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LE FAUNE DANSANT

(Musée du Vatican.)

formes encore animales. Il voit en eux des précurseurs sauvages de l'homme. Ils lui deviennent sacrés comme des ancêtres, et il les divinise

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parce qu'ils lai représentent des origines mystérieuses, des forces primitives et inconnues. Placé entre les dieux inférieurs et les grands dieux, l'homme les révère les uns et les autres comme les extrémités d'une chaîne qui unit dans une communion universelle la vie animale et la vie divine, la terre et le ciel. Voilà comment les Satyres et les Faunes sont admis aux honneurs de la statuaire, qui cependant les caractérise par certaines marques de bestialité et par les signes de l'habitude rustique.

Ane considérer ici que l'attitude, c'est un chef-d'œuvre sans prix que le Satyre de Praxitèle, qu'il faut connaître avec Visconti, dans l'admirable Satyre du Vatican, celui que les Grecs appelaient par excellence « le fameux >» (r.epiSô-qzo^). La vie heureuse et inutile de l'âge d'or, la fraîcheur de l'adolescence et la santé, la grâce naïve, un nuage même de rêverie légère, tout cela est exprimé à ravir parla seule attitude du jeune Faune. Mollement appuyé du bras droit sur un tronc d'arbre, il penche un peu la tête sur l'épaule gauche, et il semble écouter encore les sons de la flûte dont il jouait tout à l'heure. Le mouvement de son corps, contrasté sans affectation, la hanche relevée avec souplesse, la pose des jambes l'une devant l'autre, et le pied qui traîne négligemment sur l'orteil, donnent à la figure une physionomie naturelle, agreste et jeune, et l'expression d'une félicité pure, connue seulement dans l'enfance du monde. Nous dirons bientôt comment le caractère des formes est venu compléter la signification du maintien.

La douce langueur, d'une ivresse voluptueuse, mais divine, n'est-elle pas d'une expression achevée dans le Bacchus qui, un bras levé sur la tête, s'appuie nonchalamment à un tronc d'orme orné de pampre, et dont l'attitude tranquille est cependant si animée par ce bras levé qui laisse à découvert les palpitations de la poitrine? Veut-on voir dans les antiques le geste de la pudeur? les imparfaites copies de la Vénus de Praxitèle en sont des types charmants. La nature en a offert le premier motif: l'art en a consacré le modèle. Le sculpteur athénien a vu Phryné sur le rivage de Phalère, et la baigneuse au malin sourire s'est transfigurée en une déesse plus chaste dans sa nudité que la courtisane avec les draperies qu'elle dépouille. La pudeur est exprimée aussi par une main rapprochée de la tête pour soulever le voile. Les jambes croisées sont un signe de douleur. Le croisement des mains sur le genou, joint à l'attitude convenable du reste du corps, indique le plus profond abattement. Un pied posé sur un rocher ou sur tout autre objet assez haut, et le bras appuyé sur le genou de la jambe ainsi posée, symbolisaient la propriété et la puissance : c'est la belle attitude qu'a donnée Ingres à son Œdipe lorsque, face à face avec le Sphinx, le héros prend déjà possession du troua en vertu de l'intelligence supérieure qui a deviné l'énigme.

La main formant la voûte au-dessus des yeux, geste très aimé dans 1

plastique et la danse antique, dit Ottfried Millier, accuse une observation attentive et profonde: c'est le geste que fait la figure d'Ovide entrevoyant

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