‹ Grammaire de la curiositeChapitre 108 sur 133 · I. i;d. l'ouriiioi-, L'Art de la Rctiurc en l-'raïue · texte numérisé non relu

I. i;d. l'ouriiioi-, L'Art de la Rctiurc en l-'raïue

L ART INTIME

« Homme de tradition, il se servira pendant toute la durée de sa carrière des canevas si mobiles que lui fournissaient les entrelacs géométriques des « Fanfares » et les emploiera toujours quand il aura à faire une dorure hors ligne. Novateur prudent, il n'usera d'abord que d'un petit nombre de fers pointillés, les mélangeant avec les petits branchages de Henri IV. Puis enfin, après une époque de

transition et de recherches, il inaugure un genre qui changera la décoration des livres.

« Le succès obtenu par les reliures royales l'enhardit, et il crée alors ces dorures à filets, droits et courbes, aux coins pointillés, avec des milieux simples, trèfles ou étoiles, d'où s'élèvent des globes de fers pointillés.

« Arrivé à l'âge mûr, en pleine possession de son talent, il donne alors toute sa mesure ; les compartiments et les fonds sont entièment recouverts de pointillé ; les entrelacs apparaissent rouges , se détachent avec une étonnante vigueur sur ce fond d'étincelles : l'effet est merveilleux ! » '

Le Gascon employait généralement pour les gardes le papier marbré, inventé vers ce temps par le libraire-relieur Macé Ruette (1606), luxe alors nouveau et très recherché.

Après la mort de ce grand artiste, les reliures devinrent très riches, mais pompeuses et lourdes. On y voyait les emblèmes de la royauté sous toutes ses formes, les fleurs de lis, les couronnes de chêne, le chifire couronné du roi, son soleil et Jusqu'à sa devise : Nec pluribiis impur (Il en vaut plus d'un), qui attirent le regard par leur masse d'or!

Les principes de l'art décoratif trouveront bientôt une plus juste

Fig. i70»^Reliure pour Jean Marot.

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