PASTEL , AQUARELLE, GOUACHE
dire en retenant son haleine ; sinon l'on risquerait de détruire à jamais leurs teintes aussi délicates que fugitives.
MINIATURE SUR Lcs aucieunes gouaches, quelquefois à fond d'or et ornées de vives VELIN, FEUILLES couleurs, ne peuvent se nettoyer facilement. Les couleurs tiennent
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lort peu, s encroûtent aisément, redoutent la moindre goutte d eau et la majeure partie des agents chimiques usités ; l'enlèvement d'une tache nécessite presque toujours la retouche du point détaché.
Le redressage du vélin n'est pas non plus fort aisé. Un pli léger disparaît à l'aide du procédé suivant. On mouille légèrement le verso, puis on met en presse à l'aide de quelque chose de lourd, en ayant soin de poser le recto sur un marbre bien poli et bien sec, sinon une partie de la gouache pourrait y rester adhérente. Cette recommandation est importante.
Quant aux feuilles d'éventails, gouachées, comme on sait, sur peau de chevreau, nous en avons vu plusieurs du xvii*' et du xviii' siècle qui avaient été retirées anciennement de leurs montures et collées sous verre : les plis primitifs de la feuille n'avaient pu disparaître à la presse, les fibres de la peau ayant été brisées au moment de la fabrication et détériorées ensuite par l'usage.
Tous les amateurs sont d'accord sur ce point, qu'il faut désenfumer, éclaircir au besoin les vieilles estampes, mais leur conserver, s'il est possible, cette légère teinte jaune qui fait ressortir la beauté de l'épreuve et la finesse du burin.
Il ne faut donc pas croire qu'on a réparé une estampe en la rendant blanche comme neige, car le plus souvent, dans ce cas, le noir d'impression est tourné au gris, et l'âme de la gravure n'existe plus.
Nous allons indiquer sommairement les meilleurs procédés propres à la conservation de ces monuments, quelquefois si précieux, de l'histoire de l'art.
Dédoublage et redressage des estampes. — Beaucoup d'estampes se rencontrent ordinairement doublées, c'est-à-dire renforcées d'une feuille de papier. Quand ce renfort a été mal appliqué, il faut d'abord procéder au dédoublage, soit pour le supprimer, soit pour le rétablir plus habilement. On commence par plier mollement ou rouler l'estampe, et on la plonge dans une bassine remplie d'eau pure et froide, pendant une durée de douze à vingt-quatre heures, suivant la ténacité ou l'épaisseur de la colle qui a servi au doublage.
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Ce laps de temps écoulé, on retire la gravure du récipient (faïence, verre ou porcelaine), on la pose à plat sur un marbre poli, sur une feuille de verre ou sur une planche bien unie, et on opère le dédoublage à l'aide d'une lame fine, flexible, amincie et arrondie â l'extrémité, en ayant soin d'éviter les déchirures.
L'estampe étant toujours à l'état de moiteur, et toute la colle ayant été enlevée, on applique sur le recto des feuilles de papier buvard, et l'on pose à plat dessus un carton épais et bien sec, que l'on charge de 5 poids de 5 kilos, un au milieu et un à chaque coin. Les poids peuvent être remplacés par des cubes de marbre ou de verre. Pour accélérer le séchage, on renouvelle plusieurs fois le papier buvard.
Blanchiment des estampes. — Un simple bain d'eau froide suffit souvent, au bout de vingt-quatre heures, pour nettoyer une vieille estampe. Si l'eau pure ne suffit pas, on a recours à une dissolution de chlore; mais il faut en user avec circonspection, car il a une action destructive sur la fibre du papier, qu'il rend cassant. Quand on emploie le chlore mêlé à 10 ou 12 fois son volume d'eau, il ne peut y avoir aucun danger, surtout si on trempe ensuite les estampes pendant douze heures dans de l'eau légèrement acidulée à l'aide de vinaigre, pour leur faire perdre l'odeur du chlore qu'elle pourrait retenir. C'est le seul moyen inolTensif d'éclaircir et non de rendre blanches comme neige les vieilles gravures enfumées au point d'être presque indéchiffrables.
