‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 325 sur 399 · TEMPS DE L'INDICATIF · texte numérisé non relu

TEMPS DE L'INDICATIF

LyniCATiF présent.

872. Le présent de l'indicatif s'emploie pour le passé quand on veut donner plus de vivacité au récit :

Turenne meurt, tout se confond, la fortune chancelle, la victov-e se lasse, la paix s'éloigne, les bonnes intentions des alliés se ralentissent, le courage des troupes est abattu par la douleur; tout le camp demeure immobile, (Fléchier.)

Dans ce cas, il faut que tous les verbes qui concourent à former le même tableau soient au présent.

Ainsi, après avoir commencé la phrase par le présent : Turenne meurt, tout se confond, etc., Fléchier ne pouvait employer le passé et dire : La fortune chancela, la victoire se lassa, etc.

Cependant, lorsque la narration se prolonge, le changement de temps n'est plus une faute ; c'est souvent un moyen de varier avec goût les effets du style. M'^^de Sévigné, dans le récit de la mort de Vatel , nous offre un heureux exemple de cette variété :

Vatel attend quelque temps : les autres pourvoyeurs ru:

VINRENT point. Sa tête s'échauffait , il crut qu*il n'y aurait point d'autre marée. 7/ trouva Gourville ; il lui dit : Monsieur y je ne survivrai point à cet affront-ci. Gourville SE MOQUA de lui. Vatel monte à sa chambre ^ met S(m épée contre la porte , et se la passe au travers du cœur ; mais ce ne fut quau troisième coup {car il s'en donna deux qui n'étaient pas mortels) qu'il tomba mort. Cependant la marée arrive de tous côtés; on chercee Vatel pour la distribuer; on va à sa chambre; on heurte, on enfonce la porte j on le trouve noyé dans son sang.

Ce récit tout entier est un modèle du genre. Toutes les circonstances du fait, toutes les parties principales sont rendues par des verbes au présent : attend ^ monte , met, passe, etc.; toutes les réflexions sont exprimées par des verbes au passé : vinrent, s'échauffait, crut, trouva, etc. Et ces temps s'entremêlent sans jamais former de disparate. C'est là le secret des bons écrivains.

873. Le présent de l'indicatif s'emploie aussi pour un futur prochain :

Je PARS ce soir même pour Londres.

Je REVIENS à l'instant.

Ah 1 monsieur, m'a-t-il dit, je vous attends demain.

BOILBAU.

On rapproche ainsi le moment de l'action, et l'expression en devient plus vive, plus animée :

Mais on ne dirait pas :

Je SUCCÈDE à mon père dans deux ans, parce que Texpression dans deux ans marque un temps trop éloigné.

Enfin, le présent de l'indicatif s'emploie toujours pour le futur du même mode après la conjonction si marquant une condition :

S'il PART demain, je vous le ferai savoir.

Si tu OBTIENS un premier prix, je serai comblé de joie.

Mais après la conjonction si exprimant le doute, on emploie le futur : Je ne sais s'il partira demain.

IMPARFAIT DE l'UCDICATIÏ.

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