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Les verbes actifs sont fransitifs ou intransitifs

On appelle verbes transitifs ceux dont l’action s'exerce directement et immédiatement sur son objet.

On appelle intransitifs les verbes dont l’action n’a pas d'objet direct et immédiat.

200. — Mais, comme on peut toujours considérer l’action signifiée indépendamment de l'objet sur lequel elle s'exerce, il arrive très souvent que des verbes transitifs sont employés intransitivement.

I faut distinguer trois cas :

4° Certains verbes ordinairement employés avec un complément direct peuvent être employés absolument; l'idée du complément à suppléer est laissée dans le vague :

Ainsi, en grec, διδόναι, donner, ἔχειν, posséder, τολμᾶν, oser, προστιθέναι, ajouter.

En latin, on emploie absolument amare, potare, facere, etc., mais on trouve aussi des locutions comme turbulentior inde annus excepit [« suivit »] (Lrv., II, 61, 1), à côté de tristem hiemem gravis æstas excepit

1. Le mot voiz est emprunté du latin VOX, qui, chez Priscien (VIII, 11), signifie « la forme d'un mot » et que les modernes ont entendu spécialement de la forme du verbe. On croit que le mot de « voix » a été employé pour la première fois, en ce sens, par un grammairien du xvrr° siècle, Jacques Weller, dans sa Grammatica greca nova, publiée ἃ Leipzig en 1635.

2. Cette définition est celle de Ch. Thurot : même observation pour celles qui suivent,

3. Les grammairiens latins ont traduit par activa verba l'expression grecque ἐνεργητιχὰ ῥήματα. Varron (X, 33) s'était servi de verba faciendi et À. Gelle (XVIII, 12) de verba agentia, expressions qui B ont pas prévalu. :

4. Ces lermes sont empruntés de Priscien (XIII, 23 ; 24) qui a traduit les expressions d'Apollonius Dycole (Syn£., p.204, 11) διαδιθασμός, διαδιδαστικός, ἀδιαδίθαστος, par transitio, transitivus, «intransitivus.

$. On remarquera que les verbes français cités présentent le mèmo changement de siguification.

six are.

(succéda ἃ...) ; l'expression eludere aliquem a conduit à dire absolument : eludere * faire l'insolent », etc.

20 Dans certaines expressions toutes faites on sous-entend le complément direct du verbe qui, à l'origine, était toujours exprimé; le verbe semble, en ce cas, devenir intransitif :

Ainsi :

ἄγειν [s.-ent. τὸ στράτευμα], marcher (cf. ducere [s.-e. exercitum]),

expression de la langue militaire ;

αἴρειν [s.-ent. ἄγχυραν], lever l'ancre, partir (cf. solvere [s.-ent. naves]

et movere [s.-e. signa]), décamper, partir, seulement dans la langue de l'armée ou de la marine;

ἐλαύνειν, marcher (avec différentes nuances, suivant la nature du

complément sous-entendu) : [s.-e. τὸν ἵππον], aller à cheval; [s.-ent. τὸ ἅρμα], aller en voiture; [5.-6. τὴν ναῦν], faire voile;

καταλύειν [5.-6. τὰ ὑποζύγια, τοὺς ἵππους], dételer, c.-à-d. faire halte;

κατέχειν [s.-e. τὴν ναῦν], aborder (cf. appellere [s.-e. navem)\;

προσέχειν [s.-e. τὸν νοῦν], faire attention (cf. aftendere fs.-e. animum]); etc.

REMARQUE. — Pour quelques-unes de ces expressions on avait si peu conscience de

l'ellipse du complément direct qu’on était arrivé à dire : ἐλαύνειν ἵππῳ (XÉN., Anab., I, 8, 1) — αἴρειν ταῖς ναυσί, τῷ στρατῷ... — In portum classe appulere (Liv., XXX, 10, 9).

3° Enfin certains verbes changent réellement de sens et prennent une signification intransitive ou réfléchie.

Ainsi en grec xAivetv, pencher (cf. lat. inclinare), πράττειν (avec un adverbe), réussir (bien ou mal).

