I. Pli. Buity, Vit Artiste en damasquine
l'art intime
merveilles de légèreté et de force, de délicatesse nerveuse, dont les gardes sont repercées à jour ou damasquinées d'or ou d'argent, ou forgées en volutes élégantes.
« En tête des armes offensives, a écrit Paul de Saint-Victor, brille l'épée, la plus noble de toutes, le symbole de la force et du commandement. De tout temps l'épée a fait partie de l'homme de guerre : on ne l'imagine pas plus sans elle que le lion sans ongles et l'aigle sans serres. La langue du Moyen Age en parle comme d'une chose vivante. On la baptisait souvent comme une chrétienne qu'elle était. L'épée de Charlemagne s'appelait « Joyeuse » ; celle de Roland «Durandal»; celle d'Olivier «Haute-Claire»; celle de Renaud « Flambeau ».
On dit que Godcfroy de Bouillon (xi' siècle) fendait un homme en deux d'un coup d'épée. Le P. Daniel ne voit rien là de bien étonnant, si l'on songe à la force des hommes de cette époque et au poids des épées qu'ils maniaient, du reste, avec une grande habileté. On conserve à Meaux une épée longue de plus de trois pieds (o"',974), large de trois pouces (o'",o8i) et pesant cinq livres (2*^,447), regardée comme étant celle d'Ogier le Danois, un des preux de Charlemagne, mort à l'abbaye de Saint-Faron, à Meaux, vers la fin du ix' siècle. Les épées de cette époque sont de forme et de longueur très variées. Les plus usitées sont désignées par les auteurs sous les noms de flamberges, flambais, ■plommées, verduns, brans, braquemars, espadons, allumelles, guindrelles, estocades, colicheiiiardes, etc.
Presque toutes ces armes disparurent au xvi' siècle, et des formes nouvelles les remplacèrent.
A plusieurs reprises, depuis Philippe de Valois, le poignard avait trouvé place dans la toilette. Sous François I", on ajouta l'épée au poignard, et cet usage s'enracina si bien dans les habitudes, qu'aujourd'hui encore il en reste des vestiges qui ne paraissent pas près de s'effacer. Rabelais s'en est moqué en mettant au flanc de son pacifique Gargantua une belle flamberge de bois doré avec un poignard de cuir bouilli. Selon lui, les Français tenaient cette mode des « Indalgos bourrachous », nom sous lequel il désigne ces aventuriers espagnols, vantards, querelleurs et ivrognes, dont les guerres du xvi' siècle inondèrent le continent. Les épées de toilette du temps de François I" sont les premières qui se montrent avec la poignée munie d'une garde pour couvrir la main '.