‹ Grammaire des grammairesChapitre 12 sur 203 · EAU EO · texte numérisé non relu

EAU EO

^' \ ont le son de o : bateau, peaur geôlier, Georges, Il a le son de < : Je prie, ]e prierais, etc.

Remarque. -— Quelques personnes suppriment 1'^ muet du fkitur et du ncHoditiennel présent des verbes en ier : Je prkai, je jnirais ; mais c'est une &ute, du moins en prose.

OKU a le son de xu ouvert : «ncnirs, somr, œuf.

Bo a le son de u, dans les temps feus, nous eihnes, f eusse, etc.

Quoiqu'elle garde encor des airs sur la vertu , De grands mots sur le cœur, qui n'a-t-elle pas xu?

(Gresset, le Méchant, act IV, se. 9)

«ravis de prononcer rids, ràdsur, rèdir. L'Académie dit que, dans la conversa» tton, il faut prononcer rède, rèdeur, rèdir; dans le discours soutenu, rède, réd€ur, Tèdir, ou roède, roèdeur, roèdirj et Féraud se range à celte opinion.

De même les moU gageure, mangeure, le prononcent |^^;4rtf, manjûr^* Et Voltaire rime tinil, an oonmiencement du huitième chant de la Menriades

Piés des bords de l'iton, et des riTes de TEmre Est on champ fortuné, l'amour de la nature.

Cette rime toatefols nous parait forcée, et nous ne croyons pas qae Jamais Sun poisse se prononcer urê, A. L.

Eemarque^ — On écrit Europe, Ewhariêtie, heureux, Eurydice, Saint Eustaehe^ cependant on ne prononce pas urope , uduaris-

Uej etc. (Rasuut, wafflx et Lérinc.)

— n est eneore qoélques autres combinaisons de Toyelles qui sont entrées dsm notre langue, A Talde de certains mots étrangers dont nous aTons conservé l'orthographe et la prononciation, sans qu'il nous soit possible d'en rendre compte grammaticalement. Ainsi a prend le son è, ea le son i dans Shakespear, que l'on prononce CKèkipir; oo se contracte en ou dans Cook, Cooper^ et en à dans VeMUn-, Friedland se prononce Fridlande. Mais ce sont lA des noms propres, qui col bien pu conserrer leur physionomie; toIcI des noms commons dans le même en exceptionnel : oa, qui se prononce ordinairement en deui sons, comme dans boot ooMis^se contracte en o dans toast, {toste)^ toaster (toster): oè, distinct dans aloèif change de son dans kakatoès (l'Académie écrit kakatoBs)^ prononcei kakatoua; quelques-uns par corruption disent AafoAotia ; oo, dissyllabedans kanguroo, zoologie, est simple dans 2oocA (prononcez lok), et se contracte en ou dans sloop qae l'Académie permet aussi d'écrire slonpe. Enfin , ouater ouater se pitmoncest otiélSi ouéter, A. L.

ARTICLE m.

Les combinaisons des voyelles a, e, i, o, u, avec les lettres m et n finales, forment ce qu'on appelle les voix ou voyelles nasales an, en in, otiy un, dont voici les diverses représentations : am, an, ean^ em, en, im, aim, ein, on, eon, um, un^ eun^ mais ces combinaisons ne forment des voyelles nasales qu'autant qu'elles sont suivies de quelque autre consonne, ou qu'elles terminent le mot; encore faut-il, dans le premier cas, que la consonne qui les suit soit autre que m ou n, car deux m , ou deux n de suite, font presque toujours disparaître la nasalité. Ainsi, ambassade, ehrétienté (3), sang, paysan,

(S) Beaucoup de personnes prononcent ehré^ii-ne-té ; mais, d'après ce qu'on ^ent de lire, on foit combien cette prononciaUon est mauyalse.

etc., prennent le son nasal ; mais dans ammomaquêy Emmaimel^ hamme^ payMnne^ chrélimney païenne^ pertanne^ etc., les voyelles Qy e, Oy reprennent le son qui leur est propre, et m et n n*y servent qu'à articuler ceile qui les suit.

Od TOil par cette eipUeaUon quelle nuance sépare la Toyelle a da ton an, qui est, lui aussi, on son simple et indivisible, tandis que dans anne on retrooTe d'abord la Toyelle a, Cest pour cela que les Grammairiens ont distingué des Toyelles nasales. Plusieurs cependant n'y ont tu qu'une combinaison particulière de la Toyelle avec la leltre nasale, et en font, par conséquent, une syllabe. Du reste, le système est de peu d'importance, puisque, comme le remarque d'Ollvet^ la prononciation est fixe, et réglée par l'usage le plus certain et le plus constant. A. L.

U y a quelques exceptions à ces règles : l"" Les mots pris des langues étrangères, comme amen^ Jérusalem, Aymen, abdomen, Eden, etc., ne prennent point le son nasal, quoique en ou em y termine le mot, et cela parce que les langues étrangères n'admettent point ces sons; il faut donc prononcer comme s'il y avait amène, JénusaUme, hffméne (4), àbdomêne, Edine, etc. (Féraud^i'Académio, Gattei, waiHy.)

â"" En dans ennui, et em dans emmener gardent le son nasal, quoique la consonne y soit redoublée.

Noos ijouterons encore une exception pour les mots eni/wer, enorgueillir, qui se prononcent comme s'il y avait deux n, la première nasale, la seconde articulée*

(4) Htmxii. Les avis sont partagés sur la pronondaiionde ce mot. Quelques pefsonnea voudraient qu'on leprononç&t avec le son nasal. DeUlle, par exemple, te fait limer avec main:

Sa docile pudeur m'abiDdonnant sa malD,

Je la prends. Je la mène au berce de F Aymdii. {Paradis perdu, 1. s.)

D'antres, et c'est le plus grand nombre, le prononcent hymène, parce que, comme nous Vavons dit plus baut, les langues étrangères n'admettent point le son nasal.

Le mot examen, quoique d'origine latine, se prononce à la française, c'est^Adire, avec le son nasal. l\ est vrai qu'au barreau on fait sentir le n final, mais eeUe pronondaUon n'est pas asses en usage pour qu'on doive limiter.

— L'Académie exige qu'on fasse senUr le n final dans hymen, tandis qu'elle veut qu'on prononce examen comme chemin. Cela nous parait fort Juste, car hymen est, pour ainsi dire, resté laUn ; tandis que examen est devenu français en formant des dérivés examiner, examinateur. W est vrai que abdomen fait abdominal; mais l'adjectif n'est ici qu'une sorte de représenUUon du substanUf; dans l'autre cas, au contraire, les dérivés sont des mots disUncU, et présentent lldèe soua un autre point de vue. A. L.

Gda tient étIdemiMiit de ce qae eet deax moto tout eomposés de la prépoitttoD «n (in des lattDs), qid eauenre ief le son primitff ; et toilA pourquoi noua eroyons beancoop moina régulière la pnmonclatton de qadquei penonnei qui diaent ê'émr' gueiilir, quoique TAcadémle le tolère. G'ett sans doute pour la même raison que non seulement emmener, mais tous les verbes commençant par emm, ainsi que leurs dérivés» conservent la nasalité, emmagaiiner, emmailloUer, ev/imancher, emménager, emmieller, k. L.

Les trois lettres enl, à la fin de la troisième personne plurielle des verbes» ne forment jamais un son nasal, mais seulement un e mue^* et même, si elles sont précédées â*un i, elles ne donnent aucun son et ne font que rendre un peu plus ouvert et plus long le son qui les précède; ainsi ils aimeniy ils aimèrent^ etc.» se prononcent comme ils atme, ils aimerez et ils prient se prononce comme ils pri.

n faut aussi observer que» dans plusieurs mots terminés par la lettre n comme signe nasal» il arrive souvent que cette consonne est sonore» sans que cependant la nasalité cesse d'avoir lieu ; c'est-àdire que l'on fait entendre par euphonie un n intercalaire qui s*nnit avec la voyelle suivante» comme dans bon ami, que l'on prononce 6on-namî.

Les' règles que nous allons donner» pour le cas où cette lettre est muette ou sonore à la fin de la syllabe» sont d'autant plus nécessaires à connaître qu'au théâtre méme^ où l'on doit prononcer plus correctement qu'ailleurs» on parait souvent les ignorer.

Principe général. ^ On ne doit faire sonner la finale nasale que quand le mot où elle se trouve» et le mot qui le suit» sont immédia-tentent^ nécessairement^ et inséparablement unis; ou» comme dit Domergue» que quand le sens ne permet pas une petite pause après la finale nasale.

D'Olivet (dans sa Prosodie française, pag. 60) ; Dangean (dans ses Essais de Grammaire, pag. 30); Beauzée (Encyclop. méth,, lettre iV) ; Dumarsals, (même ouvrage, au mot Bâillement) ; Th. Corneille, Restant» Wallly» Léviiae» et plusieurs autres Grammairiens modernes.

On fera donc sonner la consonne n finale» dans tous les adjectifs suivis immédiatement d'un nom qui commence par une voyelle ou par un A non aspiré : ainsi dans ancien ami, ancien aiUeur, inlain homme, en plein air (5)» tout en conservant la nasalité des syllabes

(5) Dans tourtes cas indiqués dans cet article, c'est- ft-dtrc, quand le mot où se trouve la finale nasale, et le mot qui la suit, sont immédiatement, nécessairement et Inséparablement unis, Dangeau, Beauzée, Dumarsais, Th. Corneille, d'OlîTet,

DES TOTELLBS NASALES. 23

en in, on liera la oonsonne finale navec.la voyelle ou le & non aspiré qui suit; de sorte qu'on prononcera comme s'il y avait ancien-nomt, vilainr-nhùmmey etc.

