Hommes illustres, Vie de Charles IX
ET LE GOUT EN FRANCE
laquelle était figuré un roi à cheval ; le bas-relief représentant les noces d'Hercule et d'Hébé dans le ciel, avec bordure prise dans la masse. Mentionnons encore la plaque quadrangulaire oblongue en fer ciselé, de travail allemand, conservée au .Musée Correr, à Venise. Cette œuvre magistrale, qui représente la famille d'Antoine PefTenhauser, n'a pas moins de 21 centimètres de hauteur sur 64 centimètres de largeur !
Le repoussé et la ciselure qui interviennent de plus en plus dans la ferronnerie, s'adjoignent la damasquinerie d'or et concourent, avec les autres arts, à la décoration des riches intérieurs. On ne s'étonnera donc pas de voir le fer ciselé et poli servir d'encadrement aux glaces de Venise, l'el est le magnifique cadre de miroir du -xvi' siècle en fer repoussé, doré et damasquiné, de la collection de .M. Spitzer, et cet autre, de style Renaissance, appartenant à .M. le comte de Montbrizon. Deux cariatides encadrent ce chef-d'œuvre de leur svelte profil, appuyées sur des consoles qui se réunissent en-dessous en guise de cul-de-lampc. I>'œuvre entière est couronnée d'un fronton au cintre surbaissé, lequel en recouvre un second de forme triangulaire portant sur une frise. Dans un soubassement, entre les deux consoles, on lit ces vers à la Ronsard :
Heureux le jour, l'an, le mois et lu place, L'heure et le temps où vos yeux m'ont tué; Sinon tué, à tout le moins mué (changé). Comme Méduse, en une froide glace.
Va pour servir de commentaire à ce quatrain, l'artiste a représenté dans la frise supérieure la fable de Diane et d'.Vctéon.
Ce miroir aurait appartenu à Diane de Poitiers-, et l'.Vctéon qui lui aurait fait ce présent serait Henri 11, que cela ne nous surprendrait pas.
Nous allions oublier les fers splendides de l'ancienne collection Debruge, parmi lesquels on remarquait, exécutés au repoussé, ciselés et damasquinés d'or. Mars et N'énus surpris par N'ulcain ; l'Aurore et Céphale ; l'Adoration des xMages, et enfin un bas-relief sur cippe ciselé, avec ornements damasquinés d'or. Trois scènes y étaient représentées : l'Enlèvement de Droserpine ; Cérès à la recherche de sa fille ; Mercure se présentant devant Dluton pour réclamer Proserplne au nom du maître des dieux.
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l'art intime
Un moment, on imagina de remplacer le fer par l'acier ; mais les artistes trouvant à ce métal trop de résistance, préférèrent sculpter, ciseler et fouiller le fer. Les amateurs connaissent les chefs-d'œuvre de lios musées en ce genre, tels que pommeaux d'épées ou de dagues, boucliers, médaillons, etc. Cela n'empêcha pas Benvenuto Cellini, si nous en croyons ses Mémoires, de ciseler sur acier le médaillon
d'Alexandre de Médicis, dont il avait fait en deux heures le modèle en cire.
Le Journal de la comtesse de Sauzay, publié par M. le comte de la Ferrière- Percy, mentionne, à la date du 13 avril 1572, « une boîte d'acier», probablement un coffret à bijoux, ayant coûté « 6 soubz ».
Ajoutons que les bijoux eux-mêmes étaient quelquefois exécutés en acier ou en fer, témoin la jolie bague du temps de François I", conservée au Musée Sauvageot. Ce bijou est en fer ciselé à deux cariatides, hommes et femmes formant anneau. Sur le chaton on voit, gravé en creux, un autel surmonte de Jîammes, et autour, la devise : Rien sans