I. Fr. I.enormant, Monnaies et MéJailles
Fin. 12. N-miissK (Musée de Saples).
l'art imtime
suivirent ; on en trouvera la liste complète dans les belles et récentes études de M. Armand'. Qu'il nous suffise de citer les beaux ouvrages que les connaisseurs estiment et recherchent le plus, ceux de Giovanni, Maria Pomedello, de Leone Leoni, le sculpteur favori de Charles-Quint, de Jacopo Trezzo, de Benvenuto Cellini, etc.
« Le médaillon au xvf siècle en Italie, dit encore Eugène Piot, dont la connaissance de cette époque est si étendue et si sûre, était devenu une mode à laquelle nul ne se refusait, comme c'était la mode, au xvn^ siècle, de faire graver son portrait au burin. C'était aussi pour les artistes un moyen de se concilier la bienveillance des puissants personnages en position de faire exécuter de plus grands travaux, et je suis bien surpris que de nos jours nul n'ait suivi la mêm-e voie, tout en continuant la série des grands médaillons modernes, si brillamment inaugurée par David d'Angers il y a cinquante ans. Nous ne manquons pas de ministres qui seraient charmés d'entrer en aussi brillante compagnie, et si par hasard leur tète ne répondait pas toujours à l'idéal de l'artiste, il y a leurs femmes et leurs filles, en général, plus élégantes et plus belles.
« Aux époques de goût, la médaille n'appartient pas seulement aux grands hommes, c'est un objet d'art que tout le monde peut se permettre. Qui sait si un médaillon fait par un artiste distingué ne serait pas un chemin détourné pour arriver à cette perpétuité dù souvenir dont le désir est au fond de chacun de nous ? La galerie des belles italiennes du temps passé, dont les médaillons nous ont conservé le souvenir, est nombreuse, et nul n'y a contribué davantage que Pastorino de Sienne. Presque toutes ses médailles sont des portraits de femmes, qui forment la plus charmante collection de têtes, de coiffures et d'ajustements de corsages que l'on puisse voir. L'artiste se contentait de signer ses ouvrages de l'initiale P, à laquelle il ajoutait souvent une date ; aussi est-il resté inconnu jusqu'à ces derniers temps. On oublie trop souvent, dans la grande histoire, les artistes qui mettent leur talent au service des mondanités de chaque jour, et l'on a tort. Ce sont les seuls qui donnent la véritable physionomie du temps où ils ont vécu. Un des meilleurs médaillons de Pastorino représente une dame de Ferrare, Geronima Sacrata, qui ne se distinguait probablement que par sa beauté. Mais la publicité s'en em|)are aujourd'hui, et chacun va la connaître. Sa mémoire aura trouvé un abri sous l'aile de l'artiste de talent qui nous a laissé son portrait.