‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 64 sur 306 · LI · texte numérisé non relu

LI

488. — On doit rattacher à l’ablatif d'instrument les constructions suivantes :

4° L'emploi de l'ablatif avec les verbes qui expriment une idée

d'abondance, et, par analogie, avec les adjectifs de sens correspondant!.

Ex. : Cic., de Sen., 16, 56 : villa abundat porco, hædo, agno, gallina, lacte, melle. De univ., 5 : deus bonis omnibus replevit mundum. De Nat. deor., 1, 13, 34 : Ponticus Heraclides puerilibus fabulis refersit libros. --- Conx. Nér., Ham., 4, 1 : Hamilcar equis, armis, viris, pecuniä totam locupletavit Africam. — Cic., p. Sest., 10, 23 : eosdem (Epicureos) dicere ajebat nihil esse præstabilius otiosàä vitä et plenä et confertä voluptatibus*.

REMARQUE. — C'est sans doute l'analogie des verbes d'abondance qui a conduit le latin à employer l'ablatif avec potior, en dehors des constructions étudiées ci-dessus ($ 118, 30, Rex. ΠῚ, p. 143)°.

2° L'emploi de l'ablatif pour marquer le prix auquel on achète un objet (sur le génitif, νου. ci-dessus, ὃ 195, 89)",

L’ablatif est obligatoire, quand il s'agit d'une évaluation précise.

Ex. : Cic., in Verr., Il, 3, 85, 196 : Quanti frumentum sit considera. — Video esse binis sestertiis, je vois qu'il coûte deux sesterces par mesure. — 16, II, 4, 1, 13 ἢ denariis quadringentis Cupidinem illum putasset, s'il avait estimé à quatre cents deniers

cette statue de Cupidon.

mais pour une autre raison, il ne (aut pas tenir compte de Carm., I, 6, 2, où il faut sans doute lire aliti au lieu de alite. Pour T.-Live, la plupart des emplois qu'il fait de l'ablatif d'instrument sont très corrects (voy. Riemamx, éd. classique de la troisième décade de T.-Live). Mais Tacite se sert de l'ablatif là où il serait plus régulier de mettre la préposition ab.

1. Le sanscrit emploie, en pareil cas, soit l'instrumental, soit le génitif. Voy. B.-Daisatcx, Vergl. Synt., p. 250 ; die Grundl, d. gr, Synt., p. 41. Le grec homérique οἱ le grec classique emploient le génitif ; toutelois chez les puètes tragiques on trouve le dalif instrumental.

Ex. : Evareins, Or., 1363 : δακρύοισει γὰρ Ἑλλάδ᾽ ἅπασαν ἔπλησε (de même avec βρύειν et βρίθειν, ef. Escu., Ag., 163).

Par analogie, on a quelques rares exemples de πλήρης (Eun., Bacch., 18) et de ἄφνειος (Tmiocn., 24, 106) avec le datif instrumental.

2. Ce n'est pas la construction régulière de plenus. Cet adjectif ne se rencontre que par exception avec l'ablatif chez Cicéron et chez César ; il est un peu plus fréquent chez T.-Live. Mais c'est sculement à l’époque de Quintilien que l'ablatif prédomine. Pour l'exemple ci-dessus cité, il ne peut venir à l'appui de l'emploi de l'ablaif ; car voluptatibus est construit avec conferta plutôt qu'avec plena.

3. Peut-être aussi faut-il voir un effet de l'analogie des verbes d'abondance ct particulièrement du erbe potior, dans la construction archaïque de COMpOs avec l'ahlatif. Toutefois voy. ci-dessus, p. 183.

4. Sur cette délicate question voy. Εν. Waæzrruix, der Geniliv des Wertes und der Ablativ des

Preises (dans l'Archiv... de Woælfflin, t. IX, p. 104 et suiv.) ΄

\ δ, Il ne faut pas se méprendre sur un exemple comme celui-ci: GCic., de Off., IN, 23, 92 : emat denario quod sit mille denarium. Ici, 6886 signifie « valoir » etnon « coûter »; par conséquent le génitif est un génitif analogue à celui qui a été étudié ci-dessus, $ 116.

Le

-188*] D rt D a

De mème, quand le prix d'une chose est évalué d'une manière générale à l’aide d'un substantif, comme or, argent, salaire, ete., c'est l'ablatif du substantif qu'il faut toujours employer.

Ex. : Gc., p. Mil., 32, 81 : pecuniä se ἃ judicibus redemerat. P. Rosc. Am., 46, 133 : authepsa illa, quam tanto pretio mercatus est. De Inv., 1, 50, 94 : Eriphyle auro viri vitam vendidit. — T.-Live, XXXI, 24, 6 (cf. XXXIIL, 7, 11) : Mercede (pour un salaire) militare.

RRMARQUE. — Par analogie avec la construction des verbes qui signifient valoir, coûter, on met à l'ablatif le complément des adjectifs dignus et indignus dont le sens primitif est qui vaut, qui ne vaut pas telle ou telle chose.

Ex. : Cic., de Rep., ll, 4, 7 : (viros) summa laude dignos'.

83° L'emploi de l’ablatif pour désigner la peine dont on frappe un accusé ou un coupable.

Ex. : multare aliquem morte, pecuniä, exsilio; hostes victos agro, stipendio multare, etc.

REMARQUE. — Le verbe damnare avec l’ablalif est d'un emploi assez rare. Néanmoins on trouve réguliérement :

Cic., in Verr., Il, 3, 28, 69 : quinquagenis millibus damnari mavultis? — T.-Live, XXX VIII, 35, 5 : duodecim clipea aurata ab ædilibus curulibus.. sunt posita ex pecuniä quä frumentarios damnarunt. X, 1, ὃ : Frusinates tertia parte agri damnati, condamnés à perdre le tiers de leur territoire ?.

4 L'emploi de l’ablatif pour marquer le temps qu'on met à faire quelque chose.

Ex. : Conx., Nér., Épam., 5, 6 : 1110 (Agamemno) cum universa Græcia vix decem annis unam cepit urbem.

ὅ L'emploi de l’ablatif avec le verbe miscere pour signifier la chose au moyen de laquelle se fait le mélange.

1. Le verbe dignor suit l’analogie de dignus dont il dérive, A l'époque archaïque on disait Car us auro « qui vaut son pesant d'or »: de même æquus et par, considérés comme syvonymes de dignus, s'employaient anciennement avec l’ablatif. On trouve encore par, « digne de », avec l'ablatif chez un des a ας εννιο de Cicéron (cf. Marius ap. Cic., αὐ Fam., XI, 28, 1). Toutefois vuy. ci-dessus, ξ 16],

Ex. IL, 2. « Condamner à mort » se dit Capitis ou capite damnare (roy. ci-dessus, p. 150 sq.); morte are ne se trouve que dans la launité de l'époque impériale (cf. Séx., £p., 71, 15 : OMne humanum genus morte damnatum est) ; ad mortem damnare ne se rencontre pas avant Tacite (Ann., XVI, 81) οἱ celte expression parait Jui apparleair ; il a dit aussi (Ann., VI, 38): ad extremum supplicium damuare. Enfin c'est seulement à l'époque impériale qu'on trouve des expressions comme ad bestias, ad opus damnare (Suir., Cal., 27; Nér., 31). Peut-être y a-L-il là une analogie avec les expressions archaïques : ad supplicium, ad mortem dare. Cf, Tuisixaxx,

Ex. : miscere vinum aquä, propr. transformer le vin en un mélange au moyen de l'eau qu'on y ajoute. |

6° L'emploi de l'ablatif avec le verbe mutare, pour signifier l'objet au moyen duquel se fait le changement!.

Ex. : mutare pacem bello”?, propr. changer l'état de paix en faisant la guerre, c.-à-d. échanger la paix contre la guerre.

1° L'emploi de l'ablatif sacramento avec rogare et de l'ablatif jurejurando avec adigere.

8° L'emploi de l'ablatif avec assuetus et insuetus.

