‹ Grammaire de la curiositeChapitre 64 sur 133 · I . Albert Jacquemart, Histoire de la Céramique · texte numérisé non relu

I . Albert Jacquemart, Histoire de la Céramique

l'art intime

telles en bleu, rachète par l'éclat de ses vifs émaux la lourdeur de sa pâte et son émail bleuté sujet à la tressaillure.

Moustiers-Marseille. Il y a quelques années, toutes les faïences françaises étaient attribuées à Nevers ou à Rouen. L'existence d'une faïence de Moustiers (Basses-Alpes) était ignorée. Les amateurs instruits hésitaient cependant à considérer comme faïences rouennaises de charmants spécimens rappelant, par l'élégance de leur forme et les précieuses arabesques dont elles étaient décorées, le style de Du Cerceau et des autres petits maîtres français. C'est M. Riocreux qui, le premier, a démontré que ces pièces, parfois d'un beau blanc, à émail uni, non vitreux, et peintes d'un bleu intense (i"'' type), parfois aussi recouvertes d'un émail tellement vitreux qu'il rivalise avec celui de là porcelaine et donne au cobalt un ton céleste et doux comme s'il transparaissait dans une glace (2° type), n'étaient pas plus de Marseille que de Rouen, et qu'il s'est formé dans Moustiers un centre très important de faïences décoratives.

Suivant M. Charles Davillier, une fabrique de poterie existait déjà à Moustiers en 1632, dirigée par les Clérissy, dont les descendants donnèrent à l'industrie de leurs ancêtres un développement exceptionnel'. Parmi les autres fabricants qui ont tenu un rang élevé, on cite Joseph Olery. « Les faïences d'Olery, dit M. Maze-Sencier, sont le plus souvent polychromes. Elles sont décorées de guirlandes de fleurs et de fruits, de sujets mythologiques et de médaillons renfermant des bustes de guerriers et de déesses, des amours, des oiseaux, etc. La décadence commence avec les dessins à caricatures, rappelant les gueux de Callot » ^.

Indiquons sommairement les fabriques secondaires de Strasbourg- Haguenau^, celle de Lunéville-*^, devenue célèbre par les groupes et statuettes en biscuit de l'habile modeleur Louis Cyfflé, celle de Lille, ville sur laquelle M. Houdoy a donné des renseignements intéressants ^ puis enfin celle de Sceaux, qui produisit des pièces de belle forme et de bonne peinture ; et, sans nous arrêter, faute de place, aux faïences étrangères qui, comme celle de Delft, en Hollande, ont été très recherchées nous passerons immédiatement à la porcelaine,

1. Ch. Davillier, Histoire des faïences et porcelaines de Moustiers-Marseille .

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