Ex. : χαλῶς πράττειν, être heureux dans ses affaires, ὁρμᾶν, se mettre en mouvement, partir, etc,

De même ἔχειν (avec un adverbe), se trouver dans telle ou telle situation,

Ex. : χαλῶς ἔχει (cf. lat. bene habet), cela va bien, etc.

On trouve en latin præcipitare, tomber, terra movet (Liv., XXXV, 40, 1), la terre tremble, vertere, tourner; remittere, se relächer, etc.

201. — Certains verbes grecs flottent, en quelque sorte, entre la signification transitive et la signification intransitive. Ce sont ceux qui ont, à l'actif, des temps premiers et des temps seconds. Dans ce cas

l'aoriste I" et le parfait [* ont le sens transitif, l’aoriste IT et le parfait IT ont le sens intransitif. Quand il n'y a qu'un parfait, il a le sens intransitif et sert ordinairement de parfait au passif ou au moyen intransitif.

- doi]

Présent.

ἴστηυι, je place, Lu (GTauZt, on me place,

χατα δύω, j'enfonce,

χατα-δύουχι, je m'enfonce,

φύω, je fais naitre, Π

φύομαι (moyen ἱπέν.), je nais,

ἐγείρω, j'éveille,

éyeipouut, je m'éveille,

σήπω, je fais pourrir,

σήπομαι, je pourris (intr.).

τήχω, je liquéfie,

τήχομαι, je suis liquéfié,

πήγνυ μι, j'enfonce,

once.

on m'en-

ῥήγνυμι, je brise, δήγνυμα!ι, on me brise,

ÿ ἀποσθέννυωι, j'éleins,

αποσοεννυμαι, je méteins,

πείθω, je persuade,

πείθοι, je me laisse persuader,

j'obéis,

φχίνω > je montre,

φαίνομαι, je me montre, j'apparais,

3 , ἀπόλλυμι, je détruis,

ἀπόλλυμαι, je suis perdu, je péris,

Futur.

στή Ov), je placerai,

χαταδύσω, je plongerai,

φύσω, je ferai naltre,

ἐγερῶ, j'éveillerai,

τήξω, je liquéfierai,

πήξω 9 j'enfoncerai, δήξω, je briserai,

ἀποσθέσω,) ὀϊοίηdrai.

πείσω, je persuaderai,

TEtOOU,j'obéirai,

φανῶ, je montrerai,

axoÀ&, je détruirai,

ἐστησα,, je plaçai, χατέδυσα, je plongeai, χκατέδυν, je m'enfonçai,

ἔφυσα, je [15 naltre,

ἔφυν, je naquis,

ἤγειρα, j'éveillai,

ἔτηξα, je liquéfiai,

ἕπηξα, j'enfonçai,

ἔρρηξα, je brisai,

ἀπέσθεσα, j'éleignis,

ἀπέσθην, je

m'éteignis,

ἔπεισα, je persuadai,

ἔφηνα, je montrai,

ἀπώλεσα, je détruisis,

{. Ce lableau est emprunté à À, Kæar, Griechische Schulgrammatik (Berlin, Weidmann), p. 145.

Aoriste. |

Parfait.

κα, placé, je me tiens.

καταδέδυκα, je suis

plongé où enfoncé.

πέφυχα, je suis né, je

suis par nature.

ἐγρήγορα, 76 suis éveillé.

σέσηπα, je suis pourri.

τέτηκα, je suis fondu.

πέπηγα, je suis fixé.

ἔρρωγα, je suis brisé.

ἀπέσδηκα , je suis

éteint.

πέπειχα, j'ai persuadé.

πέποιθα, (je me suis

laissé persuader), j'ai confiance.

πέφαγχα, j'ai montré.

πέφηγνα, j'ai paru.

ἀπολώλεχα, j'ai détruit.

ἀπόλωλα, je suis perdu,

je suis mort.

je me suis

202. — Si des verbes transitifs peuvent devenir intransitifs, il est des verbes intransitifs qui peuvent être pris transitivement*.

