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I. Quatrciiicrc de Quiiii.\, Le Jupiter Olympien

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au bronze. Très versés dans l'art de combiner les métaux entre eux, ils possédaient le talent de faire produire à leurs alliages des teintes et des couleurs variées. Il paraît même que, sensibles au rapport qui pouvait exister entre certaines nuances- du métal, et l'expression de certaines figures, ils surent tirer de cette analogie un effet à peu près dans le genre de ceux que donnent les couleurs du peintre.

C'est ainsi que dans la célèbre statue d'Athamas assis, après le meurtre de son fîls Léarque précipité par lui du haut d'un rocher, le statuaire Aristonidas, voulant exprimer sur le visage de ce père dénaturé la confusion du repentir succédant à la fureur, imagina pour la tête, un métal composé de cuivre et de fer, dans l'intention qu'il s'opérât, par la dissolution des parties ferrugineuses à la superficie du métal, une teinte rubigineuse dont l'effet devait être d'exprimer sur le front de ce coupable père, la rougeur de la honte.

Le sophiste Callistrate a donné la description de quatorze statues antiques, faites par les maîtres les plus célèbres de la Grèce. Cinq de ces statues étaient de bronze. Les détails que nous en a conservés l'écrivain nous font connaître que certaines parties de leur métal avaient reçu, soit par les modifications de l'alliage, soit par d'autres procédés artificiels, des teintes propres à exprimer certaines affections de l'âme, dont la manifestation ne peut dépendre que de la couleur.

En décrivant un Cupidon en bronze de Praxitèle, Callistrate fait admirer sa pose, l'ajustement de ses cheveux, le sourire de sa bouche, le feu de ses yeux; puis il ajoute : « Ce bronze était étonnant à voir • de l'extrémité de ses cheveux naissait sur tout son visage une rougeur éclatante ». Callistrate, qui ne fait cette description qu'avec cette sorte de sentiment qu'excitent les choses peu communes, s'étonne encore de ces effets dans une autre statue de bronze de l'Amour, dont les joues étaient ainsi colorées. Ce que la nature, dit-il, ne reçoit ni ne produit, l'art avait eu le pouvoir de le produire. 11 communiquait la rougeur à ses joues. Chose étrange que le bronze produise de la rougeur !

La célèbre statue de L'Occasion, faite par Lysippe, sous la forme d'un jeune garçon, paraît avoir été en bronze nuancé de semblables teintes : « La beauté de sa couleur, dit Callistrate, annonçait par son éclat le ton fleuri d'une belle carnation. 11 avait de l'air de Bacchus; son front resplendissait de grâce; ses joues étaient colorées d'un incarnat semblable à la rose. Nous étions, continue-t-il, frappé d'éton-

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ncmcnt en voyant le bronze faire l'efTet de la nature, et transgresser SCS lois, car, tout bronze qu'il était, il rougissait ».

11 semble, dit Quatremcre, que l'étonnement exprimé par l'auteur de voir le bronze simuler la rougeur, nous indique suffisamment que cette couleur procédait non point d'une teinte sur-appliquée, ce qui n'eût rien eu de si merveilleux, mais bien d'une propriété inhérente au métal même, et qui dût être celle des alliages dont nous avons parlé.

Enfin, suivant Callistrate, différentes couleurs se remarquaient à un lîacchus en bronze de Praxitèle. C'était un chef-d'œuvre de mollesse et de délicatesse. « Le métal rougissait, dit-il, quoique inanimé, et semblait prétendre à exprimer les apparences de la vie. Le lierre qui ornait son front semblait verdoyant; et la peau du chevreuil qu'il portait, sans être une peau naturelle comme celle qu'avait lîacchus, en contrefaisait la couleur».

Quant aux bronzes d'ameublement, on n'a qu'à visiter au Louvre la salle des bronzes antiques, pour être convaincu que les artistes anciens, absolument comme ceux de nos jours, ne craignaient pas de montrer la souplesse de leur talent en l'appliquant à des choses diverses, telles que des masques, des palmettes, des acanthes, modèles que les siècles se sont transmis en les reproduisant, et qui ne sont autres que des fragments exquis de chars, de sièges, de vases, des anses, des trépieds, des lampadaires, des candélabres, etc.

S'inspirant en cela des coutumes de l'antiquité, le moyen âge appliqua de bonne heure le travail du bronze aux usages domestiques. Mais relativement à la statuaire en bronze, il faut arriver jusqu'au xvi° siècle, pour retrouver un souvenir des merveilles grecques et romaines. Alors toute une pléiade de prodigieux talents étonnent les amateurs par la vigueur et l'expression qu'ils communiquent à leurs superbes bronzes. C'est l'époque où paraissent ces figurines élégantes jetées en cire perdue par les inimitables fondeurs florentins de la Renaissance, procédé difficile et dispendieux puisque, pour répéter une statuette, il fallait que l'artiste en exécutât un nouveau modèle.

