‹ Grammaire complète syntaxique et littéraireChapitre 385 sur 399 · CHRYSALE · texte numérisé non relu

CHRYSALE

Oui, mon corps est moi-même, et j'en veux prendre soin: Guenille si l'on veut, ma guenille m'est chère.

La guenille de Chrysale a passé en proverbe, et sert à exprimer l'attrait qu'inspirent les satisfactions matérielles, et les soins que l'on prend de soi-même.

Hi ! taon ami, tlre-ai*l dn danger} Ta fera* après ta harangue.

Vers de la fable de La Fontaine l'Enfant et le Maître d'école. Un jeune enfant se noie ; passe par là un maître d'école, qui se met à le semoncer longuement ; puis, lorsqu'il a tout dit, il met l'enfant à bord, ce qui suggère au malin fabuliste la réflexion suivante :

Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense. Tout babillard, tout censeur, tout pédant. Se peut connaître au discours que j'avance. Chacun des trois fait un peuple fort grand : Le Créateur en a béni l'engeance ; En toute affaire, ils ne font que songer

Au moyen d'exercer leur langue.

Hél mon ami, tire-moi du danger;

Tu feras après ta harangue.

Les écrivains font souvent allusion à cette morale, exprimée en termee si pittoresques.

Héron de la fable (lb), allusiou à Une des plus charmautes fables de La Fontaine. Un héron se promène sur les bords d'une rivière, où se jouent une foule de poissons.

Le héron en eût fait aisément son profit : Tous approchaient du bord ; l'oiseau n'avait qu'à prendre , Mais il crut mieux faire d'attendre Qu'il eût un peu plus d'appétit :

Il vivait de régime et mangeait à ses heures.

C'est ainsi qu'il dédaigne successivement la carpe, le brochet, la tanche et le giinjon.

Du goujon! c'est bien là le dîner d'un héron! J'ouvrirais pour si peu le bec! aux dieux ne plaise! Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon

Qu'il ne vit plus aucun poisson.

L& faim le prit : il fut tout heureux et tout aise De rencontrer un Limaçon.

On compare au héron de la fable ceux qui, après avoir fait les difficiles, les dégoûtés, finissent par se trouver heureux de rencontrer quelque chose de bien inférieur à ce qu'ils ont dédaigné.

Htittr* «t !•■ plaideurs (l'), allusion à une fable de La Fontaine, dans laquelle deux voyageurs se disputent pour la possession d'une huître qu'ils ont trouvée en même temps :

Perrin Dandin arrive ; ils le prennent pour juge. Perrin, fort gravement, ouvre l'huîire et la gruge,

Nos deux messieurs le regardant.

Ce repas fait, il dit d'un ton de président : Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille Sans dépens ; et qu'en paix chacun chez soi s'en aille.

Dans l'application, on compare souvent à Perrin Dandin la Justice et, en général, quiconque abuse de sa position pour profiter d'un conflit.

Il BDralt volontiers écrit anr ••■ ehapcati :

C'eat Biol qui anta Caillot, bercer d« ce troapea*.

Vers extraits de la fable de La Fontaine le Loup devenu berger Un loup, dont les prouesses avaient mis les bergers en défiance, Crut qu'il fallait s'aider de la peau du renard.

Et faire un nouveau personnage.

Il s'habille en berger, endosse un hoqueton.

Fait sa houlette d'un bâton.

Sans oublier la cornemuse.

Pour poussier jusqu'au bout la ruse, Il aurait volontiers écrit sur son chapeau : « C'est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau. »

Ainsi affublé, il s'approche doucement d'un troupeau dont le berger a» i"s chiens sont endormis; mais, ayant cru devoir ajouter la parole auz iiabits pour compléter le stratagème,

Chacun se réveille à ce son,

Les brebis, le chien, le garçon.

Le pauvre loup, dans cet esclandre,

Empêché par son hoqueton.

Ne put ni fuir ni se défendre.

Dans l'application, les deux vers que nous avons soulignés se disent de ceux qui affichent leurs titres, leurs qualités, etc.

Il eoBBpilalt, eoBipllall, eonpllal*.

Vers célèbre de Voltaire dans le conte du Pauvre diable, et qui a passé en proverbe ; il est devenu, pour ainsi dire, le fer chaud au moyen duquel on marque au front les compilateurs.