En grec, comme en latin, les poètes ont usé de cette faculté avec une grande hardiesse, mais les prosateurs classiques eux-mêmes en offrent beaucoup d'exemples. Toutefois, en règle générale, c'est la composition d'un verbe intransitif avec telle ou telle préposition qui en fait un verbe transitif. Voy. ci-dessus, ὃ 51 et $ 52.

203. — Il arrive souvent, surtout en grec, qu'on emploie l'actif pour

désigner une action que le sujet ne fait pas lui-même, mais fait exécuter par autrui°.

Ex. : XEN., Anab., I, 4, 10 : Κῦρος τὸν παράδεισον ἐξέκοψε xai τὰ βασίλεια κατέκαυσεν. Anab., IV, 4, 5 : προπέμψας épunvéx εἶπεν (il fit dire) ὅτι βούλοιτο διαλεχθῆναι! τοῖς ἄρχουσιν.

On emploie particulièrement ainsi ἀποχτείνειν, faire périr, θάπτειν, faire

enterrer, oixodoweiv, faire bâtir (et les verbes de sens analogue), παιδεύειν, faire instruire, etc.

En latin on trouve :

Cic., in Verr., IV, 25, 56 : Cum vellet (Piso) sibi anulum facere (faire faire), aurificem jussit vocari... — Liv., 1,28, 10 : (Tullus Hostilius,) duabus admotis quadrigis, in currus earum distentum illigat ffait attacher) Mettium. Etc.

B. — VoiIX MOYENNE.

204. — La voix moyenne* est la forme que prend le verbe quand le

sujet de la proposition est à la fois l’auteur et l'objet direct ou indirect de l'action.

REMARQUE. — Par abréviation, quand la voix moyenne indique que le sujet est à la fois l’auteur et l'objet direct de l'action, on dit que le moyen est direct ; il est indirect, quand il indique que le sujet est l’auteur et l'objet indirect de l'action.

205. — Il s'en faut de beaucoup que la voix moyenne se renconire dans tous les verbes; il y en a un grand nombre où elle fait complétement défaut. L'usage seul peut apprendre si tel ou tel verbe a un moyen et dans quel sens il est pris.

206. — Le moyen direct correspondant en français à un verbe réfléchi est assez rare en grec. |

1. Sur les verbes intransitifs et transitifs lire dans le beau livre de M. Ββέλι, Æssai de sémantique (Paris, Hachette, 1897), le ch. XX (La force transitive), p. 209 et suiv.

2. Pour désigner cet emploi spécial du verbe actif, quelques grammairiens ont proposé le nom de causatif.

3. C'est la traduction du terme μεσότης employé par Apollonius Dyscole, Synt., p. 210, 8.

- λ τ γ, ἣν" Meyer

Dans le petit nombre de verbes qui expriment le retour direct de l'action sur le sujet on peut citer :

4° Ceux qui expriment une action matérielle (ce sont les plus nombreux), comme

λοῦσθαι, se baigner, ἀλείφεσθαι, χρίεσθαι, oindre son Corps, xocustoe, s'orner, στεφανοῦσθαι, se couronner, etc. à παν \ σθας

49 Ceux qui expriment une action morale, comme

ἀπέχεσθαι, s'abstenir, παύεσθαι (m. à m. se faire cesser), cesser, etc.

| Mais, en général, pour exprimer une action dont l’objet est le sujet même qui l'accomplit, les Grecs employaient régulièrement la voix active avec le pronom réfléchi.

Ex. : ᾿Απέχτεινεν ἑαυτόν, il se tua.

Μὴ θέλε λυπεῖν σεαυτόν, ne (ὁ chagrine pas.

