X.e temps »m tmit rieu à I affaire
Fin d'un vers du Misanthrope, comédie de Molière, acte 1er, scène n. Oronte, homme de cour , veut connaître le sentiment d'Alceste , le misanthrope, sur un sonnet de sa composition, et, avant d'en commencer la lecture, il lui dit, par précaution oratoire :
Au reste, vous saurez Que je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le (aire.
Ai,CESTK.
Voyons, monsieur ; le temps ne fait rien à l'affaire. Cette locution appartenait sans doute déjà à la langue du temps de Molière , et le grand écrivain n'a fait que la consacrer ; elle signifie que le mérite d'une œuvre ne s'évalue pas d'après le temps, les soins, les peines qu'elle a coûtés. Rossini n'a consacré que quelques semaines à la composition de son immortel opéra de Guillaume Tell, tandis que certaines partitions, qui ont demandé des années à leurs auteurs, sont tour bées dans un oubli mérité.
Le trident de Neptune est le sceptre da monde.
Vers fameux de Lemierre, dans son petit poème intitulé le Commerce
Quel tumulte l A l'éclat de ces trésors nouveaux Les peuples attirés sont devenus rivaux : Le bquide élément est le champ de la guerre : On court se disputer les trésors de la terre ; Et le peuple vainqueur, seul arbitre des mers, Saisit l'utile honneur d enrichir l'univers ; La puissance dépend de l'empire de l'onde : Le trident de Neptune est le sceptre d» monde.
oUAiiMAlRE LITTÉRAIRE. 361
Sous une forme figurée, ce vers signifie que l'empire de la mer donne l'empire du monde, sens qui s« reprodait invariablement dans lei applieationi qa« l'on «n fait
L« varitable Amphltryea
Esl l'ÂBBphitryoB oà !'•■ dta«.
Vers de l'Amphitryon de Molière, comédie imitée de Plante. Tout le tissQ de cette pièce repose sur les méprises qu'occasionne un personnage qui paraît double. A la fin, c'est Jupiter, c'est le deus ex machina, qui éclaircit le mystère aux yeux de tous les personnages de la pièce, qu'il invite en même temps à un festin. Le valet du roi Amphitryon, Sosie, qui s'est abusé pendant tout le cours de la pièce sur l'identité de son maître, termine par ces mots :
Je ne me trompais pas, messieurs ; ce mot termine
Toute l'irrésolution :
Le véritablp Amphitryon
Est l'Amphitryon où l'on dîne.
Ces deux vers, qui sont restés dans la mémoire de tous, ont passé en proverbe, et, dans l'application, ils servent à exprimer ce sentiment d'égoïsme et d'intérêt qui pousse à encenser la force et la puissance.
L« vivr* et !• eoMvert, qa« fant-tl d«Ta»ta(« ?
Vers de La Fontaine dans la fable le Rat qui s' est retiré du monde, et qui, dans l'application, exprime la satisfaction qu'on doit éprouver en se voyant assuré du nécessaire.
L'homBie •'agile, «1 Diea le nèMe, allusiou à uu passage ds Fénelon dans son beau sermon sur la fête de l'Epiphanie : « Dieu n'accorde aux passions humaines, lors même qu'elles semblent décider de tout, que ce qu'il leur faut pour être les instruments de ses desseins. Ainsi l'homme t'agite, et Dieu le mène, i Ce passage, dont le dernier trait rappelle la maxime de l'Écriture sainte : • Le cœur de l'homme dispose sa voie, et Dieu conduit ses pas i [Prov. XVI, 9), est un éloquent commentaire du proverbe L'homme propose, et Dieu dispose, qui a été formulé probablement par l'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ, dans laquelle il se trouve, liv. I, ch. xix, § 2 : Eomo proponit et Deus disponit.
Cette religieuse et profonde pensée de Fénelon, qu'on attribue quelquefois k Bossuet, mais à tort, est souvent rappelée par les écrivains, qui aiment à l'employer comme épiphonème.
LioB et le Moucheron (le), allusiou à Une fable dans laquelle La Fontaine fait ressortir le triomphe de la faiblesse fine et adroite, personnifiée par le moucheron, sur la force furieuse et rugissante, représentée par le lion.
Ces quelques mots suffisent seuls à faire comprendre dans quel sens doivent avoir lieu les applications.
L'«bI1 ■korae.... •« la «êl« balae<«, Seanblale»! >e ee-former à sa trUte peseta.
Vers de Racine, dans le fameux réeit oii Théramène raconte k Thésé« la mort de son âls Hippolyte {Phèdre, acte Y, scène vi] :
A. peine nous sortions des portes de Trézène. Il était sur son char ; ses gardes affligés Imitaient son silence, autour de lui rangés. Il suivait tout pensif le chemin de Mycènes, Sa main sur ses chevaux laissait flotter les l'ênes, Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois, Pleins d'une ardeur si noble, obéir à sa voix, L'œil morne, maintenant, et la tête baissée^ Semblaient se conformer à sa triste pensée.
Les écrivains font souvent allusion à ces deux vers, et presque toujours d'une manière plaisante.
Se plaint de ae (rendear qui l'eilache mu rivage.
Vers de Boileau, dans son épitre au roi intitulée le Passage du BMh :
La Salle, Beringhen, Nogent, d'Ambre, Cavois, Fendent les flots tremblants sous un si noble poids; Louis, les animant du feu de son courage, 5e plaint de sa grandeur qui l'attache au rivage.
Ce vers célèbre se cite toujours ironiquement, et en parlant de quelqu'un qui craint ou qui feint de craindre de compromettre sa dignité, par des scrupules qui ne sont pas justifiés.
Madame ae meurt 1 Madame eal mortel Sublime mouvement d'élo-
quence de Bossuet, dans l'oraison funèbre de Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, morte soudainement à la fleur de l'âge.
Ces mots, qui montrent avec une énergie si éloquente le passage subit de la vie à la mort, se disent, dans l'application, des personnes, et principalement des choses.
Ma fol, a'il ■a'em eeaivieal. Il ae an'ea aeuirleiil (oère.
Vers du Geôlier de soi-même, comédie de Th. Corneille. Jodelet a été fait prisonnier, couvert des armes et du costume de Frédéric, prince de Sicile ; Octave, roi de Naples, le prenant pour Frédéric lui-même, lui dit :
Seigneur, il vous souvient qu'un jour, sans mon secours,
Un cruel sanglier eût terminé vos jours ;
n vous souvient de plus que le roi votre père...