‹ Grammaire des grammairesChapitre 171 sur 203 · RÉUSSIR · texte numérisé non relu

RÉUSSIR

Si par ton artlGce

Tu ne peux réussir à t'en faire un complice.

(Vollaire, Ca<t/«na, actell, se. l.j

Risquer ( courir des risques ). Ce verbe régit la préposition â après son régime direct :

Songez qu'on risque tout dme le refuser.

(Th. Corneille, le comte d'JSssex, acte II, se. !•) — Nous avons déjà contesté ce genre de régime» au moi s'avilir , p. 607. Rii" quer prend la préposition de : « Vous risquez de beaucoup perdre ; vous risquez « de tomber. » (Académie.) A. L.

Servir (être utile, propre, bon à quelque chose) ; « La modérait tion que le monde affecte n'étouffe pas les mouvements de la va^ *i nité; elle ne sert qu'à les cacher. » (Bo8SUET.)—t L'exemple «( des grands sert à autoriser la vertu. » (Massillon.)

La satire ne sert qu'à rendre un fat illustre. (Boileau, satire IX.)

Songer (penser, avoir quelque vue, quelque dessein, quelque intention ) ; « Le prince de Condé avait pour maxime, que, dans les <c grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire, et laisser K venir la gloire après la vertu. » (Bossuet.)

Je songe. . . .

A régler mes désirs, à prévenir l'orage,

ji sauver, s'il se peut, ma raison du naufrage. (BolleaUi Épître A^.)

L'âge viril. .....

Contre les coups du sort songe à se maintenir.

(Le même, l'Art poétique, chant 111.)

Suffire. Ce verbe régit à ou pour : « La vie, qui est courte et qui

618 VBRBES RÉGISSANT UN AUTRE TKRIIB A L'iNPINITIF

€ ne suntpresqae pour aucun art, sufiipùwrèkTehmfbMBa.* (Nicole.)

.... SooTent la raison MuffU à notit condaire.

( Vottaiie, la Menriadg^ chant IX.)

5w^re est quelquefois employé impersonnellement, et alors Q régit de : « // suffit d'être malheureux pour être injuste. >

Ne TOM iuffluu pas dans la pafi, dans la guerre. D'être an des souverains sous qni tremble la tene?

(Vollaire, Catilina, acte I, .se 3.) Tarder (difiérer à faire quelque chose) : « Puisse la chréUentéou- « vrir les yeux! Que lard«-t-elle â se souvenir, et des secours de « Candie, et de la fameuse journée du Raab? » (Bossuet. > Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre. Mon esprit aussitôt commence A se détendre.

(Boileau, l'Art poétique, chant I.) — On peut dire aussi : < Que tardez-vaue de partir? » L'Académie admet» régime ; maU elle reconnaît que Tusage préfère tarder à. A. L.

Employé impersonnellement, ce verbe, qui ne se dit alors qnc pour marquer que l'on a impatience de quelque chose, r^t d£, quand c'est un infinitif qui suit : « Il me tarde d'achever mon oa- « vrage. i>

Tendre : « Les tendresses inexprimables de Marie-Thérèse tet^ « datent toutes â inspirer à son fils la foi, la piété, la crainte de « Dieu. » (BossuET.)

Tenir (avoir pour but) : « H tient à finir lui-même cet ouvrace. » (L'Académie.)

Ne ttent^a qu'd marquer de cette ignominie Le sang de mes aïeux qni brille dans Junie?

(Racine, Britanhicus, acte I, se î.)

Travailler : * il travaillait à purifier son cœur, non pas à po- « hr son esprit. » (Massïllon.) •

Je travaille à la perdre, et la perds A regret.

(Comeilie, le Cid, acte I, ac. 3.) Trembler :

Voyciplus loin (p. 639) si ce verbe, suivi d'un inflnilif, demande la pi^nosiUan à on la préposlUon de. ^^

Viser : « n vise à se faire des patrons et des créatures, ji

À l'aidk de la PHÉPOsmoH de. •]§

i^erbes régissani un autre verbe d VinfiniHfâ l'aide de ia prejpoftltow de«

TROisiàMEHRNT. — * Un Ycrbe peut reslreifidre ou déterHûner la signification d'un autre yerbe à Tinfinitif, à l'aide de la préposition de : Tels sont les verbes :

S'abstenir : « Ahsténez-^oui de nuire à votre ennemi. » (Massil- LON . ) ^-- « Les Italiens se seraient abstenus de toucher à ce sujet. » ( FONTENELLE. ) — « C'est une question sur laquelle nous nous ah^ « tiendrons de prononcer. » (D'Alembert.)

Accuser : « Les courtisans de Darius accusaient Daniel d'avoir « violé les lois des Perses. » (Massïllow.) — « Carthage aima toute jours les richesses, et Aristote Y accuse cT y être attachée. » (Bofr-

Page 1