REMARQUES. — ἰ. Ordinairement le moyen exprime si peu par lui-même le retour |

de l’action sur le sujet, qu'on trouve quelquefois, dans ce sens, les formes du moyen complétées par le pronom réfléchi :

ς PLAT., Rép., III, p. 393 : ᾿Αποχρύπτομαι ἐμαυτόν, je me dissimule.. — XÉN., Anab., 1, 8, 29 : οἱ μέν ασι βασιλέα χελεῦσαί τινὰ ἐπισφάξαι αὐτὸν (᾿ Αρταπάτην) Κύρῳ, οἱ δ' ἑαυτὸν ἐπισφάξασθαι (qu'il s'égorgea lui-même) σπασάμενον τὸν ἀχινάχην.

Il. Le moyen direct est quelquefois employé dans un sens causatif (cf. ci-dessus, $ 203, p. 236, n. 1).

Ex. : XÉN., Ilell., 11, 4, 1 : ἐχέλευον ἀπογράφεσθαι πάντας, ils ordonnèrent à tout le monde de se faire inscrire (c.-à-d. de s'enrôler). Cf. Cyr., II, 1, 18, 19 ; IsocR., p. 81, 95.

ΠῚ. Le moyen est remplacé quelquefois par le passif. Ainsi employée la voix passive correspond ordinairement aux réfléchis français employés avec la signification intransitive.

Ex.: χινηθῆναι, se mettre en mouvement, ἀπαλλαγῆναι, s'éloigner, σωθῆναι, se sauver, ἐπειχθῆναι (THUC., 1, 80, 3), se presser, ἐναντιωθῆναι, s'opposer, etc.

Toutefois quelques-uns de ces verbes passifs à sens moyen peuvent se construire avec un complément à l’accusatif, comme φοδηθῆναι τοὺς πολειλίους, redouter les ennemis! αἰσγυνθῆναί τινα, rougir de quelqu'un.

IV. Plusieurs verbes transitifs changent de sens, quand ils sont employés à la voix moyenne : les uns deviennent intransitifs, les autres (moins nombreux) prennent la signification passive.

Ex. : γεύω, je fais goûter; moy. ύομαι (je me fais goûter à moi-même), je goûte ἰστηαι, je me placc; moy. στα μα, je me place, je me tiens φαίνω, je montre; m0y. φαίνομαι, je parais οἰχίζω, j'élablis; moy. οἰκίζομαι, je m'établis ἀπόλλυμι, je pers (perdo); moy. ἀπόλλυμαι, je péris (pereo).

1. Comparez l'actif φοδεῖν α cffeaycr » et le moyen φοθηθῆναι « s'effrayer de, d'où redouter. »

207. — Le moyen exprime ordinairement que le sujet est en mème temps l'objet indirect de l'action. Les nuances sont très diverses οἱ souvent difficiles à définir.

4° Le sujet est intéressé dans l’accomplissement de l'action.

Ex. : αἰτῶ, je demande; moyen : αἰτοῦμαι, je demande pour moi “- αἱρῶ, je prends; moyen : αἱροῦμαι, je prends pour moi, je choisis ἄγω; je conduis; moyen : ἄγομαι γυναῖχα,,}6 prends femme

ἄρχω, je commence une chose (qui pourra être continuée par un autre); moyen : ἄρχομαι, je commence une chose (que je conlinuerai) -- θύω, je βϑδογίβα; moyen : θύομαι, je sacrifie pour moi (pour connaître l'avenir) πράττω χρήματα, je fais rentrer ce l'argent ; moyen : πράττομαι χρήματα, je fais mes rentrées φυλάττω Ttvx, j'observe quelqu'un ; moyen : puAattopai τινα (j'observe quelqu'un dans mon propre intérél', je me tiens en garde contre quelqu'un.

TT

Etc., etc.

REMARQUE. — Le rapport avec le sujet est marqué quelquefois par l'adjonction du pronom réfléchi. C’est ce qui ἃ lieu surtout quand il y a antithèse :

Ex. : Dé, ΧΥ͂ΠΙ, 66 : τί τὴν πόλιν, Αἰσχίνη, προσῆχε ποιεῖν, ἀρχὴν χαὶ τυραν-

2 Le sujet applique à l’action son esprit, sa volonté ou ses ressources.

Ainsi à l'actif παρέχειν, procurer, causer, répond le moyen παρέχεσθαι, fournir de ses propres deniers : à ἀποδεῖξαι, montrer, répond ἀποδείξασθαι, montrer quelque chose de soi (P. ex. ἀποδείξασθαι ἔργα, produire des actions personnelles, ἀποδείξασθαι γνώμην, exprimer son opinion personnelle); à λαμθάνεῖν τι, recevoir quelque chose, Comparer λαμδάνεσθαί τινος, étendre {a main sur quelque chose, saisir quelque chose.