On la fera également sonner dans les adjectifs possessifs mm^ ftm, son^ s'ils ne sont séparés du substantif que par des adjectifs qui y ont rapport; dans mon intime et fidèle amt, son entière et totale défaite, on fera entendre le n de mon^ et de son.

Mais on ne fera point sonner le n final dans tous les substantif» sans exception, suivis ou non suivis, soit d'un adjectif, soit d'une eonjonction, préposition ou adverbe commençant par une voyelle ou un h non aspiré; ainsi, dans passion aveugle^ bon à monter^ bon à ieteendre, un faon encore jeune^ cela est certain et indubitable^ on ne fera point entendre le n ie passion^ bon^ faon, certain.

Le n final du mot un ne se fait pas non plus sentir dans, t7 y en eut un assez hardi; l'un et l'autre; Fun aime le vin et l'autre le /eu, parce que, dans ces trois phrases, un ou run n'est ni nécessairement, ni inséparablement lié avec l'adverbe assex^ avec la coqonc-

Restaot, Boallletle, Regnier-Desmaraii, Wailly, LéTisac, et qaelqoef Grammairiens moderaei, lont d'avis que l'on doit, pour éviter an hiatus désagréable, mettre on n eapbonique entre le premier et ie second mot, et prononcer, par eiemple, votn" nespoir, ofi-nesl ici bien-nhêureim, etc., etc.

Ce soin, dit Dangeaa^ qoe Ton a pris pour éviter la rencontre des finales an, m, in, on, un, etc., autrement dites voyelles nasales, avec d'autres voyelles, a poor objet de rendre la prononciation plus coulante et plus harmonieuse ; c*est ainsi que, comme on le verra dans ie cours de cet ouvrage, pour éviter la rencontre de quelqoea-nnes de nos voyelies ordinaires, on met entre elles tantôt on t, tantôt nn s, ou tantôt un l: aimeA-on, donnê-s^n, «i-l-on, etc.

M* Dnbroca, l*on deseoUaborateurs d^Aionuel des amateurs de la langue fran-paies f ne partage pas Fopinion des Grammairiens que nous venons de citer. U veut qu'on prononce : vain espoir, on est ici bien heurewst comme s'il y avait vainespoir, o-nest ici bie^Ketareux.

m Cette manière, dit M. Dubroca, de lier les voyelles sauve les principes, et ne Jette pas dans Tinsoutenable contradicUon du double emploi de ce son, qui est simple et indivisible par essence. Le caractère grammaUcal de ces sons est renversé, & U vérité, dans leur liaison; mais c'est pour en faire résulter un ordre naturel de IvttiMHiclation, un ordre qui est tellement dans le génie de notre langue, que nous rexécutotts dans un très grand nombre de mots, par on principe de prononciation moiversel et reconnu. En effet , ijoute-t-il , que l'on observe notre manière de prononcer les mois inaUentif, inabordable, inhumain, etc., quelqu'un s'avlse-t-U de dire in-nattentif , in^nabordable , in-nhumain ? Non sans

lion ei, avec le verbe aimer, liais on prononoera le fi fliuil dans un arbre^ un atneublemmi, à cause des substantifs arbre^ ameubkmefUj auxquels est nécessairement lié le mot adjectif un. On prononcera de même le n final dans un autre hommes un assez grand nombre de personnes^ parce que, dans ces phrases, il y a une faible inversion qui ne rompt pas la liaison de l'adjectif un avec le substantif AomtiM, ou avec le substantif nomire,- et, en effet, c'est comme s'il y avait un homme autre que celui dont on vient de parler^ un nombre assez grand.

li nouf semble que dans la location Vun et Vautre les mots sont tellement Uéi ensemble qu'il serait déplacé de faire la moindre pause après le premier ; ou, pour mieux dire, cela ne fait qu'un seul mot. Ainsi, dans ce vers de Racine :

L'on et l'autre, en mourant, ]e les reni regarder.

nous croyons qu'il est nécessaire de faire sonner le n, sans quoi la prononciation serait dore et désagréable. Et peuUèlre en faut-il faire autant de Vun ou Vautre^ quand on prononce ces mots d'un seul jet. Ainsi, dans cette phrase, débitée d'an ton indiflérent, Vun ou Vautre, qu'importe ! il nous semble qu'on peot très bien faire sonner le n, tandis que si l'on veut imposer un choix, on dira avec une petite pause et en séparant les mots, Z'tin-ou Vautre. A. L.

doute; et cependant qui ignore que ces mots sont composés de la particule in, qoi répond à la préposiUon latine non, parUeule que Ton rend toujours nasale dans les mots où elle est suivie d'une consonne, comme dans in^déeent, in-tempirant. Qoe fait-on donc dans le premier cas P On prononce Vi pur, dont on forme la première syl* labe du mot, tandis que le n, qui Id appartient naturellement, va se réunhr, comme une pure consonne, A la voyelle suivante, et Von dit Unattentif, i-nabordable, i-nhumain. C'est d*après ce même principe que nous prononçons encore bo^nheur, formé de bon et de heur; nonobstant, qui résulte de non et de obstant; tfinaé' gre, évidemment formé des mots vin et aigre, etc. »

Nous n'examinerons pas jusqu'à quel point l'opinion de M. Dabrocft est fondée: cette discussion n'entre pas dans le plan que nous nous sommes proposé. Seulement nous dirons que la pronondaiion que ce Grammairien veut faire admettre a contre elle l'usage universel, et que ce motif seul suffit pour faire donner la préf^ renoe au senUment de Beauzée, de Dumarsais, de Dangeau, de d'Oiivet, etc., etc.

—La première loi pour la prononciation, c'est l'usage : on a vu d'ailleurs, page 15, A l'art. 27, la raison qui, dans certains cas, pourrait faire préférer le son nasal avec le n euphonique, pour éviter toute équivoque. A notre avis, cette manièie de dire défigure mdins les mots que l'autre. Mais Ici, comme partout, il faut prendre garde A l'affectaUon, et peut-être n'est-on pas loin de s'entendre, car les deux sys-> tèmes admettent nécessairement une prononciation adoucie^ où la nasale se fait senUr avec une intention un peu plus ou un peu moins marquée : c'est là toute la différence. A L.

DES DIPHTHÛNGCES. 25

^ On avant le verbe, dans les propositions positives, fera entendre rarticolaticm n : on lumorera^ on aime, on a dit} mais dans les formes interrogatives, on, étant après le verbe ou après l'auxiliaire, sera purement nasal, c'est-à-dire, ne sonnera pas, quoique suivi d'une voyelle, a-l-ON eu ioin? amt?e-^ON aujourd'hui P m^on ici pour longtemps P

Ia consonne n sonnera encore dans le mot en, soit préposition, soit pronom, quand il aura à sa suite un mot auquel il a un rapport nécessaire, et que ce mot commencera par une voyelle ou par un * muet, comme dans en Italie, en un moment, je n'en ai point ^ mais on dira sans liaison, |Mir/ez-EN au ministre, allez-vous-issi au jardin, donnex-m'E^ un peu, parce que le mot en n'a point un rapport nécessaire avec le mot qui le suit; ou, si l'on veut, parce que l'on peut faire une petite pause après en.

On fera également entendre l'articulation n dans les mots bien et rien, lorsqu'ils seront suivis immédiatement de l'adjectif ou de l'adverbe, ou du verbe qu'ils modifient, et que cet adjectif, cet adverbe ou ce verbe commencera par une voyelle ou par un h muet; ainsi, n se fera entendre dans bien honorable, bien utilement, bien écrire, RIEN à dire, et dans ce vers de Voltaire :

Golse, da sein des morU, n'a plus rien i prétendre. (Henr», eh. VI.)

Mais si les mots bien et rien sont suivis de tout autre mot que de l'adjectif, de l'adverbe ou du verbe, la consonne n, quoique placée devant une voyelle, n'aura plus qu'un son nasal; ainsi, elle ne sonnera pas dans il parlait bien et à propos; il ne voyait rien et n'entendait pas un mot.

Il en sera de même si bien eirien sont substantifs. Ce bien esté moi; ce rien a des attraits pour moi; le bien et le maly se prononceront sans faire entendre le n de bien et de rien.

ARTICLE IV

DES dIPHTHONGUES.

La JHphOiongue est une syllabe qui fait entendre le son de deux voyelles, ou, ce qui est la même chose, qui fut entendre deux sons distincts, prononcés en une seule émission de voix, modifiée par le concours des mouvements simultanés des organes de la parole.

(Damanaif, |Mge sie de sa Gramm., et Encyci. m^lA., tu mol Diphih.)

DBB DI?HTH0N6UE8.

L'essoioe de la diphthongae oonsiBte donc en deux points : 1* qu*il n*y ait pas^ du moins sensiblement, deux moutements soecessift dans les organes de la parole;

2"* Que l'oreille sente distinctement les deux voyelles par la même émission de yoix : dans Dieu, j'entends Yi et la Yoyelle m», et ces deux sons se trouvent réunis en une seule syllabe , et énoneés en ud seul temps. Ainsi, îeu forme une diphthongue. (Même autorité.)

L'oreille seule est juge de la diphthongue ; on a beau écrire deui, ou trois,' ou quatre voyelles de suite, si l'oreille n'entend qu'un son, il n'y a point de diphthongue; par exemple : au^ aï, aîmt prononcés à la flrançaîse, 6, é, ê^ ne sont point des diphthongues, puisque au se prononce comme un ô long : au-mône, au-ne se prononcent àmôriCj âne. — Aij aieni^ se prononcent comme un e qui le plus souvent est ouvert : palais^ avaimt se prononcent comme dans sticcês,

(lléme auiorité.)

