I . La porcelaine do la Chine, origines, etc
l'art intime
où des rochers sont chargés et entourés de tiges fleuries d'oeillets, de marguerites ou de graminées légères autour desquelles voltigent des papillons ou des insectes. Les couleurs employées pour ces représentations, sont, en dehors du vert de cuivre, le rouge de fer pur, le violet tiré du manganèse, le bleu toujours fin et variant de la nuance céleste au lapis, l'or brillant et solide, le jaune brunâtre et le jaune paille émaillés, le noir en traits déliés, rarement en touches épaisses.
Fig. 88. Soupière en faïence de Sceaux.
Tout cela se détache sur une couverte mate et parfaitement étendue sur une pâte d'un blanc pur ; l'ensemble est à la fois sérieux et charmant.
La famille rose a pour base décorante un rouge carminé dégradé jusqu'au rose pâle et obtenu par l'or; c'est ce qu'on appelle en Europe pourpre de Cassius ou rouge d'or. Les peintres paraissent avoir épuisé en pendantifs, en arabesques, en bouquets de fleurs formant relief, toutes les merveilles de leur palette. La porcelaine rose est donc émaillée par excellence. Lorsque les figures apparaissent, elles ont généralement un air familier : ce sont de jeunes fem-
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mes promenant leurs enfants ou se reposant sous des arbres fleuris ; des jeunes filles se balançant sur une escarpolette ; des dames dans un intérieur s'ofTrant des bouquets.
Il est impossible de parler de la Chine sans consacrer quelques mots au Japon. D'après les renseignements fournis par la Commission impériale japonaise, à l'Exposition universelle de 1878, l'origine de la céramique japonaise remonte au premier siècle avant J.-C. A cette époque, on fabriquait déjà des poteries diverses dans la pro-
l'i^. ^9- Plat de faïence de Moiislier».
vince de Yamato , avec des argiles provenant de la montagne d'Amano/ca/myama, district de Tô ichi. C'est le premier centre de fabrication connu. Les rares spécimens des poteries de cette époque parvenus jusqu'à nous sont faits à la main et de deux couleurs, rouge et noir. En l'an 27 de notre ère, des Coréens, venus de la province d'Omi, fabriquèrent des poteries plus dures que celles existant jusqu'alors. Deux cents ans après J.-C, la céramique avait fait de grands progrès, et les historiens nous apprennent qu'en l'an 400, il y avait des fabriques de poteries dans cinq provinces; mais ce ne fut qu'en 720 qu'un prêtre nommé Giyogï inventa le tour à potier. A partir de ce moment, l'art de la céramique semble prendre son essor et se perfectionner rapidement. On se mit, en effet, à employer les
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moyens connus des Chinois et des Coréens, et de nouvelles manufactures furent établies. En 1510 seulement, on voit apparaître pour la première fois au Japon la porcelaine proprement dite. Grâce aux manufactures établies dans les provinces de Hizen et à^Owari, ainsi que dans la ville de Kiotto, l'art de la céramique fit des progrès de plus en plus rapides, et ces principaux centres prirent une importance qu'ils ont conservée Jusqu'à nos jours.
11 existe au Japon trois genres distincts de produits céramiques : 1° la faïence représentée par Vati^ata yaki, le satsuma, l'awagi yaki; 2" le grès cérame à pâte ferrugineuse appelé banko yaki: 3° la porcelaine, connue sous les noms à^arita, seio, kiyomidzu yaki, etc. La faïence de Satsuma, d'une jolie couleur blanc-jaunâtre et ornée de fleurs, d'oiseaux, de semis d'or et d'argent, est une des plus estimées du Japon. Les grès cérames, les uns recouverts de glaçure, les autres sans glaçure, sont généralement des objets d'usage domestique. Leur élégance et leur délicatesse les font apprécier, et ils jouissent d'une grande réputation. Ces produits, exposés à Philadelphie (1876) et à Paris (1878), ont été l'objet d'une grande admiration. Les articles les plus curieux sont des pièces marbrées que l'on fabrique au moyen d'argiles brune et blanche, qui ont été découvertes récemment. On fabrique ainsi des objets d'un brun violacé, contenant des caractères et des dessins blancs, incrustés dans la pâte. Ce genre d'article est tout nouveau. Les décorations se font en employant une grande variété d'émaux.
Quant à la porcelaine, on peut considérer cette dernière comme une simple variété de la porcelaine chinoise. Les porcelaines japonaises, qu'elles soient décorées avec de la poudre d'or et d'argent, comme celles d'Arita, ou décorées en bleu comme celles de Seto, ou bien offrant des tons bleus, rouges, verts, vert-foncé, mauve et jaune pur, comme celles de Kutani, représentent presque toujours des scènes empruntées à la vie intime de la haute société chinoise. Les animaux symboliques sont également à peu près les mêmes dans les deux pays. Il ne faut donc pas rechercher un caractère original dans la porcelaine du Japon; néanmoins, un œil exercé sait bien la distinguer de la porcelaine de l'Empire du Milieu. Comme le témoigne le magnifique ouvrage récemment publié par MM. J.-A. Audsley et J.-L. Bowes, cette porcelaine est d'un blanc plus éclatant, la terre en est d'une meilleure qualité; les dessins en sont plus simples, les ornements moins chargés ; les dragons sont
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moins monstrueux et les fleurs plus naturelles. Les formes dénotent aussi plus de goût et sont plus correctes que celles de la Chine. « En effet, remarque M. Philippe Burty, dont la collection japonaise contient des merveilles, fils d'une race fine, ardente et artiste autant et plus qu'aucune autre du monde, le Japonais saisit rapidement tous les secrets de la fabrication, et imprima au décor un caractère de charme et d'éclat qui, certainement, n'a jamais été dépassé ».