C'est par ce sens particulier du moyen que s'expliquent les nombreuses locutions où entre le moyen ποιεῖσθαι. Au lieu d'employer un verbe simple, on se sert de ποιεῖσθαι avec l’accusatif d'un substantif verbal, quand il y a lieu d'insister sur la part que le sujet prend à l'action. Ainsi tandis que πόλεμον ποιεῖν signifie amener la guerre, πόλεμον

1. Comparez ces deux phrases de Xéropnox, Cyr, VI, 1, 6 : ἐπειδὴ πρεσδύτερός εἰμι Κύρον, εἰχὸς ἄρχειν με λόγον, « puisque je suis plus âgé que Cyrus, il est juste que j'ouvre la délibération », ct Anab., III, 2, 7 : τοῦ λόγου ἤρχετο ὧδε, « il commençait ainsi son discours ». Voy. aussi ci-desstis p: 142, n. 5.

- 104] Vi Thesjemme.

ποιεῖσθαι signifie faire la guerre (πολεμεῖν); comparez θῆραν ποιεῖν, faire les préparatifs d'une chôée et θήραν ποιεῖσθαι, chasser (θηρᾶν), etc.! | An À '. Lritvivi

REMARQUES. — I. Ainsi employé le moyen se distingue très peu de l'actif; c'est ce qui explique la présence dans la conjugaison grecque de nombreux futurs moyens à signification active (comme ἄσομαι, je chanterai, ἀχούσομχι, j'entendrai, γελάσομαι, je rirai, σιγήσουαι, σιωπήσομαι, je me lairai, je garderai le silence, etc.), et l'emploi par les poètes des verbes ὁρᾶσθαι, voir, ἀχούεσθαι, entendre, χλαίεσθαι, pleurer, etc., qui sont de véritables déponents.

Il. Ce genre de moyen se rencontre aussi avec des verbes intransitifs; il exprime alors d’une façon beaucoup plus nette que la voix active, l'état, la condition ou la manière d’être.

Ex. : πολιτεύειν, être ciloyen, πολιτεύεσθαι, vivre comme un ciloyen, vivre sous tel ou tel gouvernement; στρατεύειν, faire une expédition (en parlant du général), στρατεύεσθαι, être sous les drapeaux ; ταμιεύειν, ôtre intendant, ταμιεύεσθαι, agir en intendant, ordonner sagemeni, etc.

3° Le sujet fait faire pour lui l'action marquée par le verbe :

Ex. : δανείζω, je prête (de l'argent) à intérét, δανεέζομαι, je me fais préler, j'emprunte; 60, je donne à bail, μισθοῦμαι, je me fais donner à bail, je loue; παρατίθημι, je sers (quelque chose sur la table), παρατίθεμαι, je me fais servir (à table), etc.

XEn., Cyr, 1, 6,2 : ἐγὼ γάρ σε ταῦτα ἐδιδαξάμην, je t'ai fail enseigner ces choses. I, 3, 17 : ποιήσασθαι χιτῶνα ἢ πρίασθαι, se faire faire ou s'acheter une robe.

ou bien il la laisse faire sur lui :

Ex. : Ménaxore (fragm.) : .. οὗτος χράτιστός ἐστ᾽ ἀνὴρ | ὅστις ἀδικεῖσθαι (se laisser maltraiter) πλεῖστ᾽ ἐπίσταται βρότων.

208. -- Le moyen direct et le moyen indirect peuvent exprimer une idée de réciprocité quand le sujet est au pluriel.