C'est la combinaison d'une voyelle simple avec une voyelle simple, ou d'une voyelle simple avec une voyelle représentée par plusieurs lettres, comme au, eu, ou, etc. , ou d'une voyelle simple avec une voyelle nasale, en une seule syllabe, en un seul temps, qui &it la diphthongue.

Le premier son de la diphthongue se prononce toujours rapidement; on ne peut faire une tenue que sur le second, parce que la situation des organes qui forme ce second son a succédé subitement à ceUe qui avait fait entendre le premier son. cMôme autorité.)

Les Grammairiens ne sont pas d'accord sur le nombre de nos diphthongues. Les uns en admettent plus; les autres, moins. Voici la table qui nous a paru la plus exacte :

AI aie! mail.

lA • diacre.

tii moitiés

< li lumière.

( ui biais.

/ oi loi.

) KOI villageois.

( ouAi .... oaais.

{cm soin.

O0IN .... baragouin.

lo pioche.

ÎiAïf viande.

itR patient.

lEN rien.

ISO Dieu.

lov nous aimions.

lou chiourme

OK moelle.

otTAv louange.

onAetuA. . . équateur.

ouEif Rouen.

ouK. • . . . • ouest, fouet.

cm Louis, OQl.

uK écoeUe.

m loi, éW«

um Juin.

DES DIPHTHOIfGinBS. Vf

Observations,

Ai. MM. de Port-Royal, Dumarsais, et Girard regardent ay dans ayoft/, comme appartenant à cette diphthongue. Mais, dit Dudos, il n'y a point de diphthongne dans ce mot. La première syllabe est, quant au son, un a dans l'ancienne prononciation, qui était a-lani, et un e dans Tusage actuel, qui se prononce aî-fanl. Sa dernière syllabe est la nasale ant^ modifiée par le mouillé faible t. Mais cette nasale et ce mouillé faible ne sont-ils pas une vraie diphthongue?

Oui, sans doute; mais la dlphlbongne est iaint^ et non pas at, et c'est cela mena qne Dnclos a prétenda. Ce double son se rencontre dans plusieurs mots de notra langue, et Ton peut se trouver embarrassé sur la valeur des syllabes. Nous citerons cXeul, baïonnette, hayadkre^ biicaïen, camaKeu, faXenee, ga%ae, naïade, paien^ raVtf ttHaut» Dans tous ces mots, Yi se prononce entre deux voyelles, et il ne forme pas une syllabe séparée; Il se Jelnt certainement à Tune des deux pour former une dipMhoDgiie; mais à la<|iiel]e? H nous parait A peu près évident que partout Vi doit s'unir à la voyelle suivante, et que l'a reste Isolé, conune dans hair, laïque, ncHf. Ainsi, pour nous du moins, la dipbthongue aï n'existe pas dans les mots de ce genre ; mais nous la reconnaissons dans ceux-ci : bail, travail, bataille^ etc. On a contesté cette solution, « parce que, a-tH>n dit, le son mouillé qui produirait la diphthongne ne vient que de l, qui termine ces syllabes. > Cependant, si Ton entend distinctement let deux voyelles a et i, exprimées par une seule émission de voix, c'est-à- <flre, avec le caractère spécial de la diphthongue, peut-on valablement contester ce résultat^ sous prétexte que le signe l est tOQlours nécessaire pour amener ce double son? N'auralt-on pas la même raison de contester les diphthongues, ian, ien, ^n? On peut d'ailleurs citer comme exemples : aïe ! haïe ! et Biscaye, que généralement on prononce comme biseaïen, A. L.

Ta est diphthongue dans fiacre, dans dia (Molière, Dépit amour., IV, 2, 76), diable (Boileau, Art poit., III, 206], et quelques antres; mais 11 est presque toujours de deux syllabes en vers, diadème, Iliade, Diane, mariage, impérial, tiare, il publia, éic, A. L.

*^^ ) Cette diphthongue est une de celles qui sont les plus com- ^ ) mîmes dans notre langue.

EUe admet beaucoup d'exceptions pour la poésie. Ainsi U, qui ne forme qu'm ayllabe, dans amitU, piiié,pied, premier, acier, vous chaniie*, etc., en forme deux, dit Lévixae, « dans hier; dans les verbes en ier^ balbutier, et dans ceux qui, n'étant pas en iw, ont dans feurs temps <« précédé des consonnes ^,(r,dr,vr, comme tHNif mettriex, voudriez, etc. ; dans le verbe rire, et son composé sourire : vous riex, vous eauHex, etc.; et dans tousles noms où <6 est suivi d'un t,eommeimpiit4.9 M. N. Landais généralise rexc^tion pour tous les mots où les deux voyelles sont à la suite d'un r ou d'nn l, précédé d'une autre consonne, sanglier, meurtrier, ce qui s'appNque I aux autresdiphthongues cria, priant,publicns. Cette observation nous parilt

ouah J

S ras DIPHTH0N6UES.

josto pour certains eu non eomprii dans It règle de LéTlzac; ainsi, noos croyons qa'ii y a deai syllabes et non une dipblbongue dans vous enfliext vous trëmbUex^ vous eomacriez, vous déchiffriex t la dureté même de ces moU exige que la toIx s'arrête et accentue fortement. Il faut conclare de là que La Fontaine a manqué i la proiodie en faisant ie mot sanglier de deux syllabes au Heu de trois. Néanmoins, l'exception n'a plus lieu quand les lettres l ou r sont seulement redoublées ou réonkes : un eounrier, vous alliez, vous parliez, forment dipbthongne. — Pour a» fl esl généralement monosyllabe, même en poésie, lièvre (Radne, les Plaideurs, III, 3» 33), fièvre, carrière, lumière, allière, excepté an féminin de certains moU indiqués toot-à-I'heure, meurtrièret chambrière. Au contraire, iai est dipbthongne en prose plutôt qu'en vers; ainsi biais (Racine, les Plaideurs,!, 7, &3),el tous les imparfaits des verbes en ier, font deux syllabes en vers. Peut-être fauUil excepter quelques mots comme bréviaire, stagiaire; mais nous n'oserions l'affirmer. A. L.

Toutes les diphthongueSy dont la première syllabe est o, se prononcent, dit Duclos, comme si c'était un au. •— < Voyes ce qui sera dit à la page suivante.

Nous avons vu (p. 18) les cas où la combinaison ùi (aujourdliai ai) j se prononce en voyelle : voici ceux où elle se prononce en diphthongue. Elle se prononce ainsi : 1^ dans les monosyllabes et dans les verbes en oire et en ùilre de deux syllabes, comme nwi^ fhndf croire^ croîkre, etc.

Et dans les composés de ces verbes, comme aeeroire, déeroUn. Da reste, les autres maintenant s'écrivent par ai, confiolirs, etc., comme les verbes de denx syllabes, naitre, paître, etc. A. L.

2* Dans les polysyllabes en ai, aicj otr, aire^ eaire^ aise^ oîsie, comme emploi^ courroie^ vouloir ^ observatoire^ nageoire^ firamboise, angoisse. 11 en est de même dans les dérivés.

3"* Dans les mots où oi et oy sont suivis d'une voyelle, comme anddement, royal, royauté.

4* Au milieu des mots, comme j)of son, courtoisie.

5"" Dans plusieurs noms de peuples, comme Danois, Suédois, Chinois^ Iroquois, Jngoumois, François (nom d'homme) , qui se prononcent en diphthongue. Sur quoi nous ferons observer que cette combinaison ai, dans les noms qui désignent les habitants d'une province, se prononce plus souvent en diphthongue qu'en voyelle, parce qu'on a peu d'occasions d'employer ces mots : aussi dit-on Albigeois , Champenois, Franc-Comtois.

A^Jourd'bui, plus de doute, avec la nouvelle orthographe. Mais qnds sont eeox qui prennentl'a ? il nous semble qu'il n'y a pas de règle bien certaine : si les plus usités ont une prononciation adoucie, Français, Anglais^ Polonais, Hollandais, Écossais, Irlandais, est-il bien constant que celte raison soit valable pour Japonais, Hfivsr-

DES OIPHTHONGinSS. 29

nai$,Rinmmi$, CharoMs, Undis qu'on dit Crétoii, BavaroU, MongroU^ Champmaiê? L'nsage nom parait id le saal golde. A. L.

Cette diphfhongae n'a pas toujours le même son. Le son le plus naturel est celui que Ton suit en grec, où Ton fladt entendre Yo et Vij comme dans voi-^lh, roi-^ume. Mais elle a encore d'autres sons qu'il est difficile de représenter par écrit, et qu'on doit apprendre d'un maître habile. Ce sont à peu près» l"" celui de l'ou^, où Yé a un son ouYort a : fot, foi; 2"" celui de l'oua : mois^ pois; l'ou, dans ces deux caSy est prononcé très rapidement; et 3"* enfin , celui de l'oua prononcé moins rapidement et plus fort : bois. — < On prononce lotiif fiméf moua, poua, botia.

Celte pronondaUon noas semble labf er prise à la criUqoe : il eat Trai que To exige on certain son plein et arrondi, mais 11 n'est pas nécessaire de le prononcer ou; ainsi l'on doit dire loè, foè, oo peut-être mieux (car cette prononciation est difficile à figurer), loà, foà, et en appuyant un peu plus moà, bod. Il en sera de même pour les mots suivants soi et soie, et aussi pour le mot soin, que nous croyons devoir prononcer comme Dumarsais. Ici encore la nuance est fort délicate, si l'on ne met d'afllectaUon ni d'un côté ni de Tautre. A . L.

Dans les mots où oi est suivi d'un e muet final, il parait rendre un son un peu plus ouvert que quand il n'en est pas suivi. La prononciation de soiây «oîe, n'est pas la même que celle de soi, M; mais cette nuance de son ne peut pas être aisément fixée.

