Champollion-Kigeac, Documents paléograpliiques — Émaux
L. Dussieux. Recherches sur l'histoire de la peinture sur émail dans les temps ancien.\ et sfccialement en France.
l'art intime
ciboires, des calices, des coffrets, des bassins, des colliers, des agrafes, etc. Le Louvre et le Musée de Cluny possèdent d'intéressants spécimens de ces différents objets en cuivre repoussé ou gravé, découpé à jour, doré et incrusté d'émaux, ainsi que des plaques émaillées qui servaient à orner des reliquaires, des châsses, des candélabres et des bahuts
Avec le xiv° siècle commence l'époque glorieuse de l'émaillerie. C'est alors que paraissent les émaux translucides sw relief, dont on attribue
généralement la création
à Nicolas de Pise. L'émail prend partout un plus grand développement, et les orfèvres de Montpellier rivalisent avec ceux de Limoges, dans l'art d'émailler les bijoux d'or et d'argent.
Mais bientôt arriva la décadence des émaux cloisonnés et champlevés. « Le goût de l'émaillerie incrustée sur
cuivre devait diminuer
Fig. 99. Coupe en émail (Collection Sauvageot, au Louvre). et disparaître aveC leS
progrés de l'art du dessin; la roideur des lignes, l'absence ou la crudité des ombres, la nullité des arrière-plans frappèrent les artistes qui, s'inspirant de la statuaire antique, cherchèrent pour l'art une manière plus savante. Sans renoncer à l'émail qui, par son éclat et sa durée, était éminemment décoratif, ils durent trouver un moyen de rendre avec souplesse et fidélité la nature et leurs inspirations. Bientôt les alvéoles recevant la matière vitreuse sont entièrement négligées ; la France, à l'exemple de l'Italie et de l'Allemagne , adopte la peinture sur plaques de verre avec lustre métallique. La transition fut , comme toujours, hésitante et imparfaite durant le xv^ siècle ; les émaux opaques et violacés dans les carnations, les tons bleus, violets et verts très vifs dans les vêtements , caractérisent cette époque où l'émail-