‹ Grammaire des grammairesChapitre 24 sur 203 · DS LA QUANTITÉ · texte numérisé non relu

DS LA QUANTITÉ

oiieUea il but l'élever d'abord et le raMeeer ensuite Mr I»nrtiiie

syiIabe. (HAom amorMér.)

Le ton éleré est ce qu'on appelait aeee9U aigu chez les anciens : on récrivait ainsi (') de droite à ganche; le Um baissé se nonunait accent grave, on récrivait de gauche à droite, en cette manière ( ' ); le ton élevé et baissé se nommait accent circonflexe; c'était la réunion de l'aigu et du grave en cette forme (*). Hais nous ne sommes pas dans l'usage de marquer, par des signes ou accents, cet élèvement et cet abaissement de la voix; et, comme notre prononciation est en général moins soutenue et moins chantante que la prononciation des anciens, nos ancêtres ont négligé ce soin, ou peut-^lre même Tout* ils cru inutile, de sorte que ces trois signes prosodiques ont perdu parmi nous leur ancienne destination ; ce ne sont plus à notre égard que de purs signes orthographiques. En effet, tontes les fois qu'une syllabe grecque est marquée d'un accent prosodique, par exemple, d'un accent aigu, cela nous apprend que cette syllabe, relativement à celles qui la précèdent et qui la suivent, doit être élevée : toutes les fois, au contraire, qu'une syllabe française est marquée d'un accent imprimé, par exemple, d'un accent aigu, comme dans bonté, cela ne nous apprend rien autre chose, si ce n'est que 1'^ qui se trouve dans cette syllabe est fermé, et doit se prononcer autrement que si c'était un e ouvert, ou un e muet. (WAme autorité.)

Cette variété de tons, tantôt graves, tantôt aigus, tantôt circonflexes^ Mt que le discours est une espèce de chant, selon la remarque de Cicéron, et c'est là ce qu'on appelle aeeeni grammaiicaL II ne £aiut pas oenfiMidre avec Vaeceni oratoire^ qui doit varier les tons à rinilniy selon qu'on exprime le pathétique, Pironie, l'admiration, la eolère ou tmile autre passion. Mais Taccofit oratoire, outre qu'il n'est pas du ressort de la Grammaire, ne peut pas être l'objet de nos observations dans cet endroit, où il n'est question que de l'accent des

mots isolés. (m. istarac, dm 'm et 2)T. )

ARTiaE IL

BB Là quautité.

I^ quantité exprime une émission de voix plus longueou plus brève. On ne doit pas la confondre avec l'accent, car l'accent marque l'élévation ou l'abaissement de la voix, dans la prononciation d'une syllabe; au lieu que la quantité marque le plus ou moins de temps qui s'emploie à la prononcer^ ce qui constitue l'exactitude et la mélodie

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de la pronmciatioD, et sert à éviter des oontre-sens et des quiproquo

souvent ridicules. (D'OU?et, ProwâU fHmçaUe)

Nous avons, en effet, plusieurs mots qui ont des signiflcationi tout à fidt différentes, selon que Tune de leurs voyelles est longue ou brève; et celui qui prononcerait ces voyelles au hasard, sans soin, sans discernement, ferait entendre autre chose que ce qu'il aurait voulu dire, et tomberait dans des méprises fréquentes.

Par exemple, une tâche à remplir n'est pas une tache, souillure; tâcher de &ire son devoir, ne se prononce pas comme tacher son habit. D y a de la diCTérence dans le sens comme dans la pronondar tion, entre mâle, animal, et malle, bahut; entre mâtin, chien, et matin, partie du jour; entre pêcher et pécher, etc., etc. Si Ton ne met pas, dans la prononciation de ces mots et de tous ceux qui sont dans le même cas, la différence qu'exige leur quantité respective, ce désordre dans la prononciation entraînera nécessairement le désordre et la confusion dans l'expression des idées.