Obi t

f^^^ I Dumarsais veut qu'on prononce plutôt une sorte d'e nasal dans la combinaison otn après l'o , que de prononcer ouin. Ainsi, selon lui, il faut prononcer soein plutôt que souin; mais Duclos lui reproche de n'avoir pas bien perdu l'accent provençal.

lo parait faire généralement deux syllabes» comme le prouvent ces hémistichef deRadne et de Bolleau: violent, mais sincire; finir sa période; où BrioeM pré-iide; dumidioereaupire, etc. A. L.

len est presque toujours dlphthongue; on excepte quelques mots : lien, hietorisn, aérien*

Jan ne fait qu'une syllabe dans diantre (Racine, /m Plaideurs, II, 3, 19), dans les mots où y précède la terminaison : payant, bruyant, effrayant, etc. ; mais il en fait deux dans riant et dans les verbes en ier, dans alliance, confiance, (ri angle,ti dans nn grand nombre d'antres. Gomme aussi à peu près dans tous les mots en ient audience (Racine, les Plaid,, III, 4, 1), impatience, orient, etc. A. L.

leu, monosyllabe dans lie», adieu, essieu, aieux,Joyeum; dissyllabe dans tons les adyecUfs en ieux, pieux, injurieux, etc. A. L.

Ion dans les verbes suit les mêmes règles que ii t partout aOleors U est de . deux syllabes en vers, action, ambition, légion. A. L.

lou, forme peu cemmone ; on cite Alpiou, Montesquiou.

30 DBS DJPHTH0NGUE8.

01. L'Acidéiiiie bit obserrer que, dans laB mots poëau^ poëU et leurs dérivés, o et ^forment deux syllabes en Ysrsetdans le diaeDors soutenu. Cependant la diphtiiongue n'atieu que dans la liberté de la ocmTersation; encore même bien des personnes ne radniettent-elles ni dans ces mots ni dans les dérivés, où un usage général a substitué Taocent aigu sur Ye au tréma qu'on y mettait autrefois.

Yoy. à es siiict, tes Rem. dét., au mot PcëU.

Cette diphthongae n'eiUte donc réeUement qne dam moelle et >ea dériTés ; on peat y Jolodre raocien mot foerre (paiUe de blé), et poêle; mais H en faut séparer Hvëne. A. L.

01101^ ) On trouvera dans le chap. suiv. , lettre 9, les mots où qua se ow, ^ ^ prononce cotia.

Rouan (cheval) Csit une diphthongae ; mais louange fait deux syllabes en Ten (Voy. Boileaa, Épît. YI , 78 , 103] ; il en est de même de tons les participes des Terbes en ouer, Jouant, iecouant, etc. , et encore de Rouen ^iieaa. Sot. X» 576}. Oua peut aussi très rarement faire une diphthongae : bivouac, gouache, douane. n y a là deux sons trop pleins pour qu'on les puisse prononcer vite et d'une seule émission de yoIx ; aussi sont-Ils plos souyent séparés, louable, rouage, ouaie (qu'on prononce ouèie), U dénoua, U échoua, etc. Ainsi la dlpithongoe de ee aon existe plulM dans les mots écrits par 911a. A. L.

Oué, par les raisons que noas venons d'indiqaer, est également presque topjons de deux syllabes, enjoué, dévoué, renouer, Jouet, alouette; cependant U nous semble que pirouette doit prendre la dlphthongucy comme ftmeiter (Gilbert^ mon Apologie, v. 86), et peut-être quelques autres. A. L.

Oui est rarement diphUiongue ; Il faut excepler la particule ofBDBiatlve oui, et quelques mots rares, comme ouistiti (singe;, tohig, «oAitl, wieki, qui se prononcent out... Mais les poètes font deux syllabes de Louie, évanoui, etc. A. L.

Uè ou ué fait à peu près partout deux syllabes : tuer, ealuer, cruel, muhtel, bluet; néanmoins quelques poètes ont mis la diphtongue dans duel, duègne; mais c'est une licence. A. L.

Ui est partout diphthongue: appui, fruit, aiguiser, huissier, s'enfitir, séduire ; on excepte ruine et peut-être bruire et bruiner, A. L.

Nota. Quelques-unes des diphthongues que nous venons d'indiquer ne sont diphthongues qu'en prose; car en vers elles 8ont^)rdinairement de deux syllabes. Nous disons ordinairement , parce qu'on trouve quelques exemples où les poètes du dernier siècle se sont permis d'enfreindre cette règle ; cette licence ne passerait pas aujourd'hui.

CLèTitae,p.e7,t 1.)

Il n'y a pas de trîphthongues dans notre langue, parce qu'une triphthongue serait une syllabe qui ferait entendre trois sons, trois voix;

DES D»BT9CinGUE8, Si

or, il n'y a dans la langue française aucmi assemblage de iroyeUee» qui, se prononçant en nne seole sylIalM, bsseentendre un triple son (6) : Ueux^ Dieu ne sont que des diphÉhongaeSy parce que, quoiqu'il y ait trois Yoyelles dans chacun de ces mots, on n'y entoid cependant que deux sons simples^ qui sont % et eu; le premier, exprimé par une Toyelle simple; et l'autre, par deux voyelles combinées. Il en est de même des autres assemblages iaiy iauj tou, ime^ oui, qui ne frappent l'oreille que de deux sons, et qui alors ne sont que des diph-

thongues. (Dnnaruii, AKyc/* m^Ui, «a moi Trtpkthongwf, et ReiUttt, page 81.)

iffi l'àspiratiom de quelqdes voyelles.

n ne s'agit point ici da signe parlicalier A, qai sert à marquer l'aspiration datti notre langue; il en sera parlé plus loin dans le chapitre des consonnes. Mais nous ayons qoelqoes mots commençant par une Toyette, et devant lesquels néanmoins réiision et la liaison n'ont pasHea. C'est pour ees exceptions que noos allons faire on arfide à part, au lien de les confondre avec les remarques sw le h aspiré. A. L.

Ohzi, onziiMB. Quoique ces mots commencent par nne Toyelte , la premièn syllalie en est ordinairement aspirée: De vingt il n'en eet resté que <mxe. On dit aussi dans la conreisation famUière, il n'en eet retti qu'ofixe. Quand onju est précédé d'une consonne finale on ne la prononce pas plus que s'il y avait une asplratiott : vers les onze heures, (L'Académie.)

NOTA. Dumarsais croit que si l'on écrit et l'on prononce le onxe^ c'est pour ne pas confondre Yonze avec l'once; que si Ve ne s'élide pas devant oui, c'est pour éviter l'équivoque de Toute et de Louis ^ et aussi pour mettre une symétrie entre le non et le oui.

Vo n'est pas toujours aspiré dans omMiême; on dit le onMiéme et ronxiême. L'Académie, Féraud, Gattel, Wailly, Rolland , et les Écrivains ont formellement admis les deux prononciations.

Fléchier écrit toujours Yonziéme;

a n sortit de la ville en colère, Yonjjfiime de juin. »

(6) Cependant il nous semble que certains mots présentent cette réunion de trois soDs prononcés ensemble. Le mot fouailler, par exemple, qui ne doit faire que deux syllabes, comme fouetter, ne donne-t-li pas, dans la première, trois sons réonis, oti, a, i, c'est-à-dire une triphthongue ? Il en serait de même du mot familier godiller f ou plutôt gouailler, que l'Académie ne reconnaît pas, mais admis pourtant dans quelques dictionnaires. Peut-être môme dans la couTersaUon le mot omillê ne donne-t-U lieu qu'à une seule émission de voix. A . L.

32 DES DIPBTHOTfiinBS.

Gorneine Va écrit aussi dans Cinna (aet. ii, se. 1 ).

Le P. Boohours, dans ses Douieij se nuage à Ta^is de Vangèlas» qui condamne le imxième^ mais» dans ses ilemargfuei, il cède à la fCNTce de Tusage, et tolère l'aspiration.

Aujourd'hui on dit plus soutent le onzième que Ponziime.

(M. BoteMoade.)

Ce n'est pas comme le disent rAcadémie, Féraud, et la plupart des Grammairiens modernes^ parce qu'on regarde Yu de une oonmie aspiré, que l'on prononce vers les une heure, et non pas vers les xune heure; c'est parce que le mot les qui marque un pluriel, loin d'appeler grammaticalement le mot une, le repousse au contraire, et ne peut souffrir aucune liaison grammaticale ayec ce mot; c'est parce que dans cette phrase du discours familier, le substantif pluriel qui appelle les est sous-entendu par ellipse, et que c'est comme s'il y avait : vers les moments qui précèdent ou qui suivent une heure. On laisse subsister l'article pluriel, quoique le substantif qu'il appelle ne soit pas exprimé.

Oui. L'Académie dit que ce mot s'emploie qaelqaefois sabstantirenient , et qu'alors il se prononce comme s'il était aspiré : le oui et le non, H a dit ee tmii regret, Noos croyons qae ce n'est pas le seal cas où l'aspiration eilste et qu'elle se retroQTe dans les <fiyerses acceptions de ce mot. Ainsi, Racine a dit dani Andrth moque (II, 8, 1) : «Oui, oai, tous me snivrez. » A. L.

Nous signalerons encore quelques mots d'origine étrangère, admis dans noire langue avec raspiratlon, et reconnus par TAcadémie. Tels sont ublak , un eorpt de uhlan$: yacht, les yachts sont communs en Angleterre; tataoah, un coup de yatagan ; toli, sa yole fut eubmergée ; tugca, le yucca du Mexique. Ge sont là, si nous ne nous trompons, toiites4es cieeptioni de ce genre qui se trou? ent dans notre langue. A. L.

