‹ Grammaire des arts du dessin: architecture, sculpture, peintureChapitre 116 sur 175 · FRAGMENT DU TOMBEAU DE MAUSOLE · texte numérisé non relu

FRAGMENT DU TOMBEAU DE MAUSOLE

Il est vrai de dire, en sens inverse, que la sculpture grecque, môme celle de Scopas et de ceux qui travaillèrent avec lui au tombeau de Mausole, nous a laissé quelquefois des lionsde ronde bosse, sans véritécomme sans vraisemblance, des espèces de monstres dégrossis à peine et qui n'offrent qu'une réminiscence très éloignée et très vague de la nature. Mais qui oserait dire que, dans les mufles du Parthénon, l'infidélité de l'imitation n'a pas été voulue et que l'artiste y a trahi son impuissance? Quand on voit la cavalerie processionnelle des Panathénées sculptée en

bas-relief sur la frise, et la tête, de cheval, si frémissante et si belle, qui remplissait l'angle du fronton oriental, comment croire que les élèves de Phidias, les Agoracrite, les Alcamène, n'ont pas écarté volontairement de leur imitation, dans les masques attenant à l'architecture, ce que la réalité vivante et remuante aurait eu de contraire à la gravité monumentale du style dorique, si calme, si solide, si constructif, si bien fait pour l'immobilité éternelle et l'éternelle durée ?

Sans être un écuyer bien habile ni un profond connaisseur en équitation, il est aisé de comprendre que l'art grec, au temps de Périclès, est arrivé à la perfection dernière dans la sculpture des chevaux. Faire vivre l'idéal, donner à la beauté sublime les apparences du naturel le plus simple, tel est le problème insoluble que l'école de Phidias a pourtant résolu.

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