bibuli, Jucundus esclave de Domilia, femme de Domitius Bibulus.
Cet emploi est très Jatin*; il n'en est pas de même de celui qui consiste à mettre un génitif tout seul pour marquer le rapport de dépendance qui existe entre un fils et son père, comme dans cet exemple :
Cic., in Verr., II, 4, 62, 138 : Diodorus Timarchidi, Diodore, fils de Timarchides. — T.-LIVr, XXVIII, 12, 18 : Hasdrubal Gisgonis.
1. Le plus souvent Omnium précède. Un tour comme celui-ci, Cic., in (αἰ... 1, 6 14 : voluntati vestrum omnium parui, est rare ; rare aussi la construction : in nostro omnium fletu (p. Mil., 34, 92).
2. Voy. Brerous, Étude sur les Hellénismes dans la syntaze latine, p.105 (Paris, Klincksieck, 1893).