Il est temps maintenant d'examiner le rôle exact que peuvent avoir les différents produits de la céramique dans un mobilier de luxe et de quelle manière les collections de faïence et de porcelaine peuvent s'y classer avec goût. « Le premier conseil à suivre, recommande Albert Jacquemart, c'est de ne point mêler les espèces dans une promiscuité fâcheuse. La faïence, toujours plus ample et plus rustique dans ses formes et ses décors, ne peut s'allier avec la porcelaine, naturellement fine et plus éclatante dans ses tons. Les vases da pompa, en majolique italienne, peuvent orner le dessus des meubles élevés, comme une bibliothèque, ou garnir le pourtour d'une salle à manger. Les formes robustes des hanaps de Palissy, des buires d'Urbino, des broccas de Fcrrare, s'accommodent très bien au voisinage des étagères où figure une belle orfèvrerie, et les murs peuvent se consteller alors de grands plats à reliefs, ou des histoires peintes par Avelli, Orazio, Fontana, Georgio et Andreoli , ces maîtres illustres de la majolique. C'est encore dans cette pièce qu'on peut suspendre les sévères fabrications de Rouen, de Nevers, de Moustiers et des autres usines françaises, ou bien encore les éclatants spécimens de la famille verte ou de la famille rose chinoises; les fines productions du Japon restant réservées pour les étagères et les vitrines fermées.
u S'il s'agit d'une collection suivie, elle doit rester soumise aux mômes lois générales; pour les faïences, une tenture d'étoffe absorbante pour la lumière, telle que le drap, convient parfaitement : nous avons vu un fond garance produire le plus excellent effet. Pour les porcelaines, un damas grenat fait merveille.
« Ajoutons que les faïences sont le complément naturel d'un ameublement en bois sculpté du .Moyen Age ou de la Renaissance, et que les majoliqucs italiennes ont leur place marquée sur les crédences et les cabmets à mcrustations d'ivoire. Quant aux porcelaines de Sèvres ou de Saxe, leur rôle est tout tracé dans un mobilier de luxe. Si le style en est Louis X\' bien déterminé, les girandoles à
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fleurs, les vases contournés de Meissen, feront le meilleur effet sur les cheminées, les consoles et les encoignures ; le bronze se marie très bien à ces créations éclatantes. Mais la délicatesse des Sèvres s'accommode mieux des meubles simplifiés de l'époque Louis XVI. Les recoins ménagés des élégantes étagères et des bonheurs du jour semblent préparés pour recevoir les petits vases à fond turquoise, les trembleuses chargées d'amours, les tasses relevées de paillons aux perles d'émail.
« La céramique orientale prête également au mobilier un concours précieux : le développement exceptionnel de certaines pièces, la robuste composition et la parure noble et sérieuse de la plupart des autres, font des vases de la Chine et du Japon l'accessoire presque nécessaire de certains meubles, tels que les magnifiques ébénisteries de Boulle aux découpures de cuivre et d'écaillé. Enfin, ce sont encore ces porcelaines qui relèvent le mieux les cabinets de laque ou qui éclairent, en y appelant la lumière, les angles d'un salon somptueux ».
Fig. go. Tasse en porcelaine de Valenciennes.
LA PERLE ET LA NACRE, LE CORAIL, l'aMURE, l'ÉCAILLE.
Li de nous ne connaît la perle, suave création de la nature, d'un brillant à la fois mat et chato3 ant, doux et agréable à l'œil « La perle réunit en elle la beauté de la forme, la teinte et les reflets opalins, l'éclat voilé qui s'harmonise avec toutes les carnations. Des ornements recherchés par la femme, c'est celui qui convient le mieux à la jeunesse, à la beauté simple et sans apprêt. L'art ne peut rien ajouter à ce chefd'œuvre des mers : au contraire, vouloir augmenter sa beauté c'est l'amoindrir » ' .
La perle se présente dans deux états diflérents : les gouttelettes ou boules plus ou moins sphériques, dont la grosseur varie d'une graine de coriandre à la bille de marbre des écoliers, c'est alors la /)e;'/e proprement dite; et en petites plaques ou lames, d'épaisseur variable, auxquelles on a donné le nom de nacre. Ces deux substances, si lisses et si belles, n'ont qu'une seule et même origine, soit que, nacre modeste, elles se laissent voir sous la forme d'un simple article de toilette, soit que, bijou superbe, elles se montrent lièrement posées sur un diadème royal