DES DEUX AUXILUIRIS AVOIR ET ÊTRE
U mor a disparu soai toim nombreox valtteanx.
rDeliUej:£ii.,UT.IY.) Ln Tyriens^ JeUnt trmei et boucliers, Ou, par divers cbemins, disparu les premiers.
(Racine, Athalie, acte V,ftc. 6.)
Mais &isant abstraction de Taction, je puis considérer le Jour comme ne paraissant plus, par suite de l'action d'avoir disparu ; dès lors j'exprime un état, et je dis : le jour est disparu. Quoi 1 de quelque côté que Je tourne la vue, La fol de tous les cœurs est pour moi disparue '
(Racine, Mithridale, adclll, se. 4.) Mèdes, Assyriens, tous êtes disparus; Partlies, Carthaginois, Romains, tous n'êtes plus.
(Racine le fils, ta Religion, cliant III.)
PÉRIR. Si je voulais parler de personnes qui n'existent plus^ je dirais : elles sont péries, parce qu'alors c'est de l'état des personnes qui ont été et qui n'existent plus que ma pensée est occupée; mais si je voulais désigner l'époque où elles ont cessé d'exister, ou la manière dont elles ont perdu la vie, je me servirais de l'auxiliaire at*otr, et je dirais : Elles ont péri en Vannée 1809. -*^ EVa% ont PÉRI damun combat — Elles ont péri dans les flots, parce qu'alors je pense à une action (320/.
L'Académie, dans la nouvelle édition de son Dietionnaire, ne donne pas un seul exempte de ce mot Avec l'auxiUaire être; mais cependant eUe indique le participe ]vér<, pirisi ce qui donne à penser qu'elle en autorise l'emploi. Nous croyons toutefois que cette locution aigourd'hui est à peu près hors d'usage. A L.
É€H0UER. Le même principe est applicable à ce verbe. L'Académie ne lui doime que l'auxiliaire avoir. Cependant, comme il peut signifier ou l'action d'échouer, ou l'état qui résulte de cette action, on peut dire dans le premier sens : « Le vaisseau a échoué
(320} PsBiR. Dans le Dictionnaire grammatical, on condamne que vous fussiez péri, et Ton décide que ce verbe prend toujours l'auxiliaire avoir f cependant il y a cm grand nombre d'exemples pour Tanxiliaire être. On en troure plusieurs dans - BoOean {Traité du sublime, chap. XI V) ; dans les LsUres idifiantw, dans Féneloa (Tilémaque, Hv. XVI et XXI); dans J.-J. Rousseau, et encore dans Wailly, ReaUut, Féraud, Gattel et l'Académie ; mais il est vrai de dire que Tautear du Dieîionnaire grammatical ne distingue pas^ comme Gondiilac et M. Lemare, le cas oà Cest l'état, la situation que l'on Tcut exprimer, de celui od il s'agit de raction , da passage d'un état à un autre. Au surplus, lorsque deux expressions sont égale* ment reçues, on doit' certainement préférer celle que la raison ayoue.
468 DB l'emploi
c en approchant des côtes. » — « Le vaisseau que monsieur montait « a échoué. » — « Notre vaisseau a échoué sur la côte contre an ro- « cher. » — « Nous avons échoué sur un banc de sable. » (L'Académie, Trévoux, Gattel, Féraud.)
Et dans le second sens . « Une fois que le vaisseau était échoné. > (Lettres édif) — c L'expédient auquel ils avaient eu recours était t entièrement échoué. » (Histoire d' Angleterre.) — c Octave Famèse,c voyant que son dessein était échoué. » (Histoire (F Allemagne,)
Accoucher. Je dirai : « C'est une sage-femme qui a accouché ma « soBur, » parce que accouché avec un régime direct est employé activement, et que c'est de l'action de la sage-femme que j'entends parler.'
De même, si je veux parler de l'action d'une femme qui met un enfknt au monde, je dirai : « Cette femme a accouché hier, a aocou-
« Ché avec courage. » (L'Académie, aa mol aceoucher.:
Mais si c'est l'état de la femme qui occupe ma pensée, et non Vaction d'enfanter, je dirai : « Cette femme est accouchée d'un enfant t mâle; cette femme est accouchée depuis deux heures, j»
(L'Académie, \Vaili7 et Sicard.)
Vient-on me dire que madame N. est accouchée, et désiré-je sa ^ voir à quelle heure elle a mis son enfant au monde, il faudra que je dise : A quelle heure k-t-elle accouché? ce qui voudra dire : à quelle heure nhi^lle fait faction d^ accoucher? alors on devra répondre : Elle A accouché à sept heures, et non eUc est accouchée à sept heures.
Cesser. Ce verbe prend également les deux auxiliaires^ selon le point de vue sous lequel on le considère.
Condillac, qui nous fournit le principe que nous émettons sur l'emploi des deux auxiliaires , s'exprime ainsi au sujet du verbe cesser. Quand on dit que la fièvre est cessée^ c'est qu'on juge qu'elle ne reviendra pas, et par conséquent le participe cessée signifie un état et doit se construire avec le verbe être. Mais quand on dit : te fièvre a cessé, on présume qu'elle reviendra, on a au moins tout lieu de le craindre. La fièvre a cessé signifie donc qu'elle a cessé d'agir pour recommencer. Or, c'est cette action à laquelle on pense qui détermine en pareil cas l'emploi de l'auxiliaire avoir.
l\ importe pea que la fiëfre doive reyeair oa Qon. Oq dit a ceui lorsqu'on ve«t lodlqaer seoleroent le fait aans eavisager le résullat ; c'eat une aimple affirmatioo de l'acte t auaai eette eipression est-elle presque toirjoun complétée par on verbe à rinfioitif ; et quand 11 n'est pas exprimé, on peut le sous-enteudrc : La fiècre a testé {(l'agir). A. L,