‹ Grammaire des arts du dessin: architecture, sculpture, peintureChapitre 87 sur 175 · ÉCRITURE ARABE DES P R E MI ER S 91 Ê C LE S , DITE COUFIQOE · texte numérisé non relu

ÉCRITURE ARABE DES P R E MI ER S 91 Ê C LE S , DITE COUFIQOE

haute. Quelquefois, pour rehausser l'importance et l'éclat des lettres coufiques, l'artiste arabe les écrit en faïence émeraudesur un fond blanc et les coupe de légers fleurons en noir et azur. Mise en œuvre par le génie oriental, la faïence émaillée forme dans l'art moresque des mosaïques d'une coloration violente, mais harmonieuse; elle oppose le poli de ses surfaces à l'aspect grenu et mat des parois de plâtre, dépolies par des myriades de lotus, de triangles et de gaufrures, et tandis que la lumière se réfléchit sur l'émail, elle va s'amortir et s'absorber sur les dentelles des arcades et sur les draperies de stuc qui semblent revêtir toutes les surfaces et tous les murs.

En résumé, le choix de l'arc outre-passé et de l'ogive, employée souvent à titre décoratif;

Les pendentifs dits en stalactites;

Le chapiteau cubique, délicatement orné d'entrelacs peu en relief ou chargé de pendentifs en miniature ;

L'intrados des arcs découpé en fines broderies et les tympans percés à jour;

Le système de l'arc et delà voûte souvent simulé par une construction en bois qui porte des voûtes fictives et des arcades appliquées;

Au dehors, l'extrême rareté des ouvertures et l'austérité des murailles;

Au dedans, une ornementation prodiguée à toutes les surfaces, composée de fleurons, d'entrelacs et de figures géométriques, et rehaussée de couleurs et de dorures ;

L'absence de tout signe rappelant la vie animale ;

Enfin, l'écriture se mêlant à la décoration et remplaçant les images de la vie par l'expression de la pensée :

Tels sont les traits marquants du style arabe, entant qu'il se distingue de l'art byzantin.

L'ogive. Style gothique. — Tant que l'architecture de l'Occident avait

été pratiquée par des moines, elle n'avait pas exprimé entièrement et au plus vrai les sentiments qu'inspire l'Évangile. Elle avait conservé dans ses formes de traditions païennes, et dans sa physionomie morale des marques de prudence et d'attachement à la terre. Tous ses arcs s'étaient pesamment dessinés en plein-cintre comme ceux des Romains, et l'église chrétienne, durant des siècles, avait complètement ressemblé à la basilique du tribunal où le préteur l'avait jadis condamnée. Le christianisme en était encore à trouver dans l'architecture une expression éclatante et profonde, une expression absolument originale de son génie. La religion de Phidias et de Périclès avait fait descendre la beauté des dieux sur la terre; au contraire, la religion du Christ faisait monter l'âme des hommes dans les cieux. Ce grand contraste, qui aurait dû, ce semble, être accusé par l'architecture dès le commencement, n'y fut traduit qu'au xue siècle, lorsque, le compas et l'équerre passant aux mains des laïques, le peuple put mettre dans son temple l'empreinte de ses sentiments naïfs, superstitieux, exaltés, et ce caractère d'aspiration, aspiring character (disent les Anglais), qui est vraiment celui du christianisme pur. Alors naquit une architecture qui, au lieu de s'étendre, allait s'élever; qui, au lieu de s'asseoir et de reposer sur de tranquilles horizontales, devait se développer en hauteur sur des verticales hardies. Ce style nouveau demandait l'emploi dominant d'une forme nouvelle, et voulait un nouveau moyen de construction. La forme, ce fut l'ogive; le moyen de construction, ce fut l'arc-boutant.

Mais d'abord quelles sont les origines de l'ogive qui ont donné lieu à tant de controverses? Si cette question n'était pas du domaine de l'histoire, et que nous eussions à l'examiner ici, il nous serait facile de montrer que l'ogive en elle-même (ou l'arc brisé, l'arc aigu) n'a point d'origine, que personne ne l'a inventée, pas plus qu'on n'a inventé le cercle et le triangle. En fait, l'arc brisé se trouve isolément, il est vrai, dans les plus anciens monuments de la terre : en Egypte, dans le Rhamesséion de Thèbes, qui date d'environ trente-quatre siècles; en Grèce, dans le trésor d'Atrée, à Mycènes, qui remonte aux âges héroïques ; en Asie, dans la porte d'Assos (Tessier, Descriptions de F Asie Mineure) ; en Etrurie, en Sardaigne, en Corse, dans certains tombeaux du temps des Pelages; en Amérique, enfin, dans quelques constructions mexicaines d'une haute, antiquité (HittorfF, Architecture moderne de la Sicile). Toutefois, cesi monuments présentent l'arc aigu, non pas construit en claveaux, selon le système que nous avons déjà expliqué, mais obtenu au moyen de grandes assises horizontales posées en encorbellement, c'est-à-dire en saillie l'une sur l'autre. Quoi qu'il en soit, l'instinct naturel de la pondération avait indiqué aux hommes ce que la science leur enseigne de nos jours, savoir, que l'arc aigu est celui dont la stabilité est la plus grande, dont la poussée est la moindre. Étant donnés, en effet, deux arcs

de môme diamètre et d'égale épaisseur, l'un en plein-cintre, l'autre en ogive, la poussée de l'ogive est à la poussée du plein-cintre comme 3 est à 7 (Rondelet, Théorie des Constructions), et, de plus, il suffira de donner à l'ogive les trois quarts de l'épaisseur et de la force qu'exigeront les points d'appui du plein-cintre correspondant.

Cependant, si l'ogive est aussi ancienne que le monde, si ses propriétés de résistance ont été devinées ou reconnues bien avant notre xne siècle,

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