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TÊTE DE L'ON DES CHEVAUX DE LA NUIT

(Fronton oriental du Parthénon.)

En regardant lafrise du temple de Minerve, on croit assister au spectacle des choses réelles, ne voir que des chevaux en tout semblables à ceux qui caracolent dans les manèges, qui bondissent au sonde la musique militaire, qui, se sentant regardés, déploient leurs grâces dans nos promenades publiques, ou qui folâtrent librement en pleine campagne.

Nous-même, envoyant défiler dans les rues d'Athènes la cavalerie du roi Othon, nous remarquions avec surprise la parfaite ressemblance des chevaux du Parthénon avec ces petits chevaux syriens, au corps ramassé, à la tête sèche, aux naseaux ouverts et mobiles, aux reins souples et courts, qui tournaient complaisamment sur eux-mêmes, s'enlevaient sous la main, redressaient vivement la tête ou la ramenaient en arrondissant leur encolure, levaient haut les jambes, s'arrêtaient court, et semblaient, non pas répondre aux aides du cavalier, mais les pressentir et deviner toutes ses pensées, comme en vertud'une secrète infusion de son âme... Cependant, quand nous en revenions à contempler les marbres ou les mou-

lages, la cavalerie du grand sculpteur redevenait plus vivante, oui, plus vivante encore, mais d'une vie divine, de cette vie que respira sans doute l'exemplaire primitif du cheval arabe, sorti des mains du Créateur. Il nous parut que Phidias, après avoir saisi dans sa pureté originelle l'espèce du cheval arabe — aussi bien que celle du bœuf, de la vache et du bélier qu'il a sculptés dans sa frise — avait su la varier par l'observation de la nature individuelle, en introduisant dans son œuvre, avec sobriété et délicatesse, certaines inégalités de la vie, certaines différences légères qui font de ces animaux des êtres divers entre eux, mais tous conformes à l'espèce, tous de race arabe et de pur sang.

Nous sentions alors ce qu'a si bien exprimé, depuis, un fin critique, l'auteur des Causeries athéniennes, Victor Cherbuliez, à propos d'un che-

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