DES GONSOmiBS. 3S

itmîmmmiiiiuiiuiiiiimumiimimmm CHAPITRE IL

LeB ùmsannes n'ont pas de son par elles-mêmes, elles ne se font entendre qu'avec l'air qui fait la voix ou voyelle; c'est en quoi leur son diffère de celui des voyelles, qui n'est formé que par une seule émission de voix et sans articulation. Ce son des consonnes diffère encore du son des voyelles, en ce que le son de celles-ci est permanent, c'est-4-dire qu'on peut foire un port de voix sur toutes les voyelles, au lieu que le son propre des consonnes ne peut se faire entendre que dans un seul instant, c'est-àrdire qu'il est impossible de faire un port de voix sur aucune consonne.

De tout cela il résulte que la voyelle est le son qui provient de la situation où les organes de la parole se trouvent dans le temps que l'air de la voix sort de la trachée-artère, et que la consonne est l'effet de la modification passagère que cet air reçoit de l'action momentanée de quelque organe particulier de la parole.

C'est relativement à chacun de ces organes que, dans toutes les langues, on divise les lettres en certaines classes, où elles sont nommées du nom de l'organe particulier qui parait contribuer le plus à leur formation. Ainsi, on appelle labiales celles à la formation desquelles les lèvres sont principalement employées; comme p, s, F, v, dans pénj bon, feUy vUe;

Linguales^ celles à la formation desquelles la langue contribue principalement; comme d, t, n, r, l, dans de, /u, no(rej rivage, livrer

Palatales j celles dont le son s'exécute dans l'intérieur de la bouche, à peu près au milieu de la langue et du palais vers lequel ell^ s'élève un peu à cet effet, comme g, i, k, q, et les sons mouillés, il, ille, AIL, AILLES, dans gingembre j gttenon^jésuitef kermès^ quotité , périly filUy travaily broussailles^

Dentales ou sifflantes^ celles dont le son s'exécute vers la pointe de

34 DB&€0ItMNNB8.

la langue appuyée contre les lèTres, comme s, c doux, z, ce, dans m« eî, xtxaniê, cheval*

Na$ale$, celles qui se prononcent un peu du nez, comme m, n, gm, dans main, nain, règne.

Enfin, celles qui sont proncmcées Vfet une aspiration forte, et par un mouvement du fond de la gorge, sont appelées guUurale$, Nous n'avons de son guttural que la lettre h quand elle est aspirée; comme dans les mots le héros^ la hauteur.

Remarque. — 11 y a des Grammairiens qui mettent la lettre A au rang des consonnes ; d'autres, au contraire, soutiennent que os signe, ne marquant aucun son particulier analogue au son des autres consonnes, ne doit être considéré que comme un signe d*aspiralioa; mais, comme dit Dumarsais, puisque les uns et les autres de œs Grammairiens conviennent de la valeur de ce signe, ils peuvent w permettre réciproquement de rappeler ou consonne ou signe d'o^ ration, selon le point de vue qui les affecte le plus.

Avant de parler du nombre de nos ^xinsonnes, fiûMos une observation sur la manière de les nommer.

C'est un principe généralement avoué que les consonnes n'ont point de son par elles-mêmes : pour qu'elles soient entendues, il faut qu'elles soient accompagnées d'une voyelle.

Autrefois on faisait sonner les consonnes à l'aide de voyelles sonores, c'est-àHlire que fr, c, d, fy 9, A, k, l, m, n, p, 9, r, s, I, v, œ^ z, se prononçaient bé^ ce, dé, effe, gé, ache, ha, elle, erMne, enne,péy qa, erre, esse, té, véy icse, xéde ; mais les inconvénients de oetto néibodo engagèrent MM. de Port-Royal à en proposer une nouvelle plus simple, et applicable à toutes les langues. Il est oertain, disent ces célèbres et profonds Grammairiens ( r* p. , ch. 6) , que oe n'est pas une grande peine à ceux qui commencent à lira, que de connaître simirilement les lettres, mais que la plus grande est de les assembler. Or ce qui rend maintenant cela plus di£Qcile, c'est que chaque lettre ayant son nom, on la prononce seule autrement qu'en l'assemblant avec d'autres, n semble donc que la voie la plus naturelle, comme quelques gens d'esprit l'ont déjà remarqué, serait que ceux qui montrent à lire n'apprissent d'abord aux enfants à connaître leurs lettres que par le nom de leur prononciation, et qu'onne leur nommât les consonnes que par le son propre qu'elles ont dans les syllabes où elles se trouvent, en ajoutant seulement à ce son propre celui de Ye muet, qui est l'effet de l'impulsion de l'air nécessaire pour foire entendre la consonne ;

pur exemple, ^iiVm appel&lie la lettre b, comme on la pronoBoe dans la dernière eyllabe de Imbêy on dans la premièro àd besoin; de^ la lettre d, comme on Tentend dans la dernière syllabe de ronde, on dan» iemandei fé, la lettre f;ne, la lettre n; me, la lettre m, et ainsi des autres qui n'ont qu'un seul son ;

Que, pour les lettres qui en ont plusieurs, comme e, g^ l, t , OB les appdÀt par le son le plus naturel et le plus wdinaire» qui est au c le son de que^ au g le son de gue^ au rie son de la dernière syllabe de farte^ et, à r«, celui de la dernière syllabe de bauree;

Ensuite, qu'on leur apprit à prononcer à part, et sans épe* 1er, les syllabes ce, d, ge^ gij Ua, «e, Hi, etc., et qu'on leur fit entendre que le «, entre deux voyelles, sonne, à quelques exceptions près, comme un » : misère se prononce de même que s'il y avait mizère.

L'Académie adoptant cette réforme nomme tontes les consonnes avec le secours de Ve moet; elle prononce e, ce; g, g$ ; k. ie; q, que; m, 9e; mais pour A, elle nlndiqae pas de dénomination et dit senlement qn'on prononce oeUe leUre comme une simple aspiration, telle qu'elle est dans la première syllabe de A^ro#. A. L.

Quoique cette nouvelle méthode ait de grands avantages sur l'andenne; quoiqu'elle habitue à une bonne prononciation, en faisant donner à chaque syllabe son vrai son et sa juste valeur; quoiqu'elle fiisse disparaître tout accent vicieux, et qu'elle diminue les difficultés de l'appellation; cependant elle resta longtemps dans l'oubli, par cela seul qu'elle était contraire à la pratique générale; mais enfin l'empire du préjugé commence à s'affaiblir, et dans peu elle sera, selon toute probabilité, la seule en usage (7).

Suivant cette nouvelle appellation, toutes les lettres de l'alphabet sont masculines ,* suivant l'ancienne, il y en a qui sont féminines^ et d'autres qui sont masculines. Celles qu'on ne prononce qu'avec le secours d'autres lettres dont on les fiiit précéder sont féminines : ce sont f, *, Ij m, n, r, s, que l'on prononce e/fe, ache, elle, emme, enne, erre y esse (on n'excepte, comme on voit, que la lettre a?, qui est mas^ culine^ quoique pour la prononcer on la fasse précéder des lettres

et) SI Je fais épder à un enfant ces deux syllabes : /V<, pro, Je dois trouter, selon l'ancienne méthode, que effe, erre, i font effSrri, et que pé, err$, o font pierro; an lieu qu'il n'y a pas cet incoATénlent dans l'autre méthode, puisque /«, re, i font flri; pe, re, o foât pro.

H DBS OOMflOlliaBS.

te). Quant aax lettres que Ton prononoe sans les fliire précéder d'aa* très lettres, elles sont maseuKnei : ce sont «, i, c, dy e, ;, t, /, k^ o, p, ft ^ », «> y, '•

Chaque consonne ne devrait avoir qa*un son désigné par un seul caractère, et ce seul caractère devrait être incommunicable à tout autre son. Mais, comme dans la langue française il arrive que le même caractère représente plusieurs sons, ou que plusieurs caractères ne représentent que le même son, nous distinguerons dans les consonnes deux sons : le sanpropr$ei le $on aeeidenteLNouB appellerons $on propre, le son que la consonne a habituellement; et son aecidenklf le son qu'elle reçoit par sa position.

iehm «eur ion propre au leursm accidentel, ioii'au cammeneemeni^ soit au milieu, ioit d la fin des molt.

B b~n'a que le son propre be : Babylone^ bombe, boule.

De quelque lettre que le 6 soit suivi, il conserve toujours la prononciation qui lui est propre, soit au commencement, soit au milieu du mot.

Le B final ne se prononce pas dans p2om6, d plomb; mais il se prononce dans les noms propres Joab, Moab, Job, Jacob, Aureng- ZAï et dans radoub et rumb (de vent), (waïuj et le jmci. d$ tAeadém.)

L'Académie n*indlqiie pai la pronondatioo da mot nabab; le b final doit être arUculé, eommeaaiii dam roft; mail Une sonne pas dam 2>oifôf. A.L.

En cas de redoublement, ce qui n'a lieu que dans sabbai, rabbin, abbé et ses dérivés, et quelques noms de ville, on n'en prononce

qu'un. (M6mei aulorilét.)

Remarque. Les mots abréger, aboyer et leurs dérivés s'écrivaient autrefois avec deux b; mais, en faveur de la prononciation, et malgré l'étymologie, on les écrit maintenant avec un seul b.

G c.^-Son propre, que : cabane, cadre, cou, cupide.

s»" "«»*«»»«» i GCB : .eeond et «8 dérivés.

