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DU VERBE

bien toale la natiue. Les hommes, naturellement portés à Taii^ et à abréger leurs discours, ont trouvé le moyen de combiner avec la signiflcation principale du verbe, qui est FalDDrmation, plusieurs autre& significations.

Ils y ont joint, 1*^ celle de Tadjeclif; quand je dis AugtisUjùue, c'est comme si je disais : Auguste est jouant. Auguste est le sujel, et )oue est un verbe qui renferme en lui-môme le verbe être, et Tadjectifou l'attribut jouant. De là estvenue lagrande diversité des verbes.

2"* Ils ont établi des différences dans les terminaisons, pour mieai désigner le sujet de la proposition : j'atme, no\A$ aimons^ vous atmei. De là les personnes dans les verbes : et comme le sujet de la proposition peut désigner une ou plusieurs personnes, de là le nombre singulier et le nombre pluriel.

3* Ils y ont joint encore d'autres différences qui expriment à quelle partie de la durée appartient l'action ou l'état exprimé par le verbe; comme : fatme, j'ai aimé^ j'aifnerai. De là la diversité des temps.

4'' Enfin, on a encore assujetti le verbe à d'autres inflexions, pour marquer si l'affirmation est absolue, indéterminée, conditionnelle, dépendante ou commandée; de là le^ modes.

(MM. de Port-Royal. — Demandre, Met. de FÉioeut.)

La diversité de ces significations réunies en un même mot a jeté dans l'erreur, sur la nature du verbe, beaucoup de Grammairiens, d'ailleurs très babiles. Ils ont moins considéré l'affirmation qui eo est l'essence, que ces rapports qui lui sont accidentels, en tant que verbe.

Aristote l'a défini, un mot qui signifie avec temps.

D'autres, comme Buxtorf, l'ont défini, un moi qui a diverses in- (leodonsj avec temps et personnes.

D'autres ont cru que l'essence du verbe consiste â signifier des acHons et des pensions.

Et Jules Scaliger a cru révéler un grand mystère dans son livre des principes de la langue latine, en disant que la distinction àeà choses, en ce qui demeure et ce qui se passe, est la vraie origine de la distinction entre les noms et les verbes ; les noms devant signifier ce qui demeure, et les verbes ce qui se passe.

Mais, comme le disent MM. de Port-Royal, il est aisé de voir que toutes ces définitions sont fausses, et n'expliquent pas la vraie uature du verbe.

La manière dont sont conçues les deux premières le fait asses

▼oir, puisqu'il n*y est point dit ce que le verbe signifle, mais seulement ce avec quoi il signifie.

Les deux dernières sont encore pius mauvaises, car elles ont les deux plus grands vices d'une définition, savoir • de ne convenir ni à tout le défini, ni au seul défini.

En eSet, il y a des verbes qui ne signifient ni des aetions, ni des passions, ni ce qui passe, comme : reposer^ exceller j exieUr, etc.

Et il y a des mots qui ne sont point verbes, qui signifiait des dotions et des passions, et même des choses qui passent, selon la définition de Scaliger.

Ainsi , à ne considérer que ce qui lest essentiel au verbe, il doit demeurer pour constant que sa seule vraie définition est : un mot dont le principal usage est de signifier Taffirmation, puisqu'on ne saurait trouver de mot qui marque l'affirmation qui ne soit verbe, ni de verbe qui ne serve à la marquer

Toutefois, si l'on veut comprendre, dans la définition du verbe, ses principaux accidents, on le pourra définir ainsi : un mot dont le principal usage est de signifier Taffirmation, avec désignation des personnes, des nombres, des temps et des modes; et cette définition convient parfaitement au verbe être, que l'on appelle verbe suhêkmr tifj parce qu'il ne signifie par lui même que l'afilrmation sans attribut, de même que le substantif ne signifie que l'objet sans égard à ses qualités.

Pour les autres verbes, en tant qu'ils en diflèrent par l'union que Ton a &ite de l'aflirmation avec certains attributs, on les peut définir en cette sorte: un motdontleprincipalusageestdesignifierl'afilrmation de quelque attribut, avec désignation des personnes, des nombres, des temps etdes modes; et l'on appelle ces verbes adjeeiifs^ parce qu'ils réunissentenun seul mot l'affirmation et ce que l'on attribue au sujet, demème que l'adjectif réunit et l'objet et la qualité qui lui estattribuée.

(MM. de Port-Royal^ page isa.) L'Académie défiait ainsi le verbe : « ParUe d'oraison qui eiprine soU une acUon faite oa reçae par le soijet , soU simplement l'eut on la qoalilé du siyet, et qui se oonjugae par personnes, par nombres, par temps et par modes. » A. L.

Après avoir expliqué l'essence du verbe, et en avoir marqué les principaux accidents, il est nécessaire de considérer ces mêmes accidents en particulier, et de commencer par ceux qui sont communs à tous les verbes, qui sont la diversité des personnes, des nombres, des temps et des modes.

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