Ex. : Cic., de Orat., HI, 15, 58 : homines labore assiduo et quotidiano assueti*, cum tempestatis causa opere prohibentur, ad pilam se aut ad talos conferunt. --- T.-Live, XX VIII, 48, 6 : ut Syphacem, barbarum insuetumque moribus Romanis, sibi conciliaret.

9° L'emploi de l’ablatif dans les locutions suivantes :

PLaur., Bacch., 334 : nescit, quid faciat auro (pr. il ne sait que faire au moyen de son or [d’où que faire de son or]). — Crc., in Ferr.,

; Verbum pans, p. 120 sqq. Quant à l'expression morti damnare, qu'on trouve dans Lucricx

, 1229 : morti damnatus ut esset) à côté de morti dabantur (VI, 1142), elle ne reparait

: chez les écrivains de la basse époque. Cf. l'Antibarbarus (éd. Scumazz), 5. V. DAMNARE, CONDENXARE,

H. Goxzizen. Latinité de saint Jérôme. p. 315 sq. Mentionnons pour mémoire la tournure employée

18 la langue du droit (cf. Gasus, IV, δὲ 43, 46, 17, 50, 51): condemnare (damnare)

quem decem milia sestertium, et due à l'analogie de exigere aliquid aliquem, locution

haïque citée par A.-Gelle (XV, 14, 2. Voy. ci-dessus, p. 58, 1. 1).

l. Avec mutare « échanger », l'ablatif de l'objet contre lequel on échange quelque chose peut être

si précédé de cum.

ἱ fn. Cic., in Verr., II, 3, 8, 19 : cum amplificatione vectigalium nomen Hieronicæ - legis mutare noluerunt.

même avec commutare et permutare. Cf. Kax»s-Scnmaiz, Antibarbarus, s. v. murans. C'est le

l emploi classique de cum correspondant au français « avec» pour signifier le moyen.

:. On trouve dans Salluste et dans T.-Live Ja construction illogique : mutare pace bellum, au

| de mutare pacem bello.

Ex.: Saic., Jug., 38, 10: quæ quia mortis metu mutabantur (on acceptait ces conditions, quoique dures, pour étre, en échange, délivré de la crainte de la mort). — T.-Live, V, 30,3, victrice patria victam mutare (là où il faudrait logiquement victricem patriam victa mutare).

}. C'est comme 51} y avait « accoulumés à ne pas rester inactifs à force de travailler ». L'emploi du if avec assuetus ct insuetus ne devient fréquent en latin qu’à partir de T.-Live. De même, c'est lement chez les poètes et chez les prosateurs à partir de T.-Live, qu'on trouve les verbes a8suefacio, suefio, assuesco (suesco), insuesco construits avec le datif (cf. Vina., Ên., VII, 490; T.-Live, 17, 10 ; XXIV, 48,1%; Tac., Ann.,Il, 44; XI, 29). Au lieu du datif, on trouve aussi ad avec cusatif dans Cisan (cf. de B. Gall., VI, 28, 4: uri.. assuescere ad homines... non possunt). 15 Sazcvsrz (εἴ, Hist., IT, 62(84)), cité par Paisciex (VI, 64: adsuetum ad omnis vis controverum), dans T.-Live (cf. ΠῚ, 52, 14 : nec suo sanguine ad supplicia patrum plebem suefaciant) et dans ϑέπεοτε (cf. Troyennes, 152 : non adsuetas ad sceptra manus). On uve lamème construction avec insuetus « qui n'est pas habitué à... (Cf. Ces., de B. civ., 1, 78,3 : rpora insueta ad oneraportanda). Mais ces derniers exemples (sauf celui de César) sont

Fe) π΄,

Π, 2, 16, 40 : quid hoc homine facias? (ef. p. Sest., 13, 29). — SazL., Cat., 52, 25 : dubitabitis, quid deprehensis hominibus faciatis? — Tén., Heaut., 462 : quid te futurum censes, quem assidue exedent. — Cic, ad Fam., XIV, 1, 5 : quid puero misero fiet?'

105 L'emploi de l’ablatif avec les verbes qui veulent dire enfermer,

cacher, recevoir ἢ,

Ex. : Cés., de B. civ., ΠΙ, 66, 5 : minora castra inclusa majoribus (cf. HI, 67, 5). — Cic, de Divin, 1, 36, 19 : quam (vim) terræ cavernis includunt. De Sen., 15, 51 : viriditas herbescens vaginis jam... includitur. De Orat., Ill, 48, 184 : verba versu includere. — T.-Live, XXXVIII, 60, 6 : carcere includere hostium duces. XLV, 25, 3 : oratio exstat, Originum quinto libro inclusa. Οἵ. VI, 8, 9; XXXVI, 17,11: muris, mœænibus urbis se includere*. — Cés., de B. Gall, 1, 40, 8: cum multos menses castris se ac paludibus tenuisset. 1, 48, 4: Ario-

incorrccts. De tout cc qui précède il semble donc que l'on puisse tirer la règle suivante pour la coastruction des verbes signifiant « habituer, accoutumer à... » : Quand le complément de res verbes est un nom de chose il se construit régulièrement à l'ablatif. Quaad c'est un nom de personne, il se construit avec ad et l'accusatif. 1. Remarquer les constructions suivantes :

Cic., p. Cæcina, 11, 30 : quid tu huic homini facias? (« que faire à cet homme? νὴ; Ad Ait., VII, 3, 2 : quid tibi faciam, qui illos libros devorasti? Acad., 11, 30, 96: quid faceret huic conclusioni 7 (« qu'eût-il fait eu présence de celte conclusion 3 »)

Dass ces diverses tournures le datif est soit un datif d'intérêt sait un datif de relation. Au lieu de l'ablatif instrumental (facere aliquid aliqua re) on trouve quelquefois l’ablatif Proprement dit précédé de de.

ἔχ. Piacre, Épid., 1, 8, 48 : quid de illa fiet fidicina 7 — Tun., Ad., 996 : de fratre quid fiet 1 — Cic. ad Fam., XIV, 1, 3: de familiä, quo modo placuisse scribis amicis, faciemus. 1X, 17, 1 : fac, ut sciam, quid de nobis futurum sit. — Coxx. δερ., Thém.,2, 6 : miserunt Delphos consultum, quidnam facerent de rebus suis.

Cette construction parait ètre d'une moins bonve langue que l'ablatif-instrumental, En tout cas, la préposition de marquant l'origine, on comprend qu'elle puisse s'employer dans ce cas parliculier. Mais Cest par abus qu'on la rencontre pour marquer l'instrument, comme dans ce vers ἀ Ὄνιρε :

Mél, YI, 88 : percussam.. sua. de cuspide terram (cf. en français « frapper la terre de ([— avec] sa lance »).

Quand facere signifie « fabriquer », le nom désignant la matière qui sert à fabriquer se met à l'ablatif avec 6x (cf. T.-Livx, XXII, 5, 12 : pontibus ac molibus er humanorum corporum strue faciendis). C'est par exception qu'on trouve l'ablatif seul.

2. Cf. en grec la construction du verbe δέχεσθαι, « recueillir, accueillir » avec le datif instrumental.

Ex: Sorn., Fraygm., 479 : δέχεσθαί τι κάδοις. — Ecn., Bacch., 1086 : αἱ δ᾽ ὡσὲν ἠχὴν οὐ σαφῶς δεδεγμέναι. — Eun.. Or., 47 : δέχεσθαί τινα στέγαις. —Tauc., IV, 140$, ὁ : xai τότε δεξάμενοι αὐτὸν τῇ πόλει. ΩΝ

3. On construit aussi includere in aliquid et includere in aliqua re. Mais la première de ces constractions s'emploie seulement quand includere signifie « forcer à entrer », « faire entrer dans » (cf. Cic., Orat., 4, 19 : e08 in eam formam non poterat includere ; ad Att., 1, 16, 10 ; ad 0. fr., IN, 1, 7, 24 : pœæne orationem in epistulam inclusimus). Quant à la seonde, ou s’en sert pour signifier Fendroit dans lequel on renferme quelqu'un ou quelque chose (ef. Cic., ad At. 1, 10, 3 : 08 quos in tectorio atrioli possin includere. Tusc., 1, 15, 4: similem sui speciem inclusit in clipeo Minervæ. Ju Verr. 11, 3, 53, 123 : armatos ἴῃ cella Concordiæ includere. γον. Kasss-Scumazz, Antibarbarus, s. v. incuuoene.