Quoique nous ayons un caractère pour le c, et un autre pour le ^ cependant lorsque la prononciation du c a été changée en celle du g^ par exemple, dans le mot second et ses dérivés, nous y avpns conservé le c, parce que les yeux s'étaient accoutumés à l'y voir; ainsi,

nous écrivons toujours êecandy tecandemetUi êeeonier, quoique nous prononcions, second, sesondemetUy segùnder, surtout dans la couTer-

sation. (DwMumis, EnqfcL méth^ lotiro G, et le McHomi. tfe tleadêm,)

L'usage est partagé pour les mots secret^ secrétaire. Dangeau, Restant, Domergue et Sicard pensent qu'on doit prononcer eegreijsegr^ taire} niais Dumarsais préfère prononcer seqreij seçréiairej etl'Aca^ demie, n'indiquant daas son dictionnaire le changement du e en jf, quecpour les mots second et dérivés, parait vouloir que lec, dans les mots secreij secrUaire^ conserve le son qui lui est propre, c'est-à-dire, le son qine.

GeUe deroière opinion a «qJODrdliiii enUèranent préfila. A. L.

Dumarsais, Restant, Domergue et Sicard voudraient que Claude se pronont&t Glaude; mais Wailly, M. Leduc {Man. des amat de la langue flr.) et M. Boissonade (Journal des Débats du 23 ou 24 septembre 1810) pensent qu'il vaut mieux dire Kla/udei en effet, c'est présentement la seule manière de prononcer ce nom patronal, et si Ton dit Gtaude^ ce n'est que dans cette phrase : Prune de reine glaude.

L'Académie n'indiqae même pai l'exception de ce dernier cas , et noni ooyoBf qae c'est atec nlion; U faut autoriser le moins possible les corrnpUons de langage Introduites dans la eonversaUon. A. L.

Cigogne Récrivait autrefois cieogne (du latin ciconia)^ et le c se prononçait comme un g.

C initial, ou dans le corps d'un mot, conserve le son qui lui est propre avant a, o, «, {, n, r, t; néanmoins avant u il rend un son moins dur : ainsi, on prononce, avec le son propre, cabaret^ colonne^ cuve, digne-museitej Onéius^ eréduliti^ saneH/iery odeur.

(Le met. de rAcadém., lettre a)

Il prend le son accidentel se avant e, % : cemhire, ciguë, 11 en est de même avant a, o, ti, quand on met une cédille dessous, comme dans ces mots : façade^ garçon^ reçu.

(Le Dlet. de fAcadénL et ResUat, page 24.)

C prend le son de ch dans vioUmeeUe^ vermicellej que l'on prononce viobmchellei vermiehelle. (Trévoux, cattei, waïuj, eie.)

Voyei les Rem. dét., lettre F.

Otte pnmondatton, conforme i l'origine italienne da mot, parait abandonnée aodovrdliai, car l'Académie ne la menUonne pas; Il faut donc salyre la règle des mots français. H en est de même da mot eoneetti. Et pourtant l'Académie en admettant le mot ttaUen fantoecini loi laisse sa prononclatton primittte fanMchM. A. L*

38 I>B8 OONSOllinM.

C ne 86 proDODee pas au miliea des moto, quand il est sniyi d'on q^ oa de CTj él, ea, eo, eu : acquérir^ aecréiikr^ «cdomolioiiy «Miftfar, ocoompitr, aeetft^rsepronoBCQiitafic^nr, aerédikr^ ackimatiofi, etc.

(Wftillr, pHO ^'T* LévisM, Rage 74, 1. 1.)

Dans le redonblement, les deux c ne se prononcent qu'avec e et t,le premier c prend le son propre que^ et le second, le son aocideiilel M ; ainsi accesiii, accepUr^ accident^ aceê$^ se prononcent aqi€$$iij aqêepier^ aq$idefUj aqiéi. (waoïr, page 4it.)

Cj à la fin des mots, se prononce ordinairement : 6ec, échec (perte), esiocy aqueduc, agaric, eyndic, trictrac, avec, coUgnac (8), de hrie et de broc, etc.

Mais il ne se prononce point dans estomac, iroc, croc, aceroc, marc, échecs (jeu), tabac, jonc, lacs (filets), flanc, caoutchouc, escroc, tronc, clerc, cric, porc, arsenic, etc.

(Le Met. 4e VàGoUm, WaHly, page 4i6; Demaodre ai GtUeL Noos retranchons de eeUe dernière catégorie le mot arsénié, où le e doit lODiier comme dans la plas grande parliedes flnaies, bae, hUsae, reisae, siiwg, taU,pare, rebee, aspic, sine, fUe^ troc, froc, bloc, bouc, stuc, caduc, sue, turc, etc.; «uqoeis il faut loindre criC'Crae et croe-en^Jambe, Dans tous ces mots la prononciation ne change pas an pluriel : ainsi on prononce des blokSj des bouke, def raisins seks. Foyex notre remarque suirante. k, L.

On ne fait point sonner le c final muet sur la voyelle initiale du mot suivant, si ce n'est dans quelques occasions assez rares, où on lui donne le son propre; comme dans franc-étourdij du blane au noir^ clerc-d-mattre, porc-épic, que l'on prononce, firanqétaurdi, du blanqau-noir, cler-qà-maUre, etc.

Hais, dans la poésie, H devient sentent nécessaire de prononeer de mite façon, soit pour la rime, soit ponr éviter rhiatns. Ahisi l'Académie autorise la prononda- Uon de e dans èroc oppoié à froc, et BoUeau fait rimer «sfomoe avec Sidrae, h faudra dire aussi la tabac^^-est divin^ et même l*Àeadémle fait sonner pore de- Tant une Toyelle; de lA porc-épie (voyes Torthographe deoe mot aux substantifs composés); et encore croc dans eroe^'-sn-Jimbe. Mais comment doit-on pronon-

(S) Cotignac. L'Académie dit que le e final ne se fait point entendre dans ce mot. Mais II nous semble que l'usage est contraire A cette opinion; et Féraud. Gattel, Boute, Catineau et M. Uveaux sont d'a?ls qtfon doit le prononcer. — Ce mot n'éUnt pas très usité, il n'est pas étonnant que U pronondaUon en soit Incerlaine: Tusage, pour ainsi dire, n'existe pas. Si l'analogie devait nous guider, nous serions assez porté A prendre pour type Cognac; mais il vaut mieux se soumettre A r Académie. A. L.

DES CONSONIfES. 39

eer ees deoi derniers moU an plorlel ? Faut-il rentrer dam la règle et ne plas prononcer le c? ce serait rationnel. Et pourtant l'oreille serait déroutée par ce changement ^ai défigure en quelque sorte le mol. Il nous semble donc qu'il serait mieux de prononcer des pork-x-épics , des crok-x-en-Jambe j on plutôt, malgfé rorll»graphe» de consenrer au pluriel le son même da singulier ; car si, ponr ces mots, les Grammairiens et l'Académie se taisent, il est maintenant généralement reçu de prononcer des arkencieli, que Ton écrit aret-en-eiel. A. L.

Le c de donc ne se prononce que lorsque la phrase commence par donc : voire ami est dans le besoin; donc vous devez V aider. Je pense, donc je suis ; ou lorsque cette conjonction est suivie d'une voyeHe : votre frère est donc arrivé; ou bien encore, d'après Domergue, dans les phrases que dicte un mouvement de Tàme, soit passionné, soit d'indignation, soit de colère, etc., comme dans cet exemple : jusqu'à quand pritendex-vous donc me dicter des lois ?

Dans tout autre cas, le c de la conjonction donc ne se prononce point; ainsi l'on dit, allons don nous promener.

L'Académie sor ce mot garde le silence; c'est une preuve qu'elle prononce toojoors te 0, an moins dans le style soutenu, et que cette omission est simplement une négligence permise dans la conversalion. — 11 reste encore quelques dlfBcultéi à résoudre pour les mou terminés par et. Partout où le I sonne fortement, le e se prononce de même, intact, exact, tact, contact, abject, direct, infect, strict, distinct, succinct. Hais l'usage veut que le t soit muet dans respect, circonspect, oipecf, et qaon prononce le c hlniïWoWtTe (les Femmes Sav.,lll, y, I2etl3; rait rimer i^cc arec respect. Cependant nous croyons que le c ne doit pas sonner devant une consonne, et qu'on dit respè profond, même dans la déclamation; tandis que devant une voyelle il faut dire aspek agréable, respek affeeU. Au plorlel, le son est toujours adouci, et l'on prononce des respès affectés; des hommes eirconspis et prudents. Le mot suspect laisse quelques doutes; nous croyons néanmoins qu'il faut prononcer le c et le I ; sauf un seul cas peut-être, car nous avons plusieurs fois entendu des personnes Instrulles dire la loi des suspis. Instinct, au singulier comme au pluriel, se prononce avec le son nasal instin. Voilà ce que nous croyons être l'usage : il est à regretter que l'Académie ne se soit pu apyqoée anr toutes ces diflérenoes. A. L. F'oyex page bZ, la prononciation du eh.

h d.— -Son propre n : Diane^ duché, douleur.

Son accidentel t : second abrégé, grand acteur. D initial, et dans le corps du mot avant une consonne, conserve le son qui lui est propre : dame, admirable, admission.

(WaUly, page 120; Sicard, page 44S, t. U.) Il conserve égalemeot te sêù qui lui est propre, devant ime voyelle, adorabU,

40 DE8 COMfiOmfBS.

idenUqui, odalUque. À la fin des mots, ordinalrenM&t 11 ne m prononee pu, fMd, bord, pied, nid, grand, profond, À. L.

D final sonne dans les noms propres Obed, David, Joad^ Sud (yent), etc.

