‹ Grammaire de la curiositeChapitre 22 sur 133 · Frédéric Henriet, id · texte numérisé non relu

Frédéric Henriet, id

l'art l. NT IMF.

Planche V.

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Les tableaux de genre de l'école française du xvui" siècle ont, en général, un délicieux sentiment d'intimité; les fonds sont baignés de chaudes transparences qui font valoir les figures, et la vérité n'en exclut pas le charme. \'^oyez W'atteau ! Watteau a renouvelé la grâce. « La grâce, chez lui, dit excellemment .M. Ldmcmd de Concourt, n'est plus la grâce antique. Elle est le rien qui habille la femme d'un agrément, d'une coquetterie, d'un beau au-delà du beau physique. Elle est cette chose subtile qui semble le sourire de la ligne, l'âme de la forme, la physionomie spirituelle de la matière » '.

Jioucher a sa place nécessaire dans toute galerie. Ses paysages, arrangés comme des décors d'opéra, offrent, nous le savons, un mélange de statues, de colonnes, de pins d'Italie, de ponts rustiques, avec des bergères au premier plan. Ce n'est peut-être pas vrai, et la nature y est peu ressemblante ; mais, en tout cas, ses petits sujets, tels que V Amour pardonne et V Amour puni, ses Jeunes JilL ■ bain, etc., sont d'un ellet charmant. iJoucher du reste était un vrai j^eintre, petit-fils de Rubens et de Véronèse, un des derniers qui a. ait i pU^yer le corps humain dans toutes les poses imaginables avec la hardiesse des grands maîtres, et qui ait répandu à flots, sur toutes ses compositions, cette couleur claire, argentée, fouettée de rose et si fac'lement lumineuse-.

Et Creuze, avec ses tètes d'enfants, ses fillcttv . si coquettes dans leur naïveté, jolies tètes blondes, aux yeux moui..és, aux joues roses et toutes vivantes !

Quant aux scènes familières et d'intérieur, el. s sont rendues avec une finesse exquise. C'est ce que les ouvrages du temps appellent « la quintcscence de l'aimable, le colons des charmes et des grâces, l'embellissement des fêtes et des amours ».

Aujourd'hui, comme autrefois, la France est fière de ses peintres de genre. Elle les aime, elle se complaît dans leurs œuvres par esprit de nationalité et en raison de toutes les satisfactions d'amour-propre que lui procurent leurs succès.

Prenons, par exemple, le délicieux tableau de la Source. On ne trouverait peut-être pas, dans toutes nos expositions annuelles, un ouvrage aussi bien peint. Il y a, dans cette étude de jeune fille, une telle perfection de forme et de modelé, une exécution si ferme et si simple, que la pureté de l'art jette comme un voile de chasteté sur son beau corps tout nu, qui d'une source a en eflet toute la fraîcheur.

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