Moyen direct : Exuvoüvro, ils s'embrassaient les uns les autres. Moyen indirect : Lrsus, XXXII, 4: τὴν ἀφανῇ οὐσίαν ἐνεέμαντο (oi ἀδελφοῦ), les deux frères se ραγίαρόνοπέ les biens meubles.

209. — Un certain nombre de verbes employés à la voix moyenne n'ont pas de voix active; on les appelle verbes déponents*. Tels sont

1. Le déponent γίγνεσθαι sert de passif au moyen ποιεῖσθαι emplayé en ce sens.

Es. : Xëx., Anab., IV, 1,181 ὅλην τὴν ἡμέραν ἡ ἀνάδασις αὐτοῖς ἐγένετο, « celte ascension leur avait pris la journée tout entière ».

2. Dans ce que les Grecs appelaient μεσότης (cf. ci-dessus, p. 236, ἢ. 2), les grammairiens latins distin guaient genus commune comprenant les verbes qui ont tantôt le sens aclif, tantôt le sens passif =: : Criminor te, critinor a 46) et genus deponens comprenant ceux qui ont la forme passive οἱ

sens actif, |

Là

)ούλομαι, δύναμα!:, etc. Pour le sens, beaucoup de ces déponents se Jartagent entre le moyen direct et le moyen indirect.

Ex. : ὀρέγεσθαι (s'étendre vers quelque chose), convoiter (moyen direct). — χτᾶσθαι, acquérir pour soi, νεανιεύεσθαι, agir (ou parler) comme un jeune homme (moyen indirect).

210. — La voix moyenne a presque complètement disparu en latin. loutefois elle y est encore représentée.

4° Un assez grand nombre de formes passives ont nettement le sens réfléchi (moyen direct).

Ainsi à côté de lavor, on me lave, existe le moyen 1avor, je me baigne. Je même alor, je me nourris, Congregor, je me réunis, effundOr, je me épands, ΘΧΘΙΌΘΟΥΙ, je m'exerce, ImprimoOr, je me grave, MOVEOT, je me meus, Jccultor, je me cache, DUrGOr, je me justifie, relaxor, je me donne du relâche, e me repose, etc., sont des moyens et non pas seulement des passifs".

Ex. : Cés., de Bell. Gall., II, 22, 1 : Panico vetere atque hordeo corrupto omnes alebantur. — Cic., de Of., 1, 44, 157 : Apium examina congregantur. — Liv., XXXIX, 49,8: Ad spectaculum omnes effunduntur. — Cic., de Nat. deor., 11, 20, 51 : Stellæ tum occultantur, tum rursus aperiuntur, tum celerius moventur, tum tardius, tum omnino ne moveniur quidem.

REMARQUES. — Î. Quelques-uns de ces verbes moyens peuvent avoir un participe >résent et un gérondif à sens réfléchi.

Ex. : Cic., de Orat., 11, 71, 287 : Cum ceteris in campo exercentibus (° qui s'erercent»). Ad Att., ΙΧ, 7, 7 : Tibi ambulandum, ungendum (te frictionner). Cf. ferentem (« se dirigeant », de feror), CORN. NÉP., Dat., ἃ, 5; lavans (« se baignant ») et lavandi causa (* pour se baigner »), T.-LIVE, XLIV, 6, 1, et XXV, 17, 1, etc.

11. Souvent, à côté de la forme moyenne, on trouve employée dans le même sens, ine périphrase formée au moyen de l'actif et du pronom réfléchi.

Cic., Læl., 15, 54 : (Fortunati) efferuntur fere fastidio et contumacia (on dit aussi se efferunt). — T.-Liv., XXXIX, 49, 8 : ad spectaculum omnes effunduntur (mais César, B. C., 1], 7, 3 : omnis se multitudo effudit).

L'usage peut seul indiquer laquelle des deux constructions est préférable.

Ex. : T.-Liv., IV, 4,6 : Ne affinitatibus, ne propinquitatibus immisceamur, cavent (patricii). (On emploie plus ordinairement se immiscere avec le datif).