On sait que Voltaire ne pouvait souffrir la critique, même la plus anodine. Or l'abbé Trublet, littérateur estimable, qui comptait parmi ses amis Maupertuis, le président Hénault, Fontenelle et Mentesquieu, avait composé une assez longue dissertation où il attaquait les vers au bénéfice de la prose, et où il ne craignait pas d'appliquer à la Eenriade ce que Boileau avait dit d'un poème de Chapelain :

Et je ne sais pourquoi je bâille en la lisant. Voltaire bondit sous l'aiguillon, et comme Trublet avait écrit un livra de pensées choisie» et d'autres ouvrages où il y avait, par la nature même du sujet, plus de recherches que d'invention, le satirique glissa les vers suivants dans son conte du Pauvr* diable :

L'abbé Trublet alors avait la rage

D'être à Paris un petit personnage.

Au peu d'esprit que le bonhomme avait

L'asprit d'autrui par supplément servait.

U entassait adage sur adage ;

Il compilait, compilait, compilait;

On le voyait sans cesse écrire, écrira

Ce qu'il avait jadis entendu dire,

Et nous lasser sans iamais se lasser.

Il me choisit pour 1 aider à penser.

Trois mois entiers ensemble nous pensâmes,

Lûmes beaucoup, et rien n'imaginâmes.

Il r«U«lt um ealevlatear, es fnt ■■ danaear qui l'obllal, alIusion à UQ

des passages les plus satiriques du fameux monologue de Figaro dans le Mariage, acte V, scène in. Figaro se retrace les vicissitudes de sa rie, les obstacles de toute nature contre lesquels se sont brisées toutes ses entreprises: «Le désespoir m'allait saisir; on pense à moi pour une place ; mais, par malheur, j'y étais propre : Il fallait un ealculateWy ce fut un danseur qui l'obtint. »

Dans l'application, on fait usage de cette mordante antithèse chaqua fois que l'on veut rappeler le peu de justice, et surtout le peu de discernement qui préside parfois à la distribution des emplois.

Imiter «« Coarart U «IleBe* prud.M.

Vers de la !'« épître de Boileau :

Il est fâcheux, grand roi, de se voir sans lecteur, Et d'aller dû récit de ta gloire immortelle Habiller chez Francœur le sucre et la cannelle. Ainsi, craignant toujours un funeste accident, J'imite de Conrart le silence prudent.

■ Conrart, dit M. Géruzez, eut la prudence de ne rien publier et l'habileté de caresser l'amour-propre de ceux qui écrivaient. C'est par là qu'il eut beaucoup de célébrité et de crédit. Sa maison était ouverte aux auteurs ; ils trouvaient chez lui des auditeurs bienveillants, qui devenaient des prôneurs empressés. La maison de Conrart fut le berceau de l'Académie française, dont il a été le premier secrétaire perpétmel. » Ce titre explique l'épigramme suivante de Lmière :

Conrart, comment as-tu pu faire Pour acquérir tant de renom, Toi qui n'as, pauvre secrétaire, Jamais imprimé que ton nom ?

Le silence prudent de Conrart est devenu proverbial, et se dit ironiquement, dans l'application, de ceux qui ont la précaution de peu parler ou de ne pas écrire.

J'ai ri, »• -*»Hà dé ■«?■•<.

Vers de la Métromanie, comédie de Piron.

Ces mots signifient que le mécontentement n'est plus possible après le rire, et les allusions qu'on y fait ont toujours lieu dan? ce sens.

J'»l voalai v*lr, j'ai ▼«

Hémistiche de l'Athalie de Racine, acte II, scène vn.

Athalie croit avoir anéanti l» race de David; mais un rêve étrange loi

bit apparaître un enfant qui lui perce le sein. Ce rêve la remplit d'anxiété. Elle pénètre dans le temple, et ce même enfant se présente à sa vue ; il est à côté du grand prêtre. Elle le fait venir en sa présence et l'interroge.

Athalie, poussée à bout, ne garde plus aucune mesure, et se vante hautement du massacre de tous les membres de la famille de David, massacre qu'elle a ordonné. Alors Josabeth, femme de Joad, répond: Tout vous a réussi. Que Dieu voie et nous jugel

ATHALIB.

Ce Dieu, depuis longtemps votre unique refuge.

Que deviendra l'effet de ses prédictions?

Qu'il vous donne ce roi promis aux nations.

Cet enfant de David, votre espoir, votre attente...

