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I. Histoire des faïences hisptino-morcsijucs

l'art intime

Si nous cherchons maintenant parmi les ouvrages hispano-moresques, ceux que l'on doit attribuer à l'île de Majorque, la première des îles Baléares, les monuments se pressent, éloquents par leur décor particulier et par certains de leurs emblèmes. On peut étudier le type principal de ces majoliques sur un hanap du Louvre et dans un plat du Musée de Cluny.

Quoi qu'il en soit, le début de la Renaissance italienne commence avec ses premières oeuvres céramiques. Dans l'étude si remarquable que M. Drury Fortnum a faite des anciens disques ou bassins (bacini) de faïence incrustés dans les églises d'Italie, le savant auteur a constaté, contrairement aux fables accréditées de longue date, qu'il ne fallait pas voir dans ces disques les trophées rapportés par les Pisans de leurs excursions contre les Arabes, mais bien une décoration inventée, dans le pays même, par suite de la découverte des procédés de l'émaillerie sur terre cuite. Voilà donc du xi' au xni'' siècle, la poterie italienne appliquée à la décoration des monuments, poterie d'abord couverte d'émail, puis enfin enrichie des reflets métalliques inspirés, non par la vue des ouvrages dorés des Maures des îles Baléares, comme on l'a prétendu à tort, mais par les poteries à reflets métalliques de l'Orient. La Renaissance italienne, au point de vue spécial qui nous occupe, commence par conséquent avec l'invention de l'émail d'étain ou Vinvetrialiire de la terre commune ; elle s'épanouit ensuite lors de l'application de cet émail sur la sculpture en argile cuite, et de son apposition sur une vaisselle élégante qui, décorée habilement de sujets empruntés aux grands maîtres des nouvelles écoles de peinture, devait rivaliser avec l'orfèvrerie'.

Tandis que les Pisans préludent dans leurs modestes ateliers à cette glorieuse régénération de l'argile, un homme dont le nom est aussi populaire en Italie' que celui de Bernard Palissy en France, régénère la poterie èmaillée et fonde une dynastie de vasiers célèbres, Lucca délia Robbia a laissé d'innombrables chefs-d'œuvre. De toute cette phalange d'artistes et d'inventeurs qui dotèrent l'art céramique de tant d'éclat à l'époque de la Renaissance, le plus célèbre et le plus digne est à coup sûr Lucca délia Robbia, Il a découvert le secret de quelques émaux fort brillants et fort estimés ; chacune de ses œuvres porte un cachet admirable. M. H. Barbet de Jouy, qui a résumé dans un excellent volume l'histoire des délia Robbia, fait observer que Lucca se distingue de ses successeurs par le sage emploi

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