DES LICENCES POÉTIQUES
648. Si la poésie a les entraves de la mesure et de la rime, elle a aussi certains privilèges, certaines licences qui ne sont pas permises à la prose. Ces licences portent principalement sm- l'orthographe des mots.
Il est permis au poète :
l» D'écrire encore avec ou sans e, suivant les besoins de la mesure ou de la rime :
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage.
2» D'écrire avec ou sans s les mots jusques, jusque: certes, certe; naguères, naguère; guères, guère; grâces à, grâcn à, et certains noms propres, comme Athènes y Athène; Thèbes, Thèbe; Londres j Londre; Charles, Charte; Démosthènes, Démosthène; Versailles, Versatile, etc. :
Sion, jusques au ciel élevée autrefois, Jusqu'iLUX enfers maintenant abaissée.
Racinb.
Thèbet à cet arrêt n'a point voulu se rendre,
Racinb.
Et l'on insulte au dieu que Thèbe entière adore.
Dbsaintângb.
S» De supprimer s de la première personne de certains verbes, comme f aperçois, faperçoi; Je crois. Je croi; Je dois, je dot; l'avertis, J* averti; Je ris. Je ri :
Portez à votre père un cœur où j'entrevoi Moins de respect pour lui que de haine pour moi.
Racinb.
Vous ne réponde» pas? Perfide, je le voi, Ta comptes les moments que tu perds avec moi.
Racimb.