L'eau de Javelle, ou chlorure de potasse, est un procédé généralement fort usité parmi les amateurs ; mais la potasse ou la soude qu'elle contient comme élément, outre le chlore, a une action funeste sur le noir d'impression, même quand elle est étendue de six à huit fois son volume d'eau. En somme, le chlore donne au papier une excellente blancheur, et il n'altère en rien le noir d'impression. L'eau de Javelle, au contraire, altère les vieilles estampes d'une manière déplorable : le noir devient grisâtre, terne, sans cohérence ; entraîné par le liquide, il déteint en partie sous l'éponge. 11 n'y a que la lithographie et les gravures modernes qui sortent de l'eau de Javelle avec le noir aussi brillant qu'avant l'immersion. Ce résultat fait l'éloge de l'encre de nos graveurs et de nos imprimeurs, laquelle est bien plus tenace que celle employée aux xv% xvi% xv!!*" et xvm' siècles.
Enlèvement des taches. — 11 est difficile, pour un véritable amateur, de se décider à mettre en portefeuille une estampe souillée de taches.
l'art intime
surtout aux endroits les plus intéressants, sans avoir tenté de faire disparaître ou du moins d'affaiblir ces teintes légères qui la déparent.
Voici quelques recettes basées sur l'expérience et employées avec succès sur des épreuves tirées sur papier non encollé (circonstance la plus défavorable)
Quand on a reconnu la nature des taches, la première tentative à faire, c'est de tremper pendant quelques heures l'estampe dans l'eau froide; puis, sans la retirer de la bassine, on frotte soit avec le doigt, soit avec une éponge ou un blaireau à l'endroit de la souillure. Il arrive souvent, surtout quand le papier est bien encollé et bien lisse, que la tache, cédant à ce simple frôlement, glisse et disparaît. Quant la tache est épaisse et empâtée, elle est au moins très atténuée, si elle ne s'efface pas tout à fait. Mais il faut agir avec beaucoup de légèreté, de peur d'excorier la superficie de la gravure.
Il n'est pas toujours nécessaire, pour un seul point à réparer, de soumettre toute la surface de l'estampe à l'action de l'eau ou de dissolutions détersives, car s'il devait en résulter une altération ultérieure, il vaut mieux qu'une seule place en coure la chance que l'estampe tout entière.
Une tache qui se trouve sur un des coins de l'estampe n'offre aucun embarras; on maintient cette partie d'une manière quelconque au fond d'une soucoupe ou d'une assiette, et l'on verse le liquide froid ou chaud qui doit agir. Mais si la tache est isolée au milieu d'une grande pièce, le moyen le plus simple est encore d'étendre toute l'estampe dans un bain entier.
Taches d'huile et de graisse. — Les taches récentes s'enlèvent assez facilement, soit avec l'essence de térébenthine, soit avec l'alcool ou avec l'éther acétique, que l'on fait préalablement chauffer au bain marie. 11 faut procéder avec précaution surtout avec l'essence, qui s'enflamme spontanément à une certaine température. Pour ôter à l'estampe l'odeur de térébenthine, on peut la passer à l'alcool chaud ou la placer entre deux couches de plâtre d'albâtre, qui finit par l'absorber.
Une dissolution faible de potasse pure ou caustique (2 ou 3 grammes dans un verre d'eau) agit sur les taches récentes assez rapidement. Si le noir de l'estampe après l'opération paraît grisâtre ou voilé, on
I . Pour encoller une estampe, on la trempe dans de l'eau contenant en dissolution un peu de colle de pâte, d'alun (6 à 8 grammes par litre) et de savon blanc. La chaleur favorise beaucoup l'opération.
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trempe dans l'eau légèrement acidulée, et le noir reprend tout son éclat.
Les taches anciennes sont plus difficiles à détruire. Elles font le désespoir des iconophiles à cause de l'altération que les substances détersives occasionnent sur le noir d'impression. Cependant, l'emploi de la dissolution de potasse concentrée et versée chaude produit toujours, au bout de quelques heures, la disparition des taches les plus opiniâtres ; mais si l'on agit sur un point gravé, le remède est pire que le mal. Le noir perd son éclat, devient pulvérulent, et, entraîné par le liquide, s'étale sur les jours que forme l'intervalle des hachures ; la tache serait encore préférable.
11 est donc encore impossible d'enlever sans altération aucune vieille tache d'huile ou de graisse sur une gravure. Mais pour ne pas désespérer les amateurs, nous allons leur indiquer des palliatifs, des moyens atténuants. On pourra, par exemple, sur toutes les taches anciennes, essayer les agents chimiques conseillés pour les taches récentes. Si l'opération ne réussit pas, on est sûr au moins que, dans ces essais, l'alcool, l'essence, la potasse faible, otcront à toutes les taches leur transparence, et les réduiront à une légère trace, tantôt d'un jaune faible, tantôt d'un vert très clair.