AE

vistus exercitum castris continuit. — Cic., p. Balb., 14, 32 : ne quem populus Romanus Gaditanum recipiat civitate. T.-Live, XXVI, 25, 12: eum ne quis urbe, tecto, mensa, lare reciperet!.

REMARQUES. — I. C'est sans doute par analogie avec cette dernière construction u’on dit en latin invitare aliquem tecto.

Ex. : Cic., Phil., 12, 9, 93 : (tota familia) me... hospitio invitabit.

Il. Pris au figuré, le passif contineri signifie consister en? et se construit avec l’ablatif nstrumental, comme l'actif continere, contenir, retenir, enfermer.

Ex. : CÉs., de B. Gall., VII, 2, 2 : quo more eorum gravissima cærimonia

continetur. — Cic., de Off., 1, 9, 29 : eas res quibus justitia contineretur.

41° L'emploi de l’ablatif avec les verbes signifiant faire un sacrifice.

Ex. : Paure, Épid., 11, 1, 9 : sacruficas | illico Orco hostiis. — T.-Livr, XXV, 12, 13 : decemviri sacrum facerent.… Apollini capris duabus albis. XLI, 17, 4: senatus quadraginta majoribus hostiis consules sacrificare* jussit. — Cic., de Leg., I, 42, 29 : illud ex institutis pontificum non mutandum est, quibus hostiis immolandum cuique dec.

129 Peut-être l'emploi de l'ablatif dans des locutions comme celles-ci :

T.-Livr, XXIV, 10, 7: sanguine pluvisse (lift. que Jupiter fit tomber de la pluie en se servant de pierres®. XXXVII, 3, 3 (cf. ΧΙ]. 20, 6; XLV, 16, 5) : pluit terrä. XXVII, 11,5 : lacte pluvisse. Ι, 31, 1 : pluit lapidibus'.

1. Plus rare cst la locution accipere aliquem tecto ; encore plus rare : excipere aliquem tecto, domo, civitate, urbe, mgenibus, finibus, mensä, etc.

2. Pour rendre celte idée le latin sert aussi de consistere in... (cf. Cés., de B. Gall., VI, 21, ἃ: vita omnis [Germanorum)] in venationibus atque in studiis rei militaris consistit). L'emploi de consistere avec l'ablatif seul est poétique (Luca.) ct celui de l'ablatif précédé de 6x cst “xceptionnel (cf. Ces., de B. civ., 1II, 14, 3). Au contraire constare ex aliqua re, « consister en quelque chose » est très latin, mais n'a pas du tout le même sens que constare in aliquä re (‘au quelquefois : constare aliqua re) : l'expression signifie proprement « dépendre de quelque chose ».

8. C'est là l'origine de la construction de contentus aliquä re, « satisfait de quelque chose » : contentus devenu adjectif est proprement le participe du verbe contineri « être renfermé ou se ‘enfermer dans [05 limites de... »

4. Μόπιο construction avec facere « faire un sacrifice » (PLaute, Stich., 251 : quOt agnis fecerat? — Vno., Egl., 3, 71 : faciam vitul&. Cf. Piwx, Hist. nat., XXIX, 14 : Genitæ Manæ catulo res divina fit).

5. Toutefois avec immolare, on emploie ordinairement la tournure immolare rem deo (cf. Uic., de Nat. deor., 111,36, 88: Pythagoras Musis bovem immolasse dicitur).

6. Cf. en grec, Hän., I, 87: ὅσαι DÜôate λαδροτάτῳ. in, Hell, I, 1, 16 : ὕοντος (gén. absol.) πολλῷ.

7. Cette construction est plus ordinaire que l'emploi de l’accusatif qu'av trouve pourtant chez Cicèron (de Div., 1,27, 8: pluit sanguinem) ct chez T.-Live (XXVIII, 27, 16: lapides pluit). Naus les deux passages il Υ a l'infinitif : nous avons rétabli le style direct et nous avons substitué l'indicatif à l’infinitif pour bien faire comprendre la construction. Cf. en grec, Pixpane, 01.,7, 50 : πολὺν σε χρυσόν.

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REMARQUE. — Ce n'est pas un ablatif de mème genre, c'est plutôt un ablatif d'abondance, qu'on trouve dans les expressions sudare sanguine, manare sanguine, etc.

Ex. : T.-LiVE, XXII, 1, 8 (cf. XXVIT, 4, 14) : scuta duo sanguine sudasse (ef. ENX. AP. Nox., ὅθε, 33; LUCRÈCE, VI, 943, 1147; VIRG., Ên., Il, 582). — Cic., de Dir., 1, 34,74 : Herculis simulacrum multo sudore manavit (cf. T.-LivE, XXVIII, 11, #). De Div., Il, 27, 58 : Atratum fluvium fluxisse sanguine cf. Ov., Mél., VIII, 400; ΙΧ, 57, etc.).

43° L'emploi de l'ablatif avec les verbes utor, fungor, fruor', vescor.

Ex. : Cic., de Nat. deor., 111, 28, 10 : multi deorum beneficio perverse utuntur”?. 11, 60, 151 : vescimur bestiis et terrenis et aquatilibus et volatilibus. Tusc., 1, 45, 109: nemo parum diu vixit, qui virtutis perfectæ perfecto functus est munere. Brut, 2, 9 : quibus sapientiæ laude perfrui licuit.

{4 Enfin l'ablatif employé avec l'expression opus est°, synonyme de la locution archaïque usus est, qui se construisait régulièrement avec l'ablatif instrumental.

EX. : PrauT., Pseud., 601 : nOVO consilio nunc mihi opus est. — Cic., de Leg., I, 2, 5 : magistratibus opus est, sine quorum prudentia ac diligentia esse civitas non potest.

1. Sur La construction archaïque des verbes utor, fruor οἱ fungor, voy. un article de P. Laxozx dans l'Archir... de Wælflin, t. 111, p. 329 et suiv.

2. En grec, le verbe PAS AE se construit avec Île datif instrumental, quand il a pour complément un nom de chose (cf. Hén., ΠῚ, 2117 : οὗτοι ὦν, oînep ἔμπροσθεν ἐώθεσαν χρᾶσθαι τῷ ὕδατι, οὐχ ἔχοντες αὐτῷ χρᾶσθαι, συμφορῇ μεγάλη διαχρέονται. Tuvc., I, 77, 6 : οὔτε τούτοις [τοῖς νομέμοις)] χρῆται.

Θυδοά le complément est un nom de personne, c'est aussi le datif qu'on emploic; mais dans des locations du genre de celle-ci : χρῶμαι σοι, le datif est peu/-étre un datif proprement dit dà à l'analogie des verbes qui signifient « avoir des relations (bonnes ou mauvaises) avec quelqu'un ». Voy. ci-dessus, ὃ #4. 2°, c, p. 88.

Ou peut rattacher à la construction du verbe χρῆσθαι des locutions comme celles-ci :

Hénon., IV, 127: φωνῇ νομίζουσι Σκυθικῇ. «ils sont familiers avec la langue des Scythes ». 1V,63 : ὑσὲ νομίζουσι, « ils connaissent les sangliers » (cf. II, 50 : νομίζουσι Αἰγύπτιοι οὐδ᾽ ἥρωσε οὐδέν, u les Égyptiens ne sont pas du tout habitués aux demi-dicux, c.-à-1. Β᾽ ἃς ent aucune espèce d'altention [de culte] aux demi-dieux »). — Tuuc., 11, 38, 1 : ἀγῶσι μέν γε καὶ Ouais Grstnaioss νομίζοντες (— χρώμενοι ὡς νομίμοις). Cf. 1, 77, 6 : οὔτε τούτοις (τοῖς νομίμοις) χρῆται οὔθ᾽ οἷς ἡ ἄλλη ᾿ λλὰς νομίζει.

