I. Les Médaillcurs de la Renaissance
ET LE GOUT EN FRANCE
Les femmes devraient se rappeler plus souvent les vers du chantre d'Elvire ».
Mais laissons ces splendides spécimens de la sculpture italienne pour nous rapprocher des choses plus accessibles à nos goûts, plus applicables à nos mœurs, telles que ces candélabres fondus et ciselés sur les dessins de Raphaël et de .Michel Ange ', alors que l'Italie émerveillée, entrant dans la voie nouvelle qui devait montrer le bronze revêtu de toutes les élégances, lui donnait cette ornementation riche et puissante, où les plus gracieux enroulements, les épanouissements végétaux forment un encadrement naturel aux figures réelles ou chimériques qui décorent les torchères, les flambeaux, les chenets, tous les accessoires mobiliers enfin, qui se faisaient les rivaux des chefs-d'œuvre de l'art, groupes ou figures, dressés sur les meubles, enrichis eux-mêmes de sculptures louillées dans la dernière perfection.
Nous avons parlé des chenets. Ces ustensiles, qui avaient fait place aux landiers du moyen âge et qui garnissaient les cheminées monumentales taillées dans la pierre ou le marbre, avaient conservé les proportions qui devaient les mettre en harmonie avec l'ensemble qu'ils complétaient. « Le plus souvent leur base à consoles et à volutes, ornée d'un mascaron, servait de piédestal à une statue de dimension moyenne, de grand style et d'une facture large et habile. C'était presque toujours à la mythologie que ces ligures étaient empruntées ; Vénus, Mars, Apollon, IMuton, s'y rencontraient, et quelques-unes de ces figures séparées de leur base figurent aujourd'hui dans nos musées comme spécimens de la sculpture en bron/c du xvi" siècle » -.
Le bron/e appliqué à l'ornementation mobilière prit chez nous, au xvii'' siècle, une importance capitale. A partir de cette époque, il concourt aux décorations somptueuses des palais et entre souvent en rivalité avec l'orfèvrerie monumentale alors en usage. Dès le règne de Louis les bronzes d'art se présentent en ellet avec ce st} le
quelque peu gourmé, mais plein de grandeur, dominé par les formes de l'architecture contemporaine, et par le génie de Le IJrun. De là, cette abondance réfléchie, cescombinaisons ingénieuses qu'on retrouve dans les flambeaux, les candélabres, souvent armoriés, ainsi que dans les bas-reliefs en bron/e doré, dont étaient garnis les meubles illustres de cette époque. Charles-.\ndré l>oulle est le premier qui
1. Iji quatre plaïKlics iii-l'olio. Voir le Cataloi^uc des Livres de M, Oui\ot, w" Si.