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S'APPRÊTER

.... Bientôt il t'apprête jt mériter son trône en marchant à leur lèle.

(Voltaire» la Henriade. chant I.)

9W VERBES RteiMÂET ini;;MrrRE verbe à l'infinitif

A inlire ee snod ckef, hiti et raolre ^aifprêu.

(MiM^ U LÛêriÊ^ chaai U.)

Aspirer :

Et monté far le faite ii aspire à descendre.

(Corneille, Cinna, acte II» te. 1.)

El je ne pois songer

Qne Troie en cet état cupirê à se venger.

(Racine, >df ndromagiie, acte I, se, 3.)

Pascal a dît : Aspirer de : t Elle n'ofpire encore (fy arriver que par

t des moyens qui vienneni de Dieu même. » Hais il a vonla éviter

un hiatus; et sa phrase est incorrecte.

Assigner : « On Ta assigné à comparaître à la première audience. •

S'assujettir (s'astreindre) : c s'assujettir d ffmyemeT un peu-

« pie, etc. » * (nédiier.)

S'attacher (s'appliquer) : t Je me suis nOocAe â reeherdi€r la <i véritable cause de, etc. » (pascaL)

En Yatn à l'obserYer Jour et nuit je m'attache,

(Radne, Phèdre, acte I, se. 2.) (Prendre plaisir ) :

Le sort dont la rigaeor à m'accabler s'attache.

(Voltaire, Bnaus, acte III, se. &.) S'attendre : « Les mourants qui parlent dans leurs testa- < ments peuvent s'attendre à être écoutés comme des oracles. » (La Bruyère.) — « Il faut s'attendre à exciter l'envie quand on :i « du succès. » (L'Académie.) Toutefois Racine a employé de avec s'attendre :

Mes transporta aojoord'hai $'aUendaient d*éclater.

(Britannicus, acte lU. ac 1 . >

Il est Aicile de voir qu'il a fiadt la foute pour éviter l'hiatus.

Attendre (différer, remettre) : < Il y a des hommes qui eMenc dent à être dévots que tout le monde se déclare impie ou libert tin » (Là Bruyère.)

F«ndra-t-ll sar sa gloire attendre à m'exercer

Que ma tremblante toU commenoe à se glacer P (Bolleait» EjAtrt \ ,)

S'augmenter :

L'allégresse dn cour l'oti^fiianl» à la répandre.

(Molière, V École des Femmeê, acte IV, se. 6.)

Autoriser : « Cette haute réputation de sainteté, qui seule peut c aukiriser à reprocher hardiment aux peuples et aui princes a mêmes leurs excès. » (Massillon.)

A L'AI» DB Là PaÉMStVMIN 4. tOt

A ne voui itan CAcber ion aniour m'iNiloKtt*

(Corneille^ Héraelitàs^ acte II, se. 3.)

S'avilir . L'Académie et les Grammairiens ne parlent pas du régime de oe verbe devant un infinitif; cependant il est certain qu'il demande la préposition d.

La Ycrtu s'avilit à se JnstMer, a dit Voltaire (OEdipe, act. Il, se. 4).

Et Gresset, parlant des froids censeurs, dit à sa muse : Et sans jamais t'avilir à répondre.

Laisse an mépris le soin de les confondre. ^Ce B'eeC point li ce qo'on peat appeler un régime da Terbe s'avilir La préposition à devant l'infinitif est employée id dans le sens du gérondif, en sê juiK/lanf : en répondant. Ainsi dans ce vers do Corneille :

À vaincre sans péril on triomphe sans gloire, on retrouve la même toarnare, et jamais personne ne sera tenté d*y voir un régime.

Avoir, suivi d'un infinitif. Ce verbe sert à marquer Tétat, la dispoaition, la volonté où Ton est de fkire ce, que l'infinitif du verbe signifie : « Nous n'avons jamais qu'un moment à vivre, et « nou» avoB» toujèfurs des espérances pour phEsienrs années, i»

(FÉ£fSL0N«)

Vooi aïoex â comt>aUre et les âeux et les hemmes.

(Raekne, Iphiginiê» ade Y, se. a. ) J'ai votre fille ensemble et ma gloire à défendre.

(lie même, Iphiginie, acte IV, se. 7.) Balancer (être en suspens) :

Tandis qu'à me répondre, ici voos balancez (Radne.)

Et ne balançons plus, puisqu'il faut éclater, A prévenir le coup qa*il cherche â nous porter.

(Th. Corneille, le comte d'Esses^, acte I, se. 3.)

Borner, suivi d'un régime et d'un infinitif, demande la pré- « position d : « La religion n'a pas, comme la philosophie, homi « toute sa gloire à essayer de former un sage dans chaque siècle, « elle en a peuplé toutes les villes. » (Massillon ) Porus ^omatlset verax à conquérir un cœur.