Nous indiquerons ici brièvement en quoi consiste le procédé de la fonte à cire perdue. Si le bronze doit être plein, le sculpteur modèle la figurine en pleine cire, laquelle donne par conséquent, en se détruisant à la fonte, une épreuve unique en bronze massif, très reconnaissable à la finesse de l'épiderme, si l'on peut ainsi parler ; si le bronze doit être creux, l'artiste établit d'abord un noyau en terre, qu'il garnit

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de cire et sur lequel il exécute son modèle, ce qui permet d'obtenir autant de bronzes creux et légers qu'il le désire. Il suffit, à chaque opération, de renouveler l'enveloppe du noyau, c'est-à-dire le modelage en cire détruit par la fonte précédente.

Dans les plus anciens spécimens, les statuettes sont souvent pleines, toujours lourdes et épaisses ; la patine noirâtre rappelle celle de certains bronzes antiques ; plus tard, la légèreté devient une des qualités

du travail ; on arrive à des fontes excessivement minces, que le temps recouvre de cette oxydation puissante et chaude comme d'un vernis magnifique variant du bleu sombre au bleu turquoise et qui se trouve parfois associée à des accessoires dorés à l'or moulu.

Il n'est pas nécessaire d'insister sur la place que doivent occuper les bronzes dans l'art intime. Les somptueux salons de la famille de Rothschild, de MM. Ed. André, Dreyfus et les cabinets de plusieurs autres amateurs, font d'ailleurs comprendre tout ce qu'il y a de grandiose et de magistral dans ces figurines dignes de l'antique, et marquées au sceau du vrai génie. On en trouve un exemple dans le groupe de la Vierge et de l'Enfant Jésus, réduction en bronze du marbre de Michel-Ange qui fait partie de la riche collection léguée au Louvre

Fig. 1 1 . Silène en bronze rp-i •

(Musée de Naples). par M. 1 JlierS.

C'est surtout dans les sujets de petite dimension que les Florentins sont admirables, lorsque, guidés par le seul amour du beau et leur merveilleuse compréhension du style, ils créent des chefs-d'œuvre sans nombre en prenant pour motifs les scènes les plus simples. Telles cires perdues ont une perfection qui n'a été surpassée nulle part, si ce n'est chez les Orientaux ; telles figures ont un fini digne de l'orfèvrerie.

Mais le bronze ne se formule pas toujours en statuettes ou en basreliefs ; beaucoup d'artistes des xv" et xvi" siècles ne sont connus que par des œuvres minuscules. Dans les médaillons fondus en bronze et repris au burin avec la plus merveilleuse adresse, on retrouve non seulement les effigies intéressantes de toutes les célébrités conteinpo-

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raines, mais encore l'expression de l'énergie surprenante des écoles nouvelles de l'Italie régénérée.

Un des plus anciens et des plus habiles médaillcurs de ce temps, est le célèbre Pisanello (1439-14150), placé par ses contemporains au rang des plus illustres artistes de son siècle, et qui doit être rangé parmi les créateurs de génie qui ont posé les bornes du genre auquel ils ont donné naissance. Ses médaillons d'Arragon, roi de Naples, donnés par le regretté l-Vançois Lenormanf comme spécimens de la manière du maître, caractérisent parfaitement son genre de talent par la belle disposition de la tète dans le champ, l'imprévu, la grandeur et l'originalité du revers'.

Pisanello exécutait ses médailles en bronze et en plomb. Les amateurs du xv' siècle recherchaient plus particulièrement ces dernières, auxquelles ils trouvaient plus de finesse. « Les contemporains , remarque M. Eugène Piot, paraissent avoir été très touchés par la vue de ces productions d'un art ù la fois élevé et charmant. Nous pourrions citer trois ou quatre poèmes latins des plus célèbres humanistes du temps, Tiuarini, Basini , Porcclli, Strozzi, sans compter les prosateurs, écrits en l'honneur des portraits et des médailles de Pisanello. Par la facilité avec laquelle on pouvait les multiplier, celles-ci satisfaisaient, pour leur part, au

besoin impérieux de savoir et de voir, au noble désir de gloire et de renommée qui est un des caractères de cette belle Renaissance italienne ».

Vers la fin du xv° siècle, un artiste renommé de Milan, Ambrogio Foppa, dit Caradosso, se fit une grande réputation comme médailleur. On lui doit les médailles des derniers Sforza de .Milan, et celles si connues des papes Alexandre VI et Jules II.

Un peu plus tard, Giovanni Gavino, surnommé le Padouan, rompit avec la tradition moderne et se borna à l'imitation de l'antique. Mais la place nous manque pour parler de tous les habiles artistes qui

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