1. Le nombre des formes passives à sens réfléchi varie naturellement suivant les diverses époques de a langue latine. Celles que nous donnons ici sont classiques ; d'autres appartiennent à la période archaïque, omme dispertior (Praur., Curc., 189), « je me sépare », pingor (Praure, Pœn., 1, 2, 11), « je me arde », polior, « je me lisse », elc.; le plus grand nombre se rencontre chez les poètes et chez les rrosateurs de l'Empire.

-uo”] Voir hosp enme.

Cic., in Verr., 11, 2, 18 : Ipse tu tua defensione implicabere (La périphrase se implicare est plus rare‘).

2° Le moyen indirect est représenté (mais seulement chez les poètes) par un certain nombre de participes passés qui, au lieu d'être employés, comme dans la langue ordinaire, avec le sens passif, équivalent à des participes de sens actif qui seraient accompagnés d'un pronom réfléchi au datif.

Ces participes passés peuvent être accompagnés d'un accusatif complément direct.

Ex. : Vinc., Én., XI, 811 : Percussæ pectora, s'étant frappé la poitrine, XII, 64.5 : Lacrimis... perfusa genas.

On trouve même dans la prose de Tite-Live le participe indutus (= qui sibi induit) employé de la même façon avec un complément direct. Mais cet usage était sans doute particulier à la langue familière; car on le constate déjà plusieurs fois chez Plaute*.

REMARQUES. — I. Il est rare, même chez les poètes, qu'on trouve le moyen indirect représenté par des formes autres que le participe passé. Toutefois le verbe induor est d'un usage assez fréquent (cf. Virc., Én., VII, 640; Ov., Mét., 1, 270).

Par analogie avec ce verbe on a méme dit cingor et accingor (VirG., Én., 11, 510; IV, 493) et aussi exuor, se dépouiller de (OV., Mél., VIl; cf. STACE, Théb., VI, 835). Mais des constructions comme qui purgor (ΞΞ mihi purgo) bilem (Hon., Ép., IL, 3, 362) sont erceptionnelles.

II. 11 ne faut pas confondre avec cet emploi du moyen les tours poétiques dans lesquels l'accusatif est construit comme complément direct, non pas avec la forme verbale ellemème, mais avec l'idée qu'elle éveille dans l'esprit.

Ex. : VIRG., Géorg., II, 499 : Victor equus fontes.. avertitur. (Le verbe avertitur signifie à la fois se détourne et a du dégoût ρουν...).

3° La voix moyenne est encore représentée par les verbes dits déponents (cf. ci-dessus, ὃ 207, 2, Rex. I et 8 209, p. 239).

REMARQUES. — Ï. Dans le latin archaïque il existait à côté de presque tous les verbes déponents, des formes actives dont quelques unes se sont maintenues dans la langue, parce qu'elles avaient un sens particulier, distinct de celui du déponent.

Ainsi pignerare c'est donner en gage, et pignerari C'est se faire donner, C.-à-d. prendre

1. 11] est arrivé (surtout chez les poètes et chez les prosateurs de l’époque impériale) que cette Péripbrase a perdu son sens réfléchi et s'est employée non plus au lieu de la voix moyenne, mais au licu de la voix passive,

E.: Vmo., Én., XI, 454-5 : … Hic undique clamor | Dissensu vario magnus se tollit (« s'élève ») ad auras.

Cet emploi particulier a passé dans notre langue. Le français, en effet, évite autant qu'il le peut l'emploi du passif et le remplace par des formes réfléchies.

2. 1. Bauxocs (Etude sur les Hellénismes dans la syntare latine, p. 347) conteste cette explication ; mis il oublie qu'en latin, à côté de induere aliquem veste on construit induere alicui tuni- Cam (ef. Cic., Tusc., II, 8, 20). Toutefois G. Laxoanar (cf. Archiv. de ΙΓ, t. X, p. 219) cst persuadé que, dans des constructions comme funicam indutus, oa a affaire à de véritables hellénismes.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 16

en gage. De même cn dit fundus licet, une terre esl mise en vente, mise aux enchères; mais liceor signifie proprement je fais que tel objet soit mis aux enchères pour moi, C'est-à-dire je prends part aux enchères, je mets enchère.