(Denundre, DîeiUmnaiH d$ fétoculion, au mot Cùruonnt, «t Wtill j, pige 4S9)

Zend ou Zend^Avesta se prononœ Zainde. (Académie.) n sonne encore^ ou plutôt il prend le son accidentel <, si le mot qui finit par un d est un adjectif suivi immédiatement de son substantif, et que celui-ci commence par une voyelle, ou un h non aspiré; ainsi, grand hommey profond aMme, se prononcent gran-thommey

prbfon'tabîme. (Oemandre.)

n prend le môme son, et dans le même cas, s'il est, à la fin d'un verbe, suivi de l'un des pronoms t7, elle, on : enknd-ilP coud-elle bien? répond-on ainsi? se prononcent enien-til? cou-ielle bien? ré-

pon-ion ainsi? (Dumanals, Féraud, BouUleUe et Demandre.)

Cette liaison n'a pas Ueu seulement avec les pronoms, mais encore avec d'antres mots, surtout dans le style soutenu; ainsi l'on fera sonner, il apprend asiex bien; il répond à tout; on vous rend enfin justice; il prend iniirét, etc. Et ainsi avec toutes les troisièmes personnes du présent de rindicatlf dans les verbes. A. L.

Dans le cas où Yadjectifne serait pas immédiatement suivi de son substantif, Bouillette, Demandre, Sicard, H. Laveaux et M. Dubroca sont d'avis qu'alors le d final ne devrait pas se faire sentir, même avant une voyelle; ainsi, dans cette phrase, le chaud aujourd'hui n'est pas grand au prix d'hier, on ne ferait entendre en aucune sorte ni le d de chaud, ni celui de grand. ' Ils sont également d'avis que, quant aux substantifs suivis ou non suivis immédiatement de leurs adjectifs, on n'est pas dans l'usage, surtout dans la conversation, de faire sonner le d final de ces substantifs, même avant une voyelle; et alors ils pensent que dans fîroid extrême, chaud ^[Hmvantable, bord escarpé, le froid ei le chaud, ces mots se prononcent comme s'il n'y avait pas de d aux mots /h>îd, chaud, bord-

Remarquez que, d'après cette règle, ce vers de Boileau n'est point régulier:

De ce nid à l'Instant sortirent tous les vices (Ep. III) ; car le d ne se prononçant pas dans le mot nid, la rencontre de Tt et de Ta forme un hiatus, ce qui est contraire aux principes que ce grand poète a consacrés lui-même.

DES GONSOMNBS* 4l

Cette remarque est Juste, et le vers de BoUeau présente une irrégolnité. Mail, enflo, comment faat-ll le prononcer? Il est évident que le poète a roola faire sonner le d, et noos pensons qa*fl faat lire ainsi, ponr éviter la faute plus grave de rUatus. il n'en serait pas de même pour hord escarpi, accord unanime^ bond immense^ parce que l'omission dn d ne fait qu'adoucir la prononciation sans dioqaer rorellle. A. L,

Aa surplus c'est Toreille que l'on doit surtout consulter; elle en apprendra plus que toutes les règles, et, par exemple, elle dira qu'on est dans l'usage de faire sentir le d dans ces expressions : de fond-encomble^ de pied-à-baulef de pted-en-eap, et de ne pas le faire sentir dans fiedrà-pied (9).

Les seuls mots où les deux d se prononcent sont : additiariy addi- Honnely reddition^ adduckur; ailleurs on n'en prononce qu'un seul, mais la syllabe est brève dans l'un et dans l'autre cas.

(U ma. de tâeod,^ Waill j, Sicird, M. Cbapsal ) Noos n'avons pas présent à la mémoire nn seul mol écrit par deux d qui se pronooeent comme nn seul ; ainsi donc la régie générale serait de prononcer les deux d parumt où ils se trouvent. Les mots dtés viennent du latin et ils ont conservé leur pronondatk» ; cela était nécessaire, car nous avons addition et adition; les Latins avalent en ootn redditio et reditio (retour). Ainsi nous ferons sonner la lettre redoublée dans additionner, adduction, Edda, quidditi. A. L.

F f. •— *Son propre fe : fini, fcriiy fanente.

Son accidentel vb : neu-t^ans, neu^hommen.

Cette lettre conserve toujours le son qui lui est propre au commencement et au milieu des mots.

Finale, elle se fait sentir au singulier comme au pluriel, aussi bien avant les mots qui commencent par une consonne qu'avant ceux qui commencent par une voyelle : ainsi tH^cKstr; eoif brûlante ^ pièce de bceuf tremblante; se prononcent comme vif amour; soif ardente; bœuf â-la-^node; en faisant entendre le F final de vif^ de soif, de

bœuf. (Le Dictlonn, de VAcad.)

n y a cependant quelques mots exceptés de cette règle. De ce nombre sont les mots clef, dont le F ne se prononce ni au singulier ni au

(9) Gattd voudrait que l'on ne fit point sentir le d dans pied^terre, et que l'on prononçât pH-à-ierre ; mais nous pensons que Fosage est contraire i sa déeUloD ; et Bomergne, pag. 468 du Man. des étr., Vfàiïïj, dans la dernière édition de son Did., Umare, 7« ex. de Prononc, et Vandelaincourt, font prononcer pi<-W- Ciirrs*— L'Académie se tait.

^ BES GOIfSONM».

pluriel; êfeu/ (petite balle de paume), dont le F ne se prononce qu*en poésie; œufflraiij csufdur^ cerf^)olant, cerf-dix-con, chef-d'muvre, àœuf-graSy bœuf salé, dont le F ne se prononce ni en prose ni en po^ sie. Cela esl fondé sur ce que, si Ton faisait sentir la lettre F des premiers mots (Buf, cerf y chefj b<Buf, la prononciation serait lente, loriqu'au contraire elle doit être prompte, chacun de ces mots étant intimement lié avec frais, dur, volani, dix-<or$y iBUvre^ gra$, êaUy qui les accompagnent Oévkac)

Dans nerf-de-hœuf, on ne fiût «itendre d'antre f que celui du met

^^' (L'Académie. Làtiiic, Gatiel,lM(i.>

L'exception a égalemrat lieu, selon le P. Buffier, WaiHy, Domergne, Gattel, Sicard et M. Laveaux, pour les mots, au pluriel, nerfoy

bCBUfS (10), ûMl/f .

L'Académie aréglé la prononciattoii de ees maU ; aliui on fait entendrele /aa ringollerdea moU hiBuf(t%09fiiépmhèmuf'9rm),nerf{(aMfilé9mf'éê bmmfj^tBmf, partoot; Budi an pluriel, U ne fome pas, et l'on dit éê$ ton, émau,dm nèn. Cela esl simple et clair, et c^est évf demment la laale règle à soivre. Noua i donc l'opinion de qnelqMi GnaiMalrieBa qol Yeotail, quand eei rabatanllb pas déierminéf par on corapléneDl, établir la diOéreBce suivante daM la ] daUon : une dou%aina d'onn ; dê$ oiua à ia eo^u»; Mia Maqm da BanTS; des uns endurcie: et an singailer devant one voyelle ou une consonne» duBoiUF en daube, du boiu salé ; tin oiuf à te eoque, un otu dur, de. Fuis ees mêftes Grammairiens prononcent f dans bmuf sauvaçe. C'est molllpller Inutilemeotles difflcailés — An mot #ar^ l'Académie indique rarticuiaUon de f, et elle ne Ai rien au mot Cerf! mais i eerf'^wlanttXit vent qu'on prononce car : d'où l'on candHl que ponr éUblir une dIsUnction complète, il faut prononcer car et aar/, an riagriler comme au pluriel. Nous adoptons volonUers cette décision. A. L.

L'exception a lieu aussi dans Tadjectif numéral neuf; mais c'est quand il est suivi immédiatement d'un mot qui commence par une consonne : neur-cavaliers, nm^hevaux, neurcenis^ car, quand cet adjectif est suivi d'un substantif qui conmience par une voyelle, l'usage ordinaire est d'en prononcer le F comme un v : nenhvécusy neurvans, neur^mfanU, neunchommet.

(]0;Boileatt(sat.YI)adlt:

Et pour soreroft de naox, an sort maienconiHMX Conduit en cet endroit na grand troupeau de hceuf^

Bt Racine {Ut Plaideurs, I, 5) :

El si dm la proyinee Il se donnait en tout vingt coups de oerf de beatf Mon père pour sa part en emboursait diz-tiaMir.

nsoDHSomo». 43

!!• eilde Blme, iTipiteki décMM * FAeMléarie, qimd nmftA mItI d'un

JomiM. Nou croyons nétninoiDi qa'U ne fiai pas apparer sur te «, nMis plotAt adoadr le son da /*. À. L.

Et Bi neuf n'était gnivi d'aucun mot, ou s'il n'était suiti ni d'un adjeetif numéral ou autre, ni d'un substantif, on en prononcerait le f avec le son propre : « De cent qu'ils étaient, ils ne restèrent que « neufy—nmf^i demi,— ils étaient nett^en tout,— les neu/'arri- « Yèreirl à la Ans. » ^^ «^,. ûefAcùd., » wAVeun

Remarque. Ces règles sur la prononciation du mot neuf^ adjectif numéral, ne sont point applicables à l'adjectif na»/' signifiant natsveau^ fait depui» peu i et, en effet, le silence de l'Académie sur la prononciation de ce mot, dans cette signification, indique qu'au singulier comme au pluriel, avant une voyelle comme avant une con sonne, le F doit se ihire entendre.

Lorsque F est redoublé, on n'en prononce qu'un.

UraseproDonceeomme onr. Noos en parlerons à latettre P.

G g,— Son propre, oub : pMer, guérir, guide, gutiurul.

Son accidentel 1 " ' *^^* *' * • ^'*^^> »**^> giboulée. ( KE r rang élevé, long accès.