Mais nous nous reverrons. Adieu. Je sors contente.

J'ai voulu voir, j'ai vu

Dans l'application, ce dernier hémistiche est toujours l'expression d'un doute éclairci, ou il entre le plus souvent un sentiment de colère, un ton de menace.

J 'appelle am ehat ■■ eka«, •• Relel ■■ f^lpom.

Vers de Boileau, satire l'e. Cette satire était le début du poète, qui n'avait alors que vingt-quatre ans. Sa colère fait tout d'abord explosion, mais elle révèle l'habile écrivain dont le vers dira toujours quelque chose, et l'homme de bien, ennemi déclaré du vice. Les vers heureux y abondent déjà, ces vers qui frappent et qu'on n'oublie plus, parce qu'ils expriment nettement une pensée juste. On pouvait bien augurer du jeune homme sincère et courageux qui disait à son début :

J'appelle un chat un chat, et Rolet un fripon. Ce Rolet était un procureur au parlement, bien connu par son habileté et ses friponneries.

Dans l'application, le vers de Boileau exprime l'absence de tout euphémisme, de toute réticence dans les expressions.

Jeaa •'«■ alla eonaie il était ▼enn.

Premier vers de l'épitaphe de La Fontaine , composée par lui-même, et dans laquelle l'insouciance proverbiale du Bonhomme se trouve en quelque sorte personnifiée :

Jean s'en alla comme il était venu,

Mangeant son fonds avec son revenu,

Croyant trésor chose peu nécessaire.

Quant à son temps, bien sut le dispenser :

Deux parts en fit, dont il soûlait passer

L'une à dormir et l'autre à ne rien faire. L'aveu naïf de La Fontaine trouve en littérature de fréquentes applications. C'est par ce vers que Louis-Philippe fit à la France un stoïque et douloureux adieu : au moment de monter en voiture pour prendre le chemin de l'exil, le vieux roi serra la main d'un de ceux qui l'entouraient, en lui disant avec un sourire mélancolique:

Jean s'en alla comme il était venu.

J* «râlas Dieu, cher Aboer, el ■'•! p«a 4'«atr* «raiml*.

Vers de Racine dans Athalie, acte 1er, scène ire. Abner, sincère Israélite, bien qu'au service d'Athalie, effrayé des projets sinistres que la reine semble nourrir contre Joad et contre le Temple, vient avertir le grand prêtre, qui lui répond avec calme et noblesse :

Celui qui met un frein à la fureur des flots

Sait aussi des méchants arrêter les complots.

Soumis avec respect à sa volonté sainte,

Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai pas d'autre crainte.

Les allusions à ce beau vers, qui respire ce que l'enthousiasme poétique et religieux a de plus sublime, sont en général familières el plaisantes.

J« laiaae à penser \m vie Que firent ces deux amis.

Vers de la fable de La Fontaine le Rat de ville et le Rat des champs:

Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis.

Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis.

Se dit d'une réjouissance, entre plusieurs, d'autant plus complète ei bruyante qu'en général elle a lieu aux dépens d'autrui, ou tout au moins d'une manière illégitime.

Je l'ai MU, dia-je, ▼«, de Mea proprea jenx ▼«, Ce qa'oB appelle vu.

Passage de Tartufe, comédie de Moliè>e, acte V, scène m. Orgon, enfin éclairé sur les véritables sentiments de Tartufe, raconte à dame Pernelle, sa mère, que, caché sous une table, il a assisté à une scène qui prouve toute la noirceur de l'hypocrite.

MADAME PERNELLE

On vous aura forgé cent sots contes de lui.

ORGON

Je vous ai dit déjà que j'ai vu tout moi-même.

MADAME PERNELLE

Des esprits médisants la malice est extrême.

ORGON

Vous me feriez damner, ma mèrel Je vous di Que j'ai tu de mes yeux un crime si hardi,

MADAME PERNELLE

Les langues ont toujours du venin à répandre, Et rien n'est ici-bas qui s'en puisse défendre.

ORGON

C'est tenir un propos de sens bien dépourvu. Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, Ce qu'on appelle vu.

Cette répétition énergique se rappelle pour faire entendre qu'on est tout à fait certain d'une chose, et qu'on n'en parle qu'après s'en être asluré par soi-même, par ses propres yeux.

