OBSERVATIONS SUR QUELQUES-UNES DE NOS VOYELLES
te
miOQX prononcer un^imbéeUe^ un-nhérétiquerj parce que, de cette manière, on voit tout de suite que c'est d'un homme que l'on parle, tandis que, dans la prononciation indiquée par Lévitac, on doit penser qu'il est question d'une femme. ( Fay. p. 22. )
U fait diphthongue avec Yi qui suit, comme dans luU, cuU, muidj etc. (roy. p. 30.)
U prend te son o dtns rumb (rombe)» rhum (rom)» fàetum, fitetatmi, p9nngm, umbU (ombte), etc. A. L.
Quelquefois nous employons u sans le prononcer après la consonne g, quand nous voulons lui donner une valeur gutturale, oonmie àan^ prodigue, qui se prononce bien autrement que/N^odtjre, par la seule raison de l'ti, qui du reste est absolument muet.
Enfin u a diverses prononciations après la lettre q; nous les indiquerons lorsque nous parlerons de la prononciation de cette consonne.
Vu final se change en / dans certains mots, soit pour raison d'euphonie, soit parce que l'usage Ta voulu ainsi. Par exemple, cou s'écrit et se prononce col, dans col d'une montagne j col de la vesiie, GOL de chemise, un Aaus«e-€OL, et dans cette phrase du style &milier, COL (ors, col court (Il se dit encore d'un passage étroit entre deux montagnes, col de Tende, ) (L'Académie et Féraud.)
n terait plos exact de dire qae dans certains cas l'ancienne orthographe s'est cobserrée et qae les mots sont restés fidèles i leur origine; ainsi du latin coUum est Tenu d'abord eol, puis ensuite cou; de mollis, on a fait mol, puis mou, etc.; dans quelques eas lealement le ehangement ne s'est pas opéré. A. L.
Fou se prononce et s'écrit fol, lorsqu'il est employé adjectivement, et immédiatement suivi d'un substantif masculin commençant par une voyelle : fol appel, fol amour j fol espoir. (L'Académie et Fénad.)
Mou : on écrivait autrefois : un homme mol et efféminé. L'Académie écrit : un homme mou et efféminé; mais dans son édition de 1835 elle dit qu'on emploie quelquefois mol au masculin, en poésie et dans le style soutenu, quand le mot qui suit commence par une voyelle: un mol abandon ; le marcher mol et doux de la pelouse. On lit dans Buffon : les Chinois sont des peuples mols; et dans M. aément :
Sor le mol édredon dormez-vous plus tranquille?
Au lieu de beau, on écrit et l'on prononce bel avant un substantif singulier qui commence par une voyelle ou par un A non aspiré :
DES VOTKLU» COMBINÉES. 17
M eqml, bel âge^ bel oiseau^ bel homtne* Et par une extension à eette règle, on dit aussi bel et bon^ mais c'est une exception, car on
dit beau à VoiTf et non pas bel â voir. (L'Aeadémie et Féraud.)
Il eo est de même de nouveau : un nouvei hommage, un nouvel ami. Geg dlten exemples confirment ce que nous avons dit au suijet de Tétymologie du mot cou. Et la preute qu'ici / est primiUf , c'est le féminin de chacun de ces mots, moilejbelle,nouvelle. Ils ont également leur type dans la langue latine. Aussi, l'on a oonsenré la Tieille Torme dans les noms de nos anciens rois : Philippe-le-Bel, CharUe-le^Bei. A. L.
ARTICLE II
DES VOYELLES EU, OU, Al, AU,
repritenUes par plmiewrs lettrée, et qui toutes répandent à quelquesuns des sons précédents.
Un grand nombre d'anciens Grammairiens ont pris les voyelles eu
et ou pour des diphthonguesj s'étant laissé tromper par la vue de
deux lettres dont on se sert pour les représenter, faute de caractères
simples. Cependant ou et eu sont des sons très simples^ aussi bien
que 0 et e, qu'on représente souvent par au, at, comme dans le mot
fauraif qui se prononce yoré. Ensuite une diphthongue, comme
nous le ferons voir à l'article suivant, est la réunion de deux sons
simples, qu'on prononce par une seule émission de voix, et dont
chacun des sons se fait entendre. Or, dans eu, ou, il n'y a qu'un
seul son simple, bien différent des sons e, o et u, qu'on n'y entend
pas du tout. D'autres Grammairiens nomment ces voyelles fausses
diphthongues; mais cette dénomination n'a aucune justesse et est
même ridicule, car c'est comme si l'on disait une diphthongue qui
n'est point une diphthongue. Ensuite cette dénomination ne présente
en aucune manière l'idée des voyelles simples, telles que eu, oUj etc.,
qui en ont véritablement le son.