ΤΙ. Quelquefois la forme active archaïque a péri, mais le sens qu'elle avait explique la forme classique. Tel est le cas pour la forme archaïque potire, rendre quelqu'un maitre de, d’où la forme classique potiri, se rendre maitre de.

11. Mais, le plus souvent, il n'y avait pas de distinction de sens entre la voix active et la voix moyenne, et c'est pour cela que la voix active s'est perdue. Toutefois cette disparition n'a jamais été complète; car, d'une part, la langue rulgaire a conservé certaines formes actives (amplecto, PLAUT., P£ETR.; arbitro, PLAUT.; contemplo, PLAUT., APUL. ; populo, PLAUT., VIRG., AUS.), d'autre part, le latin classique emploie encore certains verbes tantôt à la voix active, tantôt comme verbes déponents (à la voix moyenne) : luxurio ou luxurior; mereo ou mereor; — assentio, fenero, ludifico, à côté des formes plus classiques assentior, feneror, ludificor ; — communicor, comperior, elucubror, punior, à côté des formes plus usitées communico, comperio, elucubro, punio, etc.!. — Enfin plusieurs verbes se conjuguent sur la voir active au présent et aux temps qui en dérivent, tandis qu'ils suivent la voir déponente au parfait et aux temps qui en sont formés; audeo, ausus sum; soleo, solitus sum, etc. Au contraire, tandis qu'on dit correctement revertor, revertebar, revertar, etc., on n'emploie, à l'époque classique, que reverti, reverteram, revertero, etc.

IV. Le latin archaïque et le latin populaire ont conservé encore d'autres traces de la conjugaison latine primitive : à côté de formes déponentes correspondant à la voix moyenne on trouve des formes à sens passif tirées d’un primitif actif :

Ex. : abominor, VFRR. AP. PRISC., être abhorré; admetior, DiG., être mesuré; admiror, PRISC., être admiré; aggrederer, CIC. AP. PRISC., que je fusse attaqué; aspernor, Cic. AUCT. B. AFR., être méprisé; comitari, être accompagné; COMplector, CURIO AP. PRISC., être embrassé; Criminor, CIC., être incriminé; depopulor, LACT., être ravagé; detestor, APUL., AUG., être détesté, exsecrari, CATO, être exécré; hortaretur, VARR. AP. PRISC., qu'il eût été exhorté; morari, CÆL., être retardé; partiri, Cic., COL., être partagé; polliceri, ULP. AMBR., être promis; sequi, CORNIF., être suivi; tueri, VARR., être protégé; uti, NEÆv. AP. GELL., être employé; ulcisci, SALL., être puni?.

Enfin on sait que, mème à l’époque classique, beaucoup de verbes déponents ont un participe passé à sens passif : adeptus, comitatus, commentatus, confessus, depo-

pulatus, ementitus, imitatus, meditatus, mensus, moderatus, necopinatus, partitus, sortitus, etc.

4 On peut aussi faire rentrer dans la voix moyenne certaines formes, qui, passives à l’origine, ont perdu plus ou moins leur sens primitif et sont devenues synonymes de verbes intransitifs. C'est le cas pour videri qui s'emploie sans doute, même à l'époque classique, au sens de étre vu, mais qui signifie plus ordinairement sembler, paraître. De même le verbe gigni avait pris l'acception restreinte de nattre (cf. gignentia, les plantes, dans Salluste, Jug., 19, 6 et 93, 6).

4. La prose classique continue même à employer la forme active -t0 à l'impératif de certains verbes déponents, bien qu'elle ait laissé tomber loutes les autres formes actires de ves mêmes verbes. Ainsi, bien qu’arbitro pour arbitror soit inusité à l'époque classique, Gicénox dit arbitrato (de Nat. deor. ,11,29, 74).

3. Voy. une liste plus complète dans Darorn, ouv, οὐ... ἢ. I, p. 156 ct suiv.

γι ἐκ fra 35:V

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