I. Marius Michel, La Reliure française
ET LE GOUT EN FRANCE. 325
application dans la reliure. « Là, comme ailleurs, dit Charles Blanc, l'élégance est l'ennemie de la surchage, et l'opulence même a besoin d'une certaine mesure, de certains repos. Là, comme ailleurs, la chose ornée ne doit pas l'être partout» '.
Déjà, dans le courant du siècle, la réforme des mœurs que les Jansénistes venaient de tenter eut en reliure son expression, et ils laissèrent leur nom à un genre de reliure particulier, qui se reconnaît à l'absence de toute décoration, dont quelques relieurs ont de nos Jours retrouvé la sévère élégance.
La plupart des livres du poète dramatique Longepierre sont en reliures jansénistes , c'est-à-dire sans dorure, doublés de maroquin à l'mtèrieur et d'une simplicité charmante. Elles se reconnaissent à la loison, très petit fer représentant un mouton lié et suspendu par le milieu du corps, qui est appliqué sur les angles des plats et sur le dos du volume. Mais les bibliophiles ne sauraient trop se garder des falsifications : il existe beaucoup de reliures jansénistes sur lesquelles on a applique une moderne toison de Longepierre pour leur donner plus de valeur.
Toutes les reliures du temps ne sont pas aussi simples. Il fallait remplacer l'ornementation absente par la présence de dentelles obtenues au moyen de la roulette. C'est ce que lit le rénovateur Boyer, relieur du roi, du duc du .Maine et de Fléchier, qui était grand amateur de livres et bon juge en fait de reliures, puisqu'il ne se Hait qu'a Boyer pour la confection des siennes. Le Père Du Cerceau, recommandant au duc du .Maine, dans la seconde épitre qu'il lui adressa, la lecture des excellents volumes dont on avait fait un choix à son intention, lui dit :