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DINANDERIE : CUIVRES REPOUSSÉS, PLATS, BASSINS, ETC

AK le nom de dinanderie, on désigne le travail du cuivre repoussé appliqué aux œuvres d'art aussi bien qu aux ustensiles usuels, tels que fontaines, plaques, bassins, plats, chandeliers, lustres, etc. L'abondance du zinc aux alentours de Liège, dit M. Charles de Linas, engagea de bonne heure les fondeurs du pays à substituer ce métal à l'étain dans les alliages de cuivre. Selon toute probabilité, l'industrie du laiton prit naissance aux bords de la Meuse; il est certain qu'on l'y cultivait avant qu'il en fût question ailleurs. Ln effet, dès le x" siècle, si l'on en croit Folcuin, l'évèque Xotger avait enrichi sa cathédrale d'un pupitre destiné à lire l'évangile, meuble ex a:rc ductili et fusili, en partie doré et argenté, où le laiton perce sous la description artistique de l'ancien chroniqueur'.

Autrefois, la chaudronnerie de cuivre rouge et jaune s'appelait dinanderie ou dinanteric, de la ville de Dinant, près Liège, « ville très riche, dit Commines, à cause d'une marchandise qu'ils faisaient de ces ouvrages de cuyvre qu'on appelle dynanderie ». On disait, pour

1. L'Art et l'Industrie d'autrefois dans les répons de la Meuse bel^e. Souvenirs de l'Exposition rétrospective de Liège, en

l'art intime

cette raison : « Coivre (cuivre) de Dinant », ou, comme le rapporte le Dict du Pays {xvi" siècle) : « Les chauldronniers sont en Dinant ».

La chaudronnerie historiée prospéra de bonne heure dans cette ville, où naquit le batteur Lambert Patras, lequel exécuta en 1 112 les célèbres fonts baptismaux de l'église Saint-Barthélemy. Le moine Théophile, qui vivait au xii'^ siècle, d'après l'opinion presque universellement admise aujourd'hui, consacre trois livres de son Essai sur divers arts [Diversarum artium Schedula) à l'art de la fonte du cuivre, et les curieux peuvent y lire comment on procédait pour faire les encensoirs en cuivre fondu et en cuivre battu. Le savant religieux traite ensuite du travail du repoussé et décrit soigneusement la manière de s'y prendre pour obtenir des reliefs de toute espèce.

On rencontre la mention d'objets en cuivre manufacturés par les batteurs de Dinant, nous apprend M. Alexandre Pinchart, dans un tarif des droits de tonlieu, qui fut édicté, en 1252, par Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut, et Gui de Dampierre, son fils, à la demande des marchands de l'Empire germanique. La réputation des ustensiles fabriqués par les Dinantais était devenue proverbiale au xni' siècle.

Quoi qu'il en soit, les batteurs dinantais furent longtemps en rivalité avec leurs voisins, les batteurs de Bouvignes, « par une vraye jalousie de gloire, comme dit un vieux chroniqueur, et pour soy mesler d'un mesme mestier de batterie». Et cependant, un document de 1466 dit positivement « que les ouvrages de batrye que l'on faisoit et ouvroit audit lieu de Dinant, estoient autres et d'autre façon que ceux que l'on fait et oeuvre en la ville de Bovingne », et dans une autre pièce de la même année sont déterminés les ouvrages que fabriquaient ceux de Dinant, parmi lesquels sont cités « les ouvrages de potrye, ymaiges et chandeliers ».

On faisait également à Bruges des ouvrages de batterie de toutes sortes. Nous trouvons dans un compte de 143 ,') que « un grant aigle de cuivre » fut conduit de cette ville à Anvers et mis « en pièces dedans ung tonneau, pour icelluy mener mieux et plus seurement à Dijon, pour mettre en la chapelle de Monseigneur », c'est-à-dire du duc de Bourgogne'.

Dès lors, l'industrie de la batterie du cuivre ne tarda pas à se répandre un peu partout. « De la Meuse, dit M. de Linas, la dinanderie gagna les provinces belges et le Rhin ; je crois l'avoir reconnue

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