‹ Grammaire de la curiositeChapitre 34 sur 133 · LES PIERRES GRAVEES. - CAMEES. - INTAILLES. - LA GRAVURE SUR DIAMANT · texte numérisé non relu

LES PIERRES GRAVEES. - CAMEES. - INTAILLES. - LA GRAVURE SUR DIAMANT

UAND on songe à la quantité considérable de pierres gravées conservées dans presque toutes les collections publiques de l'Europe, notamment au Cabinet des médailles à la Bibliothèque Nationale de Paris, il est permis de s'étonner qu'il en soit si peu souvent question dans les publications d'art.

Les pierres gravées ont cependant cet avantage sur les pierres fines, qu'en outre du précieux de la matière, elles présentent de l'intérêt, soit comme monuments historiques, soit comme types de l'art chez tous les peuples, soit comme objets d'affection pour le sujet représenté ou pour le genre de gravure. Ces nombreux motifs expliquent l'attention toute particulière avec laquelle certains amateurs recherchent les pierres gravées anciennes et modernes.

L'art du graveur en pierres fines comprend : les gravures en creux, qui sont les intailles, et les gravures en relief, qui sont les camées. La gravure des camées et des intaïUes emploie diverses substances : ce sont les pierres précieuses, les pierres fines et différentes porcelaines {cyprœ), coquillages composés de couches de différentes couleurs, et qui imitent assez bien la sardonyx.

l'art intlme. 13

g8 l'art intime.

Cette branche de l'art intime constitue ce qu'on appelle la glyptique, dont le but est de représenter, en dimensions microscopiques, les choses les plus nobles et les plus grandes, tantôt des divinités, tantôt des emblèmes d'une haute signification, tantôt l'image d'un héros, ou les traits de la beauté.

La première condition de ce petit art, ou plutôt de cet art en petit, dit Charles Blanc, est justement la grandeur. Pensée, forme, travail, tout doit y être précieux comme la matière employée ; tout doit y être à l'état de concentration, à l'état d'essence.

Uintaille n'est que le moule d'un relief, et comme on ne peut ni la bien voir, ni en apprécier toutes les délicatesses que sur le relief en cire qu'elle donne, elle est creusée dans des pierres opaques ou transparentes de teinte uniforme, de manière à dépouiller facilement son empreinte. On s'en sert pour faire des sceaux ou des bagues à cachet.

Le camée, au contraire, est travaillé en relief. C'est une sculpture en miniature faite généralement sur des pierres à deux ou trois couches de différentes couleurs, e|, dans laquelle l'artiste met autant que possible à profit la diversité des tons et des taches accidentelles de la matière. Le plus souvent, la première couche est fauve ou tannée ; la seconde est d'un blanc doux qui participe de l'ivoire et de la nacre ; la troisième, ardoisée, noire ou rougeâtre, semble préparée exprès pour servir de fond aux deux autres. Dans l'épaisseur du premier lit sont épargnées les parties de la composition maintenues dans un ton roussâtre pour être opposées au blanc de la chair, comme une draperie, un casque, un diadème, ou la chevelure et la barbe ; puis, dans le second lit, sont taillées et modelées les parties nues du visage ou du corps entier. Enfin, autour des nus, s'étend le troisième lit, le lit sombre sur lequel ces nus se détachent en clair '.

La perfection de ces charmants et délicats petits ouvrages les fît rechercher de très bonne heure par les anciens. Depuis Théodore de Samos, qui grava la fameuse émeraude de Polycrate, un grand nombre d'artistes ont rendu cet art célèbre. Les Pyrgotèle, les Evodus, les Apollonides, les Glycon, les Dioscoride, les Evodus, jouissent encore, chez les amateurs de nos jours, d'une réputation inaltérable.

On sait à quel degré les Grecs et les Romains portaient le luxe des pierres gravées. La glyptique, alors plus heureuse qu'aujourd'hui, rivalisait avec la peinture et la sculpture. Sylla, Auguste, Mécène et Mithridate, connus par leurs prodigalités et leurs richesses, aidèrent

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