(Radne, Alexandre, acle IV, se« 2 |

Sb borner : « L'homme de bien est celui qui n'est ni un saiat, « ni un dévot, et qui &*eit borné à n'avoir que de la vertu. > (La Bruyère.)

Chercher (tâcher de) : < L'homme du meilleur esprit parle pen.

â08 VERBES RioiatAirr m autre tbrve a l'iufinitif

« n'écrit point; il ne eherehe point d imaginer ni d plaire. » (La Bruyère.)

OqI, c'est Joai ; je eherehe en Tain à me tromper.

(Racine^ jfthalie, acte V, ae. 6.t Se complaire :

Diea $e complattt ma fille, à voir da haut des oieoi Ces grands combals d'un caar sensible et Tertueax.

(Voltaire, Agathocle, aclell« se. i.)

Concourir (coopérer) : t Toutes ces choses concourent à établir « les livres divins. » (Bossuet.)

Condamner^ suivi d'un infinitif, prend la préposition à^ soit au propre, soit au figuré :

.... Un penple infortané

Qu'à périr ayec moi vous avei condamné.

(Racine^ Eeiher, acte Ili» se. 4.) Est-w qn'à faire peur on vent Yons eondamner ?

(Boitean» Satire X.)

Se condamner : « U se condamnaii^ en rendant les sceaux, à ren- « trer dans la vie privée. » — « Que serait la puissance des rois « s'ils se condamnaient à en jouir tout seuls! » (Massillon.)

Consentir. Le régime de ce verbe devant un infinitif, le plus conforme à l'usage, est la préposition d : « La cfainte des suppli- « ces ou d'une mort prochaine ne put le faire consentir à payer t de rançon pour lui. » (Fléchier.)

Et quelque grand malheur qui m'en puisse arriver Je consem à me perdre afin de la sauver.

(Corneille^ Cinna, acte II, se. l.) Pentpétre à m'aecuser J'aurais pu conseniir,

(Racine, Phèdre, acre IV, se. S.)

Cependant, on trouve consentir de dans Racine :

César lui-même Ici content de vous entendre.

{Britannicus, acte II, se. I.)

Je puis me plaindre i vous du sang que j'ai versé, Mais enfin je consens d'oublier le passé.

(Andremaqw, acCelV,se« S.)

Dans La Bruyère : < Il consent (fètre gouverné par ses amis. » De sorte qu'il paraîtrait que la préposition de peut très bien

être employé avec le verbe consentir ^ suivi d'un infinitif. Devant un nom, sans nul doute, la préposition à avec consenHr

est Hi seule autorisée. '

A l'aide de la préposition à. 609

Consister : « La libéralité consiste moins d donner beaucoup « qu'à donner à propos. » (La Bruyère.) -^ « L'esprit de la eon- < versation consiste bien moins à montrer beaucoup d'esprit qu'4 * en faire trouver aux autres » (Le même.)

Conspirer (contribuer) : < Tout conspire d pervertir Ifis rois. » Tout m'afflige et me nuit et eonspire à me ouire,

'(Racine, Phèdre , acte I, se. 3.)

Consumer (user^ ruiner) ■ « J'ai consumé tout mon temps d « cet ouvrage. » (L'Académie.)

Ce peu que mes vieai ans m'ont laissé de vigueur Se consume sans fruit à chercher ce vainqueur.

^Corneille, le Cid, acte IIÏ, se. 5. )

Contriruer (coopérer) : « Il y a dans certains hommes une cer- « taine médiocrité d'esprit qui contribue d les rendre sages. »

(La Bruyère.) Convier :

Potoqne mon roi loi-même à parier me convie,

(Racine, Esiker, acte III, se. 4.) Faut-il qa'd feindre encor votre amour me convie l

(Le même, Bajazett acte IV, se. ] .)

/4 se rendre moi-même en vain Je les convie.

(Corneille, le Cid, acte IV, se. 3.)

Toutefois l'Académie a mis : on Va convié de s'y trouver ; maïs il nous semble qu'elle a ipal fait de donner cet exemple, puisque là il y a un certain lieu où on le convie à se rendre, et que dans ce cas la préposition d est toujours la seule qui convienne.

-« L'Académie semblerait avoir reconnu la justesse de cette observation, car dans l'édition de 1835, elle a changé cet exemple pour meUre : 11$ furent conviés à s'y trouver. Cependant, d'un autre côté, elle persiste à donner le régime de an verbe convier dans le sens d'engager : « On Ta convié de faire telle chose ; on nous :onvia de parler. Peut-être faut-il regarder les deux locutions comme synwf mes dans ce dernier sens ; du moins, c'est noire avis. Mais II n'en est pas tout i fait de même quand il s'agit d'une invitation, proprement dite. Ainsi convier à dtner, comme ftrier à dîner , signifiera : inviter à venir dîner; et convier de dîner, comm prier de dîner, indiquera une instance faite à quelqu'un qui hésite on qui refuse. C'est dn reste une nuance assez fugitive. A. L.

