I . Wood, Ctiriosities of docks
ET LE GOUT EN FRANCE
che, indifféremment; et enfin le Dictionnaire des Arts, par Corneille, cite des montres qui allaient huit ou quinze jours.
Ajoutons qu'Arnold fit en 1764, pour Georges III, une montre pas plus grande qu'une pièce de vingt centimes et qui, avec ses cent vin<^t pièces, ne pesait que onze grammes ! Le cylindre était en rubis.
On lit dans l'Almanach de Gotha de l'an 1776, que les premières montres furent faites à Nuremberg, en 1500, par Pierre Ilele, et qu'elles portèrent d'abord le nom d'œw/s de Nuremberg, parce qu'elles avaient une forme ovale. On verra plus loin à quoi se réduisent les prétentions de cet ancien organe allemand.
Le métier d'horloger était, comme tous les autres en ce même temps, doublé d'un art élégant, qui rehaussait par la délicatesse de l'enveloppe, le travail et le mécanisme de l'œuvre enveloppée. — Sous Charles IX , le boîtier des montres était le plus souvent un cristal de roche habilement travaillé qui laissait voir, à travers la transparence de ses ciselures, la merveille qu'il recouvrait. Lady I^'ellows possède dans sa collection, peut-être unique, de montres du xvn' siècle, une montre dont le boîtier est aussi de cristal. VA\c est de Jean Rousseau, d'Orléans, chef d'une nombreuse dynastie horlogèrc qui fit à l'horlogerie orléanaise une réputation presque égale à celle de l'orfèvrerie de Blois, sa voisine.
D'autres fois, comme aujourd'hui, le boîtier était en or, mais d'une forme toujours ingénieuse et façonnée d'après celle que le mécanisme
l'art intime. 3J
Fis. 1:
Tartcl en bronze cisclc et doré (Louis XV).
du mouvement, encore volumineux, avait dû prendre. Le prince Soltykoff, dans la collection spéciale qu'il avait formée et qui est restée célèbre, possédait, signé Jolly, un boîtier de montre ayant la forme d'une petite tulipe ; et un autre, de Rugend, horloger d'Auch, avec une forme pareille : fermée, c'était la tulipe en bouton ; ouverte, la fleur épanouie
Moïse, horloger de Blois, ville qui fut la première célèbre par ses montres, où l'on croit même qu'elles furent inventées % en avait fait une pour Marie Stuart. Cette montre, que la célèbre reine d'Ecosse légua à sa femme de chambre Marie Setoun, appartient aujourd'hui à sir John Dick Lander, près d'Edimbourg. M. Wood en a donné la figure au frontispice de ses Cunosilies.
Citons encore, parmi les horlogers blésois, Gribelin, dont M. Wilbraham exposa, en 1852, une montre datée de 1600, qui marquait le mouvement des astres et portait un almanach perpétuel sur son cadran. On sait d'ailleurs que Toutin, imité bientôt par son compatriote Vauquer, et par Morlière, d'Orléans, appliqua le premier les émaux opaques aux boîtiers des montres.
Sous le règne d'Henri IV, les montres étaient volumineuses, et on les portait sur la poitrine pendues au cou. L'Inventaire de Gabrielle d'Estrées mentionne « une monstre d'or, fort belle, avec une grande quantité de diamans, une perle au bout, estant en poire, prisée sept cens escus ». Beaucoup de ces montres étaient à sonnerie. Le T^estament et inventaire des biens de Claudine Bouzonnet Stella (1693- 1697), femme artiste de l'époque, enregistre « une montre sonnante, ayant la boîte d'or, laquelle boîte y compris la platine du cadran pèse 2 onces moins un demi gros », plus, « une petite montre octogone, la boîte de cristal, en coquille ». D'un autre côté, nous savons par une lettre datée de Paris (juin 1673) publiée dans le Mercure de France, que la nouveauté alors en vogue consistait en montres quarrées avec des miroirs derrière. « On n'approuva pas partout cette mode, parce que l'on dit que les coins peuvent blesser quand on les porte sur soy ; on crût ainsi qu'elle changeroit, ou que du moins les montres rondes et quarrées regagneroient tour à tour, comme avaient fait les souliers ronds et les souliers quarrez. »
Néanmoins, les montres sonnantes étaient rares ; Gaston d'Orléans en avait une assez précieuse pour exciter la convoitise de quelques