‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 319 sur 399 · TAIRE · texte numérisé non relu

TAIRE

Des enfants qui naissent, la moitié tout au plus parvient à radolescence. (J.-J. Rousseau.) Cette sorte de poires ne sera mûre qu'en hiver. (Acad.)

La moitié des humains rit aux dépens de l'autre.

Destouches.

Dans cette série d'exemples, Tidée principale se porte sur infinité, foule, nombre, partie, multitude, et sur tous les autres substantifs imprimés en petites capitales : le collectif est donc général.

857. Le collectif est partitif quand l'idée dominante est exprimée surtout par le complément :

La plus grande partie des voyageurs s'accordent à dire que les habitants naturels de l'île de Java sont robustes. (Buffon.)

Peu de GENS négligent leurs intérêts. (Acad.)

La moitié des arbres que j'ai fait planter sont morts.

(SiCARD.)

Une troupe de nymphes étaient assises autour d'elle.

(Fénelon.)

Un nombre infini ^oiseaux faisaient résonner ces bocages de leurs doux chants. (Fénelon.)

Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous Sont autant de témoins qui parlent contre vous.

BOILEAU

Dans tous ces exemples, c'est sur le substantif qui suit le collectif que se porte principalement l'attention ; le collectif est partitif, et c'est avec le complément que l'accord a lieu.

858. A ces deux règles générales, qui ne souffrent aucune exception, ajoutons quelques cas particuliers qui forment plutôt des moyens, des procédés mécaniques que des principes. Les collectifs la plus grande partie de, le plus grand nombre de, la plupart de, beaucoup de, une infinité de, peu de, assez de, trop de, combien de, sont en général des collectifs partitifs qui commandent l'accord avec le complément :

La plupart des enfants sont légers.

Une infinité de gens ont cru cette nouvelle.

Un grand nombre «/'étrangers assistaient à cette fête.

Beaucoup de gens promettent, peu savent tenir.

839. Après les collectifs force, nombre, quantité, employés sans déterminatif, le verbe s'accorde toujours avec le nom qui suit :

Force sottises se débitent tous les jours.

Nombre ûThistoriens /'ont raconté. (Acad.)

Quantité de personnes sont persuadées de son mérite, (Acad.)

860. Plus d^un veut le verbe au singulier, bien que cette locution éveille une idée de pluralité ;

Plus d*un témoin a déposé. (Acad.)

Plus d'une personne agit sans réfléchir.

On dit cependant :

A Paris, on voit plus cTun fripon qui se dupent l'un r autre. (Marmontel.)

L'idée de réciprocité marquée par l'un l'autre appelle nécessairement le pluriel.

861 . Lorsque peu de est précédé de l'article le , il devient le mot dominant, et c'est avec lui que le verbe s'accorde, toutes les fois que le sens permet de remplacer le peu par le trop peu, le manque, l'insuffisance :

Le peu de gens avec qui on peut communiquer des sciences abstraites m'en avait dégoûté. (Pascal.)

Le peu d'instruction qu*il a eu le fait tomoer dans mille erreurs. (Màrmomtel.)

Mais si le peu marque simplement une petite quantité

sans la présenter comme insuffisante, le verbe s'accorde

avec le complément de peu :

Le peu cTamis que f avais sont venus à mon secours. Le peu de leçons que f ai prises ont suffi. (Agad.)

862. Il arrive quelquefois qu'après un collectif précédé de wn, une y l'accord se fait avec le collectif: c'est quand l'idée de quantité exprimée par le collectif est la seule à laquelle on puisse ou l'on veuille rapporter celle du verbe et de l'attribut ; dans ce cas, le collectif n'a plus la valeur d'une simple détermination et ne pourrait être remplacé par les adjectifs quelques, plusieurs:

Une nuée de traits obscurcit Vair et couvrit les combattants. (Fénelon.)

Une partie des citoyens s'occupe sans cesse à accuser l'autre. (Voltaire.)

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