PHILAMINTE
Quoi! monsieur sait du grec? Ahl permettez, de grâce, Que pour l'amour du grec, monsieur, on vous embrasse. {Vadius embrasse aussi Bélise et Armande,) HENRIETTE, à Vadius, qui veut l'embrasser comme les autres. Excusez-moi, monsieur, je n'entends pas le grec. Dans l'application, ces mots : Pour l'amour du grec, sont toujours cit^ d'une manière plaisante.
Poar réparer 4ea •«■ l'irréparable entras*.
Vers de Racine dans le fameux songe d'Athalie, acte II, scène v :
ATHALEE.
C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit ; Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée. Comme au jour de sa mort pompeusement parée; Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté ; Même elle avait encor cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage , Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Dans l'application, ce vers désigne presque toujours, sur le ton de rèpigramme, les soias que l'on prend pour dissimuler sur sa personne le Tàva^e des années. B s'adresse surtout aux coquettes surannées.
Prendre le Pir<e pear aa hoBMe, allusioD tirée de la fablâ de La Fontaine le Singe et le Dauphin. Un dauphin, croyant sauver un naufragé, prend un singe sur son dos. Le dauphin lui demande :
« Etes-vous d'Athènes la grande?
— Oui, dit l'autre; on m'y connaît fort; S'il vous y survient quelque affaire, Employez-moi; carmes parents
Y tiennent tous les premiers rangs;
Un mien cousin est juge-maire. »
Le dauphin dit: • Bien grand merci 1
Et le Pirée a part aussi
A l'honneur de votre présence?
Vous le voyez souvent, je pense?
— Tous les jours : il est mon ami, C'est une vieille connaissance. »
Notre magot prit, pour ce coup,
Le nom d un port pour un nom d'homme. De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout, et n'ont rien vu.
Dans l'application, ces mots : Prendre le Pirée pour un homme, expriment d'une manière plaisante la confusion grossière de choses qui n'ont entre elles aucun rapport.
Hémistiche d'un vers de Corneille dans Ctnna, acte V, scène im.
Auguste , instruit de tous les détails de la conspiration tramée contr* lui, en fait venir le chef et lui dit :
Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose Observe exactement la loi que je t'impose : Prête, sans me troubler, l'oreille à mes discours ; D'aucun mot, d'aucun en n'en interromps le cours. Tiens ta langue captive, et si ce grand silence A ton émotion fait quelque violence^ Tu pourras me répondre après tout a loisir : Sur ce point seulement contente mon désir.
Dans l'application, cet hémistiche se rappelle toujours avec une dignité et une emphase comiques.
Qa'all*it-il fatre dane ceMe (alcre ? Un deS motS leS pluS COmlqueS de
Molière, dans les Fourberies de Scapin. Scapin, voulant soutirer de l'argent du vieux Géronte, lui apprend que son fils Léandre est retenu dans une galère turque, d'où il ne peut sortir qu'en donnant cmq cents écus, qu'il le prie de lui envoyer. Géronte s'écrie jusqu'à six fois, avec un dépit des plus risibles : Qu'allait-il faire dans cette galère?
Cette scène , que tout le monde connut , est imitée de celle du Pédant joué , â« Cyrano de Bergerac, où le prmcipal personnage, place dans la même situation que Géronte , et obligé de compter cent pistoles pour le rachat de son fils , dit aussi plusieurs fois : Que diable aller faire dans la galère <fun Turc/ Mais l'imitation est bien supérieure à l'original, et si l'esprit de Cyrano a trouvé le refrain auquel reviennent toujours les deux avares , c'est le génie de Molière qui l'a rendu comique et en a fait une phrase type qu'on n'oubliera jamais , et qui se dit au sujet de quelqu'un sottement embarqué dans une mauvaise aifairo. C'est là surtout que
notre grand Molière avait le droit de dire : • Je prends mon bien partoat
on je le trouve. »
QvaBd ÀagaM* «v»!* hm, la Peloga* itmt* lw«.
Vers de Frédéric II dans une épître à son frère :
Lorsque Auguste buvait, la Pologne était ivre ;
Lorsque le grand Louis briilaii d'un tendre amour,
Paris devint Cythère, et tout suivit la cour;
Quand il se fit dévot, ardent à la prière,
Le lâche courtisan marmotta son bréviaire. Les écrivains ont varié sur l'interprétation qu'D fallait donner à ce vers : est-ce une maxime égoïste à la Sganareile, ou exprime-t-il la communauté de sentiments qui existait entre Auguste et ses sujets? L* citation suivante de Voltaire, où le vers de Frédéric est rappelé, ne laisse aucun doute à cet égard :
. . Plus votre rang vous élève en ce monde, Plus il faut que chez vous le vrai mérite abonde. C'est lui que l'on estime, et vous devez savoir Que l'exemple est surtout votre premier devoir. L'exemple d'un grand prince impose et se fait suivre : Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.
Ce n'est donc qu'une paraphrase du fameux vers latin : Régis ad exemplar totus componitur orbiSy L'univers entier prend exemple sur le prince, et c'est dans un sens analogue que les applications doivent être faites.
Qa«B4 aara-«-ll «•«! w ?
Hémistiche d'un vers des Plaideurs, de Racine, acte III, scène m.
Racine tourne en ridicule le travers des avocats de son temps , qui se plaisaient à employer de grands mots et à rappeler les plus remarquables événements de l'histoire à propos de choses vulgaires et triviales. Petit- Jean, plaidant au sujet d'un chapon, dit, en estropiant les mots qu'on lui soufâe :
Messieurs, quand je regarde avec exactitude
L'inconstance du monde et sa vicissitude ;
Lorsque je vois, parmi tant d'hommes différents,
Pas une étoile fixe et tant d'astres errants;
Quand je vois les Césars, quand je vois leur fortune;
Quand je vois le soleil et quand je vois la lune;
Quand je vois les États des Babyboniens (Babyloniens)
Transférés des Serpents (Persans) aux Nacédoniens (Macédoniens) ;
Quand je vois les Lorrains (Bomains), de l'état dépotique (despotique)
Passer au démocrite (démocratique), et puis au monarchique;
Quand je vois le Japon...
l'intimé.
Quand aura-t-il tout vu?
Cette exclamation, si comique et si naturelle, s'applique aux énumerations rempUes de longueurs inutiles, de détails insignifiants et fasti-
Qmmmé ««r «■• p«r«oma« •■ pr^tead ■• régler, C'est par Ua baaaz eétéa ««'il 1«1 fa** raaaaaibUv.
?ers» des Femmes savantes, de Molière, acte !«', scène i^». Dm deux jeunes sœurs. Armande «t Henriette, celle-ci ne partage
point les goûts de science et de philosophie de sa mère, de sa tante et de sa sœur, à qui elle dit ironiquement :
Nous saurons toutes deux imiter notre mère : Vous, du côté de l'âme et des nobles désirs ; Moi, du côté des sens et des grossiers plaisirs; Vous, aux productions d'esprit et de lumière ; Moi, dans celles, ma sœur, qui sont de la matière.