‹ Grammaire des arts du dessinChapitre 35 sur 79 · VOUTE D ' A II È T E . VOUTE EN ARC DE C L 0 I T H E · texte numérisé non relu

VOUTE D ' A II È T E . VOUTE EN ARC DE C L 0 I T H E

voûte en "arc de cloître correspond à la partie retranchée de la voûte d'arête (en les supposant égales de cintre et de diamètre) ; ensuite, dans la voûte d'arête, cbacune des (piatre parties ne s'appuie qiu' sur deux

NICHE ou c U L - D E - F 0 u n .

angles, tandis que; dans la voûte en arc de cloître chacun des quatre triangles spliéri([ues, ayant pour base un de ses côtés, porte tout le long du mur, où il prend naissance, d'où il suit que la voûte en arc de cloître est plus solide que la voûte d'arête.

Do même que le polygone d'un nombre infini de côtés devient un cercle, de même la voûte en arc de cloître, élevée sur un polygone régulier d'un nombre iuliiii de côtés, prend la forme d'une demi-sphère et devient une voûb' spbéri([ue. Ou en peut induire, ce (pie d'ailleurs la

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science a do'inonli'é, que la ^■oùle spliérique est la plus solide des voûtes en plein-cintre.

A ces variétés de la Aonie, il faut ajouter celle qu'engendre la variété du plan, c'est-à-dire la configuration des surfaces qu'il s'agit de couvrir, car le plan d'une voûte n'est autre chose que le sol qu'elle couvre. Si, des divers points qui marquent la naissance de la voûte, on laisse tomber des lignes verticales, des aplombs^ la rencontre de ces aplombs avec la surface liorizontale du pavé y dessinera le plan. Si le plan est un demicercle, on pourra le couvrir d'un (juart de sphère appelé niclie ou cnl-dcfour. Si le plan est triangulaire ou se termine par un triangle, ou pourra le couvrir par un demi-cône appelé trompe; mais ces plans ne sont jamais ceux d'un édiflce monumental : ils ne se rencontrent que dans des portions de monument.

Le plan de forme ronde, qui avait, dans l'antiquité, une signihcation symboli([ue (nous l inons dit plus haut), a été employé souvent par les Grecs, plus souvent encore par les Romains, lesquels y voyaient sons doute, indépendamment de la tradition religieuse, des conditions de solidité et de durée. Rien de plus solide, en effet, qu'un mur circulaire, et c'est au point qu'un pareil mur pourrait subsister avec une très petite épaisseur. « Cette propriété, dit Rondelet [Art de b(ittr), se démontre par une expérience fort simple : si l'on prend une grande feuille de papier, on ne pourra jamais la faire tenir debout étendue en ligne droite; mais si l'on en forme un cylindre creux, elle se soutiendra avec une certaine stabilité, quoique l'épaisseur de sa base ne soit pas la millième partie de la hauteur de la feuille. »

Mais du moment qu'une enceinte circulaire doit èti'e couverte, comme elle ne peut l'être qu'en voûte, pour peu que l'enceinte soit grande, les murs doivent avoir une épaisseur proportionnée à la charg(^ f[ui va peser siu' eux. En moyenne, l'épaisseur du mur dans une salle ronde voût<îe est égale au septiènuï du diamètre intérieur. C'est ce qu'on ol)serve dans la Rotonde du Panthéon, à Rome, et dans plusieurs autres qui peuvent servir de modèles {Parallèle des salles rondes de F Italie, par Isabelle), et cette proportion ne regarde pas seulement le consti'iicteur, elle intéresse l'artiste, puisqu'elle importe à la solidit(î ap[)arente, condition essentielle de la beauté. Au Panthéon d'Agrippa et dans l)eaucoup d'autres rotondes, l'épaisseur des points d'appui est énergiquement accusée par huit évidements, dont l'un est affecté à la porte d'entrée et les sept autres à des niches. La voûte porte ainsi sur huit piliers principaux, réunis par de grands arcs, et les ^ides mêmes qui les séparent contriljuent à la solidité du mur circulaire en reportant le fardeau sur des points choisis, dont la résistance est prévue, calculée, iiu'ibranlable.