COUTER : « Il n'y a rien qui coûte davantage d approuver et d

a louer que ce qui est le plus digne d'approbation et de louan-

« ges. » (La Bruyère.) — Employé comme verbe unipersonnei

coûter prend de : « Le olus difficile est de donner; que coûte-t-il

610 VERBES RtelSSANT UN AUTRE VERBE A L*INFINITtP

« d'y ajouter uq soarire? » (L\ Bruyère.) -^« U en eoàêe Inen « moins de remporter des victoires sur les ennemis que de se

< vaincre soi-même. » (Massillon.)

DÉTERMINER (pousser, exciter, porter à une détermination) : « Ses « amis, malgré leurs peines et leurs soins , ne purent jamais le 4 déterminer à rester au milieu d'eux. »

Se DÉTERMINER : < Dîon s'étoit enfin déterminé à délivrer sa pa-

< trie du joug sous lequel elle gémissait. » (BARTHÉLEirr.) Disposer (préparer, engager). Ce verbe, dans cette signification,

demande la préposition à: « Il y a dans le cœur de celui qui prie « un fonds de bonne volonté qui le dispose à embrasser et â sentir « la vérité. » (Fléchier.)

A le cbercher (ùieu) la pear noas disposé et nous aide.

(BolIeau^ÉpItreXIf.) Se disposer :

A marcher for mes pas, Bijazet se dispose.

(Racine, Bajaeei, acte ID, fc 2.) ÊTRE DISPOSÉ (être préparé) :

Je vois qu'd m'obéir yoqs êtes disposée. (Radne.)

Se DIVERTIR : « Il se divertit beaucoup à faire ajuster sa mai- « son, et y dépense bien de l'argent. » (Madame de Sévighé.) — «r Je me suis extrêmement divertie à méditer sur les caprices de te l'amour. » (La môme.)

Donner :

Si le roi dans Tinstant, pour sanver le coupable. Ne loi donne à baiser son sceptre redoutable.

(Racine, Esther, acte I, se. 3.) Je te donne à combattre on homme redoutable.

(Gomeilie, le Cid, acte I, se 6.)

Employer : « Bmphyex vos biens et votre autorité à faire des c heureux, à rendre la vie plus douce et plus supportable à ds tf malheureux. » (Massillon.)

Emphyex mon amour à venger cette mort,

(GoraelUe, le Cid, acte UI, se. S.) GNGODRàGER :

Je cours à vous servir encourager son âme.

(VolUire, Mahomet, acte III, se. 3.^ kh\ plutôt à mourir daignes m'encourager.

(Voltaire^ ^^alAocfo, acte I, se. i.)

A L'AIDE DE LA PRÉPOSITION à 611

Engager (déterminer par la persuasion à faire quelque cboie):

Liotérèt, qai fait toat, le poarrait engager

À vous donner retraite, et même à yous Tenger.

(Voltaire, le TriumvinU, acte UI, se. 3.)

EngageX'U à l'instant

^cliercher dans Mycëne on trône qui l'attend.

(Voltaire, Uê Pilopides, acte IV. se. S.)

Ck)mme verbe pronominal^^ce verbe prend la préposition à ou la préposition de^ suivant que l'oreille et le goût le demandent : « Elle s'engagea par une promesse solennelle de faire toujours ce « qu'elle croirait être de plus accompli. » (Fléchier.)

SI toat ce qui reçoit des fraits de ta largesse A peindre tes exploits ne doit point s'engager,

(Boileau, ÉpUre FIIL)

— Noos pensons qu'on ne dit pas s'engager de, ni engager de, L'Académie n'en donne pas d'exempte. A. L.

Enhardir : « Un premier succès enhardit d en tenter de nouveaux. »

Enseigner :

Méchant, c'est bien à yoqs d'oser ainsi nommer Un Dien que YOtre bouche enseigne à blasphémer!

(Racine, Athàlie, acte III, se. 4.) .... Le faux zèle Enseigne à toat soafflrir comme dtoat hasarder.

(Voltaire, la Henriade, chant X.)

S'entendre (se connaître à) : < Il s'entend parfaitement à mener « une intrigue. »

S'ÉTUDIER (s'appliquer, s'exercer à faire quelque chose) : « Je m'rfc iudie à chercher les causes secrètes de, etc. » (Bossuet.) — « Tout « ce qui vous environne s'étudie d vous tromper. » (Massillon.) Sa rigueur s'étudie assez à m'accabler.

(Th. Corneille, le Comte d'Eseea, acte IV, se. 6.)

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