DORINE
Tous deux se portent bien enfin.
Et je vais à madame annoncer par avance T^a part que vous prenea à sa convalescence.
De sérieuse qu'elle était de la part d'Orgon , cette plainte est dexenue Ironique dans l'application ; elle sert à faire comprendre qu'on ne compatit pas le moins du monde à un mal que quelqu'un voudrait donner comme réel, et qui n'est le plus souvent qu'imaginaire ou de peu d'importance, surtout en parlant d'un homme riche et puissant.
L« pin* ân« des trois ■ eat pas eelai qn on pens«.
Vers de la fable de La Fontaine le Meunier, son Fils et l'Ane.
J'ai lu dans quelque endroit qu'un meunier et son fils
L'un vieillard, l'autre enfant, non pas des plus petits,
Mais garçon de quinze ans, si j'ai bonne mémoire,
Allaient vendre leur âne un certain jour de foire.
Afin qu'il fût plus frais et de meilleur débit.
On lui lia les pieds, on vous le suspendit;
Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre.
Pauvres gens 1 idiots 1 couple ignorant et rustre l
Le premier qui les vit de rire s'éclata :
Quelle farce, dit-U, vont jouer ces gens-là?
Le plus âne des trois n'est pas celui qu'on pense.
Dans l'application, le mot âne est presque toujours remplacé parle nom du défaut ou de la qualité qui fait l'objet de l'allusion.
Le reste ne wmvtt pas l'honnenr d'être noiniBé.
Vers de Cinna , tragédie de Corneille , acte V, scène ire. Auguste prouva » Cinna qu'il connaît sa conspiration, et il lui nomme ses complices :
Tu veux m'assassiner demain, au Capitole, Pendant le sacrifice, et ta main pour signal, Me doit, au lieu d'encens, donner le coup fatal. La moitié de tes gens doit occuper la porte , L'autre moitié te suivre et te prêter main-forte. Ai-je de Dons avis, ou de mauvais soupçons? De tous ces meurtriers te dirai -je les noms? Procule, Glabrion, Virginian, Rutile, Marcel, Plaute, Lenas, Pompone, Albin, Icile, Maxime, qu'après toi j'avais le plus aimé ; Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.
Ce vers est devenu proverbe et termine, d'une manière peu flatteuse pour ceux que l'on omet, une énumération de personnalités choisies dans quelque genre que ce soit.
Les ehants avaient eess<.
Hémistiche de Raynouard , dans les Templiers , acte V, scène dernière. Les Templiers , accusés des crimes les plus odieux , ont été condamnés à périr sur le bûcher. La reine , qui s'intéresse à eux parce qu'elle croit à leur innocence , obtient de Philippe le Bel , son époux , que leur supplice soit différé , et un officier part aussitôt pour en porter l'ordre , mais il arrive trop tard. Le connétable , Gaucher de Châtillon , fait en présence du roi et de la reine le récit de la mort de ces illustres chevaliers, du courage qu'ils ont déployé à cet instant suprême, chantant àes cantiques
jnsque sui le bûcher, et de la double prédiction du grand mwtre concer" nant le pape et Philippe. Il termine par ces vers :
Votre envoyé paraît, s'écrie... Un peuple immense. Proclamant avec lui votre auguste clémence, Au pied de l'échafaud soudain s'est élancé... Mais il n'était plus temps... les chantt avaient cessé.
Dans l'application, ces mots s'emploient, le plus souvent, sous une forme plaisante , pour faire entendre qu'une réunion , nue cérémonie est terminée , et qu'on arrive trop tard pour y participer , eu , plus simplement, pour dire qu'une chose a cessé d'exister.
Les re«te* d'ume voix qui t«Bibe et d'«ii« ardeur qui •'ételol , mcts
d'une sublime mélancolie, par lesquels Bossuet termine l'admirable péroraison de son oraison funèbre du prince de Condé : t Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte. Heureux si , averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix gui tombe e: d'une ardeur qui s'éteint. »
Les écrivains font souvent allusion à ces magnifiques paroles, qui portent l'àme à la réflexion et respirent une tristesse grave et touchante, là sainte frayeur du pasteur et du chrétien qui se sent appelé à aller bientôt ren<ire un double comote au tribunal de la justice divine.