Cherchons nuiin tenant de quelle numière les grandes variétés de la

voûte monumontale agiroit, sur l'esprit du spectateur. Nous avous fait pressentir dans les propositions précédentes que l'architecture curviligne atteignait bien difficilement au sublime ; qu'elle ne pouvait produire les impressions de la grandeur et de la majesté qu'à la condition d'être immense, parce que la ligne courbe, en se repliant sur elle-même, rapetisse tout ce qu'elle enserre, adoucit l'effet du clair-obscur en le graduant, et substitue au contraste, qui excite notre âme, la gradation, qui l'apaise.

La s[)hêre est le solide qui confient la ]»liis grande quantité de molécules sous la plus petite surface possible. Il en résulte que la voûte spliérique paraîtra toujours petite en comparaison de l'étendue qu'elle embrasse et qu'elle couvre. 11 n'en est pas de même de la voûte en berceau, parce qu'elle est portée sur deux murs parallèles et qu'ainsi elle réunit les puissances de la ligne droite aux sensations (jue produit la ligne courlx'. Quand elle est monumentale et prolong(M', la voûte en berceau peut étonner les yeux et frapper un grand coup sur l'imagination; elle peut même éveiller le sentiment du sublime. Ces tunnels souterrains ou sous-marins que nous voyons de nos jours percer les montagnes, traverser les bras de mer ou les fleuves, et renouveler, sous clef de voûte, les hypogées funèbres de l'antique Egypte, ces tunnels ont quelque chose de mystérieux et de terrible, soit qu'une lumière artificielle en combatte rol)SCurité, soit que le regard n'y aperçoive le jour qu'aux deux extrémités du berceau, dont l'une, toujours rétrécie par réloignement, apparaît comme un point lumineux dans les ténèbres. Là se vérifie ce que nous avons dit touchant la rectitude et la continuité des lignes, et sur les solennelles impressions qui en peuvent résulter. Elles étaient connues, ces impressions, des communautés religieuses du moyen âge. On les retrouve dans les monastères, où l'architecture chrétienne bâtissait un asile aux âmes délicates et contemplatives, aux âmes blessées. Bien souvent les grandes constructions monastiques présentent des voûtes en berceau, soit dans les réfectoires profonds et sonores, soit dans les allées intérieures qui s(''pareut les cellules des cénobites, soit dans les cloîtres qui longent l'église de l'abbaye. Tout récemment, en Espagne, nous avons vu, dans un monastère abandonné, un de ces corridors voûtés, longs et sombres, que l'on ne peut parcourir sans éprouver, dès les premiers pas, un sentiment indétinissable qui dispose à la mélancolie et au dégoût de la vie. En corrigeant le froid paralif'lisme des murs, la perspective les resserre graduellement jusqu'à leur extrémité, et lorsque la voûte n'est éclairée que par là, le spectateur se sent comme menacé par le rétrécissement du berceau qui fuit devant ses yeux. L'âme opprimée songe à s'évader par l'unique issue qui s oiï're aux regards, et qui, au loin, s'em- [»iit d'air et d'azur. Ce passage subit d'une ombre large à une étroite lumière se modifie dans le sens de la beauté lorsqu'on apercé dans les

reins de la voûte quelques ouvertures qui en tempèrent la sinistre obscurité, et y l'ont alterner avec douceur le clair et le sombre. Mais du moment que ces ouvertures sont murées et que la voûte en berceau se continue sans interruption entre deux lignes parallèles, rendues convergentes par les illusions de l'optique, rcU'et redevient imposant et terrible : l'àme est saisie par rinaKciidvi ; elle peut être heurtée par le sublime.

Tout autre est l'impression que produit la voûte anmdaire. Bâtie sur un plan curviligiu», elle s'élève entre un mur concave et un mur convexe, et présente ainsi dans tous les sens des surfaces courbes. Il en résulte que le spectateur n'en voit jamais qu'une portion, le quart environ, si le plan de la voûte est un double cercle, et dès lors, la plus grande partie de l'espace à parcourir échappant à ses regai-ds, il est comnu'

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