J'«aibra«ae ■»•« rival, aiaU •'•■« p««r l'<»»«ff**k

Vers de Racine dans Britanniais, acte IV, scène ni. Néron a feint une réconciliation avec son frère Britannicus, aimé de Junie, pour laquelle il brûle lui-même d'une vive passion, et comme Burrhus le félicite de ces nouveaux sentiments, le tyran révèle tout à coup sa cruauté et sa profonde hypocrisie dans ce vers énergique resté proverbial : , : J'embrasse mon rival, mais <^ est pour l'étouffer. Ce beau vers sert à faire entendre qu'on ne feint de se réconcilier ave« quelqu'un que pour mieux assurer sa propre vengeance.

Je n'ai mérité

Ni eet exeèa d honneur ni celte indignité.

Vers de Racine dans sa tragédie de B -itannicus, acte II, scène m. Néron, épris de Junie, aimée de Britannicu?,, lui déclare son intention de l'épou ser en répudiant Octavie. Junie, surprise et affligée d'une résolution qui, brisant ses espérances, alarme sa délicatesse en la forçant à usurper la place d'une femme qu'elle estimf et qu'elle chérit, répond au tyran :

Seigneur, avec raison je demeure étonnée : Je me vois, dans le cours d'une même journée, Comme une criminelle amenée en ces lieux; Et lorsque avec frayeur je parais à vos yeux, Que sur mon innocence a peine je me fie. Vous m'offrez tout d'un coup la place d'Octaviel J'ose dire pourtant que je n ai mérité Ni cet excès d'honneur ni cette indignité.

Dans l'application, ces deux vers de Racine caractérisent admirablement les personnes ou les choses que l'on déprécie avec exagération, après les avoir exaltées outre mesure, et réciproquement. On les emploie le plus souvent par plaisanterie.

Je ne dis paa eel«.

Dénégation comique d'Alceste dans le Misanthrope^ acte 1er, scène n. Oronte lui lit un sonnet sur lequel il veut avoir son sentiment. Il est difficile, dans un cas semblable, de dire crûment à un poète que ses vers sont mauvais ; d'un autre côté, Alceste se pique d'une franchise intraitable; il abhorre les ménagements et la dissimulation, de sorte qu'U se trouve forcé de faire violence à son caractère. Mais c'est de mauvaise grâce ; les détours qu'il emploie pour atténuer sa pensée ne trompent pas Oronte, qui ne cesse de lui dire : • Est-ce que mes vers vous semblent mauvais? »

Est-ce qu'à mon sonnet vous trouvez à redire? et autres questions semblables, auxquelles Alceste répond trois fois '.Je ne dis pas cela, hémistiche invariablement suivi d'un mat* qui donne à comprendre que c'est précisément cela qu'il veut dire. J.-J. Rousseau, qui a dirigé une critique assez vive contre le Misanthrope, « lui reproche de tergiverser d'abord avec Oronte, et de ne pas lui dire crûment, du premier mot, que son sonnet ne vaut rien ; et il ne s'aperçoit pas que le détour que prend Alceste pour le dire sans trop manquer aux égards que se doivent les gens bien élevés, est plus piquant cent fois que la vérité toute nue. Chaque fois qu'U répète : Je ne dis pas cela, il dit en effet tout ce qu'on peut dire do plus dur; en Rort« qiie, maleré ce cîTil croit d«-

'/ou* aux formes, il s'abandonne à son caractère dans le temps même où U croit en faire le sacrifice.! (La Harpb.) Dans l'application, ces mots expriment toujours un sens analog;ne.

J «■ psaae et des BBelllavra.

A-llusion à un hémistiche fameux à'Hemani, drame de M. Victor Hugo.

Le roi donc Carlos propose une trahison à Ruy Gomez ; celui-ci montre snccessivement les portraits de ses ancêtres, qui tous ont été des gentils* hommes remplis de bravoure et d'honneur; sur un geste d'impatience du roi, Ruy Gomea termine par cet hémistiche devenu proverbial : Ten passe et des meilleurs.

Dans l'application, ces mots sont devenus une sorte de formule za moyen de laquelle on abrège une énumération, une nomenclature.

Je pleure, héla* I »mr ee pauvre Helepherne, Si Mécbamineat mU à vert par Judith.

Allusion à une épigramme mordante de Racine contre Judith, tragédie du poète Boyer :

A sa Judith, Boyer, par aventure,

Etait assis près d'un riche caissier.