(M. Estirae, |Mge «91.}

Une brève se prononce dans le moins de temps possible. Quand nous disons â Strasbourg, il est clair que la première syllabe, qui n'est composée que d'une seule voyelle, nous prendra moins de temps que Tune des deux suivantes, qui, outre la voyelle, renferme plusieurs consonnes; mais les deux dernières, quoiqu'elles prennent chacune plus de temps que la première syllabe d, n'en sont pas moins essentiellement brèves; pourquoi? parce qu'elles se prononcent dans le moins de temps possible.

Q y a donc des brèves moins brèves les unes que les autres; el« par la même raison, il y a aussi des longues plus ou moins longues, sans cependant que la moins brève puisse jamais être comptée parmi les longues, ni la moins longue parmi les brèves.

La syllabe féminine, celle où entre Ve muet, est plus brève que It plus brève des masculines; et quoiqu'on appelle cet e muet, il arriie presque toujours qu'il se fait entendre. (D'oiiTet, page 66.)

Une chose à ne pas oublier, c'est qu'on mesure les syllabes, non pas relativement à la lenteur ou à la vitesse accidentelle de la prononciation, mais relativement aux proportions immuables qui les rendent ou longues ou brèves. Ainsi, ces deux médecins de Molière, l'un qui allonge excessivement ses mots, et l'autre qui bredouille, ne laissent pas d'observer également la quantité ; car, quoique le bredouilleur ait plus vite prononcé une longue que son camarade une brève, tous les deux ne laissent pas de faire exactement brèves celles

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gui sont brèves, et longues» celles qui sont longues, avec cette diflérence seulement qu'il faut à Tun sept ou huit fois plus de temps qu'à Tautre pour articuler. (i^oufet, page es.)

Tftchons présentement de faire connaître nos brèves et nos longues. Pour exécuter ce dessein, peut-être serait-il nécessaire de donner une table de nos différentes terminaisons; mais ce détail, très utile d'ailleurs, nous mènerait trop loin, et nous avons pensé qu'il sufiQrait au plus grand nombre de nos lecteurs de trouver ici des règles générales. C'est dans l'excellent traité de d'Olivet sur la prosodie que nous les puiserons ; mais on ne perdra pas de vue que leur application ne doit se faire que dans la prononciation soutenue, sans avoir égard aux licences de la conversation.

RÈGLES GiNÉRALES.

l*" Toute syllabe dont la dernière voyelle est suivie d'une consonne finale qui n'est ni < ni z est brève : êUc^ nectar , sifl^ fil^ pift^ tUf, etc.

2^ Toute syllabe masculine, brève ou non au singulier, est toujours longue au pluriel . des sacs^ des sels, des pots y etc.

n faut excepter de cette règle les substantifs qui n'ont ni s ni a; au pluriel : dans numéro, te Deum^ kirsehtoasser, etc. , la dernière syllabe n'est pas plus longue au pluriel qu'au singulier; c'est le < ou le z qui rend la syllabe longue.*-* L'Académie admet aujourd'hui numéros.

3"" Tout singulier masculin, dont la finale est Tune des caractéristiques du pluriel, est long : le temps^ le nëz, etc.

4" Quand un mot finit par un l mouillé, la syllabe est brève : évenOUh atrU, vermeil, quenifuille, fauUfuxL

5"* Quand les voyelles nasales sont suivies d'une consonne qui n'est pas la leur propre, c'est-à-dire, qui n'est ni m ni n, et qui commence une autre syllabe, elles rendent longue la syllabe où elles se trouvent : yam6e,;am6<m, crainUyirBmbUr, peindre, joindre, tomber, humble^ etc.

6** Quand les consonnes m ou n, qui servent à former les voyelles nasales, se redoublent, cela rend brève la syllabe à laquelle appar^ tient la première des consonnes redoublées, qui demeure alors muette et n'est plusnasale: épigràmmejConsifnne^persifnne, qu'il pr^nn«, etc.

7*" Toute syllabe qui finit par r, et qui est suivie d'une syllabe commençant par toute autre consonne, est brève : barbe, barque, berceau^ infirme, Ordre^ etc.

8"* Quelle que soit la voyelle qui précède deux r, quand ces deux

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