‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 320 sur 399 · ACCORD DD VERBE AVEC LE PRONOM CONJONCTIP QUI · texte numérisé non relu

ACCORD DD VERBE AVEC LE PRONOM CONJONCTIP QUI

863. Le pronom qui est toujours du môme nombre et de la même personne que son antécédent. Il s'ensuit que l'accord du verbe avec le sujet qui doit se faire comme il se ferait avec l'antécédent, si cet antécédent était lui-même le sujet : C'est moi qui suis chargé de vous conduire. C'est toi qui as tort. C'est nous qui sommes responsables.

C'est mot qui vous le dis, qui suis votre grand'mère.

MOLIÈRB.

Ces phrases équivalent à peu près à celles-ci : Je suis chargé. Tu as tort. Nous sommes responsables. Je suis votre grand'mère.

Si le pronom qui a pour antécédent plusieurs mots , l'accord du verbe se fait encore comme si ces. mots étaient eux-mêmes sujets : C^est Paul et Louis qui viendront avec mot. C'est votre père ou votre oncle qui sera parrain. C'est vous ou moi qui partirons.

Il en est de môme dans les phrases où entre ne,., que : Il N'y a que moi qui sois au courant de toute cette affaire.

// N*y a QUE LUI OU MOI QUI PUISSIONS VOUS tirer (T embarras.

Cependant on trouve dans les écrivains beaucoup de phrases où cette règle est violée. Molière a dit : Je vous demande si ce n'est pas vous qui s' a^velle S ganarelle. Ce ne serait pas moi qui se ferait prier.

Nous ne verrons que nous qui sachent bien écrire.

MOLIÈRB.

Voici d'autres phrases où cette règle n'est pas mieux

observée :

// N'y avait que moi qui pût se souvenir. (Yoltaire.) Il iCy a que moi qui passe sa vie à être occupée de la

présence et du souvenir de la personne aimée. (M™^ de Sé-

VIGNÊ.)

G Richard, ô mon roi,

L'univers t'abandonne :

Sur la terre il n'est donc que mot Qui s'intéresse à ta personne.

SÉDMNB.

Sans doute, ces exemples pourraient être justifiés en disant que le pronom qui a pour antécédent les mots d'autre personne ^ d'auti^es personnes y sous-entendus après il n'y a que; mais il est probable que si Molière, Voltaire, M""^ de Sévigné, Sedaine vivaient de nos jours, ils mettraient à la première personne les verbes s'appelle, se ferait, sachent, pût, passe sa vie, s'intéresse.

Cependant un père pourrait dire : // N'y a que moi ici qui aime véritablement ses enfants , parce que s'il disait qui aime mes enfants, le sens serait tout à fait difi'érent.

Voici deux exemples qui se ressemblent par la forme, et qui, cependant, ne suivent pas la même règle d'accord, parce qu'ils se différencient par le fond :

Vous êtes d'anciens élèves, qui devez donner Fexemple aux nouveaux.

Vous êtes les deux élèves qui se sont fait punir hier.

Dans le premier, qui a pour antécédent vous, qui se substitue en quelque sorte au substantif élèves, et le verbe est à la seconde personne du pluriel ; dans le second, il a pour antécédent élèves, et le verbe doit se

mettre à la troisième personne. Cette différence de personnes a pour raison une nuance assez délicate.

Disons, pour conclure, que le véritable antécédent du pronom qui^ c'est le mot que ce pronom représente logiquement et grammaticalement; c'est celui sur lequel se porte exclusivement l'attention. Voilà pourquoi il faut dire :

Cest UN de mes procès qui rnx ruiné.

Ici qui a pour antécédent un.

C'est un des procès qui m'oNT ruiné.

Ici qui a pour antécédent procès.

Cest plus le général que les officiers qui est blâmable.

Qui a pour antécédent général.

Cest moins le général que les officiers qui sont blâmables.

Qui a pour antécédent officiers.

La même difficulté se présente pour le pronom que : Cest un des plus beaux monuments que j'aie vus. Cest UNE des plus belles maisons du village que le feu a consumée.

864. Après un de ceux qui, le verbe se met au pluriel . Il est UN de ceux qui se sont le plus distingués dam

cette campagne.

865. On pourrait encore éprouver quelque difficulté à distinguer l'antécédent de qui , lorsque celui-ci vient après un nom ou un pronom personnel précédé de comme :

Ce ne sont pas des gens comme vous qui se permettraient cT employer de telles paroles.

Paris est fort bon pour un homme comme vous, qui PORTE un grand nom et qui le soutient. (Molière.)

Dans la rigueur de la construction grammaticale, qui ne devrait avoir rien de commun avec le pronom qui suit comme; mais la figure de grammaire appelée syllepse semble autoriser quelquefois l'accord de qui avec ce pronom, et la phrase de Molière pourrait se con-

struire ainsi : Paris est fort bon pour un homme comme

vous, QUI PORTEZ un grand nom et qui le soutenez.

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