3. Sur l'origine probable de cette expression Opus est, voy. un article de Wælfflin dans l'Archie…, L IV, p. 325: Opus serait un génilif archaïque (cf. Venerus, Castorus, εἰς. Ixsca.), qui se serait conservé à côté de la forme régulière, mais postérieure, opis. Si cette hypothèse est exacte, il faudrait chercher le point de départ de l'emploi de Opus est dans des phrases comme : nihil opus est aliqua re ou si quid opus est aliqua re, dont le sens primitif serait : « rien cn fait d'utilité on de secours (ef. ci-dessus, $ 113, 2°, et la note 2 de la page 128) n'existe par Le fait de telle ou telle chose. » En ce cas, l’ablatif pourrait être un ablatif proprement dit, un ablatif de point de départ. Mais l'hypothèse n'est point æncore complètement démontrée. — Au lieu d'Opus est, la langue vulgaire employait l'expression : opus habere (ef. Cor., IX, 1, 5), qu'on retrouve chez saint Augustin et saint Jérôme.

4. 00 disait, en effet, à l'époque archaïque : mihi usus est aliquä re, et on trouve encore dans un rapport militaire cité par Cicénox, ad Att., IX, 6, 3 : naves quibus usus non est; chez Vinoutr, Géorg., 11], 559 : nam neque erat coriis usus; En., Vill, 441 : nunc viribus usus (est); chez T.-Lire, XXX, 41, 8 : reduceretque naves quibus consuli usus non e6sset; enfin chez A--Geuu, 1, 15, : præmiis atque invitamentis usus fuit.

tEMARQUE. — Avec opus est, le nom de la chose dont on a hesoin peut se mettre au 1inatif.

Ex. : PLAUT., Capt., 162 : maritumi milites opus sunt. — Cic., ad Fam., 11, 6, 4 : dur vobis et auctor opus est'.

3 l'ablatif est nécessaire quand opus est est accompagné d'un accusatif adverbial me nihil ou quid.

Ex. : PLAUTE, Pseud., 349 : quid opust gladio? — TER., Andr., 32 : nil istac opus est arte. — Cic., de Orat., 11, 46, 191 : nihil opus est simulatione et fallaciis.

nt à la construction de opus est avec le génitif, elle est rare et étrangère à la prose sique ; elle s'explique sans doute par l'analogie de egeo*.

Ex. : T.-Live, XXII, 51, 3 : ad consilium pensandum temporis opus esse. XXII, 21, 5 : quanti argenti opus fuit. — Pror., 11, 8, 16 (111, 1 [10], 12) : magni nunc erit oris opus. — QuINT., XII, 3, 8 : si (orator, nosse, quid quisque senserit, volet, lectionis opus est. — APUL., Mét., IX, 39 : mihi operæ ejus opus est’.

89. — Ablatif de la question qua. — On peut rattacher à latif instrumental l'emploi de l'ablatif de la question qua, qui ait bien signifier proprement le chemin dont on se sert pour aller Ι ou tel endroit.

iet ablatif se rencontre en latin non seulement avec les pronoms hac, illac, qua (s.-ent. via ou parte), etc., mais aussi, surtout chez historiens, avec divers substantifs.

Ex. : PiauTe, Curc., 1, 1, 35 : ire publicä viä. — Cic., ad Att., V, 14, 1 : nunc iter conficiebamus æstuosàä et pulverulentä via. In Pis., 23, 55: Cælimontanä (s.-ent. portà) introisse. ni Esquilinä introisset. quä tu porta introieris, modo ne triumphali. — Cés., de B. Gall., VI, 45,5 : legionem unam eodem 7100 {par la même crête) mittit. De B. civ., 1, 10, 4 :

On trouve de même usus e8t (mais seulement chez Plaute) avec le nominalif de la chose dont a 1 :

ἐν : ec Bacch., 105 : quantillum usust auri tibi? Merc., 854 : egomet mihi fero, usust.

Il n'est point nécessaire de supposer qu'on a affaire à un hellénisme, bien qu'on troure en grec : | μάχη προθυμέας μᾶλλον ἣ τέχνης ἔργον ἐστίν et qu'on ait été tenté d'expliquer Opus 1e synonyme de negotium (cf Praure, Hil., 523 : transcurre curriculo ad nos, ita Jtiumst). Le rapprochement est inexact. Voy. Fa. Scaæuz, dans l'Archiv... de Wælfllio, t. 11, 7 sqq.

Kèmean (ausf. Gr. der lat. Spr.,t. 11, p. 286) signale comme étrange la construction d'Opus vec l'accusatif. Mais les deux exemples qu'il cite ne sont pas sûrs : dans le premier (PLaurts, + 902) l'accusatif cibum cst écarté par Spengel ; dans le second (Caron, de Re rust.,15, 3), Opus st corrigé par Keil. De mème dans Praurx (Pseud., 385 [373 éd. Loren:]), il faut lire : δὰ eam usust homine astuto, docto, cauto, callido. Pourtant on trouve dans la basse latinité Lun. Mau, 65, 15): aitentiorem mihi lectorem opus est. Cf. Enorienecer, Unieringen über die Sprache des Claudianus Mamertus (Vienne, Gcrold, 1885), p. 37, et Zuwx, Der olog Fulgentius (Würzburg, 1867), 2° partie, p. 43.

-4ι} de Halo

| uti. jugis Octogesam perveniret. — T.-Live, XXII, 3,6: medio Etruriæ agro (— per medium. agrum) prædatum profectus. 16. 18, 6: jugis ducebat (cf. 14, 1 : per juga... Fabio ducente). j6., 15, 3 : cum... sciret per easdem angustias quibus intraverat Falernum agrum rediturum.

| REMARQUES. — I. L'ablatif de la question qua peut toujours être remplacé par la préposition per, quand il s'agit d'une région à parcourir ou à traverser. Mais on trouve presque exclusivement les ablatifs vi, itinere, itineribus.

IL. Par extension, le latin emploie l’ablatif dans le sens de per avec l'accusatif, là même où l’analyse ne découvre aucune idée d’instrument.

Ex. : CÉs., de B. Gall., VII, 38, 10 : nuntios tota civitate (cf. ci-dessus, p. 201, n. 1) dimittit. — Cic., p. Flacc., 13, 30 : qui. toto mari dispersi vagabantur. — Con. NEP., Chabr., 1, 3 : hoc. tota Græciä famä celebratum est. — CÉs., de B. Gall., IV, 10, 3 : longo spatio per fines Nantuatium... citatus fertur. IV, 35, 3 : quos tanto spatio secuti. — T.-Live, XXVI, 51, ἃ : legiones in armis quattuor millium spatio decurrerunt. XXIX, 32, 7 : ala equitum dispersa Jato campo.

190. — En grec, les adverbes ταύτῃ, %, πῇ, que les linguistes considèrent comme d'anciens pronoms masculins à l’instrumental singulier !, sont, pour les grammairiens grecs, des datifs avec lesquels on doit sous-entendre ὁδῷ.

Quoi qu'il en soit, le datif ὁδῷ est le seul que le grec emploie à la question qua.

Ex. : Tavc., Π, 97, 1 : ὁδῷ... ἐξ ᾿Αὐδήρων εἰς Ἴστρον ἀνὴρ εὔζωνος ἐνδεχαταῖος τελεῖ, par ἴα route de terre un bon marcheur ira d'Abdère à l'Îster en onze jours.

Mais, en dehors de ce cas particulier, on se sert ordinairement de la préposition διά, à travers, avec le génitif.

Ex. : Dém, XIX, 314: διὰ τῆς ἀγορᾶς πορεύεται.

494. — Datif grec de cause. — Au sens instrumental se rattache le sens causal.

On comprend donc que le datif, remplaçant en grec l'instrumental, puisse s'employer pour marquer la cause.