D'autres encore les appellent, aussi bien que ai, eî, au, eau^ eaienty etc., des voyelles composées. Cette dénomination n'est pas meilleure que la précédente ; en effet, si l'on n'entend par le mot voyelles que des sons simples, on sent bientôt combien cette dénomination est fausse et trompeuse, puisqu'un son simple ne peut être composé. D'ailleurs, si ce n'est qu'aux lettres qui représentent les sons simples qu'on donne le nom de voyelles, quoique cette dénomination I. j
18 DBS f OTKLLBS GOHBIlf AbS.
semble avoir quelque air de vérité, il est aisé de voir qu'elle n'est guère plus juste, et qu'elle n'est propre qu'à induire en erreur. Car, comme on attache aux lettres l'idée des sons qu'elles représentent, et que les lettres a, i, o, v, présentent l'idée des sons a, i, o, u; en nommant AI, AU, ou, voyelles composées, on donne presque nécessairement à entendre que ces voyelles, qui ne sont que des sons simples, sont un mélange de deux sons, quoique les sons a et i, a et u, o et u, n'aient aucun rapport avec les sons ai* ou é, au ou o, et le son ou; c'est pourquoi il nous semble qu'on doive aussi rejeter cette dénomination de voyelles composées, comme impropre et trompeuse.
{Traité det tant d€ la langue /Wm^., page 27.)
Gela bien entendu, esuuninons la prononciation de ces voyelles:
ai; Ye ne m prononce pu dans Caen (ville).
{Vo est nul, dans paon, paone^ faon, Laon (fille). L'a ne se fait pas entendre, dans Saône , aoriste, aoûi, aoûteron, taon (insecte) ; ni dans saoul, saouler.
JRemarque. — L'a se fait entendre dans tsoùié, participe pasaé de aoûter, qui ne s'emploie qu'à ce temps.
lAs l'offlcede l'e est uniqQement d'adoucir te g devant l'a / mangea, songea, etc. I muet, dans faisant,
A. • t« ^» A^v J ^ ^*'""*' ***°* J® chantai, y ai, je lirai, etc. Al a le son oe I \ ^ ^^^^^^ ^^ ^^^^^^ maison, etc.
dans douairière.
Remarque. *— > n n'est pas douteux que la combinaison ai n*ait le son de l'e muet dans faisant, faisait, et dans tous les verbes composés de celui-ci : quant aux substantifs et aux adjectifs qui en dérivent, l'Académie en fixe la prononciation : on prononce, dit-eUe, bienfesanee^ bienfesani, dans le discours ordinaire ; mais au théâtre et dans le discours soutenu, on prononce bienfésance, bienfêsant.
Quant an mot douairière, l'Académie n'indique pas cette anomalie de pronondation Justement aUaqnée par M. N. Landais, dont nous partageons l'opinioD. Ce mot doit eonsenrer le môme son que douaire. A. L.
' les imparfaits et les conditionnels des verbes, je disois^ji Oi a le son de l'é dirois,
onvertdans ' /*ot6/«et ses dérivés; roii« (2), monnoia et leorsdértTés;
harnois, etc.
{%) RoiM. Régnier veut qne^ l'on prononce roade-, Richelet et Wailly iffrt
lOES VOYELLES GOMBINfES. 19
Of a de plus le son de Vè très oafert dans les Tcrbes en oître qui ont plua de deux syllabes ; tels qnt paraître, disparaître, etc.
Sur quoi nous observerons que Voltaire et beaucoup d'écrivains modernes ont adopté le changement de oi en ai dans tous ces mots, quoique TAcadémie et un grand nombre de Grammairiens s'y soient eonstamment opposés. ^— Les personnes curieuses de savoir quels ont été leurs motifs, les trouveront énoncés au chapitre de l'orthographe, art. 2, t. H.
L'Académie s'est enfin rangée i eette opinion qnl araU triomplié dans l'osage. Nous noos contentons ici de constater le fait, sans entrer dans la discussion des motifii qui seront exposés ailleurs. Ainsi, maintenant on écrit par ai tous les imparfails et las condUiomièis ; on écrit eonnotlre, paraître, ( et non pins 60finollr«, fNMrotIra) motmaUf fàihU, pUblesêe. Gqmidant l'Académie écrit encore rolda, mtfs c'est érldemment parce qu'eue conserve dans le discours soutenu la pionon* eialioo roêdê; eUe tolère, du reste, fortbographe raide, raidir. Enfln elle admet éf;atemeot hamois et Aamais , comme deux mots synonymes, maU distincts, et chaam aTCc sa pnmoneiation particulière; de telle sorte que harnais se dit plutôt de ré^page d'an dwTal, et Aamois d'une amwre ancienne ; cette dernière forme M s'emploie pour fautre qoe dans le style soalena. A. L.
^' \^ ont le son do ré oorert dans hai$, ayohi, bey, seigneur, HuMm^
^ / geaison,
«Al,