Sur une petite estampe, on peut facilement dissimuler cette tache en donnant, au moyen de réglisse en dissolution ou de sépia, une teinte semblable au reste de l'estampe; la couleur générale sera d'un ton léger et chaud, qui, loin de nuire à la gravure, avantagera quelquefois les tailles du burio. Il ne faut pas toutefois que la teinte ajoutée empiète sur le contour de la tache qui, devenant plus foncé, se dessinerait avec trop de vigueur. On réussit à donner une couche bien uniforme en lavant vivement au pinceau sur le papier humide. On termine ensuite par le redrcssagc ou mise en presse.
Taches de bougie. — Les taches produites par la stéarine, sorte de graisse saponifiée employée aujourd'hui pour remplacer l'éclairage à la cire, traversent le papier d'outre en outre et lui communiquent une transparence désagréable; elles disparaissent dans l'eau bouillante et l'alcool chaud, mais le papier reste toujours raide en cet endroit, et le noir d'impression perd quelquefois un peu de son brillant, sans que l'on puisse y remédier.
Taches de boue. — Les taches légères provenant d'une éclaboussure s'enlèvent à l'éponge, sur l'estampe maintenue dans l'eau. Si le papier est bien encollé, il ne restera aucune trace, à moins que
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ces taches n'aient pour origine une forte pression ; tel serait le cas où l'on aurait marché sur l'estampe. L'éponge ne pouvant pénétrer dans les excoriations produites sur le papier, on couvrirait les taches de savon pâteux, de colle d'amidon, ou de toute autre matière gluante et mucilagineuse, susceptible de l'entraîner et de se délayer elle-même dans l'eau chaude ou à froid. Si, après cette opération, il restait encore quelques traces opiniâtres, il faudrait essayer successivement le chlore, la potasse ou l'acide hydrochlorique très affaibli.
Taches de rouille. — Ces taches disparaissent dans l'acide oxalique chaud.'
Taches d'encre. — L'encre cède assez promptement à une application de sel d'oseille (oxalate de potasse) qu'on arrose d'eau bouillante; cette dernière condition est essentielle au succès rapide. On réussit encore mieux avec une dissolution chaude assez concentrée d'acide oxalique pur. Quant à l'encre de Chine, si elle est fraîchement appliquée sur un papier lisse et bien encollé, on peut l'effacer avec une éponge humide; dans ce cas, le noir glisse et est entraîné mécaniquement ; mais aucun agent ne peut chimiquement le décomposer ou le résoudre, quand une fois il est adhérent à l'épiderme du papier.
Taches de café, de thé, de chocolat, de tabac, de vin, etc. — Toutes ces taches de nature végétale disparaissent dans le chlore liquide ou l'eau de Javelle. Il suffit ordinairement de passer le liquide plus ou moins concentré sur la tache avec un pinceau. Le chocolat, contenant une matière huileuse, exige l'emploi de l'essence de térébenthine, d'alcool ou d'éther acétique, chauffés au bain-marie.
Mouillures, — On appelle ainsi les taches d'une teinte jaunâtre plus foncée vers les bords, formées sur le papier par le séjour de l'eau ordinaire. Un bain de quelques heures dans l'eau pure suffit d'ordinaire pour les effacer ; si la disparition tarde trop à s'effectuer, on ajoute à l'eau un peu de chlore.
Encrassement des estampes. — Une estampe mise souvent en contact avec la main en transpiration, se couvre bientôt d'une crasse plus ou moins épaisse, surtout sur les marges. Si la gomme élastique ou la mie de pain n'agissent pas, on trempe la gravure dans la bassine d'usage, on la recouvre de savon blanc en gelée ou de savon noir; au besoin on ajoute de l'eau bouillante, et on laisse le tout en
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contact pendant une nuit. En frottant ensuite l'estampe avec un blaireau très doux ou une éponge, toute la crasse disparaît, entraînée par le liquide.
N'oublions pas d'ajouter que la plupart des recettes concernant les estampes peuvent servir également aux bibliophiles, pour le nettoyage et la restauration des livres '.
La meilleure manière de nettoyer les camées ou les intailles en- pierres gracrassés par la poussière, consiste à les laisser tremper quelque temps ^t^^s et pierres