Il désigne alors, soit la cause dont l'action directe produit tel ou tel

effet, soit la raison par laquelle tel ou tel fait a lieu. pie | ANR ERA ie

1° On met au datif sans préposition le complément du verbe passi ᾿

f, quand c’est un nom de chose: f

3. Cf. V. Hrsnr, Précis dé gramm. comparée du Gréc ét du Latin, S187,8°: mais voycz auss G. Maven, Griechische Grammatik, 8 388. Sur ces formes en général, voyez ce qui est dit dans notré Phonélique et Étude des formes.

Lif

Cette construction est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'en donner des exemples".

REMARQUE. — On remplace quelquefois le datif par la préposition ὑπὸ avec le génitif. Ex.: XÉN., Anab., 1, 5, 5 : ἀπολέσθαι ὑπὸ λιμοῦ, mourir de faim.

2° On met au datif sans préposition le substantif qui exprime la cause (νόσῳ, φαρμάκῳ τελευτᾶν, mourir de maladie, mourir par le poison) ou l'occasion de telle ou telle action.

Ex. : Sopn., fragm., 12 : σοφοὶ τύραννοι τῇ σοφῶν συνουσίᾳ. Puit, 387 : οἱ ἀχοσμοῦντες διδασχάλων λόγοισι γίγνονται xx xoi. Tuuc., 1, 84,2: εὑπραγίαις οὐχ ἐξυδοίζομεν. — ARIST., Assenblée des f., 605 : οὐδεὶς οὐδὲν πενίᾳ δράσει.

Cette construction est particulièrement fréquente avec les verbes exprimant une affection de l'âme, se réjouir, s'enorgueillir de, rougir, avoir honte de, être importuné, fâché, s'indigner de, s'affliger de, etc.

Ex. : Ippornoon, fragment (éd. Nauck) : φθόνος χκάχιστος χἀδιχώτατος θεὸς | κακοῖς τε χαίρει κάγαθοις ἀλγύνεται. --- Ριπιένοκ : ὁ θεὸς ἔργοις τοῖς δικαίοις ἥδεται. — Χέν., Écon., A, ὅ: οἱ ἀγαθοὶ ἄρχοντες τούτους ἀγαλλομένους ἔχουσι τῷ πεέθεσθαι ἕνα ἕχαστον. — Anisr., Chev., 1355 : αἰσχύνομαι ταῖς πρότερον ἁμαρτίαις. -- Χέν., Anab., V, 1, 20 : ηχθόμεθα τοῖς γεγενημένοις (εἴ. Hell. I, 6, 1). Hell., V, 3, 3 : ἤγανάχτησε

REMARQUES. — Τ. Les verbes qui expriment une affection de l'âme peuvent avoir aussi au datif avec ἐπί le complément signifiant l'objet qui fournit au sentiment l'occasion de se manifester.

Ainsi l’on dit ἀλγεῖν ἐπί τινι, souffrir de quelque chose, lift. au sujet de quelque chose; de même στενάζειν, gémir, s'affliger, ἀγάλλεσθαι, s'enorgueillir, λυπεῖσθαι, 5᾽ αἴπίροτ, Paurzzζειν, s'élonner, ἀγαναχτεῖν, s'indigner, αἰσχύνεσθαι, rougir de, ἄχθεσθαι, être importuné, fâché, γαίρειν, ἥδεσθαι, se réjouir, γελᾶν ἐπ' τινι, rire de quelque chose.

L'addition de la préposition ἐπί est obligatoire avec ἱκέγα φρονεῖν, s'enorgueillir de.

11. Les expressions composées γαλεπῶς, βαρέως φέρειν (cf. lat. ægre ou graviter ferre) et le verbe ἀγαπᾶν, se contenter de, peuvent avoir une double construction : soit l'accusatif, soit le datif.

Ex.: PLAT., Ménex., 248 : βαρέως φέρομεν τὰς συμφοράς. 1b., 240 : ἀγαπῶσι τὴν ἐν τῷ παρόντι σωτηρίαν. — XÉN., Anab., 1, 3, 3: χαλεπῶς φέρω τοῖς παροῦσι πράγμασι. — DÉm., 1, 14 : ἀγαπήσας τοῖς πεπραγμένοις.

1. Il πὸ faut pas confondre cette construction avec celle où le datif cxprime, non pas la cause, mais lc moyen qui sert à réaliser l'action du verbe.

Ex.: Mex., Sens, 542 : /protos οὗ πονῆροις τιτρώσχεται λόγοις. — PLar., lép., 582 a : τένο χρὴ χρίνεσθαι τὰ μέλλοντα χαλῶς χριθήσεσθαι; dp' οὐκ ἐμπειρίᾳ τε vai φρονήσει χαὶ λόγῳ: ᾿

17] Praliti riilal:

& Le datif instrumental exprime aussi le motif d'une action!.

Ex. : Tave., 1, 95, 3: οἱ ξύμμαχοι τῷ Παυσανίου ἔχθει παρ᾽ ᾿Αθηναίους μετετάξαντο. III, 82, 9: τὰ μέσα τῶν πολιτῶν φθόνῳ τοῦ περιεῖναι διεφθείροντο. Π, 65, 6 : Περιχλῆς τοῦς ᾿Αθηναίους ὕδρει θαρσοῦντας χατέπλησσεν ἐπὶ τὸ φοδεῖσθαι. ΙΝ, 81, 8 : ὀφείλομεν χοινοῦ τινος ἀγαθοῦ αἰτέᾳ τοὺς μὴ βουλο- — Χάν., Cyr, ΠῚ, 1, 38 : ὁπόσα ἀγνοίᾳ οἱ ἄνθρωποι ἐξαμαρτάνουσι, πάντα ἀχούσια ταῦτ᾽ ἐγὼ νομίζω.

REMARQUE. — On peut remplacer ce datif par la préposition ὑπό avec le génitif. On dit ὑπὸ Adrns(XÉN., An., III, 1, 8, etc.), par chagrin, ὑπὸ δέους (THUC.), par crainte,

de peur, ὑπὸ φθόνου, par envie, ὑπ᾽ ὀργῆς, par colère, ὑπ᾽ ὀδύνης (PLAT., Bang., 218 b), de douleur, ὑπ᾽ ἀνχισχυντίας (PLAT., Banqg., 492 a), par impudence, etc.

4 Enfin le datif peut indiquer la raison pour laquelle un fait a lieu.

Ex. : Tuuc., HI, 98, 5 : Δημοσθένης... τοῖς πεπραγμένοις (en raison de, à cause de ce qui s'était passé) φοδούμενος τοὺς ᾿Αθηναίους...

REMARQUE. — Toutefois cet emploi du datif est relativement rare et l'on exprime plus souvent cette idée à l’aide de la préposition διά avec l'accusatif. Ex. : XÉN., Mém., IV, 5, 3 : ὅστις ἄρχεται ὑπὸ τῶν διὰ τοῦ σώματος ἡδονῶν xat διὰ ταύτας (en raison de ces plaisirs) μι δύναται πράττειν τὰ βέλτιστα, νομίζεις τοῦτον ἐλεύθερον εἶναι ὃ;

492. --- Ablatif de cause. — A l'ablatif d'instrument se rattache l'ablatif de cause, qui désigne soit la cause dont l'action directe

produit tel ou tel effet, soit la raison pour laquelle tel ou tel fait a lieu.

4° On met à l'ablatif sans préposition le complément du verbe passif, quand c’est un nom de chose : mærore conficior, je suis accablé de chagrin.

1. C'est ce qu'on peut appeler la cause intérieure. Cf. À. von Bauszno, Règles fondamentales de la Syniare grecque, ouvrage adapté par C. Cucuel et O.Riemann, 2° éd. (Paris, Klincksiock), p. 79. 2. 11 ne faut pas confondre cet emploi de διά avec le suivant : 1socs., IV, 91 (οἱ Αϑηναῖοι) δι᾽ ἀρετὴν ἀλλ᾽ οὐ δοιὰ τύχην ἐνίχησαν. Dans ce dernier exemple διά signifie « par le moyen de, στᾶσα ἃ » et exprime les circonstances de l'action mieux que le datif qu'on a, par exemple, dans des phrases comme celle-ci : Xéx., Mém., 1, 4, 9 : οὐδὲν γνώμῃ ἀλλὰ τύχῃ πάντα πράττεις (cf. 8. 178).

