‹ Grammaire des grammairesChapitre 156 sur 203 · DE LA TROISISHB CONJUGAISON · texte numérisé non relu

DE LA TROISISHB CONJUGAISON

Ravoir (verbe aeti/ et défecHf).

Ce Terben& s'emploie qu'à l'infiDitif: « Elle a pris i TAmour ses traits, et le « diea , poor les ravoir , vole toujours auprès d'elle. > ( Voiture. )

Hêu , que Ton prononce ru ou réu ; et je le raurai , je me raurai , comme on le dit en certains endroits, sont des barbarismes. (L'Académie, Féraud» Trévoux, etc.)

On dit fignrément et dans le style familier te ravoir, pour dire reprendre, réparer ses forces, sa vigueur : « Allons, monsieur, tÂchez un peu de vous ravoir »

(J.>J« Rousseau.)

Savoir (verbe actif et irrégulier).

Je sais , tu sais . il sait ; nous savons , vous savez , ils savent. — Je savais ; nous savions. —Je sus; nous sûmes. —Je saurai; nous saurons. — Je saurais ; nous saurions. — Sache ; sachons. — Que Je sache ; que nous sachions. — Que Je susse ; que nous lassions. — Savoir; sachant ; su, sue.

Les DictionnaireM de Richelet^ de Trévoux^ de Waillj, de l'Académie ( éditions de 1762 et de 1798 ) , de Demandre et de Féraud , indiquent je Mais et Je $aL

— Cette dernière forme j> soi n'est plus autorisée par l'Académie ; ce ne pourrait être qu'une licence poétique. A. L.

Sawir se trouve écrit avec la lettre ç dans des ouvrages anciens et estimés; mais aujourd'hui l'Académie^ tous les Grammairiens modernes, e! le plus grand nombre des Lexicographes retranchent cette lettre comme inutile, parce qu'elle n'influe en rien sur le son de la syllabe, et que même elle ne peut servir pour marquer l'étymologie latine; car si l'on consulte Ducange, Ménage, Roquefort, enfln nos meilleurs étymologistes, on verra qu'ils font dériver savoir du latin êapere, être sage, être de bon sens, judicieux, etc., et non de l'infinitif «cire.* en effet, il est impossible que l'Infinitif latin seire ait donné l'infinitif français êçavoir : on en aurait fait scire ou scir; car tous nos verbes en oir dérivent des verbes lalins en ère : liabere^ avoir; dehere, devoir; percipere, percevoir, etc. Ensuite, la sagesse, le bon sens, le Jugement, ne sont-ils pas les attributs du savant, de celui qui sait? Ije verbe latin sapere se trouve même employé dans le sens de savoir , par Piaule (372) , par Cicéron (373) , et par plusieurs auteurs français qui ont écrit en latin (374). C'est dans ce sens que ce verbe est passé dans les langues vivantes les Italiens disent sapere, les Espagnols , saber; nous avons dit de même saver: Dans des lettres patentes du due de Bourgogne , de l'année 1416 , on lit plusieurs fols nous saverons pour nous saurons. — Dans la Bible ( Exode » chap. XVI , vers. 12), on lit également : n Et vous saverex que Jéo sul le Seignor vostre • Dieu. » — On trouve aussi dans le Glossaire de ta langue romane, par M. Roquefort, au mot savoir : saveriez pour sauriez. — Enfin les variantes de savoir, étalent saver, saveir , savir.

(372) Ego rem meam «apt'o. — (373) Qui sibi semitam non sapiunt, aller! monslrant viam. — (374)A]phabetam sapiat dlglto tantum numerare.

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