Le G initial, ou dans le corps d'un mot, a le son qui lui est propre avant les voyelles a, 0, u, et avant les consonnes /, r: gaUm, gosier, guttural, glaire, agréable.

n a encore te son nalnrel devant d'autres consonnes ; par exempte, dans Bagdad, hoghai, Ghelma ou Gueima, Ghèbres ou Guides, Ghiaour qu'où écrit encore avec te son adouci Giaour, dogme, stigmatUer, xigxag, etc. U sonne fortement dans baurgmeitre (prononcei bourguetnesire) ; mais on ne te (lilt pas sentir dans doigter, fnngtaine, vingtième, parce qa'ii est muet dans dot^l, vingt, k. L.

Avant les voyelles e, i, il a le son accidentel je : gêne, gentil, gingembre, pigeonneau, se prononcent comme s'il y avait iéne, jentil, etc. Gessner se prononce avec le son dur Gueêner.

On insère un e absolument muet après la consonne ^, quand on veut loi ôter le son qui lui est propre devant a, 0, u, pour lui donner le son de /, qu'elle a devant e, <,• ainsi l'on a écrit forgeons, pour le faire pfononcer comme s'il y avait forjons.

Pour donner au contraire à la lettre 6 le son qui lui est propre

44 DBS OONSOKNSS.

avant e» i, et lai 6tcr celui que Tosage y a attaché dans cea droonstances, on met après cette consonne un i* que Ton peut appeler muet, comme dans guérir, guide, guider, à m« guise, où l'on n'eu-

tend aucunement la voyelle U. çbwui^i et Bemiée, EneyeL méth.^ Mire G.)

n y a cependant quelques mots, comme aiguille, aiguilUm, aiguiser (11), arguer, inextinguible, et les noms propres d^Aiguithn, le Guide, de Guise, dans lesquels Vu se fidt entendre.

(DtHMNit iE«iai de Gramm. * WtOly, page 49S.)

Dans le mot gangrène, le 6 initial prend le son accidentel k : ka^ gréne. (L'Académio, page 151 de mi 0»miv., et fon Dtdkeim.)

G final sonne gue, dans les mots étrangers Doëg, Agag.

(Wailly.) L'Acâdéinfe donne le mot wang^^wHang mm Indiquer la proDondaUon. Or» il faudrait saToir il le premier g lonne sur la Toyelle, ou bien s'il est muet, comme le second. Beaucoup de personnes prononcent in-an^-imULn^ et penU-élre est-ce la façon la plus accréditée. Cependant la liaison existe dans tous nos roots composés ; c'est le génie de la langue: frane-alleu, pore^pie^ pied-à'4erre,pot-aiê-feu,tSic.Vviûih gie voudrait alors qu'on prononçât oran^g'inaanj et ce serait notre avis. Le pluriel fait orangs'ouiangs qui se prononce oran-JK-otitan. A. L.

A l'égard de;ou^, l'Académie dit que l'on fi&it sentir un peu la lettre finale, même devant une consonne.

G final a le son accidentel k, dans bourg, et dans les mots qui sont suivis d'une voyelle, comme : suer sang et eau, un long accès, rang honorable.

Mais il est muet dans les mots faubourg, legs, doigt, vingt, ékmg, poingy coing (12), hareng, seing. (wauij, page «is.)

On ne prononce qu'un g dans les mots où cette lettre est redoublée, excepté avant gé, et alors le premier a le son de gue : suggérer.

(11) Féraud et GaUd sont d'avis qa'll faut prononcer ighiMer: mils Beauzée, Restant, V^Tailly, Domergue, pag. 468 de son Man., et 489 de lei Soimi. gramm., M. Lemare, pag. 278, l«r volume, Rolland, H. Uveaux, et l'Académie veulent que l'on dise ai-guî-^eer: ui est prononcé rapidement, m^ Vu se fait entendre.

(13) L'Académie et le plus grand nombre des Inleographes écrivent plulAt coin que eoing ; cependant celle deniière orthographe est la meilleure, parce que |»ir là on dUtlngiie ce root du mot coin qui signiee angU, et que d'ailleurs le mot cognas-^ sier, qui est le nom de l'arbre qui produit le h-uit appelé coing, amène par analogie le mot coing écrit par un ^. — L'AcadémiCi en 1 835, n'écrit plus que eoing.

DBS CONSONNES. 45

G, suivi de la oonsonne n, fonne différents sons : le son propre de GN forme deux articulations, gue et ne; le son accidentel ou mouillé der^ est gne.

Au commencement des mots, gn conserve le son qui lui est profit : gnomey Gnide, gnoêtique^ gnomon, se prononcent guenome, guenide, guenosHque, guenomon. (L'Académie.)

Le son mouillé de gn n'a lieu qu'au milieu des mots; on prononce magnanime, barguigner, eognaaier, cognée, digne, cigogne, guignon, incognito, magnétisme, Sévigné (nom propre), de même que iigneau, régne, gagner, compagnie.

Il faut en excepter les mots agnai, diagnostic, stagnation, cognât, cognation, régnicole, inexpugnable, igné, igniiion, Frogné, et quelques dérivés , que Ton prononce avec le son propre, c'est-à-dire que le S^ et le n sont entendus séparément. (L'Acidémïe.)

Dans les noms propres Clugny, Regnaud, Regnard (auteur comique), la lettre n a sa prononciation naturelle, et le G est entièrement muet. On prononce de môme le mot signet, mais signer^ assigner, assignaUon, se prononcent avec le son mouillé.

(Beuuée, Kneycl. méth.^ tettreN. «-Domergoe, ]ia«e m, et le ira», des amai,^ 2* année, |Mge 27i.)

Le son mouillé a également lieu dans agnus; mais le ^ et le n se prononcent séparément, c'est-À-dire, avec le son propre dans agnuscasius, nom d'arbuste. (L'AMdéoie.)

L'Académie ne parle point de la prononciation des deux mots tmprégner, imprégnation; mais Wailly, Gatlel, MM. Rolland, Le Tellier et Laveaux disent que imprégnation se prononce impregue-nation et qa^imprégner se prononce avec le son mouillé.

L'Académie ne reconnaît pa« le mot imprégnaiion. Mais nous ne voyons pas de raison pour changer la pronondalion d'un mot à l'autre, et nous nous rangeons à l'aria de M. N. Landais qui Teut qu'on mouille gn dans itnpréffmaitm. C'est un mot, an reste, dont on peut se passer. À. L.

Obienrex qui! ne faut jamais mettre d*i après gn pour faire le son mouillé. -* Cette règle est générale; cependant, afin de distinguer dans les rerbes terminés en gnani, au participe présent, la première et la seconde personne plurielle de rimpar* bit de llndlcatir, de la première et de la seconde personne plurielle du présent de nndkaUr, on écrit avec un i ; nous craignions, vous eraignisM ; nats* œeampagnians, wms aeecmpagniêM»

Le présent du subjoncUf est sujet à la même exception. (H. Saoger.)

Gli dans tons les moto français se prononce avec le son accentué, comme dans glisser, église; mais nous avons emprunté aux Italiens quelques mots où gli garde le son de deux // mouillés, ainsi imbroglio se prononce, selon l'Académie, imbroilh

46 Des QWËKmiXEB.

à l'iiilifiwA, «m iinbroUh i kl fiMfiilie. m» faire M«llr fi. Pbmbom éi aine OnêiiglioM, Brçgiii. Yoyex k l'art* 4fli il moalUéf . A. L.

H h^-Se prononce hb : hameau^ hibùu, héroi.

Celte lettre eet aspirée (13) ou muette, lorsque dans U mAme lyUabe elle est seule avant une voyelle.

l"" Si elle est aspirée, comme dans kéro$, kameaUy eUe doime au son de la voyelle suivante une articulation gutturale, et alors elle a les mômes effets que les autres ccmsonnes : au commenoement da mot, elle empêche Télision de la voyelle finale du mot précédent, ou elle en rend muette la consonne finale. Ainsi, au lieu de dire, avec élision, fUnesf hasard en quatre syllabes, comme fkneitardeur, on dit fUnei-te-hasard en cinq syllal)es; une haine, se prononce u^ne haine; f aurais honte se prononce j'auré honte.

(Beaiuée» Kneyd. méth.^ leUre H.)

2"" Si la lettre h est muette, comme dans homme^ harmonie, elle n'indique aucune articulation pour le son de la voyelle suivante, qui reste dans Tétat actuel de simple émission de la voix ; et, dans ce cas, elle n'a pas plus d'influence sur la prononciation, que si elle n'était point écrite; ce n'est alors qu'une lettre purement étymologique, que l'on conserve comme une traoedu mot radical où elle se trouvait^ plutôt que comme le signed'un élément réel du mot où elle est employée; et, si elle commence le mot, la lettre finale du mot précédent, soit voyelle, soit consonne, est réputée immédiatement suivie d'une voyelle. Ainsi, au lieu de dire sans élision ft'-lre honorahle, comme on dit ii4re favorable^ il faut dire, avec élision, titt'honorable, comme on dît titr'onereux, (Beauiée, mcycL meth., leure n.)

Il serait à souhaiter que l'on eût quelques règles générales pour

(18) On a dit d*abord aspérie, da lalia asper, d*où asperatio, acUon de icodre â|)re, dur» rude. Les moU aspirés et aspiration donnent une Idée faosM de la nature de la lettre A.^Celle remarque ingénieuse de M. Boalface a déjà été approurée par quelques Granimalriens. Mais nous ne voyons pas la nécesflté de changer on mot qui nous semble très Juste. En efltet, pour prononcer le h rude, ne faut-U pas s'arrêter un instant et reprendre pour ainsi dire haleine» afin de donner plus de force à rémission de la voli? Eh bien! c'est ce mouvement d'aspiraiian ou de rcspiraUon qui caractérise avant tout la manière dont cette lettre est prononcée : on a donc raison de dire qu'on la prononce avec aspiration, qa*€lle est aspirée, À. L.

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