En règle générale, διά avec l'accusalif d’un nom de chose signifie « à cause de », οἱ διζ avec le géoitif d'un nom de chose signifie « par le moyen de ». Mais il y a des cas où l'on ne peut sans subtilité essayer de trouver une différence de sens entre les deux tournures.

Es. : θεν. VI, 6 : δεηθῆναι πάντων ὁμοίως ὑμῶν βούλομαι τοὺς λογισμοὺς ἀκοῦσαί pou διὰ βραχέων, δι᾽ οὖς τἀναντί᾽ ἐμοὶ παρέστηχε προσδοχᾶν χαὶ δι᾽ ὧν ἐχθρὸν ἡγοῦμαι Φίλιππον.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 15

ux verbes passifs se rattachent les verbes intransitifs perire, rire, etc.

Ex. : Cic., αὐ All, V, 20, 3 : vulnus accepit eoque interiit.

3MARQUES. — Î. Quand le complément du verbe passif est un nom de personne ou

om de chose personnifiée, on le met à l'ablatif avec la préposition ab. Voy. ci-dessus, 20:

Certains substantifs peuvent être considérés * tantôt comme des noms de peres, ἢ) tantôt comme des noms de choses.

Ex. : CÉs., de B. Gall., VI, 43, 3 : frumenta a! tantä multitudine jumentorum atque hominum consumebantur. — T.-Live, XXV, 93, 8 : captus ab Romanis navibus erat (l'auteur a en vue non pas la flotte mais les équipages. XXVI, 40, 2 : Agrigentum... tenebatur... a Carthaginiensium

valido præsidio*. Cf. 11], 47 : repelli a globo mulierum. VII, 18 : relicti a parte populi. ‘

Ex. : CÉs., de B. civ., 1, 15, 3 : magna parte militum deseritur. — CIic., p. Arch., 10, 22 : hunc Heracliensem multis civitatibus expetitum. — T.-LivE, XXII, 56, 6 : regnum Hieronis classe Punica vastari.

° On emploie l'ablatif à côté de certains verbes ou de certains adjectifs qui expriment un sentiment, se réjouir, s'affliger, s’irriter de, etc., heureux, joyeux, fier de, etc. pour exprimer la cause ou l'occasion qui fait naître ce sentiment*.

Ex. : Cic., Læl., 13, 41 : proprium est animi bene constituti et lætari bonis rebus et dolere contrariis. Cato maj., 8, 25 : ut adulescentibus bona indole præditis sapientes senes delectantur ἡ, sic adulescentes senum præceptis gaudent, quibus ad virtutum studia ducuntur. Tuse., 1, 13, 30 : nemo mæret 8110 incommodO. — Cés., de B. Gall., I, 14, 4: quod suä victoriä tam insolenter gloriarentur. — T.-Live, ΠῚ, 1, 3 : tribuniciis se jactare actionibus. — Cic., Tusc., IV, 11, 37 : ardeat desiderio (cf. ardere dolore, amore, cupidi-

La préposition 8 est attestéc par l'accord des mss. Andinus, Leidensis I, Oxoniensts, Thuaneus, nianus, Vindobonensis 7, οἱ acceptée par la plupart des éditeurs.

Dans quelques passages, l'emploi de ab devant un nom de chose est amené par la symétrie de ression.

Ex.: T.-Live, Y, 21: Vejentes, ignari se jam ab suis vatibus, jai ab externis

oraculis pots XXI, 83,5 : simul ab hostibus, simul ab iniquitats locorum Pœni oppugnabantur.

I faut se garder de confondre cette construction avec celle dont il sera queslion ci-après,

Delectari aliquo signifie « être heureux de la société de quelqu'un, se plaire avec quelqu'un »: ctari ab aliquo aurait un tout autre sens : « être mis en gaieté ou en joie par quelqu'un». Cf:

Div. in Crril., 13, 44: cujus (Hortensii) ego ingenium... ita probo ut rie ab δῦ ctari facilius quam deoipi putem posse.

1927 | Ari εχ.

tate, irä, bello, eic.). De Oral., 1, 54, 233 : cujus (Socratis) responso sic judices exarserunt, ut... Ad At, V, 11, 1 : non dici potest, quam flagrem desiderio urbis (cf. flagrare cupiditate, amore, odio, studio, amentiä, etc.). — T.-Lrve, I, 2,3: minime lætus novæ origine urbis. XXI, 2, 1 : his anxius curis (cf. XXV, 40, 12; XL, 54, 2). — Cic., de Leg. agr., 2, 35,95 : Campani semper superbi bonïitate agrorum et fructuum magnitudine, urbis salubritate, discriptione, pulchritudine.

REMARQUES. — I. Les verbes lætor, gaudeo, doleo, mæreo et les adjectifs lætus, anxius, sollicitus s'’emploient souvent avec la préposition de, au point de vue de et l'ablatif.

On trouve aussi cette construction, mais plus rarement, avec glorior.

Il. Sur la construction de doleo, etc., avec un complément direct, voy. ci-dessus, p. #5, REM. Il; sur la construction de doleo, etc., avec le neutre d’un pronom à l'accusatif, voy. ci-dessus, $ 62, 4°, p. 64 et suiv.

III, Les verbes lætor, delector, glorior, angor, offendor, erubesco, etc., s’emploient quelquefois aussi avec in et l'ablatif".

Ex. : Cic., in Verr., Il, 5, 46, 121 : lætaris tu in omnium gemitu*. De Leg., 11, 7, 11 : in hoc admodum delector (cf. αὐ Fam., V1, 4, 4). De Nat. deor., 111, 36, 87 : in virtute recte gloriamur. Ad Até., 11, 1, 5 : 1 60 80 jactasset. Tusc., III, 11, 25 : ut in 60 rectum videatur esse angi. Ad Att., 1X,6,1 : in 60 ipso offendetur (au lieu de in ea re offendetur).

De Leg., 1, 14, 4 : 0 rem dignam, in quä non modo docti verum etiam agrestes erubescant.

3° C’est un ablatif de même nature qu'on trouve en général avec les expressions qui signifient avoir confiance Ou qui a confiance.

Ex. : Cic., de Off, I, 23, 80 : hæc sunt opera magni animi et excelsi et prudentiä consilioque fidentis (cf. Tusc., V, 14, 40). — Conx. Nér., Cim., 2, 5 : Thasios opulentiä fretos* suo adventu fregit. — α΄, Tuse., Il, 26, 63 : ejus judicio stare (me reposer sur, me fonder sur) n0lim. De Of., 1, 10, 32 : illis promissis standum non esse.

1. ἴῃ, avec l'ablatif, signifie, en ce cas « à propos de », « à l'endroit de ». C'est aussi le sens qu'il a dans d’autres constructions, par exemple dans les phrases suivantes :

Ex.: Cic., de imp. Cn. Pomp., 19, 56 : in salute communi (« quand il s'agissait du salut commun ») populus Romanus dolori suo maluit.. obtemperare. Phil., 14,3, 9 i refugit animus.. eaque dicere reformidat quæ L. Antonius in Parmensium liberis et conjugibus effecerit, — Sazr., Cat., 52, 12 : sint misericordes in furibus (« à l'endroit des voleurs ») ærarii. — Cic., de Orat., 11, 61, 248 : quod idem in bono servo (« à propos d'un bon esclave ») dici solet (cf. ad 0. fr. Il, 6, 5 : in amicitia P. Lentuli vituperatur).

2. Cet exemple montre bien comment du sens local on a pu passer au sens causal, « alors que tout le monde gémit », par suite : « à l’occasion de la douleur générale. » 3. Voy. cepeodant p. 228, n. ὁ.