Bien aise était, car le bon financier

S'attendrissait et pleurait sans mesure.

t Bon gré vous sais, lui dit le vieux rimeur;

Le beau vous touche, et ne seriez d'humeur

A vous saisir pour une baliverne. »

Lors le richard, en larmoyant lui dit :

Je pleure, hélas l sur ce pauvre Holopherne^

Si méchamment mis à mort par Judith.

Les écrivains rappellent souvent cette réponse comique du financier, qui distribue son intérêt d'une si étrange manière, et les allusions s'en font dans un sens analogue.

Je •■!■ eUeau, «eye. «te* allée.

Je eul. .eurU, «Ue.t le. rai.l

Vers de La Fontaine dans la fable la Chauve-souris et les deux Belettes. Une chauve-souris va successivement se réfugier chez une belette ennemie des rats, et chez une autre ennemie des oiseaux. Grâce à sa double forme, elle s'échappe en s'écriant, dans le premier cas :

Je suis oiseau, voyez mes ailes :

Vive la gent qui fend les airs !

et dans le second :

Je suis souris; vivent les ratsi Jupiter confonde les chats 1

Ces deux vers sont devenus la devise de ceux qui, sans courage et sans dignité, affichent successivement les couleurs de tous les partis, au gré des circonstances et de leurs intérêts.

Je Tels, Je «aie, Je evela, Je ■«!•

Je Tels, Je «aie, Je evela, Je ■«!• «sahmaé».

Vers de Corneille dans Polyeucte, acte V, scène ▼.

Félix, gouverneur d'Arménie pour l'empereur Dèce, a reçu l'ordï» es persécuter les chrétiens. Sa fille Pauline, encore païeime, a épousé Po-

lyeucte, l'an d'eux. Celui-ci confesse publiquement sa foi, et son beaopère, étouffant la voix du sang, l'envoie au supplice. Pauline alors, illuaainée tout à coup par le sublime courage de son époux martyr, et, convertie elle-même, s'écrie dans un langage inspiré :

Mon époux en mourant m'a laissé ses lumières ;

Son sang, dont tes bourreaux viennent de me couvrir,

M'a dessillé les yeux et me les vient d'ouvrir,

Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée,

De ce bienheureux sang tu me vois baptisée ;

Je suis chrétienne enfin, n'est-ce point assez dit?

Ce vers, d'une éloquence passionnée, exprime le soudain envahissement de l'esprit par les clartés d'une lumière nouvelle.

LaUae>-lear prendre aa pied ehaa v*m, Ils ea aaront bientâl pria quatre.

Vers de la fable de La Fontaine la Lice et sa Compagne :

Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette : Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête, Il faut que l'on en vienne aux coups; U faut plaider, il faut combattre.

Laissez-leur prendre unpied chez vous, Ils en auront bientôt pris quatre.

Dans l'application, ces vers se disent de tous ceux qui ont un penctiant h. abuser des bontés qu'on a pour eux et des services qu'on leur rend.

Laitière et le pot au lait (la), titre d'une des plus joUes fables de La Fontaine, trop connue pour que nous croyions utile de la rappeler ici.

Le Pot au lait de Perrette est devenu le synonyme de rêves brillants aussitôt déçus.

Le ebagrin aïonte ea ereape et (alape awee lai.

Vers de Boileau, dans sa Ve épître, et qui n'est que la traduction heureuse de cet autre vers d'Horace : Post equitem sedet atra cura, i le noir souci s'assied derrière le cavalier, i

Un fou rempli d'erreurs, que le trouble accompagne, Est malade à la ville ainsi qu'à la campagne, Z< chagrin monte en croupe et galope avec lui.

Les écrivains rappellent souvent l'alexandrin de Boileau, mais souvent aussi le vers du poète latin.

Le crime fait la hoate, et noa paa l'éehafaad.

Vers de Thomas Corneille, dans sa tragédie du Comte d'Essex, acte IV, scène in. Le comte, favori de la reine Elisabeth, a été condamné à mort pour crime de rébellion. Son intraitable orgueil l'empêche de se décider à un acte de soumission, qui lui attirerait certainement sa grâce. Le comte de Salisbury, son ami, vient le visiter dans sa prison et l'engage à consentir à cette démarche, en lui représentant l'opprobre de la mort qui pèsera sur sa mémoire :

LB COMTE d'bSSBX.

J'ai vécu glorieux et je mourrai de même.

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