Maze-Sencier, Le Livre des CoUectio?ineurs
Or, nacre, ivoire ou bien l'écaillé blonde,
Fig. gS. Médaillon en ivoire sculpté.
Fig. 9(5. Kig. 97. Fig. 9S.
Phylactère en émail Châsse en émail Phylactère en e'mail
(xiii« siècle). (XIII» siècle). (xii« siècle).
LES CMAUX.
'É.MAii LF-RiK, qui liuvii toujours le privilci-^c de plaire aux yeux par ses harmonieuses couleurs, de braver le temps ^^^>lC par la fermeté de sa composition, qui est inaltérable, et Vf;.^^'-.S'"'i >J'!rJ d'attirer l'étude par sa longue existence, est un art charmant devenu chez nous un art presque national, car aucun pays, en Europe du moins, n'a produit autant d'émaux que la France.
Avant d'atteindre le rang qu'elle occupe, l'émaillerie avait accompli des progrès successifs. Les anciens peuples, tout en employant l'émail, n'avaient pas trouvé le moyen de varier, d'unir ses couleurs. Xée dans l'Orient, l'émaillerie se renferma, durant de longs siècles, dans les tons monochromes, et ne parvint à la polychromie et au rang de peinture qu'au xvi' siècle.
Mais d'abord, qu'est-ce que l'émail } Dans son acception la plus large, ce mot sert à désigner toute substance vitreuse colorée par des oxydes métalliques, qui tantôt la laissent transparente, tantôt la rendent opaque. On l'emploie pour décorer les poteries et les objets d'orfèvrerie et de bijouterie. Par extension, on l'applique spécialement aux objets de métal, cuivre, or, argent ou fer, qui ont reçu ce genre d'ornementation au moyen de verres colorés réduits en poudre et
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fixés par le feu. Ces objets constituent les émaux proprement dits, les seuls dont nous ayons à nous occuper ici.
« Les émaux sont dits cloisonnés, explique M. Alfred Darcel", lorsque l'émail est fondu dans des compartiments formés par des lames métalliques qui, soudées sur un fond de même nature, ont été rapportées une à une et disposées de manière à former un dessin qui affleure l'émail.
« Lorsque les bandes métalliques qui tracent le dessin ont été réservées dans le métal lui-même par le creusement de toutes les parties intermédiaires qui forment les alvéoles où l'émail est déposé et parfondu, l'émail est dit champlevé ou en taille d'épargne.
« Parfois le métal est ciselé en creux, de façon à figurer comme un bas-relief sur lequel on coule des émaux translucides diversement colorés, qui prennent des tons d'autant plus foncés qu'ils recouvrent des parties plus profondément creusées. Ces émaux sont dits translucides sur relief ou de basse-taille.
« Enfin, si la plaque est entièrement recouverte d'émaux dans lesquels le dessin et le modelé sont obtenus au moyen de procédés fort divers, mais qui ne réclament que la main d'un artiste, ces émaux sont appelés émaux peints. Parmi ces derniers, on désigne sous la dénomination âi émaux des peintres ceux où l'artiste s'est efforcé d'atteindre aux effets de la peinture ordinaire ».
Quel ouvrier a le premier pratiqué l'émail ? où et dans quel siècle }
« Tout semble prouver que les émaux cloisonnés sont les plus anciens et d'origine orientale. On a nié que les Egyptiens, qui étaient de si habiles céramistes et verriers, aient connu l'art de l'émaillerie. Il est probable au moins qu'ils ne l'ont que rarement pratiqué. On a peu trouvé jusqu'à ce jour, parmi ces milliards d'objets sacrés ou usuels qu'ils avaient enfouis dans leurs nécropoles, d'objets indiscutablement émaillés. Comment ce peuple, qui avait la passion de l'indestructible, aurait-il négligé un si précieux moyen ? Une expertise chimique pourrait seule décider si les cloisons du fin et gracieux bracelet du Musée de Munich, sont remplies par un verre fusible ou par un mastic.
« Les Grecs et les Etrusques ont connu l'émail et même ce qu'on nomme Vémail des peintres. La collection Campana, au Louvre, nous montre des couronnes funéraires avec fleurettes émaillées, des cygnes, des paons, des colombes, exécutés avec une adresse et une sûreté qui