PLAFONDS ET COUPOLES
C'est une question que de savoir s'il convient de peindre des figures humaines sur les plafonds. Au premier abord, il semble ridicule que des scènes de la Fable, et surtout celles de l'histoire, soient représentées sur des fonds plats ou voûtés au-dessus de nos têtes. Il est absurde de penser qu'à une place où nous ne pouvons entrevoir que le ciel, le peintre nous montrera, par exemple, les allées ombreuses de Versailles, et que nous y verrons se promener Louis XIV et Mmede Montespan, à qui le Puget présentera des statues de marbre d'une pesanteur effrayante. Peindre des figures qui, sans être soutenues par des ailes, garderont éternellement la position horizontale, c'est une licence qui paraît choquante, d'autant plus que le spectateur est obligé de se rompre les vertèbresdu cou pour regarder un tableau qu'il verrait beaucoup mieux sur le mur, et qui ne serait vraisemblable que posé verticalement. Les Italiens ont critiqué finement la
peinture des plafonds, en plaçant au milieu des chambres qui en sont ornées, des tables où est encastrée une glace, dans laquelle le visiteur regarde en bas ce qui est peint en haut.
Le seul objet qui puisse décorer un plafond sans heurter les convenances, c'est un ciel avec quelques figures volantes, si l'on veut; mais ici se présente une difficulté nouvelle, devant laquelle se sont arrêtés les grands maîtres, à l'exception du Corrège. Les figures qui sont en l'air, portées par leurs ailes ou par des nuages, ne peuvent guère être