REMARQUE. — Quand fido et confido ont pour compléments des noms de personnes, ils se construisent {oujours avec le datif, à l’époque classique. Ex. : Cic., ad Aft., VI, 6, 4 : puer bene sibi fidens. — T.-Live, XXII, 26, 2 : neutri parti virium satis fidens (c.-à-d. neque pedestribus neque navalibus copiis considérées comme des personnes).

Quand confido a pour complément un nom de chose, il se construit très souvent avec le datif?.

Ex. : Cic., Phil., V, 4, 2 : nisi vestræ virtuti constantiæque confiderem. Ad Até., XVI, 46 a, 5: 1, 9, 2 : arcæ nostræ confidito*.

Toutefois le participe confisus est ordinatrement accompagné de l'ablatif à la bonne

époque *.

4 L'ablatif peut signifier encore l'influence extérieure qui pousse quelqu'un à agir de telle ou telle façon. Ainsi s'expliquent les expressions :

facere aliquid consilio, auctoritate, jussu (injussu), rogatu, efflagitatu, mandatu, hortatu, coactu, permissu, concessu (etc.) alicujus, faire (telle ou telle chose) sur le conseil, l'ordre (sans l'ordre), sur la demande, sur l'exhortation, etc., de quelqu'un.

REMARQUE. — On peut dire aussi facere aliquid de sententia, de consilio, de voluntate alicujus.

5° L'ablatif exprime aussi le motif d'une action.

Ex. : Cic., de Fin., 1, 10, 33 : in culpa sunt, qui officia deserunt mollitiä animi. De Of., 1, 11, 36 : cum amore pugnandi in exercitu remansisset. De Orat., 1, 22, 99 : quod ego non superbiä neque inhumanitate faciebam.

REMARQUES. — 1. On enseigne quelquefois ° que, pour rendre en latin des idées comme « il fit telle chose par haine, par colère, par curiosité, etc. »,ilfaut mettre ira, odio, timore, etc., permotus, adductus, impulsus, etc. C'est une erreur : on rencontre trés bien, en ce cas, l'ablatif tout seul, particulièrement chez T.-Live.

Ex. : T.-LIVE, XXI, 26, 2 : abscesserant enim metu hostes. XXII, 41, 2 : victoribus effuse sequentibus metu insidiarum obstitit Paullus consul.

1. L'ablatif du nom de la persoune devient fréquent à partir de T.-Live. Ex. : T.-Live, XXIV, 5, 12 : nec nisi tam potenti duce confisos rem tantam ausuros

fuisse.

2. Ce datif est un datif d'attribulion : « acçorder sa confiance à ... D. 3. Küuxen (ausf. Gramm. der lat. Spr., p. , Rex. 19) essaic d'expliquer ces emplois du datif en

disant que vestræ virtuti est mis pour vobis virtutis compotibus et que arcæ nostræ équivaut à mihi arcam (sc. pecuniam)habentif. Mais cette explication est bien forcée.

4, Cela tient vraisemblablement à ce que, dans ce cas particulier, confisus suivait l'analogie de fretus qui signifie proprement « Lenu, soutenu par... ». L'ablalif pourrait donc être aussi, dans ce cas particulier, ua ablatif de moyen.

5. Cf. R. Kinxer, ausf. Gramm. d. lal. Spr., À. II, p. 291, Rem. 15.

6. Voy. Neoxissacn-Müuien, Latfeinische Stilistik (7° éd.), p. 389, 3.

7. Ce qui est incorrect, c'est l'emploi que certains écrivains font de ab en pareil cas.

Ex. : Βαιδυβ ap. Cic., ad Α(., IX, 7, b, 3 : scio, me ab singulari amore ac benevolentiä... tibi scribere. — T.-Live, XXVI, 1, 3 : ab ira. XXVII, 17, 5 : ἃ 8pe, etc.

IT. La préposition præ ne s'emploie ordinatrement qu'en parlant d'une cause qui empêche quelque chose d'avoir lieu, c'est-à-dire dans une phrase négative.

Ex. : Cic., Tusc., 1, 42, 101 : solem præ jaculorum multitudine... non videbitis!.

6° L’ablatif signifie la raison pour laquelle tel ou tel fait a lieu. Mais cet emploi est borné à quelques mots comme quare, à cause de quoi?, ea re ou 60, à cause de cela et ne se rencontre qu'assez rarement dans la prose classique.

EX. : Cés., de B. Gall., V, 34, 3 : levitate armorum et cotidiana exercitatione nihil 118 noceri posse. — Cic., de Fin., Il, 26, 83 : si fructibus et emolumentis et utilitatibus amicitias colemus.

On ne le trouve fréquemment que dans T.-Live.

Ex. : XXII, 21, 6 : vetustate (— propter vetustatem). XXII, 2, 1 : longä felicitate. XXIV, 17,4: errore viarum... exiguitate temporis. XXV, 9, 1 : velocitate... levitate. XXVI, 29, 2 : exspectatione... stantes. XXVIII, 23, 4 : aviditate ingenii humani. XXX, 18, 15 : vuinere ducis. Etc.

REMARQUE. — Cette idée est généralement rendue en latin par la préposition propter° avec l'accusatif.

1° Enfin, l’ablatif équivaut souvent aux expressions françaises d'après, selon, etc. non seulement dans les expressions bien connues meä sententiä, meo judicio, etc., à mon avis, d'après moi, etc., mais encore dans des phrases comme celles-ci :

Ex. : Conx. Νέρ., Cim., 1,1 : Custodiä tenebatur neque legibus Atheniensium (en vertu des lois athéniennes) emitti poterat, nisi pecuniam.. solvisset. — T.-Live, XXII, 10, 6 : cum... negaret lege fœderis id cogi posse. 16., 21, 6 : Romæ.… propter penuriam argenti tresviri mensarii rogatione M. Minu- Οἱ]... facti.

REMARQUE. — Quelquefois l’ablatif instrumental est remplacé par l’ablatif proprement dit avec ab, de ou ex. En pareil cas, la tournure exprime un rapport d’origine et non un rapport de cause.

1. L'emploi de præ dans une phrase affrmative appartenait peut-être au langage familier. Toulefois où ht dans T.-Livx :

«Ὁ VI, 40,1 : cum præ indignitate rerum stupor silentiumque.… ceteros Patrum defixisset.

3. T.-Live se sert même de quibus (abl. plur. neutre.) en pareil cas (cf, XXIX, 18, 9). , 3. En pareil cas OD est rare. Voy. Knurs-Scumauz, Antibarbarus, ete., οἱ surtout Εν. Weæurrin dans VArchie, L 1, p. 161. Mais quamobrem est plus usité que quare, « à cause de quoi ».

93. — Datif grec du point de vue. — Le datif instrumental iploie, en grec, pour indiquer le point de vue auquel on veut reindre une affirmation. Îl peut, en ce cas, se traduire par pour ce st de. On le trouve employé non seulement dans quelques locu- 5 toutes faites, comme ἔργῳ, τῷ ὄντι, en fait, en réalité, λόγῳ, ὀνόματι, (ληθείᾳ,, en apparence, en réalité, mais encore dans d'autres cas.

Ex. : XEN., Cyr, II, 3,6 : ἐγὼ οὔτε ποσίν εἰμι ταχὺς οὔτε χερσὲν ἰσχυρός. Anab., 11, 6, 9 : στυγνὸς ἣν καὶ τῇ φωνῇ τραχύς. — Isocn., X, 37 : (Θησεύς) διετέλεσε τὸν βίον τῇ μὲν ἐξουσίᾳ τυραννῶν, ταῖς δ᾽ εὐεργεσίαις δημαγαγῶν.

Χέν., Mém., 11, Ἵ, 1: ἰσχύειν τοῖς σώμασι. Anab., I, 5, 13 : ἀποροῦντες τῷ πράγματι.

Xéx., Hell, VIL 3, 6 : οὗτοι πάντας ἀνθρώπους ὑπερδεδλήχασι τόλμῃ τε χαὶ μιαρίᾳ. Id., ib., 1, 4: ἐμπειρίᾳ γε πολὺ προἔχετε τῶν ἄλλων.

