ONYX, ETC
E tout temps, les quartz, qui comprennent toutes les variétés de cristal de roche et l'améthyste comme étant l'une d'elles; les agates, parmi lesquelles on distingue la calcédoine, la sardoine, la cornaline ; les jaspes, qui ne difTèrent des agates que par leur opacité, par leur cassure terne et compacte, la couleur mise à part; le lapis-lazuli, la malachite, et l'albâtre oriental ou marbre-onyx , ont été fort recherchés par les lapidaires pour la fabrication des bustes, des statuettes et des vases de luxe.
Dès la plus haute antiquité, dit .M. Henri Barbet de Jouy ', ces belles matières ont été travaillées et appropriées aux usages domestiques. Les Indiens, les Assyriens, les lOgyptiens, les peuples de l'Asie-Mineure et ac la drèce, ont eu des vases de pierres précieuses, dont quelques spécimens sont parvenus jusqu'à nous. L'on comprend que l'emploi d is uiatières naturelles ait, pour les ustensiles usuels comme pour les armes, précédé la fabrication. C'est ainsi que les ouvriers de l'empire chinois ont taillé le jade avant que fût inventée la porcelaine, dont toute une série est l'imitation de cette pierre.
Les artisans des civilisations naissantes ont dégrossi et poli celles
t. S'otice des gemmes et joyaux de la galerie d'Apollon, au Louvre.
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qui étaient le mieux appropriées à des usages simples ; les artistes qui ont travaillé pour des peuples initiés à tous les luxes ont choisi, parmi les pierres les plus rares et les plus éclatantes, celles dont la possession pouvait être un privilège ou une distinction. Le triomphe de Pompée, vainqueur des rois d'Asie, introduisit à Rome les vases et les coupes de matières précieuses [gemmaria potoria), qui furent bientôt, et plus encore sous les empereurs, les objets d'une véritable passion. Néron acheta un bassin de cristal de roche, au prix de 1 50,000 sesterces ; au moment où il apprit l'insurrection qui le détrônait, il mit en pièces deux coupes de cristal, pour empêcher qu'un autre y pût boire.
Les chefs barbares, par qui fut attaqué l'empire, conçurent, à leur tour, un goût très vif pour les vases précieux dont les romains avaient emprunté l'usage aux nations plus rapprochées qu'eux de l'Orient. Le sort des combats fit passer en plusieurs mains ces dépouilles conquises. C'est par cette transmission que, dès les premiers siècles de la monarchie française, les vases de matières dures, taillés en Orient, en Grèce, à Rome, furent connus, recherchés et gardés dans les trésors des rois. C'est ainsi que des vases de sardoine et de cristal de roche d'origine byzantine ont été conservés dans le trésor de Saint-Marc, à Venise
La piété les fit souvent entrer dans les églises ; le vase assurément le plux précieux qui existe, admirable autant par la matière que par le talent du lapidaire qui l'a taillé, est un vase grec de sardonyx de premier ordre, ayant la forme d'un canthare, et orné d'attributs qui se rapportent au culte de la Bacchus. Le roi Charles-le-Chauve, qui le possédait, en fit don à l'Eglise de Saint-Denis ; il l'avait préalablement approprié au service de l'autel par une monture d'orfèvrerie. Cette œuvre, si intéressante pour l'étude des arts de l'antiquité, a été heureusement sauvée de la destruction; elle est aujourd'hui conservée dans le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale. « On peut hardiment placer ce monument, connu sous le nom de Coupe des Ptolémées, au premier rang parmi les plus célèbres de la série des vases antiques de matières précieuses, dit M. Chabouillet. La beauté de ce morceau d'agate, sa dimension, la conservation merveilleuse de ses anses délicates à travers tant de siècles, l'élégance de sa forme, le mérite des bas-reliefs qui le décorent, en font l'un des plus précieux joyaux de l'écrin archéologique de France ».