De Laborde, Notice dea émaux et bijoux du Louvre
ET LE GOUT EN FRANCE
cette époque, dont les œuvres se vendent aujourd'hui à des prix bien plus élevés que le poids de l'or.
Telles sont les œuvres de Jean de Court. Le poète J. Blanchon, en 1 583, a vanté
La suratiste excellence De l'estimable de Court, Veu en la royale court.
« Le plus charmant spécimen que l'on connaisse de lui, dit .M. Philippe Burty, est cette jolie coupe qui figurait dans la vente Pourtalès, et qui fut enlevée par le Musée de Kensington au prix élevé mais non pas énorme de 35,000 francs. Elle était datée de 1556. h^le fut offerte par François II à sa belle fiancée Marie d'Ecosse. Répété deux fois, l'écu d'or, surmonté de la couronne fleurdelysée de l'Vance, éclatait au milieu des grisailles. Sur le couvercle, la chaste Diane victorieuse d'Eros, s'avance sur un char avec la troupe de ses nymphes et de ses lévriers ; dans la vasque, le Repas des dieux aux noces de Psyché et de l'Amour : quatre superbes bustes en médaillons meublent le dedans du couvercle, et des arabesques du goût le plus pur courent, comme une vigne, sur le socle du vase, autour du pied et de l'extérieur de la vasque. L'aimable princesse qui s'appela depuis Marie Stuart, emporta-t-elle en Ecosse ce souvenir de l'époux qu'elle avait perdu après dix-huit mois de mariage ? Comment ce frêle cadeau de noces avait-il échappé au naufrage du temps et aux révolutions de la mode? » '
Jamais on ne prodigua plus l'émail qu'à cette époque. Tandis que les peintres en revêtaient leurs bassins, leurs buires, leurs plats, leurs coupes, les orfèvres en couvraient tous leurs produits ; le roi trouva même qu'ils en abusaient pour augmenter le poids de l'or, et le 23 mars 1540, il interdit l'emploi des émaux opaques, beaucoup plus lourds que les émaux transparents, en raison de l'oxyde d'étain qui entre dans leur composition. Cette mesure qui privait l'art de l'émailleur de l'une de ses plus précieuses ressources, souleva de vives réclamations. On objecta que l'émail clair ne pouvait être employé pour « les visages et carnations de figures, filets appliqués en bordures, carcans, chaînes, boutons et autres joyaux », et le roi, par une ordonnance datée de Sainte-Menehould (1543), consentit à rendre aux orfèvres le droit d'user de toute espèce d'émaux d pourvu que lesdits émaux y