I. Notice des Émattx et de l'orfèvrerie du Musée du Louvre
sont les indices d'une pratique courante. C'est le même faire que pour les bijoux de la Renaissance où l'on voit des combats ou des chimères » '.
D'autre part, quelques auteurs pensent avec le rhéteur Philostrate que l'art de l'émaillerie est originaire des Gaules où il paraît avoir été pratiqué dès le ni° siècle de l'ère chrétienne; suivant une opinion non moins accréditée, l'émaillerie sur métal, connue des anciens, aurait été perdue, retrouvée par les Grecs de Byzance, du vu' au ix* siècle, puis cultivée successivement en Allemagne au x" siècle, à Venise au xi" siècle, et enfin à Limoges au xu° siècle-. 11 est certain, du moins, que l'on ne saurait faire remonter avant le xn° siècle les émaux de Limoges qui sont parvenus jusqu'à nous, et que c'est à partir de cette époque seulement que les fabriques de cette ville commencèrent à prendre une véritable importance.
M. Dussieux pense que l'émaillerie ne date véritablement en France que du xiv" siècle. Klle a pu être cultivée en France antérieurement à cette époque, surtout à Limoges ; mais malheureusement les émaux grecs fabriqués à Byzance, et ceux qui ont été travaillés en Europe pour les imiter, peuvent être si facilement confondus, que toute attribution sérieuse est impossible. Ajoutons à cela que la champlevure ou le cloisonnage ne sont pas l'indication certaine d'une époque bien arrêtée. On a pu champlever ou cloisonner en Grèce durant plusieurs siècles, et l'Europe pendant ces mêmes siècles reproduire le travail des artistes grecs. On ne connaît d'ailleurs que quelques mentions écrites de l'émaillerie antérieures au xiv' siècle. .M. Dussieux en enregistre quatre : une charte de donation, faite en i iqy, à l'église Sainte- Marguerite de Veglia, en Apulie ; une autre de 1218, faite par Nemours, èvèque de Paris, à l'église de la (Jhapelle, en Brie ; un passage de VAngltcanum monasticiim ; une phrase d'un synode tenu en 1240. Dans ces quatre écrits, il est question de tabulas de opcrc Limogiœ, coffros Lemovtccnces, cojj'rœ de opère Limovicensi. pixides de opère Limoviceno '' .
Les progrès sensibles que l'cmaillerie fran<;aise accomplit au xiii' siècle, sous le rapport du goût et du dessin, ne tardèrent pas à répandre sa réputation jusque dans les pays étrangers. Les émailleurs limousins décoraient alors des crosses épiscopales, des croix, des