[ΜΑΆΟΌΕ. — Cet emploi du datif parait être plus étendu que celui de l'accusatif de rtie (νου. ci-dessus, ὃ 74).

\ effet, l’accusatif de la partie ne désigne ordinairement que la partie matérielle uelle on veut restreindre le sens d’une affirmation. En dehors de cet emploi, isatif ne s'emploie que dans un petit nombre d'expressions toutes faites, comme Λυδὸς τὸ γένος, un homme de race lydienne, ποταμὸς (τὸ) εὖρος τεττάρων πλέθρων + An., 11, 5, 4), un fleuve de quatre cents pieds de largeur, χίλιοι τὸ πλῆθος, au nombre le, πόλις ὄνομα (τοὔνομα) Katvat, une ville du nom de Cenæ!, etc.

marquer de plus que ces expressions ne peuvent pas dépendre d'un verbe. Ainsi loit dire ὑπερύαάλλειν πλήθει, surpasser en nombre, etc.

4. — Ablatif du point de vue. — L'ablatif instrumental sert diquer le point de vue auquel on veut restreindre une affirmation. e trouve employé non seulement dans quelques locutions toutes s comme re, en fait, specie, en apparence, nomine, de nom, re vera, re en réalité? mais encore dans beaucoup d'autres cas.

Ex. : Saiu., Cat, 59, 4 : æger pedibus. — Cic., in Vat., 1, 11 : Omnium facile omnibus rebus {à tous égards) infimus. — T.-Live, XXII, 15, 9 : omni parte virium impar {inférieur aux Carthaginois), à quelque point de vue que l'on considéràt ses forces. XXVII, 28,5 : Si QUO (ἃ quelque égard) operä eorum opus esset. — Cic., de Off. 1, 18, 61: maxime populus Romanus animi

)n trouve quelquefois ὀνόματι, mais c'est peut-être une altération de la glose ὄνομά τι. Cf. N, Qua rei criticæ ratione... Xenophontis tertus constituendus sit, p. 67.

᾿ forme archaïque reap86 (pour re eapse) se rencontre encore chez Cicéron (de Dir., 1, 37, c.).

magnitudine excellit (cf. de Div., 1, #1, 91). De Orat., II, 61, 210 : Socratem opinor in ironia dissimulantiaque longe lepore et humanitate omnibus præstitisse (cf. Conx. Nér., Att., 18, 5). Tusc., 1, 1, 3 : doCtrinä Græcia nos et omni litterarum genere superabat.

REMARQUE. — L'ablatif ne s'emploie ainsi qu'en parlant du point de vue auquel on

peut considérer l’objet. Le rapport qu'on peut établir avec une chose extérieure se marque au moven de la préposition ad.

Ex. : Cic., in Verr., 11, 4, 52, 117 : situ... præclaro ad aspectum.

La situation où se trouve un objet par rapport à quelque chose se marque aussi en certains cas par la préposition ab.

Ex. : CÉs., de B. Gall., VII, 10, 1 (cf. de B. civ., II, 9, 5) : ne ab re frumentariä.. laboraret. — Cic., Brué., 43, 161 : .… nisi qui a philosophia, ἃ jure civili, ab historia fuisset instructior (cf. 66, 233).

195. — Datif grec de mesure ou de différence. — Le datif instrumental s'emploie, à côté d'un comparatif ou d'un mot qui implique une idée analogue à celle d'un comparatif, pour marquer de combien tel ou tel objet est supérieur ou inférieur, etc., à tel autre.

Ex. : τρισὶν ἡμέραις ὕστερον (πρότερον), trois jours après (avant), litt. à un. moment postérieur (antérieur) de trois jours. — PLarT., Lois, 698 : δέκα ἕτεσιν πρὸ τῆς ἐν Σαλαμῖνι ναυμαχίας ἀφίχετο Δάτις. — Ἰργϑιλβ, VIL 4: ὀλίγῳ δὲ πρὸ τῶν τριάκοντα ᾿Αντιχλῆς παρ᾽ αὐτοῦ πριάμενος ἐξεμίσθωσεν. — Μέν., Fragm., 130 sq. : πολλῷ χρεῖττόν ἐστιν ἐμφανὴς φίλος ἢ χρυσὸς ἀφανής. -- Χέν., Cyr., VII, 3, 40: τοσόυτῳ ἥδιον ζῶ ὅσῳ πλείω κέκτημαι.

REMARQUES. — I. Au lieu de πολλῷ et de ὀλίγῳ, on trouve quelquefois πολύ et ὀλίγον devant un comparatif.

Ex. : MÉN., fragm., 182 : πολὺ χεῖρόν ἐστιν ἐρεθίσαι γραῦν ἣ χύνα. — PLAT., Protag., 811: νῦν ἂν λέγοις περὶ ὧν ὀλέγον πρότερον μνείαν ἐποίου.

Mais on emploie toujours τί, τι, οὐδέν (μηδέν) devant un comparatif. II. Les datifs πολλῷ, μαχρῷ, ὅσῳ se joignent aussi au superlatif. Ex. : PLAT., Lois, 858 e : δεῖ τὰ περὶ τοὺς νόμους γεγραμμένα φαίνεσθαι dia -

πτυττόμενα μακρῷ χάλλιστα τε χαὶ ἄριστα. Lys., 201 e : ἐθέλω ὅσῳπερ γεραίτατός εἶμι, τοσούτῳ προθυμότατα μανθάνειν.

196. — Ablatif de mesure ou de différence. — L'ablatif remplace l’instrumental devant un- comparatif ou un mot de sens

16 pour marquer de combien tel ou tel objet est supérieur ou ur, eic., à tel autre.

ëx. : tribus diebus ante (post), trois jours avant (après)!. — Cie. Tusc., IV, 27, 58 : qUO major est in animis præstantia et divinior, eo majore indigent diligentiä. De Of., 1, 26, 90 : ut recte præcipere videantur, qui monent, ut, quanto superiores simus, tanto nos geramus summissius. — Cés., de B. Gall., IV, 36, 4 (cf. VI, 38, 1) : paulo (multo) infra. Vi, 19, 4: paulo supra. De B. civ., Ill, 66, 4 : paulo ultra. — Quinr., XI, 3, 140 : AÏÏQUO Supra. — Cic., de Nat. deor., 1, 13, 30 : nec multo secus Speusippus. De Fin., IV, 18, 51 : Virtutem omnibus rebus multo anteponentis. — Cés., de B. Gall. VI, 27,1 : magnitudine paulo antecedunt.— Conn. Nép., Eum., 8,5:(via) altero tanto longiorem habebat anfractum (deux fois plus long, litt. plus long d'encore une fois une quantité égale). — PLaute, Mén., 667 : bis tanto pluris palla, un manteau coûtant frois fois plus cher. — Cic., in Verr., Il, 3, 19, 49 : duäbus

50 partibus... amplius frumenti, frois fois plus de blé. De Nat. deor., 1, 35, 99 : quam molestum est uno digito plus habere (avoir un doigt de plus). — T.-Livr, Il, 7, 6: unO plus Tuscorum cecidisse in acie, du côté des Étrusques il y eut un mort de plus (que du côté des Romains). V, 30, 7 : legem unä plures tribus antiquarunt quam jusserunt, pour repousser la loi il y eut une tribu de plus que pour la voter.

RQUES. — 1. Au lieu des ablatifs multo, tanto, quanto, aliquanto, etc., on ployer les accusatifs multum, tantum, etc., mais c'est assez rare.

es ablatifs multo, tanto, etc., se joignent aussi au superlatif.

Ὁ: CIC.,p. imp. Cn. Pomp., 1, 1 : mihi semper conspectus vester multo jucundissimus est visus.

pourrait dire aussi tribus ante (post) diebus. Mais remarquer la différence qu'il y a entre ons et celles-ci : tertio die ante (post), tertio ante (post) die. Ici c’est l'ablatif locatif; l'ablatif instrumental, qui est employé.

- do)

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